‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 8 sur 289 · C. Hématuries adynamiques par altération du sang · texte numérisé non relu

C. Hématuries adynamiques par altération du sang

A. Hématuries par lésions traumatiques ou organiques DES REINS, DE l’üRETÈRE ET DE LA VESSIE. —

Les plaies et les contusions violentes de ces organes déterminent les hématuries dont la pathogénie né se prête pas à de fausses interprétations. Elles peuvent se produire à la suite de la lithotritie, de la taille ; il est à peine besoin de le rappeler.

Les maladies organiques des reins qui comptent l’hématurie parmi leurs symptômes sont: 1° les calculs rénaux : l’écoulement du sang est dû à la déchirure des canalicules du rein, de la muqueuse des calices ou de l’uretère, sous l’influence de la progression de ces calculs à surface rugueuse et irrégulière ; 2° le cancer du rein, qui produit l’héma¬

turie par son ramollissement et son ulcération- 3- le strongle rénal, entozoaire qui se développé dans le rein, mais qui est fort rare dans nos climats.

Les maladies organiques de la vessie qui donnent lieu à des hématuries sont : 1° les calculs vésicaux qui irritent et déchirent les parois vésicales : aussi l’hématurie se montre-t-elle surtout lorsque le calcul est rugueux, irrégulier, et lorsque le malade a fait une marche prolongée, une promenade à cheval ou en voiture; 2° le cancer de la vessie; 3° les varices du col vésical; 4° les dégénérescences tuberculeuses des reins et de la vessie, dégénérés- ? cences fort rares d’ailleurs.

B. Hématurie par fluxion ou stase sanguine dans les vaisseaux des reins et de la vessie. — Ces hématuries sont tout aussi fréquentes et importantes que les premières. Dans le rein elles se relient : 1° au mal de Brigt; dans la première période de cette maladie, c’est-à-dire dans la période congestive, l’urine est rouge, et au microscope on y trouve des globules rouges intacts et des cylindres fibrineux formés par la coagulation du sang épanché dans les tubes. Ce sang provient de la rupture de quelques vaisseaux du rein, dont les parois n’ont pu résister à la congestion ; 2° la pyélo-néphrite peut également donner lieu à des urines sanglantes. Dans ces deux maladies le sang est peu abondant, intimement uni à l’ufine ; sa présence ne peut être parfois révélée que par le microscope ; 3° l’absorption des cantharides détermine une irritation des voies urinaires qui peut aller jusqu’à produire de l’hématurie.

Dans la vessie, ces hématuries se relient : 1° à la surdistension des parois vésicales par la rétention , d’urine. C’est un fait sur lequel Civiale a beaucoup . insisté et que tous les chirurgiens qui s’occupent des maladies des voies urinaires ont maintes fois l’occasion d’observer chez les vieillards à grosse prostate; 2° au diverses variétés de cystites et surtout à la cystite du col, l’effort que fait le malade pour expulser les dernières gouttes d’urine amène souvent quelques gouttes de pus et de sang pur.

Hématurie des pays chauds. — L’hématurie est endémique à l’île Maurice et sous les tropiques ; parmi les indigènes elle frappe de préférence les enfants; les étrangers en sont fréquemment atteints; il n’est pas rare de lavoir se prolonger pendant des années, elle peut même résister au changement de climat ; ses causes sont inconnues, cependant on l’attribue assez généralement à la présence des vers Bilharzia hœmatobia qui ont été rencontrés sous la muqueuse des voies urinaires.

On a cité quelques cas d’hématuries périodiques, supplémentaires du flux menstruel ou hémorrhoïdal, mais ces faits sont rares et douteux.

C. Hématuries adynamiques. — L’altération du sang peut déterminer des hématuries comme elle détermine des hémorrhagies par d’autres muqueuses; citons les pissements de sang observés dans les fièvres éruptives, hémorrhagiques, la fièvre jaune, l’ictère grave, le purpura hœmorrhagica, etc.

Le diagnostic de l’hématurie comprend trois points; il faut: 1° reconnaître l’hématurie; 2° reconnaître son point de départ dans les reins, la vessie ou l’urèthre ; 3° préciser sa cause.

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1" L’hématurie f

t aisée à reconnaître. — Tantôt

iP uyu rat pissé pur, tantôt il est mêlé à une assez oraade quantité d’urine, mais encore parfaitement reconnaissable ; tantôt enfin il colore à peine 1 urine mais, par le repos, il forme un dépôt dans lequel on reconnaît sans peine les globules sanguins.

90 n est plus difficile de préciser son point de départ.— Le sang fourni par F urèthre s’écoule spontanément dans l’intervalle des mictions, ou bien il est balayé par les premières gouttes d’urine.

On a dit que le sang provenant des rems était intimement mêlé à Furine, que le malade éprouvait des douleurs dans la région lombaire ; il y a eu parfois des coliques néphrétiques, ou bien on observe les signes du mal de Bright, etc. Habituellement le sang vient de la vessie; on peut admettre cette origine lorsqu’aucun symptôme ne fait croire à son origine prostatique ou rénale.

3- Un point des plus importants consiste à reconnaître la cause de l’hématurie. Si le pissement de sang a succédé à un traumatisme accidentel ou opératoire, son point de départ est évident; s’il s’est produit après un accès de colique néphrétique, il doit être attribué à la déchirure de la muqueuse uréthrale par le gravier.

L’hématurie fait songer à un cancer rénal lorsqu’elle se produit a intervalles variables chez un homme d’un certain âge qui s’affaiblit, maigrit, ne présente aucun signe de désordre dans la vessie, mais souffre des reins ; parfois, mais assez rarement, on peut constater l’existence d’une tumeur rénale.

On supposera que l’hématurie se rattache à un calcul vésical, lorsqu’elle survient chez un individu qui, depuis un certain temps, souffre de la vessie, surtout lorsque les douleurs sont plus fortes après la miction, que le jet de Furine est arrêté, bifide, sans qu’il y ait rétrécissement de l’urèthre, et que l’hématurie survient après une marche, une promenade en voiture, etc. D’ailleurs le cathétérisme pratiqué avec une sonde exploratrice à petite courbure fera connaître l’existence de la pierre.

L’hématurie par surdi tension des parois vésicales, c’est-à-dire se rattachant à la rétention d’urine, s’observe chez les gens dont la prostate est volumineuse: elle accompagne fréquemment le catarrhe vésical.

L’hématurie des pays chauds se reconnaît aux circonstances dans lesquelles elle se produit; il en est de même de l’hématurie cantharidienne.

Le pronostic de l’hématurie est très variable; cependant une hématurie est toujours chose grave d’abord par elle-même, puisqu’elle peut être assez abondante pour anémier profondément le malade ou pour occasionner une rétention d’urine par le fait d’un caillot obstruant le canal de l’urèthre ou un uretère, et surtout par sa signification, car la plupart des maladies qui la produisent sont sérieuses.

Son traitement présente trois indications :

1° Faciliter l’issue de Furine sanglante. — En général le sang sort aisément, mais s’il s’accumule dans la vessie, s’il obture l’uretère, il faut procéder au cathétérisme et même au lavage de la vessie.

Il est très exceptionnel d’observer la stagnation des caillots dans la vessie et de se trouver dans la

nécessité, soit de les aspirer avec la sonde qui a poussé l’injection, soit même de les broyer ou de leur ouvrir une voie à l’extérieur ainsi que cela a cependant été fait.

2° Prévenir l’effusion d’une nouvelle quantité de sang. — Pour cela on prescrira au malade un repos absolu, on fera des applications froides sur l’hypogastre, le périnée, on donnera des quarts de lavements froids ; il sera utile de prescrire une potion hémostatique ( eau de Léchelle , ergot de seigle, perchlorure de fer, etc.).

3° Combattre la maladie dont l’hématurie est un symptôme. — Les moyens médicaux et chirurgicaux à employer dans ce but sont naturellement extrêmement variés et ne se prêtent pas à des considérations générales. Dr Léon Moynac.

HÉMÉRALOPIE. — Affection dans laquelle les sujets voient plus ou moins bien dans la journée, tandis qu’ils ne voient plus ou qu’ils distinguent a peine, dès que le soleil est couché. On l’appelle aussi aveuglement de nuit * cécité nocturne, amblyope crépusculaire.

On a compris sous le nom d’héméralopie deux èlats morbides différents : 1° l’état nocturne de la vision chez des malades atteints d'amaurose. Ici il existe une diminution de l’acuité de la vision. Celle-ci ne peut s’exercer que si la rétine est stimulée par une somme suffisante de lumière. Ce n’est pas du tout parce que le soleil est couché que ces prétendus héméralopes cessent de voir. Si en plein jour on les conduit dans une cave mal éclairée, ils ne peuvent plus se conduire, ils distinguent, au contraire, par une belle nuit, alors que le ciel est parsemé d’étoiles et que la lune brille de tout son éclat : 2° l’héméralopie véritable, qui a les caractères d’une névrose à type intermittent.

La distinction que nous venons d’indiquer là rend compte des faits suivants: il arrive parfois qu’une agglomération d’individus se trouvant dans des conditions générales propres à produire l’amaurose, est atteinte de troubles visuels qui sont nécessairement plus accentués de nuit que de jour. C’est de cette façon qu’il faut interpréter ces relations d’héméralopies épidémiques et endémiques rapportées par des médecins de l’armée de terre et de la flotte. Si, dans ces cas, l’examen des malades avait été fait de jour, on aurait probablement reconnu une diminution notable de l’acuité visuelle. Pareille interprétation convient à ces cas d’héméralopie héréditaire, signalés par quelques auteurs ; c’étaient probablement des amblyopies congénitales avec diminution relative de la sensation visuelle pendant la période nocturne. Par cela seul que l’héméralopie n’est souvent qu’une manifestation de l’amaurose, on comprend que toutes les circonstances de nature à diminuer l’activité nerveuse de la rétine, puissent donner lieu à cette affection. C’est par ce mécanisme qu’on s’en explique la 'production, à la suite de l’impression plus ou moins prolongée d’une lumière vive sur l’organe de la vision. On se rend ainsi compte de l’héméralopie dite épidémique , alors qu’un grand nombre d’individus est soumis simultanément à cette influence d’une lumière exagérée. Les relations d’épidémies

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