LOOCH HUILEUX
Huile d’amandes douces . . 15 grammes.
Poudre de gomme arabique ..... 1 5 —
Sirop de gomme . 30 —
Eau distillée de fleur d’oranger. . . 15 —
Eau distillée . 100 —
On fait un mucilage avec la gomme et deux fois son poids d’eau ; on ajoute l’huile par très petites quantités afin de mieux la diviser par une trituration prolongée, et on délaye enfin avec le reste des liquides. Dr Paul Labarthe.
LORDOSE. — On donne le nom de lordose à une inflexion anormale- de la colonne vertébrale, consistant en une incurvation en arrière. C’est une affection très rare qui s’observe chez les marchandes qui ont l’habitude de s’incliner en arrière pour porter des éventaires devant elles, etc. ; elle peut être consécutive à une cyphose (Y. ce mot) comme courbure de balancement. La grossesse produit une lordose que nous appellerons physiologique, et qui disparaît dans l’immense majorité des cas, après l’accouchement.
La lordose peut être cervicale, dorsale ou dorsolombaire. Lorsqu’elle est cervicale, la tête est renversée en arrière ; lorsqu’elle est dorsale, les fonctions du poumon s’accomplissent mal ; enfin lorsqu’elle est dorso-lombaire, le ventre est proéminent, l’attitude est celle des individus atteints d’ascite ou des femmes enceintes. Chez les femmes atteintes de lordose qui deviennent grosses, l’accouchement est rendu très difficile, en raison de la proéminence de l’angle sacro-vertébral.
Comme traitement de la lordose, on a conseillé I de faire certains exercices.de gymnastique : gravir
les degrés d’une échelle verticale, la figure étant tournée vers l’échelle et les pieds aussi rapprochés que possible des mains ; — le sujet étant debout, élever les bras verticalement, puis s’incliner en abaissant les bras étendus, de manière à les rapprocher le plus possible du sol et à y atteindre, les articulations du genou et du cou-de pied restant étendues. On a retiré quelques bons effets de l’électrisation des muscles grand et petit oblique et du muscle grand droit de l’abdomen avec des courants interrompus. Mais c’est surtout aux corsets et. aux
Fig- Wl- Fig. .798.
Lordose lombaire. , Appareil de redressement.
appareils orthopédiques qu’il faut avoir recours. Ceux-ci doivent être -construits de manière à repousser en arrière la partie convexe de la colonne vertébrale et. à exercer une pression en sens inverse sur les extrémités de l’arc.. Dans l’appareil représenté par la figure 798, les deux tuteurs latéraux a béquillons présentent, dans le point correspondant au. centre de la courbure, une brisure avec articulation à vis de rappel, mobile dans le sens antéropostérieur. En avant, il donne attache à une large bande de cuir, appliquée en travers de l’abdomen. Le redressement de la colonne vertébrale est effectué par le jeu seul de l’articulation des tuteurs qui a lieu au moyen de vis de rappel placées au niveau de l’articulation de ces derniers.
Dr Paul Labarthe.
LOTIONS. — On donne ce nom a des préparations liquides pour l’usage externe, destinées à être employées pour laver une partie quelconque du corps, dont l’application se fait en imbibant des compresses que l’on promène légèrement sur sa surface. Les lotions les plus employées sont les lotions alcalines, les lotions ammoniacales, sulfureuses, vinaigrés, mercurielles, etc. La dose du principe médicamenteux varie de 1 à plusieurs grammes par litre du véhicule qui est le plus souvent l’eau. Ce peut être aussi le vin, le vinaigre l’eau-de-vie, l’huile, etc.
En hydrothérapie, les lotions sont un procédé qui consiste à passer sur tout le corps une grosse éponge trempée dans l’eau, ou des serviettes très
mouillées. Les lotions servent a tâter la sus ■ des malades, et à combattre certains accid Ptil)iIité modiques. Elles sont aussi fort utiles pou?18-^ les enfants scrofuleux et les personnes déhn°1§n(* impressionnables au froid. ü les trop
AL¬ LOUCHE. — Qualificatif employé par les v pour désigner un individu atteint de (Y. ce mot). strabl*me
LOUCHERIE. - Synonyme de strabisme (v mot). \ ’ *6
LOUPE. -Les loupes ou kystes sébacés sont des tumeurs des glandes sébacées dé formé eé? râlement globuleuse, de consistance ferme oum teuse, dont le volume varie de celui d’un gros mk d’une noisette, à celui d’un œuf; elles sont mol biles au milieu du tissu cellulaire sous-cutané mais elles adhèrent à la peau qui est simplement soulevée à leur niveau, dans quelques cas se trouve amincie, et présente parfois un petit orifice par lequel on peut vider la loupe.
Le contenu des loupés est une matière blanchâtre que l’on a comparée soit à du suif, soit à une bouillie, soit enfin à du miel; aussi les noms de stêatome, athêrome, tumeurs mélicériques, sont-ils souvent employés pour désigner les loupes.
Cette matière est formée de cellules épithéliales aplaties, déformées, parfois disposées en couches concentriques assez régulières, de granulations graisseuses, calcaires, de cholestérine ; souvent inodore, cette matière peut exhaler une odeur infecte de vieux fromage. Lutz, qui en a fait l’analyse chimique, y a trouvé beaucoup d’eau et de matière grasse, de la caséine, de la gélatine, de l’acide butyrique, des sels de soude, etc. Quant à la paroi de la poche, facile à isoler du tissu cellulaire du voisinage, elle est formée par un tissu fibreux qui représente la paroi de la glande très hypertrophiée.
Les loupes s’observent plus fréquemment au cuir chevelu qu’en tout autre lieu; ellés sont indolentes et ne gênent l’individu qui en est atteint que par leur siège et surtout par la difformité qu’elles entraînent; elles progressent lentement et, arrivées à un certain volume, elles peuvent se comporter de diverses façons
1° Habituellement, elles persistent indéfiniment dans un état stationnaire;
2° Elles peuvent présenter un petit pertuis à travers lequel le contenu est souvent évacué, grâce aus pressions que le malade exerce sur les parois de tumeur, qui se remplit de nouveau en un laps temps variable ;
3° La peau qui les recouvre peut s’ulcérer, et alors de deux choses l’une : ou bien la tumeur ^ racornit et se dessèche, ou bien il s’établit une ns tule à travers laquelle s’écoule un pus d’une odeur nauséabonde ; - •
La résorption de ces loupes est fort douteuse. O)1 a vu les parois du crâne se déprimer légèrement, sous forme d’une petite fossette dans les points qUI leur correspondent.
Le pronostic n’offre rien de sérieux, la loupe ne constitue qu’une difformité peu appréciable.
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le traitement des loupes peut être palliatif ou
^retraitement palliatif consiste simplement à vider les loupes avec une épingle, comme le font auelcrues personnes chaque -fois que la tumeur présente un certain volume , mais cette évacuation
est toujours suivie de récidive.
Le traitement curatif consiste, soit à extirper la tumeur, soit à la détruire par les caustiques.
L’extirpation peut se faire dé deux façons : si la tumeur est un peu volumineuse et très molle, on fait à sa surface une incision rectiligne ou cruciale
Fig. 799. — Extirpation d’une loupe du cuir chevelu.
et on; la dissèque ; puis on rapproche les tissus et on. les maintient avec quelques bandelettes agglutinatives, et l’on exerce sur eux une compression douce. Si la tumeur est plus dure et si elle se laisse aisément écarter des parties profondes, on peut la soulever, l’embrocher vers sa ba.se avec un bistouri a ame longue et étroite, que l’on fait ensuite reonter de la profondeur vers la superficie ; cette avp!»S10n ^te’ r*en n,est P^us Pac^e fine d’enlever kyste™6 PilîCe à mors Plats les deux segments du
plusipiaUt^riSation peu! également se pratiquer de térisan/t mani®res> s°it en vidant le kyste et cauce cas 1 toute ®a cavité avec du nitrate d’argent, dans de jn„„a paî’oi du kyste se détache au bout de peu de Vienn SOlt ? aPPli(luant sur la tumeur de la pâte forment & °U ae ^a Potasse caustique, qui la transaprès nrf? Une eschare éont l’élimination s’effectue emps variable, quelquefois assez, long.
Dr Léon Moynac.
?u,unSG^;I0N‘ ~ Mot employé pour dire Maintenu U- jUÛ organe est lubrifié, c’est-à-dire quide. Ainsi Ie, Par un en(iuit plus ou moins 11- ^ Paupières 6Set meS servent a la lubrification
' 1 une petite — Luc- sur -M
yados, à 45 î! t0n marltime située dans le Ci klon-sur-Mer nil-e ces de Caen et à 3 kilomètres ’ q 1 Possédé une plage de sable l
excellente pour les enfants et un petit établissement de bains. p L
LUCHON (eaux minérales de). — Bagnères-de-Luchon est une jolie petite ville de la Haute-Garonne, bâtie en pleines Pyrénées, sur les bords de la Pique, à 1 angle le plus occidental de la pittoresque vallée qui. porte son nom, qui possède des eaux minérales sulfurées sodiques. Ces eaux, qui proviennent de plusieurs sources, alimentent un magnifique établissement ou on les administre en boisson, en bains, en douches, en vapeur, en inhalations, etc., contre un grand nombre de maladies se rattachant principalement à l’une des quatre grands diathèses ; herpétique, scrofuleuse, rhumatismale ou syphilitique, et aussi contre les affections catarrhales chroniques de l’appareil respiratoire. p. l.
LUCIDE (folie). — Il convient d’entendre sous le nom de fous lucides l’ensemble des individus qui se rangent dans les deux catégories suivantes :
1° Ceux qui, sans être affectés de délire, de trouble marqué de l’intelligence présentent des phénomènes de désordre et de perversion plus ou moins caractérisés dans la sphère affective ou du sentiment , et dans celle de la vie active ou de la volonté ; -
2° Ceux qui, tout en étant sous le coup d’une perturbation notable dans le domaine intellectuel ou psycho-sensoriel, ne sont atteintsi cependant que de délire partiel et raisonnent avec lucidité sur tous les points en dehors de leur délire, — dont ils peuvent avoir ou non conscience.
. Ces deux catégories comprennent l’ensemble des cas décrits successivement sous les noms de manie sans délire (Pinel), monomanie raisonnante (Esquirol), folie morale (Prichard), pseudo -monomanies (Delasiauve), monomanie, manie raisonnante, délire des actes, etc. Le nom de folie lucide, emprunté à l’éminent aliéniste Trélat, me paraît le plus convenable, étant le plus compréhensible. Le sujet, déjà effleuré dans l’article Criminalité (Voy. ce mot), est aussi vaste que complexe ; il intéresse à la fois le philosophe, le moraliste et, partant l’homme politique ; mais il appartient au seul biologiste, à celui qui connaît la nature humaine, la nature et la physiologie du cerveau, de l’étudier et de l’éclaircir. Comme la forme analytique est la seule qui convienne à un dictionnaire, je suis obligé de scinder cette étude et d’éliminer d’abord les fous lucides de la deuxième catégorie dont il est parlé aux articles Hallucination. & t Monomanie.
Cette première élimination faite, nous restons en présence des malades de la deuxième classe, de ceux qui souffrent d’une lésion prédominante des « facultés morales » et delà volonté. Quand on parle ici de facultés morales il doit être bien entendu qu’il ne s’agit pas d’entités, mais bien de fonctions spéciales en rapport avec un organe distinct. « Le cerveau, dit le professeur Charcot,— l’un des hommes de France qui ont fait réaliser à la pathologie du système nerveux les progrès les plus décisifs — le cerveau est un ensemble d’organes, et chacun de ces organes, dont la réunion constitue la masse en céphalique, est doué de propriétés spéciales. La lé-
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sion d’une de ces parties entraîne la suppression des fonctions auxquelles elle présidait, et il est possible de déduire de ces troubles fonctionnels la localisation anatomique ». Peu importe que la « lésion d’une partie retentisse souvent sur les parties voisines » ; peu importe que, dans l’espèce, il s’agisse surtout de centres du mouvement : le fait n’en demeure pas moins proclamé pour toutes les fonctions cérébrales, et ainsi se trouve ravivée la flamme du flambeau allumé autrefois par Gall, et momentanément étouffée par les efforts de cette secte d’obscurantins qui, sous les espèces de l’éclectisme, a corrompu pendant trois quarts de siècle la philosophie française. C’est cette lueur qui va nous guider aux ténèbres du caractère et de la volonté et nous permettre d’apprécier ces personnalités étranges, circulant au milieu de nous comme des êtres énigmatiques sans cesse suspendus entre la raison, la folie et le crime.
Parmi les rares médecins qui surent, il y a une trentaine d’années, s’affranchir du joug des] niaiseries spiritualistes, il faut citer avant tout le savant Morel. C’est grâce à ses vues plus élevées, à ses conceptions positives et à son étude approfondie de l’œuvre de Gall, toujours méprisée des académiciens, que cet homme éminent put établir sa re- • màrquable théorie des dégénérescences.
Cela ressort, entre autres choses, de l’importante citation suivante, empruntée par Morel au « célèbre physiologiste » pour employer son expression. « Il y a dans l’homme, dit Gall, une inclination qui va par gradation, depuis le simple plaisir de voir tuer jusqu’au désir le plus impérieux de tuer. On observe que parmi les enfants comme parmi les adultes, parmi les hommes grossiers comme parmi ceux qui ont reçu de l’éducation, les uns sont sensibles et les autres sont indifférents aux souffrances d’autrui. Quelques-uns même goûtent du plaisir à voir tourmenter les animaux, à les voir torturer et tuer, sans qu'on puisse accuser l'habitude ou Une mauvaise éducation. » (Yoy. Morel, Traité des maladies mentales, 1860, p. 390.)
C’était là le pas décisif vers la découverte de la vérité déjà entrevue par Pinel, dans sa classification des maladies mentales, où il forme une classe à part des malades n’offrant aucune lésion de l’entendement, et animés, dit-il, d’une sorte de fureur « comme si les facultés affectives seules avaient été lésées. » ( Traité médico-philosophique sur l'aliénation mentale. An IX, p. 157.)
C’est qu’en effet, le sentiment, l’intelligence et le mouvement —, ou sous un autre aspect, les émotions, la raison et la volonté — étant centralisés dans des organes évidemment distincts, quoique non encore déterminés d’une façon précise, on comprend que ces organes puissent être lésés séparément, d’où les troubles isolés aussi des fonctions qui en dépendent. Lorsque l’altération porte essentiellement sur l’organe de la volonté, sur les centres psycho-moteurs, il s’agit de ces sortes d’aberrations ou de folies que l’on a désignées sous le nom d’instinctives ou impulsives ; comme souvent, l’impulsion est spécialisée, qu’il y a tendance très nette et d’une façon distincte, quoi qu’on ait pu dire, soit au meurtre, soit au vol, etc., ces cas
seront décrits plus convenablement à l’article nomanie. ^
D’autres fois, — et nous coudoyons par centa' dans la vie ordinaire, les malheureux dont il*065 être question ici — la lésion porte sur l’ensemi^ des organes qui président à la vie affective, oiu quelqu’un d’entre eux séparément ; la volonté ^ trouve affectée, mais d’une façon consécutive St non spéciale, comme dans les cas précédents. C’est surtout de ces individus, de cette variété — ^ beaucoup la plus nombreuse — de fous lucides qu’il va être question ici. ’
Briand a rapporté dans les Archives de Neurologie (1883, p. 109, sq.) le fait d’un petit enfantée cinq ans, dont l’aventure fit quelque bruit dans la presse. Antécédents mal connus ; le père passait pour « un original » ; élevé chez sa nourrice jusqu’à l’âge de quatre ans et demi, cet enfant était sournois et méchant, et dès trois ans et demi fort adonné à l’onanisme; fièvre typhoïde à quatre ans, avec complications du côté des méninges. D’une attitude habituellement triste et hébétée, il ne déployait quelque intelligence que pour faire des méchancetés ; il brisait les jouets de son petit frère, de deux où trois ans plus jeune’ que lui, et pour « faire enrager sa maman » jetait toutes les clefs dans les latrines, barbouillait de matières fécales le tapis du salon, etc., etc. Comme il avait vu un jour, avec un grand plaisir, son petit frère saigner du nez, il le hissa une autre fois sur une' grande chaise et le flanqua violemment par terre. L’effet voulu étant produit, ce jeune sujet s’amusa beaucoup à se tremper les mains dans le sang qui coulait avec abondance du nez de son frère à moitié assommé. Il paraît qu’il répétait sans cesse : « Je veux tuer le petit. » Comme on lui demandait s’il aimait sa mère : — « Non ! comment l’aimeraisje? je n’aime personne, je veux la tuer pour avoir ses sous ; si je ne peux pas maintenant, j’attendrai d’être plus grand. »
11 y a dans le livre si remarquable et beaucoup trop oublié de Marc, un fait de tous points semblable, emprunté à Parent-Duchâtelet. Il s’agit d’une petite fille de sept ans, enragée du désir de faire mourir sa mère « pour avoir ses hardes. » Voici un échantillon, fort instructif, de la conversation de cette aimable enfant.' « Pourquoi désirestu donc tant ma mort. Je ne m’étonne pas si tu faisais autant de bruit quand j’étais malade. Ma petite me répondit : — Oui, maman, je le faisais exprès pour vous faire mourir; quand j’ai vu que je ne réussissais pas, j’ai dit que je le ferais moimême... — Tu ne sais pas ce que c’est que la mort ; je mourrais ce soir et je reviendrais demain; Notre-Seigneur est mort et il est ressuscite- — Maman, je sais bien que quand on est mor » c’est pour toujours. Notre-Seigneur est ressuscite parce que c’était le bon Dieu ; mais vous ne reviendrez pas, ma petite sœur n’est pas revenue. Si von^ aviez pu faire revenir mon petit frère que vô°> aimiez tant, vous l’auriez bien fait. — Mais com* ment ferais-tu pour me faire mourir ? — Si cet dans un bois, je me cacherais dans un trou s0 . des feuilles, et, quand vous passeriez, je vous fer tomber par votre robe et je vous enfoncerai? u
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n;<mard dans le cœur. » {De la folie dans ses sent les intentions, compromettent les absents et,
nïnorts avec les questions medico-judiciaires, t. I, quelles que soient la patience et la douceur qu’ils
«100 sq.) . aie.nt rencontrées d’abord, finissent, à force de
jesse Pomeroy, le jeune « tortionnaire et meur- nuire, par devenir odieux». Les plus monstrueuses Jpt de Massachussets », s’amusait à lacérer à coups aberrations, les plus grands crimes même peuvent rl couteaux le corps de malheureux enfants préa- en résulter.
lablement liés, à les rouer de coups jusqu’à leur L’auteur que nous venons de citer rapporte le briser les dents et les os, a leur enfoncer des épin- fait d’une femme qui, après avoir torturé son mari
des dans la chair et à verser de l’eau salée sur les par toute sorte de persécutions, en vint, — quand
piqûres, etc. Enfermé dans une maison de correc- son retour d’âge et la disparition des dernières
tion et rendu — bien à tort — à sa mère sur les traces de la jeunesse eurent accru l’aigreur de son
instances réitérées de celle-ci, il assassinait deux caractère, — à se sentir jalouse de sa fille. Profiter mois après (le 22 avril 1874), un petit garçon dont de l’exiguité de l’appartement, se coucher la deron retrouvait le corps horriblement mutilé. (Ham- nière, mettre une partie des vêtements de la jeune, mond, Treaty on Insanity ; New-York 1883, p. 375.) fille à côté de ceux de son père : faire plus, aller
Quand on laisse grandir en liberté ces gaillards- surprendre cet enfant dans son sommeil, soulever
là, voilà ce qu’ils deviennent. Dumollard, le fameux ses couvertures, promener sa main sur son corps
tueur de servantes, appartient à cette catégorie, et jusqu’à ce qu’elle s’éveille et crie, se sauver alors
M. Hammond a parfaitement raison de citer son dans l’obscurité ; lui demander le lendemain pourobservation à côté de celle du jeune Pomeroy. quoi elle a crié et lui dire ensuite que c’est son
Seulement, puisqu’il admet une monomanie affec- père qui a été la trouver la nuit : telles sont les
tive [emolional monomania ), il a tort de ranger ces manoeuvres auxquelles eut recours cet esprit madeux cas sous l’étiquette « monomanie raisonnante», lade (Trélat, loc. cit., p. 150). On frémit en songeant
Nous entendons bien que ni Dumollard, ni les aux conséquences, et du reste le même auteur rap-
jeûnes sujets cités plus haut ne peuvent être don- porte le fait d’un père accusé d’attentat à la pudeur
nés comme des types intellectuels, remarquables; sur sa fille et poursuivi sur la dénonciation d’une cependant, ce qui est lésé surtout chez eux, c’est mère jalouse : l’instruction fit éclater là parfaite l’organe émotif ; comme il le dit lui-même, ils sont innocence de ce malheureux, étrangers à ce qu’on appelle le sens moral, ce sont La lésion des organes cérébraux de la vie affecdes sauvages purs et simples. tive se rattache souvent aux grandes névroses.
Souvent, les faits pour être moins graves n’en Krafft-Ebing décrit sous le nom de « folie raison-
sont pas moins déplorables, en ce sens surtout que nante mélancolique » l’état de certaines hystéri-
leur caractère moins terrible ne permet pas tou- ques toujours plongées dans la tristesse et dans
jours de prendre les mesures nécessaires et de por- l’abattement. Molles et languissantes, sans volonté,
ter remède au mal. « Pendant la belle saison, ra- sans désirs, incapables de travail durable et d’oc-
conte Trélat dans son livre intéressant de la Folie cupation intellectuelle, elles ne voient que les cô-
uade (p. 9), quelques amis étaient allés dîner à la tés sombres d’une vie qui les désespère. Le tableau
campagne chez les époux X... Après le repas, on est- très exact ; mais je ferai ici la même remarque
ai assis sur la terrasse... Tout à coup, le mari que pour les manies raisonnantes de Hammond ;
onties accès n’avaient éclaté jusque-là que dans c’est la sphère des sentiments, de la vie affective
uiei?Urée’ est ému par un mot et entre en fu- qui est ici troublée, et puisque M. Krafft-Ebing déchevèl arrfclle le Peigne de sa femme, défait sa crit une folie morale, c’est dans ce cadre qu’il au-
victimUre’ a rou^e autour de son bras et traîne sa rait dû placer sa soi-disant folie raisonnante mé-
onl’et SUr 16 SaWe de la terrasse* 0n frissonne, lancolique (Lehrbuch der Psychiatrie, t. II, 1883).
le calm °!Urev°n cbercbe a le calmer : c’est elle qui Dans d’autres cas, au contraire, l’impressionna- « crje ,e‘ * vous ignoriez tout cela, mes amis, s’é- bilité, chez les hystériques est portée à un haut de-
« duré vUe’ïuoiqu’ily ait déjà des années que cela gré et toutes les passions peuvent être surexcitées.
« plaiffne S Peignez et vous avez raison; mais L’amour tient ici, et naturellement, chez les jeunes
« car mon"11!01 dU présent bien Plutôt <Iae du Passé» filles, la première place et à ce titre je ne comprends
* rive aui ^ UjS>^fan<*, malheur est celui qui m’ar- pas la séparation absolue que certains auteurs ont
* ?ue j’éta’’ n 1 : CeSt <lue V0US connaissiez ce voulu établir entre la nymphomanie et l’érotoma-
« vous venez H* beureuse de yous cacher. Ce que nie d’une part, et l’hystérie de l’autre. Sans doute
°a trois V°ir’ subis ré^ulièrementdeux la nymphomanie et l’érotomanie ne sont pas tou- Toutes i par ®emaiQe »• jours le fait de cette dernière névrose; mais elles
Principal le p^s®10ns peuvent devenir l’élément s’y relient très souvent. « Les jeunes filles même
^ais en premi^U de désordres analogues, les plus réservées, dit Marcé, à propos des hysté-
toutes,iifaut (fq6 , et cpmme la plus funeste de riques, se prennent de passion pour leur médecin,
des autres con V T^abms*e’ perversion de l’amour pour le premier individu qu’elles aperçoivent; le
donné de soi-mé66 surtout avec l’amour désor- son de la voix, le bruit des pas d’un homme, les
s!vp Provenant dmf’ ave.c.cet,te susceptibilité exces- jettent dans une excitation inexprimable ; leurs
cidicuie parce .ea vanité, c’est-à-dire d'un orgueil préoccupations délirantes roulent sur des idées de
torture la monn™11 -n ?sî pas îustifié. « Ceux que mariage ; elles ont l’œil humide et noyé, les allures
ent et ne laissentamVfal°USe’ dit Trélat» ne §où* provocantes, » etc. (Marcé, Maladies mentales,
lerprètent tout en ,aucune tranquillité, in- p. 565). Combien ne voit-on pas de familles déso-
mal, dénaturent le faits, accu- lées par la présence à leur foyer de malheureuses
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filles hystériques, bouleversant tout autour d’elles, se faisant un jeu de la douleur et du tourment de leurs proches, compromises souvent par des hommes grossiers, ou par des imbéciles qu’elles séduisent, dans toute la force du terme, — véritables folles lucides, que l’absence d’un délire véritable fait trop souvent méconnaître par le médecin aussi bien que par les intéressés !
De plus, qu’elle se lie ou non à l’hystérie, l’exaltation morbide du sens génésique peut exercer sur certains individus dont l’organe cérébral correspondant est mal conformé,, une influence irrésistible; tel est le cas d’un grand nombre de prostituées. Moreau (de Tours) le fait remarquer avec pleine raison : « La prostitution suppose un emportement dans les passions, une audace dans le vice, ou bien une défaillance du sens moral, un hébétement de l’inteliigence qui ne sauraient guère se rencontrer dans des organisations régulières ,, et dont il est impossible de voir la source ailleurs que ; dans les prédispositions morbides héréditaires ou constitutionnelles dont l’influence nous est désormais bien connue..» [La Psychologie morbide, p. 381.) Oui, la plupart de ces malheureuses sont des dégénérées, des atypiques auxquelles très réellement la grâce fait défaut ; par quoi il faut entendre en effet, avec saint Paul et saint Augustin, un don purement gratuit, mais un don naturel aussi et non arbitraire, résultant de l’équilibre parfait des organes, dans la série des ascendants. Et c’est pourquoi : toutes ces « Magdeleines » — suivant l’expression consacrée — qu’on enferme toutes vivantes au tombeau des « Bon Pasteur, » « Dames Saint-Michel » et autres « Filles repenties, » en sortent à peu près telles qu’elles y étaient entrées, un peu plus hébé- j tées cependant en raison des pratiques auxquelles on les assujettit dans ces établissements d’un autre âge, qui sont un scandale dans le nôtre. Un grand nombre d’entre elles, il est juste de le dire, finissent comme leur patronne, par la folie complète.
Quoi qu’il en soit de la doctrine de la grâce, c’est une consolation de savoir que plusieurs des monstres qui rendraient l’histoire immorale si la vérité pouvait jamais l’être, n’étaient que des misérables mal doués, mal conformés au point de vue des organes de la vie affective. « Hactenus quasi de principe, reliqua ut de monstro narranda sunt », s’écrie Süétone arrivé au chapitre XXII de son histoire de Caligula. Comment comprendre, en effet, en lui supposant une tête saine, et en dépit des entraînements du pouvoir absolu, les actes de ce forcené? Un jour, pour engraisser les bêtes féroces destinées à un spectacle, les bestiaux coûtant trop cher, il leur fit donner cent criminels à déchirer.
Il condamna aux mines ou aux bêtes une foule de citoyens distingués ; il obligeait les pères à assister au supplice de leurs enfants ; il fit battre avec des chaînes en sa présence, pendant plusieurs jours de suite, l’intendant des jeux et des chasses, et ne le tua que lorsqu’il se sentit incommodé par l’odeur de sa cervelle tombée en putréfaction ; il fit tuer un sénateur et ne se montra satisfait que lorsqu’il eut vu les membres et les entrailles de ce malheureux entassés à ses pieds. On connaît sa fameuse apostrophe à propos de la foule, dont les applaudisse¬
ments contrariaient ses sympathies : ütinamv lus Romanus unam cervicem haberet ! De tein^ temps il souhaitait le massacre des légions Pf1 mine, la peste, l’incendie et les tremblements h terre. Une autre fois, — et ici le plaisant se mP au sévère, — comme on avait amené la victime e l’autel, il se retroussa à la manière des victimaüJ1 et levant bien haut son maillet, il assomma le Sa’ crificateur! Tous ces actes, et bien d’autres oU’â serait trop long d’énumérer, sont d’un fou lucide et Suétone caractérise parfaitement la situation physique et mentale, de ce triste .César « Yaletudo ei neque corporis neque animi constitit. Puer comitiali morbo vexatus... Mentis valetudinem et ipse senserat, ac subinde de secessu deque purqando cerebro cogitavit (Suetone, in Caligula, 50). Il était épileptique et avait, jusqu’à un certain point, con. science du trouble de sa raison; mais quoiqu’il y songeât, il n’y avait pas de séjour à Anticyre, pas .d’ellébore capable de « déterger ». son cerveau mal conformé.
Il est impossible de donner ici un exemple de tous les cas si divers de folie lucide et d’autre part, une description générale eut été de tous points, insuffisante. A vrai dire la base d’une étude complète sur la matière serait une connaissance approfondie de la science du caractère, que les travaux des Cabanis, des Morel, des Buchner, des Ferriér permettraient déjà de construire, au moins dans ses grandes lignes. Il est bien vrai de dire avec M. Th. Ribot, que la volonté est « un accident heureux » [Les maladies de la volonté, p. 84) ; mais un accident déterminé par des circonstances: fatales et antécédentes, par l’hérédité, le milieu, l’éducation, l’exemple. Il y a d’abord le caractère de la race — le Mongol n’est pas semblable à l’Aryen ; il y ale caractère de la nationalité — l’Allemand n’est pas semblable au Français, ni l’Irlandais à l’Anglais ; enfin il y a le caractère de l’individu, tel qu’il résulte surtout de la succession des ancêtres spéciaux. Chez les descendants des êtres mal doués, des individus à tempérament nerveux exagéré, des alcooliques, des aliénés proprement dits, il se produit une véritable dégénérescence, une déviation du type normal, et il semble, comme on l’a dit, qu’on voie reparaître par les effets d’un atavisme étonnant, les types ignobles et brutaux de nos prédécesseurs de l’âge de pierre. .
Le caractère de la race, celui de la nationalité ont disparu, en tant qu’il s’agit de race et de nationalité civilisées ; ce qui demeure, dans les cas graves* c’est l’être sauvage et barbare des temps préhis' toriques. Un Dumollard forme sous ce rapport t a transition parfaite entre les fous lucides et les criminels héréditaires.
Je ne mets pas en doute que l’étude approfondie* du cerveau des premiers ne révélât des lésm® analogues à celles qu’on a rencontrées chez l criminels et c’est pourquoi, empruntant le mot a Benedikt,je range les uns et les autres dans classe des atypies — expression qui me sein ^ plus compréhensible que celle de « dégénérés- Bien que les autopsies et les observations caraC,eS ristiques soient très rares, les cas de lésions o circonvulations frontales, ayant amené une disp
LUC
M „ nlus ou moins complète de la volonté, perî déjà de sortir du vague de l’hypothèse. On me ît le fait du « carrier américain, » blessé lors frSulosion d’une mine par une énorme barre de T oui lui traversa le crâne de part en part, lésant Salement la région pré-frontale L’individu sur- , t douze ans èt demi a cette horrible blessure. Sis ce garçon qui était un des meilleurs ouvriers 7P l’endroit, ° devint grossier, obstiné, chimérique, r'nuilibre entre ses facultés intellectuelles et ses penchants instinctifs sembla complètement détruit: il devint vagabond, mauvais sujet, etc., ses amis disaient de lui qu’ils ne le reconnaissaient plus. (Ferrier, De la localisation des maladies cérébrales ). On peut très bien concevoir comment chez certains individus, une malformation, une atypie de certaines circonvolutions aura produit des effets analogues et même pires.
Il est trop évident que ni la philosophie, ni la morale, ni la médecine n’ont de prise, sur de pareilles organisations. A la rigueur, dans les cas légers, on peut tenter, avec quelque espoir d’un succès relatif, de modifier le naturel de certains jeunes sujets en les prenant à partie dès ‘ leur plus tendre enfance ; mais le plus souvent on n’en obtient rien, pas même en les surveillant au point de vue de l’onanisme, assez fréquent, et auquel on a voulu, bien à tort, attribuer un rôle prédominant dans la production de la maladie. Chez lès fous lucides, comme chez les idiots,’ les épileptiques, etc. l’onanisme est un effet, non une cause ; c’est un des nombreux résultats de la lésion des organes de la sphère émotive.
De fait, les plus dangereux parmi les fous lucides doivent être enfermés leur vie durant avec les criminels héréditaires dont ils se rapprochent à tant d égards, au point que le passage des uns aux autres s’effectue par la plus insensible des transi- 10ns. Dans d’autres cas, il ne s'agit que du premier epe de la folie complète, manie, paralysie généra e, etc., et la terminaison a lieu naturellement orrt S T aS-*6 Enfin, dans un troisième
~ les plus pénibles, assurément, — n T heureux moins gravement atteints conti-
le to sél°urner dans leur famille dont ils font pas ,urm®nl; etle désespoir, quand ils n’en causent mis * rume‘ ^eux îui les entourent doivent être trer ^coarant delà triste réalité et se bien pénéd’une 6 radicale d’une guérison,
en silenÎO<ilaCa^0n ^eureuse- Us doivent souffrir reproche6’ ^ s’abstenant de récriminations et de ^vanta/ ^U1 n ont Pour résultat que d’exalter Sanspofv . ^nreur ou la passion du malade, c°nsidérer-°ir 16 .corri£er jamais. En apprenant à dire comm^i mi?®rables, ces méchants, peut-on ils se trouve l6S vi<?times incurables de la fatalité, P611 à peu J°Dt ^ autant moins malheureux que. leur cœur i se.nt.iment de la haine fera place dans la pitié. P
pendant mcn a -médecin et du philosophe, en siste à signale* 1evienne celui du législateur, conlentionde leur 6S etres a*ns* contaminés à l’at- 5*«®t comme j concit°yens, afin que ceux-ci les aanion avec env ^Ste et ne contractent jamais • E est seulement en la condam-