C. — La grande veine lymphatique et le canal tho
racique , deux gros troncs auxquels aboutissent tous les vaisseaux lymphatiques ; ces deux troncs se jettent dans le système veineux, au niveau du confluent des veines jugulaires internes et sous-clavières (la veine lymphatique à droite et le canal thoracique à gauche). . .
A. Vaisseaux lymphatiques en general. — Les vaisseaux lymphatiques, ou vaisseaux blancs, forment un vaste ensemble de conduits qui convergent de toutes parts vers le canal thoracique et la grande veine lymphatique.
Nous étudierons :
1° L ’ origine des vaisseaux lymphatiques ;
2° Leur trajet;
3° Leur structure.
1° Origine. — L’origine des vaisseaux lymphatiiues n’est pas encore bien connue et les opinions "mises à ce sujet peuvent se grouper sous trois
jhfS— Les lymphatiques naissent de culs-de-sae ou de réseaux capillaires parfaitement fermes 'Kôlliker, Frey, His, Robin).
b. — Les lymphatiques naissent de culs-de-sac et de réseaux capillaires qui communiquent avec les
vaisseaux sanguins (Mascagny, Sappey).
c. — Les lymphatiques naissent de culs-de-sac et de réseaux capillaires qui communiquent avec le tissu conjonctif et les grandes cavités sereuses (Hunter, Bichat, Recklinghausen, Ranvier). ^
Jusqu’à plus ample informé, nous admettrons que les lymphatiques naissent par des capillaires
disposés en forme de réseaux ou de ÆïtlTefét minaux, ne communiquant ni avec les arteres e
avec les veines. , . ... à.
Les réseaux sont superficiels et *
dire disposés sur deux plans, du moi as«ez grand nombre de régions.
T a distribution de ces reseaux varie tellement dans chaque région et dans chaque tissu qu’elle ne nem êS indicée d’une façon générale. Disons seulement que la peau et les muqueuses possèdent
le\“r)rPearmhno'us signalerons ceux de la face palmaire des doigts et des orteils^ deta paume
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de la main et de la plante du pied, du scrotum, du sein, du pourtour des orifices naturels.
Pour les muqueuses, nous signalerons le pourtour de leurs orifices, la surface du gland, la muqueuse de l’appareil digestif.
Les culs-de-sac terminaux ne s’observent que dans les villosités intestinales et les papilles linguales; c’est une disposition à signaler.
Les séreuses en sont abondamment pourvues, et nous avons vu que, revenant à une opinion ancienne, on croit à l’existence d’ouvertures ou stomates, établissant une communication entre la cavité séreuse et le réseau lymphatique.
Les lymphatiques abondent dans certaines glandes.
Les tissus fibreux sont très pauvres en lymphatiques et l’on n’a pas prouvé leur existence dans les os, les muscles et le tissu nerveux.
2° Trajet. — De ces divers réseaux et culs-de-sac naissent un certain nombre de troncs qui se dirigent vers les deux grands canaux (canal thoracique
1,1. Réseau lymphatique. — 2,2. Vaisseaux lymphatiques.
et grande veine lymphatique) en suivant un trajet superficiel ou profond, d’où la distinction des lymphatiques en superficiels et profonds.
Les vaisseaux lymphatiques superficiels se dirigent tous de là périphérie du corps vers la face antérieure de la colonne vertébrale (puisque le canal thoracique et la veine lymphatique sont placés audevant de cette colonne), ils cheminent dans le tissu cellulo-graisseux, souvent accolés aux veines superficielles, et .leur trajet présente plusieurs particularités : 1° Ils occupent, en général, le côté de la flexion des membres; 2° au lieu de converger les uns vers les autres, ils restent parallèles entre eux et ne communiquent que par quelques bifurcations assez rares; 3° tout lymphatique traverse au moins un ganglion avant d’atteindre le canal thoracique ou la grande veine lymphatique ; 4° leur surface présente un. aspect noueux dû à la présence de valvules placées dans l’intérieur du vaisseau. Leur calibre ne dépasse guère 1 a 2 millimètres.
Les vaisseaux lymphatiques profonds , moins nombreux que les superficiels, accompagnent les vaisseaux sanguins.
3° Structure. — La structure des lymphatiques se rapproche beaucoup de celle des veines ; comme elles, ils se composent de trois tuniques :
1° Une tunique externe, formée par du tissu connectif et des fibres élastiques étroitement enlacées et présentant, pour la plupart, une direction longitudinale ;
2° Une tunique moyenne, composée de fibres musculaires lisses et de fibres élastiques disposées
transversalement ;
3° Une tunique interne, composée de deux couches superposées : la plus interne, formée' de cellules épithéliales fusiformes ; la seconde, interposée entre la couche épithéliale et la tunique moyenne formée par du tissu élastique.
Les lymphatiques possèdent l|j|i
des valvules constituées par Æjl
un repli des tuniques interne et Sj
moyenne-, disposées par paires Jgjp7 ',§
et très rapprochées, à une distance variable de 2 à 15 millimètres.
Le canal thoracique et la grande veine lymphatique présentent la même structure que les troncs lymphatiques ; leurs parois sont plus épaisses et ressemblent à celles des veines.
Les réseaux et les culs-de-sac lymphatiques ont, au contraire, une structure bien différente et si diversement appréciée, qu’il est encore aujourd’hui difficile de se prononcer à cet égard ; on peut cependant les considérer comme des canaux .creusés dans les tissus et tapissés par une couche de cellules épithéliales dentelées.
B. Ganglions lymphatiques en général. — On
donne ce nom à de petits organes arrondis, situés sur le trajet des vaisseaux lymphatiques et dont la structure compliquée paraît démontrer la nature
Fig. 81/.— Ganglions lymphatiques.
1,1. Vaisseau lymphatique afférent. — 2,2. Vaisseaux lymphatiques afférents.
glanduleuse et l’intervention dans la composition de la lymphe, d’où le nom de glandes lymphatiques, qui leur était autrefois donné et auquel on tend à revenir.
Leur nombre est très considérable; bien que
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sujet à de nombreuses variations , il peut être évalué à six ou sept cents.
Leur situation doit être parfaitement connue dans chaque région ; en général on peut dire qu’ils accompagnent les vaisseaux sanguins et se rencontrent en plus grande quantité dans les régions abondamment pourvues de tissu cellulo-graisseux.
Dans les membres, ils siègent du côté de la flexion et vers les plis articulaires (pli de l’aine, creux de l’aisselle), et sont distingués en superficiels et profonds. Dans les cavités splanchniques, ils entourent les gros vaisseaux.
Ils sont, en général, elliptiques, et leur grand axe est dirigé dans le sens des vaisseaux lymphatiques qui les abordent.
Leur volume est très variable, depuis un petit pois jusqu’à un haricot ; en général leurs dimensions et leur activité sont bien plus grandeschez l’enfant que chez l’adulte et surtout que chez le vieillard, aussi les affections du système lymphatique appartiennent-elles surtout à la jeunesse.
Les ganglions lymphatiques ne peuvent plus être considérés comme formés par un enroulement de vaisseaux lymphatiques ; leur structure est , au contraire , des plus complexes, ils possèdent : 1° une enveloppe de tissu conjonctif ; 2° des alvéoles, arrondis dans la substance corticale, tubulaires dans la substance médullaire ; 3° des sinus ; 4° une substance fondamentale formée de corpuscules arrondis qui seraient des leucocytes ou, pour Robin, des éléments d’épithélium nucléaire.
Des vaisseaux et ganglions lymphatiques en particulier.— Vaisseaux et ganglions lymphatiques de la tête et dû cou. — Les ganglions de cette région sont disposés sous forme de deux traînées (ou chapelets) : 1° une suit la direction du sterno-mastoïdien, au-dessous de laquelle elle est placée; elle est formée par un assez grand nombre de ganglions dits cervicaux et distingués, d’après leur situation, en supérieurs et en inférieurs;
La seconde traînée ganglionnaire présente ai contraire une direction presque horizontale, elh s etend transversalement de la nuque au mentor (en remontant dans la loge parotidienne). Les ganglions qui la composent sont distingués d’aprèi eur situation en ganglions sous-occipitaux, parotidiens et sous-maxillaires.
ous les vaisseaux lymphatiques de la tête et di cou aboutissent à ces ganglions, groupes ^1SSeaUX Peuvent ®tre divisés en troi
nat h6S ^QS Proviennent de la face; ils naissen nncéc 6S Jeseaux assez riches, principalement dis dirp auj0ur des orifices de cette région, c’est-à de esc r- *6S ^vres.5 les ades du nez et les paupières uns h- reseaux naissent des troncs qui se jettent, le -Ve8 ganglions parotidiens, le plus gram «ombre dans fes ganglions sons-maxillaires; crâne Xao? -eaPr0viennent de la partie latérale di réSion temporale et sur réseau très r Q de lereille qui est recouvert d’ui S les L, T,U?Me : “s lymphatiques se jet autres dans Wm» )!8*”8110”8 PaI'<'tidl“ns. Ie 3° Les lvmni,grnï,10ns sous-occipitaux ;
Les lymphatiques de la partie postérieure di
crâne se rendent dans les ganglions sous-occipitaux.
Aux ganglions du cou aboutissent encore les lymphatiques de l’intérieur du crâne, de l’orbite, des fosses nasales, dont le trajet suit celui des artères méningées et de la veine jugulaire interne; ceux du voile du palais, de l’arrière-gorge, des amygdales, de la voûte palatine, des gencives et de la langue dont la face dorsale est tapissée par un admirable réseau lymphatique à mailles circulaire-^ ment disposées autour des papilles.
Vaisseaux et ganglions lymphatiques du membre supérieur et des parois du thorax. — On rencontre dans le creux de l’aisselle un nombre considérable de ganglions groupés autour des vaisseaux axillaires qu’ils enveloppent à la façon d’un chapelet, étendu de la base du creux de l’aisselle jusqu’au-dessous de la clavicule, où ils se continuent avec les ganglions du cou.
D’après leur situation on les a divisés un peu artificiellement en ganglions axillaires, placés dans le creux même de l’aisselle; sous- claviculaires, placés au-dessous de la clavicule; thoraciques ou appliqués sur les parois mêmes du thorax; sous-scapulaires, c’est-à-dire logés dans la fosse de ce nom.
A ces ganglions aboutissent les lymphatiques du membre supérieur, des parois du thorax et de la mamelle.
Les lymphatiques du membre supérieur sont superficiels et profonds.
Les premiers naissent de réseaux étalés à la surface palmaire des doigts, et particulièrement de la dernière phalange; de ces réseaux partent des troncs qui, arrivés à l’avant-bras, gagnent sa face antérieure et suivent le trajet des veines radiales et cubitales et de la veine médiane. Arrivés au niveau du pli du coude, ces lymphatiques sont étalés sur ses faces antérieure et latérale. Les plus internes rencontrent, au-dessus de l’épitrochlée, un ou deux ganglions dit épitrochléens et les traversent pour continuer leur trajet.
Au niveau du bras, les troncs lymphatiques superficiels se rapprochent de plus en plus de sa partie interné, ils se groupent autour de la veine basilique et vont se jeter dans les ganglions axillaires.
Les lymphatiques profonds, bien moins nombreux que les superficiels, suivent le trajet des artères; chaque artère est accompagnée de deux troncs lymphatiques, de même qu’elle est accompagnée de deux veines. Tous ces lymphatiques se rendent dans les ganglions axillaires, ils rencontrent sur leur trajet deux ou trois ganglions du volume d’une lentille.
Les lymphatiques des parois latérales du thorax se dirigent à peu près transversalement vers les ganglions axillaires : en avant, ils serpentent audevant du muscle grand dentelé et se jettent, les uns dans les ganglions les plus élevés, les autres dans les ganglions les plus inférieurs du creux de l’aisselle; en arrière, ces vaisseaux proviennent de la partie supérieure des lombes, du dos et de la nuque et gagnent également les ganglions axillaires.
Les lymphatiques de la mamelle méritent une description spéciale : ils sont superficiels et pro-
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fonds. Les premiers naissent du mamelon et de son aréole; les seconds des lobules mêmes de la glande : il en résulte plusieurs troncs qui serpentent les uns à la surface de la glande mammaire, les autres sur sa face profonde. Ces troncs se réunissent et vont se jeter dans les ganglions axillaires (d’où l’engorgement de ces glandes dans les maladies du sein).
Les ganglions du pli de Vaine , nombreux et importants, sont divisés en superficiels et profonds.
Les ganglions superficiels, placés dans le tissu cellulaire sous-cutané, au-devant du fascia crebri-
Fig. 818. Fig. 819.
Vaisseaux lymphatiques Vaisseaux lymphatiques superficiels superficiels
du membre inférieur. du membre supérieur.
formis, sont groupés en grande partie autour du point où la veine saphène interne traverse ce fascia.
Les ganglions profonds sont placés, au contraire, au-dessous de ce fascia, en dedans de la veine fémorale.
D’autres ganglions , faisant suite aux ganglions profonds, entourent les vaisseaux iliaques externes;
ils sont, en réalité, logés dans l’abdomen, mais peuvent être considérés comme appartenant au pli de l’aine.
Vaisseaux et ganglions lymphathiques du membre