‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 91 sur 289 · Ligaments latéraux des articulations des doigts · texte numérisé non relu

Ligaments latéraux des articulations des doigts

17. Gaine fibreuse des tendons extenseurs. — 18. Tendons des extenseurs superficiel et profond. — 19. Insertion des tendons superficiels. — 20. Insertion des tendons profonds. — 21- vea dons superficiels. — 22. Tendons profonds. — 23. Ligament interosseux.

Les moyens d’union consistent : 1° en un Üga' ment antérieur ou glénoïdien qui présente un bora supérieur uni à l’aponévrose intérosseuse palmatf et au col du condyle métacarpien ; un bord in*e' rieur fixé à la partie antérieure de la phalange au^ dessus de sa cavité glénoïde que ce ligament com

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Diète • deux bords latéraux continus avec le ligament trans verse et les bords de la gaîne des tendons fléchisseurs; une face postérieure appliquée sur les surfaces articulaires;

2° Deux ligaments latéraux, très résistants, s insérant, d’une part, sur uu tubercule et dans une dépression que présente de chaque côté la tête du métacarpien et, de l’autre, sur un tubercule semblable que présente de chaque côté la première phalange; ces ligaments sont obliquemeut dirigés de haut en bas et d’arrière en avant.

Le tendon de l’extenseur tient lieu de ligament

postérieur. , * , ,

La synoviale est très lâche, surtout du cote de l’extension.

Ces articulations possèdent quatre genres de mouvements : la flexion, l’extension, l’abduction et l’adduction; mais les deux premiers sont beaucoup plus accentués.

La flexion est très étendue, l’extension, bornée par le ligament glénoïdien, l’est,' au contraire, fort peu; il en est de même des mouvements de latéralité, qui se trouvent limités par la présence des autres doigts.

Muscles de la main. — Les muscles de la main occupent toute la région palmaire et ils sont tous fléchisseurs; on les divise en trois groupes : 1° les muscles de-la région externe ou éminence thénar; 2° les muscles de la région interne ou éminence hypothénar; 3° les muscles de la région moyenne.

1° Muscles de la région externe ou éminence thénar. — Cruveilhier les divise en deux groupes : A. ceux qui s’insèrent au côté externe de l’articulation métacarpo-phalangienne du pouce et qui sont au nombre de trois : le court abducteur , le court fléchisseur et l’opposant ; B. l’adducteur du pouce qui s’insère au côté interne de cette jointure.

Le court abducteur du pouce s’insère sur l’os scaphoïde et sur la partie voisine de la face antérieure du ligament annulaire antérieur du carpe, souvent aussi il reçoit une expansion du long abducteur du pouce. De là ses fibres se portent en dehors pour s’insérer sur le côté externe de la première phalange du pouce. Il porte le pouce en avant et en dedans ; il est donc adducteur et non abducteur.

opposant du pouce, petit muscle situé auessous du précédent, s’insère sur le trapèze et le n^,meilt aihérieur du carpe; de là, ses fibres se sur tenVraasversalemeot en dehors pour se fixer m<wU - a ^ongueur du bord externe du premier ^ carpien. il p0rte je p0uce en dedans, au i:00- fléchisseur du pouce s’insère au trapèze, ïièure rfment atlt®r^eur du carpe et à la face anté-

sérer ' i>S °S du carpe ’ de la’ ses fibres vont s’jn; interné a s®saïïloide fini se trouve sur le côté ej. de l’articulation métacarpo-phalangienne lpQ;ar S0Q intermédiaire sur la première pha-

ànhn du pouce s’insère à toute la longueur peu ,arddrïeur du troisième métacarpien, un tankJnnUXlème métacarpien, aux ligaments qui tacarrm ui - antérieure des articulations mégrand n ,?ienries, et plus particulièrement au • De là, ses fibres se portent en dehors.

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pour s’insérer à l’os sésamoïde et, par son inter médiaire, à la partie interne de la première phalange du pouce. Il porte le pouce en dedans.

2° Muscles de la région interne ou éminence hypothénar. — Ces muscles sont au nombre de quatre :

Le palmaire cutané, muscle sous-cutané qui s’insère, en dehors, sur la partie interne de l’aponévrose palmaire ; de là, ses fibres se portent transversalement en dedans, pour s’insérer par trois ou quatre petits faisceaux charnus sur la face pro-

Fig. 824.

Muscles de la main (couche superficielle).

1. Muscle court abducteur du pouce. — 2. Muscle Court fléchisseur. — 3. Muscle adducteur du pouce. — 4,4. Muscles lombricaux. — S. Muscle palmaire cutané. — 6. Muscle adducteur du petit doigt. — 7. Muscle court fléchisseur du petit doigt. — 8. Tendon du muscle petit palmaire. — 9. Tendon du muscle radial antérieur ou grand palmaire. — 10,10. Tendons du fléchisseur superficiel. — 11. Muscle cubital antérieur.

fonde de la peau qui recouvre le bord interne de la main. Il fronce la peau de la partie interne de la main et il partage les vaisseaux et nerfs placés audessous de lui.

L 'adducteur du petit doigt, muscle fusiforme, situé sur la partie interne de la main, qui s insère en haut, au pisiforme et à une expansion du cubital antérieur; de là, ses fibres descendent sur le bord interne du cinquième métacarpien et vont s’insérer au côté interne de la première phalange du petit doigt. Il porte le petit doigt dans l’adduc-

tl°Lê court fléchisseur, situé en dehors du précédent,

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qui présente les mêmes insertions inférieures que lui, mais il en est séparé par les vaisseaux et nerfs cubitaux, et son insertion supérieure se fait à la face interne du crochet de l’os unciforme. Il fléchit légèrement le petit doigt.

L 'opposant du petit doigt, semblable, à l’opposant du pouce, naît du crochet de l’os unciforme et de la partie voisine du ligament annulaire ; de là, ses fibres se portent transversalement en dedans et vont s’insérer à toute la longueur du bord interne du cinquième métacarpien. Il oppose le petit doigt au pouce.

3° Muscles de la région moyenne. — Ces muscles ont reçu le nom de muscles interosseux. Ainsi que leur nom l’indiqué, ils occupent les espaces interosseux ; ils sont au nombre de deux pour chaque espace ; or, comme il y a quatre espaces interosseux, il devrait exister huit muscles interosseux; cependant on n’en décrit que sept, le premier interosseux palmaire ayant été étudié plus haut sous le nom d'adducteur du pouce.

Ces muscles sont distingués en dorsaux ët palmaires et désignés sous les- noms de premier, second, troisième et quatrième interosseux, en comptant de dehors en dedans.

Il existe pour leurs fonctions une loi qui domine toute leur description, c’est que, par rapport à l’axe de la main (passant par le milieu de la main, c’està-dire par le troisième métacarpien et le médius), tous les interosseux dorsaux sont des abducteurs et tous les interosseux palmaires sont des adducteurs. De plus, chaque muscle interosseux (du moins les dorsaux) s’insère aux deux os qui limitent l’espace dans lequel il est placé. On se rappellera leur insertion inférieure par leur mode d’action. Ainsi, l’insertion inférieure du premier interosseux dorsal se fait sur le côté externe de la première phalange de l’index, celle du deuxième au côté externe du médius, celle du troisième au côté interne du médius, et celle du quatrième au côté interne de l’annulaire.

Quant aux interosseux palmaires, le premier s’insère sur le côté interne du pouce, le second sur le côté interne de l’index, le troisième sur le côté externe du petit doigt.

Notons que les interosseux palmaires, au lieu de s’attacher aux deux os qui limitent l’espace dans lequel ils sont situés, ne s’insèrent qu’à un seul métacarpien, à celui qui supporte le doigt qu’ils sont destinés à mouvoir. Il faut encore remarquer que les tendons des muscles interosseux ne se fixent qu’en partie sur la première phalange et envoient une expansion notable aux bords du tendon de l’extenseur commun des doigts.

Artères et veines de la main. — Les artères de la main sont des branches provenant des artères radiale et cubitale qui forment dans la paume de la main deux arcades qui ont reçu le nom d 'arcade palmaire superficielle et profonde ( fig . 825, 826).

Les veines sont d’autant plus développées, que la main et l’avant-bras sont soumis à des mouvements plus énergiques. Elles sont beaucoup plus nombreuses et plus développées sur la face dorsale que sur la face palmaire, ce qui est l’inverse des artères. Elles viennent des veines collatérales des doigts qui,

au niveau des articulations métacarpo-phalangien nés, se réunissent en plusieurs troncs qui, sur là face dorsale de la main, s’anastomosent en formant un réseau dont la disposition est très irréguà lière et dans laquelle cependant on distingue deux veines assez fixes : 1° la veine Savatelle, formée par la réunion des veines dorsales de la moitié interne

Couche superficielle fie la main (face palmaire). }

1-“rieCfrt%dlUCteur duP°uce--2. Muscle abducteur petit doigt. -3,3'. Tendons du fléchisseur sublime. - 4. C Tendon du grand palmaire. - 6. Art - ' Q 7 -Artere cubitale. — 8,8. Arcade palmaire supe

7“ 9* Premiere branche digitale formant l’artère colla ^ tem /Vetlt d°lgL ~10- Artère collatérale externe

- tT iJxi nT.m^iS0Q de l’arcade palmaire superficiel

tanée rhfnp V * T 116 externe du Pouce. - 13. Branche i Îles Su Nerf cubital- - 15. Branches di

doiot vpnant h 16' Nerf collatéral externe du pi

Si - RrànrtP, anerf ?UbitaL - 17‘ Nerf médian. - 18, 19,

- . Branches digitales et collatérales du nerf médian.

*a 1ieine céphalique du pouce, forff

externP rioT011 -deS VeineS dorsales de & moi externe de la main.

A” £■““». - H* som fournis par le n, L??fif ^CUma! et le radial. divise en nnmi? arrivé à la Paume de la main,

divise en nombreuses branches terminales, à savoi

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un rameau d’anastomose avec le nerf cubital ; — des rameaux destinés à tous les muscles de la région thénar, sauf à l’adducteur du pouce ; — des rameaux destinés à la face palmaire du pouce, de l’index, du médius et à la moitié externe de l'annulaire*. Ces rameaux, désignés sous le nom de nerfs collatéraux 'palmaires, sont ainsi disposés : 1» un rameau longe le côté externe du pouce ; 2° un second rameau longe le premier espace interosseux et se divise pour former le collatéral interne du

Fig.

1* Artère C°UClle profonde de la main (face palmaire).

3- Tenoin^!tale’ ~ -■ Terminaison de l’artère cubitale. — cade palmai011 de larcade palmaire superficielle. — 4,4'. Arpetit doigt JAprofonde- — S- Artère collatérale interne du et en 8 ave î Branches digitales allant s’anastomoser en 7 cielle __ « ■ , terminaisons de l’arcade palmaire superfi-. Filets eollatâp rtere radiale- ~ 10- Nerf cubital. - 11, 12, 13. Palmaire u~ du nerf cubital. - 14. Origine de l’arcade cutané sprt:Pe ,cielle- — 15. Rameau nerveux palmaire Ports. -i d T?ne en daut et en bas, afin de montrer ses rapo. Rameau interosseux.

rameau c°^atéral externe de l’index; divise en colla t*.d?“Xième esPace interosseï

médius 4« r Jal lnterne de rindex et ext espace et a • . mer rameau longe le tr et «terne inte™e dU

fPvwin7ÙCUvtal f°urnit à la main deux branches branche Hn T6 dorsale e\ l’autre palmaire. La inférieure ,rsale’ ?Près avoir contourné la partie “ n Jlî CUbltus’ Sagne la face dorsale de la main et se divise en rameaux qui forment les colla-

cnllTt l JrSTX P6tit doi^ de l’annulaire et le collateral interne du médius. La branche palmaire, véritable continuation du nerf, après avoir passé au-devant du ligament annulaire antérieur du carpe en dehors de l’os pisiforme, se divise en deux rameaux : 1 un, superficiel, forme les deux nerfs collateraux palmaires du petit doigt et le collatéral interne de 1 annulaire; l’autre, profond, s’enfonce dans les muscles de l’éminence hypothénar, et se divise en rameaux destinés aux muscles, de l’éminence hypothénar et à tous les muscles interosseux, y compris l’adducteur du pouce, qui représente le premier in terosseux palmaire.

Le nerf radial fournit a la main des rameaux qui constituent les nerfs collatéraux dorsaux du pouce, de l’index, et, le collatéral dorsal externe du médius.

De la main dans son ensemble. — Maintenant que nous connaissons les parties constituantes de la main, considérons-là dans son ensemble, et examinons-là dans sa région antérieure ou palmaire et dans sa région postérieure ou dorsale.

i° Région palmaire. — A peu près quadrilatère, elle présente une dépression centrale (creux delà paume de la main) limitée de chaque côté par des reliefs dont l’externe porte le nom d 'éminence thénar, et l’interne celui d’éminence hypothénar.

En haut, la région palmaire est limitée par le talon de la main, en bas par un bourrelet transversal très accentué dans, la flexion et qui, dans l’extension, présente quatre dépressions antéropostérieures répondant aux quatre derniers doigts, et trois reliefs répondant aux espaces interdigitaires.

La paume de la main présente trois sillons ou plis cutanés principaux dont la réunion forme une M. Le plus élevé commence vers la partie moyenne du talon de la main et se porte obliquement en bas et en dehors pour se terminer vers la partie moyenne du bord externe de la main ; il correspond au mouvement d’opposition, du pouce aux autres doigts et circonscrit l’éminence thénar. Le deuxième, confondu en dehors avec le précédent, se porte transversalement en dedans ; le troisième correspond à la flexion des trois derniers doigts.

L’arcade palmaire superficielle répond à l’espace compris entre le pli supérieur et le pli moyen; elle est plus rapprochée de ce dernier que du premier.

La paume de la main peut se subdiviser en trois régions secondaires : 1. L’éminence thénar; II. L’éminence hypothénar ; III. Le creux de la main.

J. Éminence thénar. — Elle forme un relief qui correspond au pouce et présente :

4° La peau, fine et peu adhérente ;

2° Une couche mince de tissu cellulo-adipeux, dans laquelle on rencontre souvent l’artère radiopalmaire (qui parfois se loge dans l’épaisseur de la couche musculaire sous-jacente) ;

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3° Une mince toile celluleuse qui, au niveau du bord interne de l’éminence thénar, se recourbe pour gagner les parties profondes, et sépare nettement cette région du creux de la main ;

4° Quatre muscles : le court abducteur, et, audessous de lui, l’opposant en dehors et le court fléchisseur en dedans ; ces trois muscles, couchés sur la face antérieure du premier métacarpien, sont séparés par le tendon du long fléchisseur propre du pouce, de l’adducteur du pouce, qui est en dedans et forme le quatrième muscle de l’éminence thénar. On trouve encore en ce point les deux branches du nerf médian et les deux artérioles qui vont former les vaisseaux et nerfs collatéraux du pouce;

II. Éminence hypothénar. — Elle occupe la partie interne de la main :

1° La peau y est épaisse et très adhérente aux parties profondes;

2° La couche sous-cutanée renferme le muscle palmaire cutané qui de l’aponévrose se porte à la peau de la partie interne de la main ;

3° L’aponévrose, assez mince, recouvre les muscles de l’éminence hypothénar, et, arrivée sur son bord externe, s’infléchit en arrière et forme une cloison qui sépare nettement cette région de la région palmaire moyenne ;

4° Les muscles sont disposés sur deux plans : le premier comprend l’adducteur du petit doigt en dedans et, en dehors, son court fléchisseur; le plan profond est formé par l’opposant. Entre ces deux plans se trouvent l’origine de l’arcade palmaire profonde et la branche profonde du nerf cubital.

III. Creux de la main. • — 1° La peau, glabre, offre une épaisseur en rapport avec la profession du sujet ; au niveau des articulations métacarpophalangiennes, elle s’épaissit et forme des durillons au-dessous desquels se développent des bourses séreuses qui peuvent s’enflammer ( durillons forcés).

2° La couche sous-cutanée est traversée par de nombreux filaments fibreux qui, de la face profonde de la peau, se portent sur l’aponévrose et constituent ainsi une foule de petites loges dans lesquelles la graisse est soumise à une pression permanente ; il en résulte une élasticité particulière que l’on observe du reste dans toutes les régions exposées à des pressions fréquentes, telles que la plante du pied, la partie ischiatique de la fesse, etc.

3° L’aponévrose palmaire est triangulaire, très forte, brillante et nacrée ; son sommet correspond au talon de la main et se continue avec le tendon du palmaire grêle. Sa base répond à la partie inférieure de la paume de la main et, à ce niveau, elle se décompose en quatre faisceaux correspondant à chacun des quatre derniers doigts et se continuant avec leur gaine fibreuse. Ses bords s’incurvent pour aller à la rencontre de l’aponévrose palmaire profonde et se confondre avec elle. Cette aponévrose remarquable est formée de deux ordres de fibres, les une longitudinales, de beaucoup les plus fortes, les autres transversales ; celles-ci s’arrêtent un peu avant la terminaison des faisceaux longitudinaux et circonscrivent ainsi, au niveau des trois derniers

espaces interdigitaires, trois lacunes par lesquellp sortent les vaisseaux et nerfs collatéraux des doigi;S et par lesquelles le tissu adipeux de la couche sous-aponévrotique communique avec celui de la couche sous-cutanée.

4° Au-dessous de l’aponévrose on rencontre dans l’ordre suivant : l’arcade palmaire superficielle formée par l’artère radio-palmaire et une branche de l’artère cubitale ; elle répond à l’espace compris entre les plis cutanés supérieur et moyen : de sa convexité se détachent quatre ou cinq branches qui vont former les collatérales des doigts; les branches des nerfs médian et cubital, les premières placées en dehors, fournissent les nerfs collatéraux interne et externe du pouce, de l’index, du médius et le collatéral interne de l’annulaire ; celles du nerf cubital forment le nerf collatéral interne de l’annulaire et les deux collatéraux du petit doigt; les tendons du fléchisseur superficiel et, au-dessous, ceux du fléchisseur profond et les muscles lombricaux.

5° L’aponévrose palmaire profonde, assez mince, se confond par ses parties latérales avec les bords recourbés de l’aponévrose palmaire superficielle, de manière à former la vaste gaine dans laquelle sont logés l’arcade palmaire superficielle, les nerfs médian et cubital, et les tendons des muscles fléchisseur superficiel et profond des doigts.

Toute la gaine fibreuse que nous venons de décrire est tapissée par une vaste synoviale qui communique avec celle du petit doigt, descend jusque vers la partie moyenne de la paume de la main et remonte à deux ou trois travers de doigt au-dessus du ligament annulaire. Cette synoviale esttrès appréciable lorsqu’elle est enflammée ; elle forme alors une sorte de bissac étranglé en son milieu, c’est-à-dire dans le point qui correspond au ligament annulaire et, par des pressions alternativement exercées sur ses portions palmaire et antibrachiale, on peut faire refluer le liquide d’une poche dans l’autre.

6° Au-dessous de l’aponévrose palmaire profonde se trouve l’arcade palmaire profonde, formée par l’artère radiale (qui est entrée dans la paume de la main en perforant le sommet du premier espace interosseux) et par l’artère cubitale; de cette arcade palmaire profonde se détachent des branches qui* au niveau des espaces interdigitaires, vont se confondre avec les branches de l’arcade palmaire superficielle. On y trouve aussi la branche profonde du nerf cubital, qui se rend aux muscles interosseux.

7° Les muscles interosseux et l’adducteur du pouce, qui peut être regardé comme un interosseux palmaire.

Région dorsale. - Sa disposition est des plus

1° La peau, fine et couverte de poils, glisse sur les parties profondes.

2° La couche sous-cutanée est formée par un

alre t,eS lâche’ Peu chargé de graisse, • h t , dufluel se trouve un réseau veineux très

dix ffrrnt Tfs dorsaux des doigts au nombre de ci’ ÎÏÏSn» l6S C1,nq internes Par le cubital et les cinq externes par le radial.

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3- L’aponévrose fait suite au ligament annulaire postérieur et se continue avec la gaine fibreuse de la face dorsale des doigts ; elle renferme dans son dédoublement les tendons extenseurs qui sont reliés entre eux par de nombreuses expansions.

4- La couche sous-aponévrotique est une mince lamelle celluleuse dans laquelle se ramifient les artères dorsales du carpe, du métacarpe et les interosseuses dorsales.

Usages de la main. — Nous avons dit au début de cet article que la main sert à la préhension des corps et au toucher. Elle sert aussi à l’écriture. De plus elle est un auxiliaire puissant du langage, grâce à ces moyens d’expression puissants et variés. « Par les mains, dit le grand Montaigne, nous requérons, nous promettons, appelons, congédions, menaçons, prions, supplions, nions, refusons, interrogeons, admirons, nombrons, confessons5 répétons, craignons, doutons, instruisons, commandons, encourageons, jurons, témoignons, accusons, condamnons, absolvons, injurions, méprisons, défions, flattons, applaudissons, bénissons, moquons, réconcilions, exaltons, réjouissons, attristons, déconfortons, désespérons, étonnons, examinons, taisons. »

Nous ne mentionnerons que pour en déclarer l’absurdité complète , les prétentions des chiromanciens , qui veulent lire dans les plis de la main le passé, le présent et l’avenir.

La main droite et la main gauche. — Les deux mains ne sont pas égales chez tout le monde, et chez la plupart des individus la main droite est plus grande et plus forte que la main gauche : cela tient surtout à la déplorable habitude qu’on a de vouloir forcer les enfants à se servir toujours de la main droite à l’exclusion de la main gauche. Cette habitude avait déjà indigné le grand Franklin, qui traduisit son indignation sous la forme d’une pétition, adressée par la main gauche humiliée de son ! effacement. Nous nous faisons un plaisir de reproduire cette spirituelle boutade qui constitue un véritable plaidoyer en faveur de la main gauche :

« Je m’adresse à tous les amis de la jeunesse, et je les conjure de laisser tomber un regard de compassion sur mon malheureux sort, afin qu’ils écartent les préjugés dont je suis victime. Nous sommes deux sœurs : les deux yeux d’un homme se ressemblent pas davantage, et ils ne sauraient vivre en de meilleurs termes que nous le. erions, ma sœur et moi, sans la partialité de nos parents qui mettent entre nous les plus injurieuses ûistmctions. Depuis mon enfance, j’ai été élevée à considérer ma sœur comme étant d’un rang supéieur au mien, on m’a laissée grandir sans la moinre instruction, tandis que, pour son éducation, tu D n a été négligé. Elle a eu des maîtres d’écrie’ ae Musique et d’autres encore ; mais moi, si, ai» m ai:f; îe touchais un crayon, une plume, une j’étais sévèrement grondée, et plus d’une deV ^ battue pour maladresse et pour défaut bonnes manières. 11 est vrai que ma sœur m’a fàf°Çle a e^e en quelques occasions, mais elle se sU toujours un point d’honneur de prendre la P eme direction, ne m’appelant que par nécessité Pour nie faire figurer à son avantage.

« N’allez pas croire, Messieurs, que mes plaintes soient dictées par un sentiment de vanité; non, mes peines ont une cause beaucoup plus sérieuse. Dans la famille à laquelle nous appartenons, l’habitude est que tous les soins nécessaires à la subsistance tombent sur ma sœur et non sur moi. Si quelque indisposition vient attaquer ma sœur (et je le dis ici en confidence, elle est sujette à la goutte, aux rhumatismes, aux crampes, sans parler des autres accidents), quel sera le sort de notre pauvre famille ? Ne sera-ce pas un sujet de regrets amers pour nos parents que d’avoir mis une si grande différence entre deux sœurs d’une égalité si parfaite ?

? « Hélas! il nous faudra périr de détresse, et il ne sera pas même en mon pouvoir de parvenir à griffonner une humble supplique pour implorer des secours, car j’ai' été obligée d’employer une main étrangère, pour transcrire la requête que j’ai présentement l’honneur de vous adresser.

« Daignez, Messieurs, faire sentir, à mes parents, l’injustice d’une tendresse texclusive et la nécessité de distribuer, avec égalité, leurs soins et leur affection entre tous leurs enfants.

« Je suis avec un profond respect, Messieurs,

«„ Votre très humble servante,

• « La Main gauche. »

On peut être gaucher sans gaucherie, comme le dit fort justement le professeur Fonssagrives, et il vaut mieux exercer les deux mains également à tous les travaux que de condamner la main gauche à l’inaction, sous le prétexte absurde de bienséance. Malformation des mains. — Les malformations

de la main proprement dite sont rares, elles portent plutôt sur les doigts (V. Doigts). On connaît cepen-

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dant quelques cas de mains bifides, c’est-à-dire doubles. Deux de ces cas, observés, l’un par Murray, l'autre par Giraldès, présentaient une bifidité qui s etendait jusqu’au niveau du carpe; le pouce faisait défaut. Chaque portion de la main double avait des muscles et des tendons qui permettaient aux deux mains de se fermer l’une sur l’autre et de remplir leurs fonctions.

Lésions traumatiques de la main. - Les simples excoriations présentent à la main et aux doigts une importance particulière, car, en raison de la richesse du reseau lymphatique de cette région, elles sont souvent le point de départ de lymphangites. Il faut les taire saigner en pressant au-dessus d’elles, les laver a grande eau et les recouvrir d’un peu de tafletas gommé ou de taffetas Marinier.

Les -piqûres présentent une gravité en rapport avec leurs dimensions, leur profondeur et la nature des organes intéressés (nerfs, vaisseaux, tendons, etc.). ’

Les plaies contuses et les plaies par arrachement sont étudiées dans l’article que nous consacrons à ces plaies considérées en général (V. Plaie).

Les complications des plaies de la main sont : les hémorrhagies, l’ouverture des gaines tendineuses et articulaires, la section des tendons et des nerfs et les phlegmons.

Hémorrhagies de la paume de la main. — La paume de la main est remarquable par sa richesse en artères Aussi les plaies de cette région déternnent- elles .des hémorrhagies non seulement très abondantes, mais encore très rebelles; c’est ce qui onne a ce sujet un très grand intérêt, d’autant Plus que les cas sont très variés et qu’il est difficile de tracer des règles précises.

Le Dentu, dans son travail remarquable sur la pathologie de la main, formule les préceptes suivants : « 4° Dans toutes les hémorrhagies de la main, recentes ou anciennes, il n’existe qu’une méthode sure, c’est la ligature dans la plaie des deux bouts de 1 artere blessée.

« 2° En cas d insuccès, il faut recourir à la compression simultanée de l’artère cubitale, delà radiale

l^"eHdV|Umérale’ aldé« de la impression îecte, de 1 élévation, de rim mobilisation de la main, parfois de la cautérisation de la plaie au fer rouge sombre (Nélaton, Le Fort).

fri *1“ reconnu que la compression , suffisante (c est-à-dire à la première récidive 1 hémorrhagie), il faut songer à la ligature à distance ; mais on n’est point d’accord sur le vaisseau a ber; cependant la ligature de l’artère hmérale, soit au-dessus, soit au-dessous de l’origine de t's^111161'^6 profonde, paraît avoir le plus de par-

Lésions inflammatoires de la peau de la main.

4° L érythème peut frapper la peau de la main. Produit par des causes diverses, mais surtout par des contacts irritants, il occupe de préférence ■la face dorsale, dont il détermine la rougeur et 1 œdème. .

2“ L inflammation phlycténoïde consiste dans de petites ampoules douloureuses qui se forment dans la paume de la main à la suite de frottements réitérés (chez les rameurs novices, par exemple)

ou dans l’inflammation de ces petites bourse séreuses qui se trouvent placées sous les call0S silés de la main chez les ouvriers (durillon forcé')"

L’épiderme se soulève sous la forme d’une phlv tène pleine de sérosité qui devient rapidement purulente; la phlyctène s’ouvre, le pus est évacué et la douleur se calme, car l’épiderme, revenu sur les papilles du derme, les protège et ne s’exfolie que plus tard; mais, s’il est détaché, les papilles du derme, mises à nu, restent longtemps très sensibles; dans d’autres cas plus sérieux, l’inflammation se propage au tissu cellulaire sous-cutané.

3° L 'inflammation anthracoïde consiste en petites tumeurs coniques, avec bourbillon, développées au niveau des poils du dos de la main.

Phelgmons et abcès de la main. — L’aponévrose palmaire divise la paume de la main en deux plans: un plan superficiel formé par le tissu cellulaire sous-cutané; un plan profond comprenant les vaisseaux, les nerfs, les tendons et leurs gaines séreuses, le tout relié par une trame cellulaire peu abondante.

Les phlegmons seront donc superficiels et profonds. Ils occupent de préférence la face palmaire ; ceux de la face dorsale n’en sont qu’une extension; de plus, l’aponévrose palmaire présente, au niveau des espaces interdigitaires, des interstices par lesquels l’inflammation se propage aisément d’un plan à l’autre.

Ces phlegmons peuvent se produire sous des influences de trois ordres : 1° Un traumatisme quelconque, soit léger, comme une excoriation, une piqûre, surtout lorsqu’elles se compliquent de la présence d’un corps étranger, soit grave, comme une contusion, un écrasement; 2" L’extension d’un panaris ; 3° Une cause interne (embarras gastrique, diabète, alcoolisme) : cette dernière influence est douteuse.

A. Phlegmon superficiel. — Les adhérences du derme à l’aponévrose cloisonnent le tissu cellulaire et localisent, dans une certaine mesure, le phlegmon sous-cutané; il peut ainsi se circonscrire dans les régions thénar, hypothénar, etc.

Le phlegmon se traduit par une douleur très vive sur un point de la paume de. la main qui devient chaud, rosé, mais se gonfle peu, tandis que, dès le début et alors même qu’elle n’est point enflammée, la région dorsale s’œdématie notablement, en raison de la laxité de son tissu cellulaire. Il survient souvent de la fièvre et une grande agitation. Le phlegmon peut se résoudre, mais la suppuration est fréquente; elle se manifeste vers le quatrième ou le cinquième jour; abandonné à lui-même, le pus perfore le derme, soulève et décolle l’épiderme, longtemps avant de s’évacuer au dehors. La perforation se fait d’ordinaire au niveau des espaces interdigitaux ou sur le dos dé la main, lieux défavorables à l’évacuation du pus ; souvent le phlegmon superficiel devient profond.

R. Phlegmons profonds ou sous-aponévrotiques,— Us phlegmons ne sont peut-être jamais primitifs; ils sont la conséquence d’un phlegmon superficiel» d une arthrite, d’une synovite) etc

Ils s annoncent par une tuméfaction de la paume de la main et par une douleur d’autant plus vive

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(tue la résistance de l’aponévrose entrave ce gonflement, qui gagne très rapidement la face dorsale de la main et l’avant-bras. Si un traitement énergique n’intervient promptement, la maladie prend les caractères du phlegmon diffus; il survient de l’agitation, du délire, une fièvre vive, la peau se gangrène et les tissus se détachent sous forme de larges lambeaux. Chez les gens alcooliques ou diabétiques, le phlegmon de la main peut se présenter avec des allures bien moins vives (Le Dentu).

Un phlegmon de la main sera, à son début, traité par les émollients : bains de bras, permanents (Verneuil) ou temporaires, cataplasmes, position élevée de la main, purgatifs.

Dès que la présence du pus est certaine il faut se hâter d’inciser, en procédant avec une prudence et une réserve que commande la présence des nombreuses artères qui parcourent la paume de la main; on s’abstiendra autant que possible, de pratiquer des incisions dans la partie supérieure de la paume de la main. Dr Léon Moynac.

Bandages de la main. — Parmi les bandages que l’on applique à la main, nous citerons principalement, le bandage spirale, le bandage en huit et le . bandage petit plein.

Le bandage spiral de la main nécessite une bande large à peine de 3 centimètres ét longue de 1 mètre 50 centimètres. Pour l’appliquer, on fixe le

niveau ^ la bande sur le dos de la main laire= . 6 • • rac*ne des doigts par quelques ci] PoienPtPUlS °n fait d.es sPiraux en montant ver veau dn e° ayant soin de faire un renversé au la UCe’ ,de manière à monter au-dessu

nuelmioc ^ CC et on termine le bandage

bande au Cmr alrAS.aut0!irdu PoiSnfd- On fi* yen dune épingle. Ce bandage, ■nomume popuuire de Médecine usuelle.

1 on peut à la rigueur employer pour maintenir les luxations du poignet réduites, sert surtout à maintenir les topiques sur la main.

Le bandage EN huit de la main [fig. 828), a la forme d un huit dont un anneau embrasse la main et l’autre le poignet. Il exige une bande large de 3 centimètres et longue de 2 mètres. Pour l’appliquer, on fixe le chef initial de la bande autour du poignet par deux circulaires, on porte otdiquement la bande vers la base des quatre derniers doigts de la main que l’on entoure d’un jet circulaire horizontal couvrant les premières phalanges, en croisant le premier jet, on fait le tour du poignet et on recommence de la même façon, jusqu’à ce qu’on ait employé toute la bande. Suivant les besoins, on fait les croisés sur la face dorsale ou sur la face palmaire de la main. Ce bandage peut être employé dans les mêmes cas que le précédent.

Le bandage petit plein de la main, ou petite écharpe, se compose tout simplement d’un mouchoir ou d’une serviette placée en travers sur la longueur, et dont les deux chefs sont fixés aux vêtements à l’aide de deux épingles. Ce bandage est destiné à soutenir la main et le poignet que l’on place dans le pli transversal.

Dr Paul Labarthe.

MAIS. — Le maïs, appelé aussi blé d'Inde, blé de Turquie, blé d'Espagne, Garouil, est une plante de la famille des graminées qui croît en général dans les mêmes régions où pousse la vigne. Les différentes parties de cette importante céréale sont utilisées dans l’alimentation et en thérapeutique.

Sa tige fournit une certaine quantité de sucre, comparable à celui de canne ou de betterave. De plus, avec le suc qu’on, en exprime et que l’on fait fermenter, on obtient une sorte de vin de maïs de qualité médiocre.

L’enveloppe immédiate de l’épi sert à garnir les paillasses des lits. Bon nombre de fumeurs l’utilisent pour rouler leur tabac et la trouvent de beaucoup supérieure à tous les papiers à cigarettes.

Les stigmates servent à préparer une tisane et un extrait diurétique et calmant, employé par les paysans contre les affections chroniques des voies urinaires.

Les grains fournissent une farine blanche, d’un goût très fin, agréable, mais qui a l’inconvénient de rancir vite. Cette farine contient :

Gluten et matières azotées . 12,50

Matières grasses . . . . 8,80

Dextrine. . . -MO

Matières féculentes . 67,55

Cellulose . 5j96

Matières minérales . L23

On voit d’après cette analyse que la farine de maïs renferme presque autant de matières azotées que l’avoine, l’orge et le seigle, et qu’elle est la plus riche de toutes les farines en matières grasses. Elle constitue un aliment à peu près complet.

Aussi joue-t-elle un rôle important dans l’alimentation, dans l’Amérique méridionale, en Italie, en Espagne, dans le Jura, la Bourgogne, les Cévennes, la Gascogne, les Landes, etc. On n’en fait

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pas du pain parce qu’elle lève mal, toutefois mélangée dans des proportions convenables à la farine de blé ou de froment, elle fournit un pain très agréable. Elle sert surtout à préparer des bouillies, appelées potenta en Italie, miilias ou gaudes , en France, qui constituent un excellent aliment pour les enfants, les convalescents et les vieillards.

Parmentier a démontré expérimentalement que les grains du maïs peuvent très bien remplacer l’orge dans la fabrication de la bière.

On fait, en Amérique, sous le nom de çhiaour , chichu , cassibry, et au Pérou sous celui d’azna ou tara des boissons qui se rapprochent toutes plus ou moins de la bière. Enfin, on peut faire avec les grains de maïs torréfiés une liqueur analogue au café.

Rappelons en terminant que le grain de maïs est sujet à une maladie, connue en France sous le nom de verdet, due à . la présence sous l’épisperme d’un petit champignon qui se mélange à la farine et qui est considérée par bon nombre de médecins comme la cause essentielle de la Pellagre (V. ce mot). Dr Paul Labarthe.

MAISON. — Hygiène privée. — (V. Habitation.)

MAL. — Mot employé comme synonyme de douleur ou de maladie.

Mal d’aventure (V. Tourniole, Panaris.)

Mal caduc (V. Épilepsie.)

Mal de cœur (V. Nausée.)

Mal de dents (Y. Odontalgie.)

Mal d'enfant (V. Parturition)

Mal d’estomac (V. Gastralgie.)

Mal français. (Y. Syphilis.)

Mal de gorge. — (V. Angine.)

Mal (Haut). — (V. Épilepsie.)

Mal de mer. — (V. Mer.)

Mal de montagne. — (V. Montagne.)

Mal de Naples. — (V. Syphilis.)

Mal noir. — (V. Charbon.)

Mal du pays. — (V. Nostalgie.)

Mal perforand. — (V. Pied.)

Mal de Pott. — (V. Vertèbre.)

Mal de reins. — (V. Lumbago.)

Mal Saint-Antoine. — (V. Érysipèle.)

Mal Saint- Jean. - (V. Chorée.)

Mal de tête. — (V. Céphalalgie.) P. l.

MALADE. — Nom donné à l’individu atteint d’une maladie. P L

MALADIE. — Tout le monde sait que la maladie est l’état opposé à la santé, mais, d’une manière plus précise, nous définirons avec le professeur Chomel, la maladie : « un desordre notable survenu, soit dans la disposition matérielle des parties constituantes du corps vivant, soit dans l’exercice des fonctions » ; et avec le professeur Hardy : « un trouble local ou général survenu accidentellement dans l’économie par suite d’une lésion matérielle ou fonctionnelle. »

Les maladies auxquelles nous sommes sujets sont excessivement nombreuses. D’après leur siège, on

les a divisées en — maladies externes, c’est-a-dire celles qui affectent les parties du corps accessibles à la vue et au loucher et qu’on peut soigner directement par l’application des topiques ou par rin tervention chirurgicale ; — et maladies internes c’est-à-dire celles qui affectent les organes internes’ poumons, cœur, foie, estomac, intestins, cerveau, etc., non accessibles aux moyens d’investigation directe et immédiate et qui ne peuvent être soignées que par l’intervention médicale proprement dite.

Ces expressions de maladies externes zi internes prêtant à l’ambiguïté, on les a remplacées par celles-ci : maladies chirurgicales et maladies médicales.

Suivant que les maladies. sont fixées et limitées à une partie du corps ou à un organe, ou qu’elles sont partout, qu’on ne peut circonscrire leur siège à une seule partie, et qu’elles atteignent tous les points de l’économie, on les désigne sous les noms de maladies locales et de maladies générales ou diathèses.

Suivant leur marche et leur durée, on divise encore les maladies en maladies aiguës et maladies chroniques. Les maladies aiguës le sont davantage dans la jeunesse, à cause de l’énergie vitale et de la vive sensibilité des organes. Elles sont plus longues dans la vieillesse à cause delà décroissance progressive des forces vitales , à mesure qu’on avance en âge. Les maladies aiguës sont plus courtes lorsques attaquent pour la première fois. Lés maladies aiguës peuvent devenir chroniques.

Suivant que les maladies sont dues à des causes particulières qui agissent isolément sur chaque individu ; ou qu’elles sont les résultats des causés générales et passagères, qui agissent sur un grand nombre - d’individus à la fois; ou enfin qu’elles tiennent à des causes locales permanentes qui agissent d’une manière • continue ou périodique, sur les individus habitant la même localité, on les désigne sous les noms de maladies sporadiques, maladies épidémiques ou maladies endémiques. Ainsi, la pleurésie, la goutte, etc., sont des maladies sporadiques ; la grippe, la variole, la rougeole, la fièvre typhoïde, etc., sont des maladies épidémiques ; le crétinisme, la pellagre, etc., sont des maladies endémiques.

Enfin, suivant que les maladies sont produites immédiatement par une cause qui agit d’une manière directe sur nos organes, ou bien qu’elles résultent elles-mêmes d’une autre maladie préexistente, on les désigne, dans le premier cas, sous le nom de maladies idiopathiques, et dans le second cas, sous celui de maladies symptomatiques, secondaires ou consécutives. Ainsi, l’apoplexie est une maladie idiopathique et la paralysie qui lui succède est une maladie symptomatique ou consécutive.

Tout ce qui concourt à produire les maladies est compris sous le nom de causes. Nous ne nous en occuperons pas ici, un article spécial leur ayant été consacré (V. Cause).

Toutes les maladies, quelles qu’elles soient, commencent, débutent, progressent, restent stationnaires, puis diminuent ; il y a donc dans révolution d une maladie, la période d'invasion, la

MAL

période d ’augment, la période à! état et la période de déclin.

Les signes des maladies qui servent à établir le diagnostic se tirent surtout des symptômes, ainsi mie ceux qui servent à établir le pronostic et à instituer le traitement (V. ces mots).

Presque toutes les maladies ont reçu un nom particulier, quelques-unes cependant ont conservé le nom générique de mal ou maladie accompagné d’une épithète ou d'un nom propre, ainsi :

Maladie d’Addison. — (V. Bronzée.)

Maladie de Basedow. — (V. Goitre exophthalfnique.)

Maladie bleue. — (V. Cyanose .)

Maladie de Bright. — (V. Albuminurie.)

Maladie bronzée. — (V. Bronzée.)

Maladies contagieuses. — Pour le vulgaire, les maladies contagieuses sont les maladies vénériennes; mais, pour le médecin, toute maladie qui se transmet par contagion est contagieuse.

Maladie de Duchéne. — (V. Ataxie locomotrice.)

Maladies endémiques. — (Y. Endémie.)

Maladie épidémique. — (V. Épidémie .)

Maladies des femmes. — On comprend sous cette dénomination les maladies du vagin et de l’utérus (Y. Va<iin, Utérus).

Maladie de Graves . — Goitre exophthalmique.)

Maladie imaginaire — (V. Hypochondrie.)

Maladie lunatique. — (V. Épilepsie.)

Maladie de Ménière. — (V. Oreille.)

Maladies mentales. — (Y. Aliénation , Folie , Manie, etc.)

Maladies nerveuses. — (V. Névrose.)

Maladie noire. — (V. Mélœna.)

Maladie noire. — (V. Lypémanie.)

Maladie du pays. — (V. Nostalgie.)

Maladies secrètes. — (V. Maladies vénériennes.)

Maladies simulées. — (V. Simulation .)

Maladies du sommeil. — (V. Sommeil.)

Maladies vénériennes. — [V . Blennorrhagie, Chancre, Syphilis.) Dr Paul Labarthe.

JT** ^ — L’os malaire, appelé aussi os ipf « ’ zydomatique, est un os pair, situé sur smJa les latérales de la face, entre le maxillaire oui fnpUr l arcade zygomatique de l’os temporal, part à ila p°mm®tte et contribue pour une bonne d’une étni comPosiLon de l’orbite. Il a la forme rieure & ^uatre branches. La branche supéphvsp’n?KueSt la Plus longue, s’articule avec l’apo-

«Sem e exletne de r°* frootal ^ la bran'he

supérieur ?U lnte.r!ie’ forme, avec le maxillaire l’orbite ■ là h »m°^^ externe du bord inférieur de telée et énin lanC^e Post®r‘eure ou externe, dentique de j’ric,e,Se’ f°rme avec l’apophyse zygomazygomatiaup .emP?ral> ce qu’on appelle l’arcade c°urte for ’ endn la branche inférieure , très confond av^ Un bord saillant, arrondi, qui se de la pommât C°rpS d? l os P°ur former la saillie Salaire .> 6’,et Q111 s’articule avec l’apophyse convexe trp0 S rorUab Sa face externe est li»se, donne insertion™61*111161116 daüs la race nègre ; elle sente le trou mu?cle zygomatique et prévoie et à H pc fila!re <lul donne passage àuneartémets nerveux ; sa face interne ou

MAL 355

postérieure est concave, lisse en haut, rugueuse et

Fig. 829. — Squelette osseux de la face et de la partie antérieure

du crâne (D* Fort).

4. Os malaire. — 10. Trou malaire. — 1. Partie antérieure de la fosse temporale. — 2. Bosse frontale moyenne. — 3 Os propres du nez. — S. Nerfs et vaisseaux mentonniers. — 6. Tubercule mentonnier. — 7. Trou mentonnier. — 8. Ligne oblique externe du maxillaire inférieur. — 9. Trou sous-orbitaire. — 11. Apophyse orbitaire externe. — 12. Trou sus-orbitaire.— 13. ;f Insertion du muscle, sourcilier. — 14. Face antérieure du frontal.

dentelée en bas, et s’articule avec le maxillaire supérieur. Dr Paul Labarthe.

MALAISE. — Le malaise est cette sensation pénible mais obscure et difficile à définir, qu’éprouve un individu lorsque les fonctions générales de l’économie ne s’exécutent pas avec une pleine liberté, mais ne sont cependant pas assez dérangées pour constituer une maladie. Le malaise est souvent passager et se dissipe de lui-même sans traitement. Par contre, il est, dans bien des cas, l’avant-coureur et comme le premier degré d’une maladie. p. l.

MALARIA. — (V. Fièvre paludéenne.)

MALFORMATION. — On donne ce nom aux anomalies congénitales peu graves que l’on peut corriger ou même guérir par l’intervention chirurgicale. Les malformations diffèrent des déformations qui sont toujours acquises et non congénitales, et des monstruosités qui sont congénitales, généralement graves, très souvent considérables et entraînent des désordres fonctionnels des organes plus ou moins prononcés. p. l.

MALIGNE (PüsmE). — (V. Pustule.)

MALIQUE (acide). — L’acide malique est cet acide

MAM

MAM

qui existe dans presque tous les fruits, pommes, prunes, prunelles, baies de sorbier, d’épine-vinette, de sureau, etc., et qui leur donne leur saveur acide. P. L.

MALLÉOLE. — Nom donné par les anatomistes aux deux saillies osseuses qui sont de chaque côté de l’articulation de la jambe avec le pied ; c’est ce que le public appelle les chevilles. Elles sont formées par les extrémités inférieures du tibia et du péroné. Celle du tibia, courte, large, carrée, prend le nom de malléole interne; celle du péroné, plus étroite, losangique, placée un peu plus en arrière et descendant plus bas, prend le nom de malléole externe . Elles forment à elles deux une sorte de mortaise qui emboîte l’articulation delà jambe avec le pied et la consolide (V. Tibia, Péroné, Jambe, Pied). p. L.

MALT. — Le malt est de l’orge germée et desséchée, préparée pour la fabrication de la bière. Il est presque entièrement formé de Diastase, aussi le considère-t-on comme une diastase végétale, identique à la diastase animale (V. Du stase).

Il se présente sous la forme d’une poudre d’un blanc jaunâtre , sans saveur, amorphe, soluble dans l’eau fraîche et dans les solutions alcooliques faibles, insoluble dans l’alcool, qui perd ses propriétés lorsqu’on le mélange aux alcalis et aux acides forts, ainsi que l’a montré Bouchardat.

Le malt est un produit éminemment propre à la digestion des aliments féculents. Il a réussi dans les variétés de dyspepsie résultant de la vie sédentaire, de la gastrite chronique, de la chloro-anémie, dans les formes flatulente et catarrhale. Les enfants au sevrage en retirent de bons effets. La dose moyenne est une cuillerée à café de poudre de malt dans un demi-verre d’eau ou de lait deux fois par jour, après chaque repas. On en fait aussi une décoction avec 8 à 16 grammes par litre. On le prend encore en sirop, en capsules ou sous forme de bière de malt. Mêlé au houblon, il constitue le malt houblonné que Champoullion a fait prendre aux mêmes doses comme succédané de l’huile de foie de morue au début de la phthisie et surtout du scorbut. Dr Marc. Cambodlives.

MALTINE. — La maltine n’est autre chose que l’extrait de malt, c’est-à-dire de la diastase végétale, identique à la diastase animale (V. Diastase, Malt). Dr M. c.

MAMELLES. — Les mamelles ou seins, sont des organes destinés à la sécrétion du lait. Placés symétriquement à la partie supérieure et antérieure du thorax, ces organes occupent de chaque côté du sternum l’espace compris entre la troisième et la septième côte. La mamelle gauche recouvre donc en grande partie la région cardiaque.

C’est à l’époque de la puberté que les mamelles commencent à se développer, mais elles restent encore peu prononcées, en général, jusqu’au moment du premier accouchement. Cependant chez les jeunes filles grasses, le tissu adipeux de la mamelle peut prendre une extension assez considérable

pour exagérer le relief de la mamelle. Toutefoi leur volume est excessivement variable. Chez au i’ ques femmes, même après plusieurs grossesses le' mamelles semblent être restées rudimentaires et n'offrent pas un volume plus considérable que chez la jeune fille avant la puberté. Chez d’autres, au contraire, ces organes prennent un tel accroissement après plusieurs naissances, que les femmes atteintes de cette véritable infirmité ont une certaine difficulté à maintenir dans leur corsage ces mamelles hypertrophiées. En dehors de ces limites extrêmes, on peut trouver des seins présentant tous les degrés possibles de développement.

La forme est généralement celle d’un cône dont la base serait appliquée sur le thorax, elles doivent avoir une certaine fermeté qui leur permette de se tenir presque perpendiculaire à la surface contre laquelle elles sont appliquées. Mais cette fermeté qui existe chez les jeunes filles dont les seins n’ont qu’un degré de développement moyen, disparaît chez celles qui sont atteintes d’un embonpoint trop prononcé, et chez presque toutes les femmes qui ont allaité leurs enfants. Chez ces dernières, les mamelles prennent rapidement une forme dite en bouteille. Elles s’allongent, s’étirent, et au repos tombent et s’appliquent contre la poitrine. Cela s’observe également chez les femmes âgées et chez celles qui, après un. embonpoint normal, ont rapidement maigri. On observe encore cette forme très exagérée, chez certaines peuplades nègres de l’Afrique, et les femmes qui présentent ces dispositions des mamelles en profitent pour donner à téter a leur enfant en faisant passer le bout du sein pardessus l’épaule du même côté, l’enfant étant maintenu, fixé sur le dos de la mère.

Anatomie. — La mamelle présente à étudier : la peau, le tissu adipeux sous-cutané et la glande mammaire.

La péau de la mamelle est fine, souple, blanche. Elle est lisse chez les jeunes filles et chez les femmes qui n’ont pas eu d’enfants et qui n’ont pas subi d’amaigrissement à la suite d’un embonpoint excessif. Chez les autres, et surtout chez celles qui ont diminué de volume après une extension momentanée de la masse graisseuse sous-cutanée, il n’est pas rare d’observer sur le pourtour delà sphère mammaire des vergetures, éraillures dn derme, analogues à celles que l’on remarque sur le ventre et le haut des cuisses des femmes accouchées. La peau de la mamelle est recouverte de petits poils excessivement fins et dont l’extension détermine toujours une assez vive douleur. On s’en aperçoit quand on retire par exemple un cataplasme de fécule de pommes de terre, dont la masse s’est collée à la surface de la mamelle. Aussi pour éviter cet inconvénient faut-il avoir soin d’étendre avec le doigt sur le cataplasme ou sur la surface du sein quelques gouttes d’huile qui empêcheront l’adherence des petits poils au cataplasme.

Vers le milieu de la mamelle, on observe une partie saillante qui a reçu le nom de mamklon PaI\ qu’il représente en petit la forme générale de & mamelle. Ce mamelon présente donc une form conique dont la base est appliquée sur la spher mammaire. Du reste, il peut offrir les aspects les

MÀM

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lus divers. Tantôt saillant, ferme, dune longueur movenne de 10 à 15 millimètres, il peut, au contraire faire une saillie à peine prononcée de quels millimètres. Chez quelques femmes même il ne forme aucune saillie, et chez d’autres je l’ai vu s’enfoncer dans l’intérieur de la mamelle, si bien ’à piaCe de la saillie on observe une dépression comme un ombilic, ou comparable encore à un doigt de gant retourné. Enfin le mamelon présente quelquefois une forme cylindrique légèrement renflée au milieu. Dans ce cas, le mamelon est presque toujours assez volumineux, et cette disposition favorisera plus tard, pendant l’allaitement, des ulcérations placées à la base même du mamelon et auxquelles il est assez difficile de remédier, car à chaque tétée l’enfant prenant dans sa bouche le mamelon en entier, les arcades dentaires reposent toujours au même point ulcéré et les efforts de succion ont pour résultat de détruire chaque fois les adhérences qui ont pu se former dans l’intervalle des tétées.

La peau du mamelon présente de nombreuses papilles séparées par des sillons au fond desquels viennent s’ouvrir les canaux lactifères au nombre de quinze à vingt, ainsi que les orifices de nombreuses glandes sébacées. De telle sorte que le mamelon régulièrement constitué représente un peu, par son extrémité, l’apparence d’une fram- ' boise arrivée près de sa maturité. Mais ce genre de mamelon est rare à rencontrer ; souvent les sillons qui le parcourent sont très irréguliers et il est assez fréquent d’en observer un sur le sommet même de l’organe, si bien qu’en cet endroit le mamelon présente une petite cupule. J’ai observé que les mamelons ainsi profondément divisés | étaient fréquemment le siège d’ulcérations pendant le cours de l’allaitement.

Au-dessous de là peau du mamelon on trouve du tissu conjonctif, des fibres élastiques et des faisceaux musculaires, qui à la base de cet organe, constituent des couches concentriques assez serrées. C est à cette disposition anatomique qu’est due l’espèce d’érection que prend le mamelon sous l’influence des titillations exercées sur son sommet. La contraction des fibres musculaires flui le par courent le fait durcir, mais il n’y a pas là de tissu érectile proprement dit, les artères et les veines n’ayant en aucun point la disposition spéciale à ces organes (V. Érection, Clitoris, Verge).

Tout autour du mamelon et sur une étendue Plus ou moins large suivant les individus, la peau e la mamelle ne présente pas le même aspect que sur le reste de la sphère mammaire. En effet on v°it tine zone, de deux à trois centimètres de lar geur d’une coloration plus foncée que partout auteurs. Cette zone, à laquelle on a donné le nom ureo/e, peut elle-même se subdiviser en deux parties. L’une, celle qui entoure directement le mamelon forme l’aréole proprement dite d’une ou eur foncée et même noirâtre chez les femmes e^e es^ simplement plus accusée chez les

aa”>es et à peine plus marquée chez les blondes, ette coloration est surtout bien indiquée chez les mes qui ont eu des enfants, tandis que chez la

jeune fille on observe seulement une teinte rosée ou un peu plus foncée que sur le reste de la mamelle. Autour de cette première partie on en observe une autre plus étendue en largeur, mais moins foncée en couleur et surtout présentant une disposition particulière. Le pigment,- qui forme la coloration spéciale à cette seconde zone qu’on appelle mouchetée, tachetée, est disposé en cercles concentriques à un follicule pileux qui forme le centre d’un tout petit cercle blanchâtre autour duquel commence la zone pigmentée. Toutes ces petites surfaces dont le centre est blanc et la circonférence foncée étant accolées les unes contre les autres forment la zone mouchetée dont nous parlons en ce moment et, comme les petits cercles qui avoisinent la surface même de la mamelle proprement dite sont moins colorés que ceux qui sont accolés contre l’aréole, il en résulte que la zone mouchetée présente une coloration en dégradé de l’aréole à la surface blanche unie de la mamelle. Cette aréole mouchetée n’existe pas chez la jeune fille ni chez la femme qui n’a pas eu d’enfants ; elle ne se développé que pendant la grossesse principalement chez les femmes brunes ou châtains foncés, et si elle ne disparaît pas complètement après les couches, elle s’atténue au moins considérablement.

La peau de l’aréole est très fine et contient un très grand nombre de glandes sébacées dont douze à vingt plus développées que les autres forment une saillie assez prononcée à la surface de cette aréole. Ces dernières glandes sébacées s’hypertrophient pendant la grossesse, comme nous le verrons

tout à l’heure.

La peau de l’aréole n’est pas doublée comme celle du reste de la mamelle par une couche de tissu adipeux. Elle repose directement sur le tissu glandulaire, mais on observe à la face profonde du derme qui la constitue des fibres musculaires comme celles que nous avons signalées au mamelon, qui constituent des cercles concentriques beaucoup plus épais à la base du mamelon et allant graduellement en s’amoindrissant à mesure qu’on s’éloigne de cette partie, au point de disparaître complètement à la limite de l’aréole. Ces fibres musculaires quand elles se contractent sous l’influence d’une excitation portée sur le mamelon le compriment et en favorisent la turgescence, en même temps qu elle

font plisser la peau de l’aréole qui prend alors un aspect chagriné.

Au-dessous de la peau de la mamelle on trouve un tissu adipeux très abondant chez certaines femmes et au contraire peu développé chez d autres. C’est en effet à la plus ou moins grande épaisseur de ce tissu que l’on doit le plus ou moins grand volume de la mamelle, et non pas au développement de la glande mammaire. S0J ^ que ce ne sont pas les plus gros seins qui secretent le plus de lait C’est à ce tissu adipeux que la mamelle doit sa forme arrondie et sa souplesse. Ce tissu qu’on ne trouve pas. sous la peau de lareole est d’autant plus épais qu’on se rapproche de là base d’implantation de la mamelle ou il se continue avec le tissu adipeux qui double la peau des régions voisines.

MAM

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La glande mammaire placée au-dessous de ce tissu adipeux, qui envoie des prolongements dans l’intervalle des lobes de cette glande, est divisée en

Fig. 830. — Glandé mammaire.

M. Mamelon. — T. Sinus lactifère. — G. Canalicule. — P. Peau.

quinze à vingt lobes ayant chacun une enveloppe fibreuse.

Chaque lobe représente en petit la structure de la glande totale; il est formé par l’agglomération d’un certain nombre de lobules constitués euxmêmes par des culs-de-sac glandulaires ou acini

Fig. 831.— Lobe mammaire.

A. Acini ou vésicules glandulaires. — B. Canalicules. — G. Canal formé par plusieurs canalicules.

en plus ou moins grand nombre. De chacun de ces acini part un petit canal qui se réunissant aux canaux émis par les acini voisins forme un canal excréteur. Ce canal s’anatomose à son tour avec ceux fournis par les autres lobules, et l’on a alors le canal général d’un des lobes de la glande mammaire. Ces canaux lobaires ne se réunissent pas

avec ceux des autres lobes pour former un ca excréteur commun comme cela s’observe p d’autres glandes. Ils restent au contraire fiS les uns des autres sans anastomoses entre eu6S et viennent s’ouvrir chacun isolément à la SuJ’ face du mamelon. Ce sont les canaux galacto' phores ou lactifères. Avant d’arriver au manie' Ion, on observe sur leur parcours une dilatation en forme de fuseau qui porte le nom de si" nus lactifère, puis le canal galactophore diminué de calibre et vient aboutir au fond des sillons que nous avons signalés entre les papilles du ma melon.

La glande mammaire forme une masse d’une certaine consistance facile à sentir sous les doigts chez une femme dont la mamelle n’est pas trop chargée de tissu adipeux, et surtout chez la femme enceinte et chez celle qui allaite ou qui a déjà eu des enfants. Mais on observe quelquefois que les lobes de la glande mammaire ne sont pas tous réunis en un seul point, on peut en rencontrer un ou deux isolés de la masse générale. Enfin il peut arriver qu’un ou plusieurs canaux galactophores provenant de la glande mammaire ou d’un lobe séparé viennent s’ouvrir dans l’une des glandes sébacées que nous avons signalées sur la surface de l’aréole, de sorte qu’au moment de la sécrétion laiteuse, on peut observer quelques gouttelettes de lait véritable s’écoulant par l’orifice d’excrétion de ces glandes.

Les artères de la mamelle viennent de l’artère mammaire interne, de la mammaire externe et des intercostales. Les veines, qui suivent le même trajet que les artères, vont se jeter dans les veines mammaire interne et axillaire. Les veines sous-cutanées sont quelquefois assez développées pour dessiner un réseau bleuâtre facile à distinguer sous la peau, et on les voit alors se gonfler au moment de la succion de l’enfant et déterminer des saillies très appréciables à la vue comme au toucher.

Les nerfs viennent des branches thoraciques du plexus brachial et des intercostaux.

Le réseau des vaisseaux lymphatiques est très développé dans la mamelle, ils entourent de leurs mailles serrées les lobules et les lobes de la glande, mammaire, très souvent au-dessous de l’aréole et autour du mamelon ils forment un véritable plexus dit sous-aréolaire, et les troncs qui proviennent de ces diverses origines vont se rendre dans les ganglions de 1 aisselle. Nous aurons à rappeler cette disposition dans la pathologie des affections de la mamelle.

ues mamelles. — Outre les deux ma melles qui occupent chez toutes les femmes la plac que nous avons indiquée, on peut observer dans de cas rares des mamelles supplémentaires très diver sement placées. Ainsi on en a vu deux autres im plantées au-dessous des premières, on en a rencor tre dans le creux de l’aisselle, dans l’aine, etc. E general ces mamelles supplémentaires sont beau coup moins développées que les autres, sauf peu! etre pour les mamelles thoraciques ; mais quant

StSiîUa°n trnUVe au creux axillaire, dans l’aine dans le dos, elles ne se composent guère que d’ui

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mamelon plus ou moins gros, qui au moment delà

Fig. 832.

Mamelles supplémentaires placées dans chaque creux axillaire.

lactation peut laisser écouler une petite quantité de lait quand on le presse entre les doigts.

Modifications que subissent les mamelles pendant la grossesse. — 1° ( ronflement des seins. — En général dès le début de la gestation, les femmes accusent un certain gonflement des seins qui deviennent également plus sensibles. Nous verrons que ce phénomène s’observe chez beaucoup de femmes à l’époque de la menstruation, mais il est plus accusé au début de la grossesse, s’accompagnant de picotements, d’élancements même assez douloureux. Ces modifications sont surtout appréciables au moment où vient à manquer la première époque menstruelle. Ce gonflement des seins peut persister pendant tout le cours de la grossesse jusqu’au moment de la lactation, ou, ce qui est plus fréquent, diminuer à partir du quatrième ou du cinquième mois pour se reproduire dans les deux derniers mois de la gestation. Dans les derniers temps il n’est pas rare de voir sourdre par le mamelon un liquide séreux incolore qui tache le mge et lui donne la consistance de l’empois. Mais ®von Presse un peu le bout du sein on voit appayé quelques gouttelettes d’un liquide jaunâtre qu on appelle colostrum et qui est le premier lait 1-^ien imparfait. Si l’on prend le sein entre S . on s’aperçoit que la glande mammaire a nar i erafrfrment augmenté de volume, on peut tLa a Pressi°n en sentir tous les reliefs, car elle se sente sous forme de nodosités, plus ou moins i<m agglomérées.

seim m®me temps que le gonflement général des neux’ 0Ii trouye te mamelon un peu plus volumid’imi , 5 sensiWe, plus facilement érectile, et 2o J°!0rali0n Plus prononcée, tive Z;lficatl0ns de Varèole- — L’aréole primimampi 6 fiyePtoure immédiatement la base du quels fQ SUbU UQe c°te ration d’autant plus foncée très hlnnîfme CSt plus brune- Ainsi chez les femmes peu remles et, Phez les rousses cette coloration est remarquable, à moins qu’on ne connaisse la

teinte habituelle de l’aréole avant la grossesse. Cette modification qui a une très grande importance comme diagnostic delà grossesse, n’est guère applicable qu aux femmes qui n’ont pas encore eu d enfants, car 1 aréole ne perd jamais complètement après 1 accouchement cette teinte foncée qu’elle a acquise à la première gestation.

En même temps que la coloration on observe une espèce de boursouflement de toute la zone aréolaire, si bien qu’en appuyant dessus avec le bout du doigt on enfonce la peau de cette région comme s’il y avait une certaine quantité d’air retenu au-dessous. A la vue même, ce boursouflement produit une saillie très sensible, et l’aréole entière a été dans ce cas comparée a un verre de montre enchâssé dans la masse générale de la mamelle.

Les glandes sébacées que nous avons signalées sur cette aréole, au nombre de quinze à vingt, subissent une sorte d’hypertrophie qui les rend beaucoup plus saillantes, et si, à la fin de la grossesse, on les comprime entre les doigts, on peut en faire sortir un liquide que quelques auteurs considèrent comme un simple liquide sébacé, alors que d’autres y ont trouvé une composition identique à celui du

Fig. 833.

Modification de l’aréole et du mamelon pendant la grossesse. A. Mamelon. — B. Aréole brune et tubercules papillaires. — C. Aréole mouchetée. — D. Commencement des éraillures de la peau du sein.

lait. Je pense que les deux opinions sont exactes. De ces glandes hypertrophiées qui prennent le nom de tubercules de Montgomery, quelques-unes sont de simples glandes sébacées, comme celles qu on observe sur d’autres régions, mais plus volumineuses, alors que d’autres, recevant un canal laetuere d un lobule mammaire isolé et très rudimentaire, laissent écouler du lait véritable. Ces tubercules restent toujours plus saillants après une première grossesse qu’ils n’étaient auparavant.

Enfin c’est pendant la grossesse que se dessine nettement l’aréole mouchetée que nous avons déjà décrite et qui n’est apparente, avant la gestation, que chez les femmes brunes, et encore est-elle peu prononcée. Pendant la grossesse, au contraire, cette se-

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conde aréole augmente d’étendue et sa coloration s’exagérant, il devient plus facile d’apercevoir les détails que nous avons relatés plus haut à ce sujet.

Les modifications que nous venons de décrire ont une certaine importance quand il s’agit de diagnostiquer la grossesse chez une jeune femme qui n’a jamais eu d’enfants, mais ce ne sont là que des signes de présomption sur lesquels il n’y a pas lieu d’insister outre mesure. Seule, la coloration de l’aréole peut être un indice d’une plus grande valeur, mais nous avons vu combien il était difficile de l’apprécier, à moins de connaître parfaitement la teinte que présente, cette région à l’état normal. De plus chez beaucoup de femmes de nos climats, les blondes et les rousses, cette coloration est à peine marquée. Il ne faut donc attacher à cet ordre de signes de présomption qu’une importance très limitée.

Phénomènes qui se produisent dans les mamelles après l’accouchement. — Les modifications que nous avons vu se produire dans les mamelles pendant la grossesse et surtout dans les derniers mois de la gestation se maintiennent aussitôt après l’accouchement. Dans les deux premiers jours qui suivent la délivrance on peut observer, une certaine tension des seins qui restent souples néanmoins et on distingue très nettement les nodosités de la glande mammaire: Enfin si l’on comprime le bout du sein on fait sourdre par le mamelon quelques gouttes de colostrum ou de lait encore séreux.

Après les quarante-huit premières heures pendant la durée du troisième jour ou seulement au commencement du quatrième, les seins durcissent, ils perdent, leur souplesse, ils deviennent très sensibles au toucher et leur volume est très notablement augmenté, au point que, lorsque le développement des mamelles a acquis son maximum, les femmes sont quelquefois obligées de tenir les bras écartés, ne pouvant plus les ramener au-devant de la poitrine. En même temps les veines sous-cutanées deviennent plus volumineuses, le réseau bleuâtre qu’elles tracent sous la peau est plus apparent, le mamelon est moins saillant, et chez quelques femmes il s’efface même presque complètement, au point que l’enfant ne peut pas le saisir. Il est facile alors de distinguer les lobes de la glande mammaire, lobes qui ne sont pas tous réunis au même point, car on peut en trouver s’avançant jusqu’en avant du sternum, d’autres fois on en observe remontant jusqu’à la clavieule, ou s’enfonçant vers le creux axillaire.

Pendant le temps, en quelque sorte aigu de la montée du lait, il est assez difficile de faire écouler le liquide par le mamelon, d’une part la moindre pression sur le sein est douloureuse, et d’autre part, la mamelle est quelquefois si complètement tendue que les doigts n’ont pas de prise et glissent à la surface. Enfin le liquide que l’on observe à cette période n’est encore que de la sérosité plus ou moins mélangée de grumeaux jaunâtres de colostrum ou de stries blanchâtres de lait véritable. Mais vingt-quatre heures environ après le début de la sécrétion laiteuse, il est déjà facile de faire couler le lait par le mamelon, les seins étant déjà moins sensibles et moins tendus.

La sécrétion laiteuse varie beaucoup comme abondance et comme qualité, selon les femmes. Chez un trop grand nombre la quantité de lait est malheureusement insuffisante pour nourrir leurs enfants, soit que cette petite quantité tienne à utt défaut de développement de la glande mammaire, soit que l’état de santé général ne permette pas ce surcroît d’activité fonctionnelle. Chez celles qui ont du lait en abondance, un certain nombre présentent un lait tellement aqueux que l’enfant n’en veut pas, ou il le rejette par des vomissements fréquents, ou bien il est pris d’une diarrhée incoercible. On change le lait de la mère et ces accidents disparaissent. En réalité, dans le monde, il y a peu de bonnes nourrices, et encore moins de parfaites.

Nous avons signale la possibilité, , pendant la sécrétion, de faire sourdre quelques gouttelettes de lait des tubercules de Montgoméry. Je n’y reviendrai pas.

Pendant que ces phénomènes s’observent du côté dés mamelles on voit se manifester chez l’accouchée, de la céphalalgie, de légers frissons suivis de chaleur, une soif vive, la face rouge et animée, une certaine accélération du pouls et une légère élévation de température, en un mot tous les caractères de l’état fébrile. En même temps, les femmes se plaignent de douleurs plus ou. moins vives dans les mamelles; mais ces cas forment plutôt l’exception, car chez la grande majorité des femmes, c’est à peine si la montée du lait s’accompagne de quelques douleurs du côté des seins, produites par la tension que subissent ces organes, et d’une certaine agitation avec tendance à l’insomnie; mais le pouls n’est pas plus élevé et la température reste normale. Enfin, de l’avis de Dubois, Depaul, il n’y a pas à proprement parler de ftevre de lait et, dans la plupart des cas où l’on constate un certain mouvement fébrile, si l’on examine avec soin la malade, on ne tarde pas à trouver, soit du côté des organes génitaux internes, soit du côté de la vulve, ou dans tout autre point, une explication rationnelle de l’augmentation du pouls et de la température. Peut-être cette opinion est-elle aussi exagérée que celle qui veut que toutes les femmes subissent la fièvre de lait au moment de la sécrétion laiteuse, et je me rattache complètement à l’avis de Tarnier qui professe que la fièvre de lait existe seulement chez quelques femmes, mais que dans la plupart des cas on ne la rencontre pas.

Quand cette fièvre existe à quoi faut-il l’attribuer ? — Tarnier pense que la cause réside dans la rétention du lait dans les canaux galactophores, chez les femmes dont la sécrétion lactée est très abondante, et surtout chez celles qui ne donnent pas à téter, ou dont le lait s’écoule difficilement.

Nous avons dit que la sécrétion laiteuse s’étabh* de la quarante-huitième à la soixantième heure- Cela est exact dans la majorité des cas. Cependant chez quelques femmes ayant déjà eu des enfants, on peut observer ce phénomène quelques heures plus tôt, quelquefois après les premières vingtquatre heures, mais ces faits sont très rares, tandis qu il est beaucoup plus fréquent de voir la moDtee du lait ne commencer que vers la fin du troisien1® jour, pendant le quatrième et même pendant le ci»'

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ième jour. Plus tard il est très rare d’observer la sécrétion laiteuse.

Les femmes qui n’ont pas de montée de lait, après

l’accouchement, tout en présentant un état de santé normal, ne sont pas fréquentes, si bien que le retard ' la sécrétion laiteuse doit toujours préoccuper r accoucheur, car le plus souvent cette fonction est entravée par l’irruption d’une phlegmasie aiguë dans une autre région. Ce sera soit une métrite, soit une métro-péritonite ou une péritonite qu’on observera du côté de l’abdomen, ou bien encore une

pneumonie, une pleurésie etc.

Nous avons dit que les lochies (Y. ce mot) diminuaient à la fois de quantité et de coloration pendant la sécrétion laiteuse. Nous n’y reviendrons

^Origine du lait. — Le lait dont la composition a déjà été donnée (V. Lait), est constitué de toutes pièces dans les vésicules ou acini dont la réunion forme les lobules puis les lobes de la glande mammaire. Là le sérum du sang vient par transudation remplir ces acini, et il s’y ajoute des gouttelettes graisseuses sécrétées par les cellules épithéliales qui tapissent ces acini. Les gouttelettes graisseuses se mélangent au liquide avec lequel elles forment une émulsion qui constitue du lait. Ce dernier passera de l’acinus dans le canal sécréteur, il se réunira à celui qui est constitué dans les acini voisins;' puis, après avoir parcouru le canal d’un lobule, il aboutira au canal lactifère proprement dit et viendra s’écouler par le mamelon, comme nous l’avons expliqué plus haut.

Maladies de la mamelle. — La mamelle par ses fonctions et sa situation à la face antérieure du thorax est exposée à de nombreuses maladies. Nous nous occuperons d’abord de celles qui dérivent de l’allaitement, puis nous dirons quelques mots des lésions traumatiques, enfin nous terminerons par un bref exposé des affections générales qui se rencontrent aussi bien à la mamelle que dans d’autres points de l’économie, mais qui acquièrent par leur situation dans l’épaisseur du sein des caractères particuliers utiles à connaître.

Les maladies de la mamelle peuvent se subdiviser en maladie du mamelon, et maladies de la mafflelle proprement dite.

Crevasses et gerçures du mamelon. — Nous avons déjà indiqué, en faisant la description du mamelon, que certaines dispositions anatomiques avorisaient les crevasses et les yerçures du sein. On onne ce dernier nom à de petites plaies produites Par Je simple détachement de l’épiderme. Les crevasses sont au contraire des fissures plus ou moins profondes qui siègent dans les sillons qui séparent es papilles du mamelon, ou qu’on rencontre à la ase même de cette partie, surtout dans les cas où déi'^-f16*011 est fusiforme, comme nous l’avons l<Ja sont ees dernières qui sont, de toutes

l’enfCreVaSSe^’ *es P*us profondes, il semble que mplffnt en. Jetant va détacher complètement le mamiP mais e^es sont Peut être moins douloureuses cnmr»fS ,crevasses du bout de sein qui s’étalent Ces c,f ^es ray°ns allant du sommet à la base. nrp«pnfJaSSes sont fréquentes quand le mamelon a son sommet la forme en cupule.

Sans pouvoir toujours trouver la cause véritable de la production des gerçures et des crevasses, on est d’accord sur ce point, que ces solutions de continuité se rencontrent chez les femmes qui ont la peau fine, qui ont eu de l’eczéma au mamelon, et surtout chez celles qui, n’ayant que peu de lait, sont obligées de laisser longtemps téter leur enfant. Enfin certains bébés ont l’habitude de mâchonner le sein en tétant et déterminent ainsi ces lésions.

Ces plaies sont en général très douloureuses quand l’enfant tête. Dans l’intervalle, les femmes ne se plaignent pas ; mais quand elles voient le moment revenir où il va falloir donner le sein à nouveau, elles s’agitent, se tourmentent et apréhendent vivement cet instant. Souvent la douleur devient tellement violente qu’elles préfèrent renoncer complètement à l’allaitement, et j’en ai vu prises de véritables crises nerveuses, qui se renouvelaient chaque fois que l’enfant tétait.

Une autre conséquence des crevasses du sein est le développement de la lymphangite mammaire et des abcès consécutifs. La lymphangite peut être superficielle et céder à des applications émollientes aidées de la suppression totale de l’allaitement du côté malade, mais si la lymphangite est profonde il est bien rare qu’elle n’aboutisse pas à quelque abcès sous-aréolaire ou même interlobaire.

Un autre inconvénient des crevasses du sein est l’absorption par l’enfant, qui tête le mamelon malade, d’une certaine quantité de sang, qui, comme le fait remarquer Tarnier, sera d’autant plus abondante que la femme aura moins de lait. Ce sang absorbé par l’enfant peut ensuite être rendu soit dans des vomissements soit dans des garde-robes. Il est donc bon d’examiner le sein de la nourrice quand on veut savoir d’où vient le sang ainsi expulsé.

On a cherché par des soins antérieurs pris pendant la grossesse à éviter ces lésions des seins ; en un mot on a voulu préparer la mamelle à l’allaitement ! Pour cela on a conseillé des lotions sur le mamelon avec de l’eau-de-vie, du rhum, une solution de tannin, de la teinture d’arnica, etc. On a également recommandé de tâcher, à l’aide de succions faites par la bouche du mari sur le bout de sein ombiliqué, de rendre à cette partie sa disposition naturel e, mais jusqu’ici je n’ai pas vu grands avantages résulter de ces diverses manœuvres.

Pour les gerçures simples du sein, des applications de beurre de cacao, d’un glycéloré d amidon, de tannin, le sous-nitrate de bismuth, le vin sucre, réussissent assez généralement. Mais ces mêmes moyens mis en usage contre les crevasses ne comptent qu’une somme minime de guérisons. JJ laut presque toujours en arriver aux cataplasmes e fécule, et à l’emploi du bout de sein artificiel qui isole le mamelon de la bouche de 1 enfant. Par ces procédés on arrive a obtenir encore un certain nombre de succès. Mais souvent ou bien la jeune mère renonce à l’allaitement a cause des douleurs qu’elle éprouve à chaque succion ou bien il se forme des abcès qui obligent a faire cesser la nourriture du bébé, ou, ce qui arrive encore quelquefois, l’enfant ne veut pas prendre le *01

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sein recouvert dù petit chapeau en caoutchouc, et l’allaitement se trouve ainsi supprimé du côté malade, et c’est encore là le seul moyen d’obtenir •une guérison certaine.

Pour terminer ce qui a rapport au mamelon, signalons la possibilité de petits abcès dans son épaisseur, abcès qui déterminent généralement un ■gonflement assez considérable de cette partie qui devient volumineuse, dure et très douloureuse. On :est obligé d’ouvrir cet abcès avec la pointe du bistouri ou d’une lancette.

; Ces abcès sont presque toujours consécutifs à des gerçures ou des crevasses du mamelon.

Abcès de la mamelle. — Nous venons de voir ■que les crevasses et. les gerçures déterminent ■souvent une lymphangite qui aboutit à des abcès mammaires. On distingue plusieurs espèces d’abcès de la mamelle.: a , les abcès sous-cuianés subdivisés eux-mêmes .en abcès sous-aréolaîres et sous-cuianés proprement dits ; b, les abcès ou phlegmons de ta glande mammaire, adénite mammaire, engorgement laiteux ; enfin c, les abcès sous-mammaires où rétro-mammaires.

Dans la grande majorité des cas, les abcès de la "mamelle se produisent pendant l’allaitement et reconnaissent pour cause une lésion (gerçure ou crevasse) des mamelons. Quelques-uns sont déterminés par l’impression vive du froid, un certain nombre sont le résultat d’une violence extérieure ou consécutifs à une plaie traumatique, enfin on peut observer quelques cas rares d 'abcès froids, d’abcès par congestion, d 'abcès tuberculeux, provenant de l'altération d’une côte, suivie de périostite, d’ostéite dans le premier cas, ou bien d’une pleurésie purulente préalable dans le second cas. Ces abcès doivent être rangés, parmi les abcès sous-mammaires, car c’est en arrière de la mamelle, dans le tissu cellulaire placé entre la glande et la paroi antérieure du thorax que se fait l’accumulation du pus.

. Les abcès de l’aréole sont faciles à reconnaître. 11 y a d’abord une douleur causée par la maladie à un certain point de cette zone où l’on observe un peu de tension, une légère induration, puis une petite élévation de température. Le sein est douloureux à la pression, non seulement dans le point indiqué par la malade, mais encore, à une certaine distance, tout autour de ce point. Enfin il se forme une légère saillie au-dessous de l’aréole. Ce point devient plus rouge que les parties environnantes, il aùgménté ensuite progressivement en hauteur, la peau s’amincit et la fluctuation est bientôt manifeste. Enfin si la malade refuse, par crainte de la douleur, l’emploi du bistouri, cet abcès ne tarde pas à s’ouvrir spontanément et il se vide rapidement, surtout si on a soin d’exercer tout autour de légères pressions. ■

■ Des cataplasmes pendant toute la durée de l’évolution et pendant quelques jours encore après l’ouverture spontanée ou artificielle , constituent le meilleur traitement. On peut, dans le plus grand nombre des cas, continuer à laisser téter l’enfànt. ; Je n’insisterai pas sur les abcès soos-cutanés qui seront traités là comme dans toute autre région. Il sera bon de les ouvrir dès que la fluctuation est

manifeste, afin d’éviter du décollement et une ex

tension du pus dans le tissu cellulaire interlobah' ou dans les régions voisines.

Les abcès ou phlegmons mammaires reconnais sent presque toujours pour cause l 'engorgerneZ laiteux. Ce dernier est causé soit par rimpressi0n vive du froid, soit par une rétention du lait dans les canaux galactophores déterminée par une sup, .pression brusque de l’allaitement, ou une absorption insuffisante par le nourrisson du lait sécrété par la glande. Cette dernière circonstance se présente dans le cas de crevasses du sein, la mère, soit pour permettre au mamelon de se guérir, soit parce •que la succion de l’enfant est très douloureuse évitant de donner le sein au bébé aussi souvent qu’il le faudrait.

La lymphangite déterminée par une plaie du mamelon, peut être également la cause de l’adénite mammaire ou du phlegmon du tissu cellulaire interlobaire.

Dans l’adénite mammaire le sein devient douloureux d’une manière générale, les parties qui répondent aux lobes de la glande sont plus sensibles que les autres et dans la profondeur on perçoit les noyaux indurés des lobules enflammés. Le tissu cellulaire qui entoure les diverses parties de la glande ne tarde pas à être envahi et à suppurer. On perçoit profondément, souvent en plusieurs points à la fois, l’existence de la fluctuation.

■ Ces phlegmons peuvent s’ouvrir spontanément, ce qui s’observe chez les femmes craintives qui préfèrent supporter la douleur qu’elles connaissent plutôt que de s’exposer à la douleur déterminée par le bistouri, qui leur fait peur. Mais c’est un tort, car c’est plutôt à la suite d’ouvertures spontanées qu’on observe les trajets fistuleux persistants et longs à guérir, qu’après l’évacuation du pus par les moyens chirurgicaux

Il peut se faire que l’engorgement du sein ne soit pas suivi de suppuration. Dans ce cas la mamelle reste tendue et douloureuse pendant un certain temps et cette tension ne disparaît ensuite que très lentement.

Le sein reste longtemps sensible et conserve un volume plus considérable. C’est une sorte d’engorgement chronique. Pendant le cours du travail de résorption, il n’est pas rare d’observer plusieurs poussées aiguës, faisant espérer de voir la supuration s’établir, mais après plusieurs jours d’élancements, de douleur, de tension plus prononcée, de rougeur de la peau, graduellement ces symptômes s évanouissent peu à peu et l’état chronique reprend le dessus.

Le. traitement consiste, surtout au début, à calmer la douleur avec des cataplasmes recouverts de laudanum ou d’une pommade belladonée, et a établir une dérivation du côté de l’intestin avec des laxatifs ou de légers purgatifs salins. On pourra laisser continuer l’allaitement, tant que la succion de l’entant ne déterminera pas de douleurs intolérables d une part, et qu’il ne passera pas de puS dans le lait d’autre part.

Enfin quand la fluctuation sera nettement établie» on devra ponctionner avec le bistouri et établir un drain dans la plaie. Si le foyer purulent est trop

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foudémeat situé et le trajet de l’ouverture dirigé de bas eu haut, il peut être indispensable d’établir une contre-ouverture avec un tube de Chassaignac dont les deux bouts sont reliés au dehors. Des in- • tions détersives antiseptiques et astringentes seront faites tour à tour dans la plaie, et la mamelle sera recouverte d’un grand cataplasme.

En même temps, on reviendra aux légers purgatifs du début, puis, dans les suppurations prolongées, on instituera un traitement tonique et reconsti-, tuant.

Les phlegmons sots -mammaires peuvent etre consécutifs à l’adénite mammaire, ou provenir d’un épanchement sanguin développé à la base de la mamelle, ou encore, comme nous l’avons dit, dériver d’une carie osseuse de la paroi thoracique, enfin ils peuvent survenir à la suite d’une pleurésie purulente. Ces deux derniers genres d’abcès sousmammaires ne sont autres que des abcès par congestion, ils en présentent tous les symptômes et seront soumis au même traitement.

Quand à l’abcès chaud sous-mammaire, il détermine une douleur vive et une tension manifeste à la base de la mamelle qui est repoussée en avant tout en conservant ses caractères, sa mollesse et son élasticité. Ce sera donc à la base du sein qu’il faudra rechercher la fluctuation.

On pourra au début chercher à obtenir la résolution à l’aide d’un traitement antiphlogistique, sangsues et purgatifs salins, alimentation légère et suspension de la mamelle par un bandage convenablement appliqué. Quand la suppuration est établie le mieux est d’ouvrir avec le bistouri, en haut et en bas et de placer un tube de Chassaignac pour faciliter l’écoulement constant du pus, et pouvoir faire des lavages fréquents dans toute l’étendue du foyer de l’abcès. Quand l’inflammation est notablement diminuée il sera bon d’exercer une légère compression sur la mamelle, d’avant en arrière j pour diminuer l’étendue de la cavité purulente.

Abcès du sein chez le nouveau-né. — Pour terminer ce que nous avons à dire sur les abcès de la mamelle, il ne faut pas oublier que chez presque tous les nouveaux-nés, filles ou garçons, on peut observer un engorgement des glandes mammaires du quatrième au dixième jour après la naissance.

,e souvent cet engorgement se termine par resolution, soit sans émission de lait, soit après l’expulsion d’une certaine quantité de ce liquide. On es meme quelquefois obligé de recouvrir les seins e petits cataplasmes de fécule pour faciliter l’écoument du lait. Mais il peut arriver que cet engorg ment se termine par un véritable abcès mammre, qu’il faut avoir soin d’ouvrir dès que la fluctuation est manifeste, afin d’éviter que la coldéVlf purulente en augmentant ne provoque des et °U®me.nts de la peau dans les régions voisines Tmüf ^vienne ainsi un foyer considérable dont la Penj.uctl0n Peut être très grave pour la santé de

l’onv!^65’ ~ 11 n est Pas rare flu’à la rnam^re SPonlanée ou artificielle d’i omSs S 1 Sÿsiste Pendant un temps à diffrw Une fistlde- Ce canal peut livre diuerentes sortes de liquide ;

Y Du lait quand ün des canaux galactophores a été atteint dans l’ouverture de l’abcès, et qu’il a. déversé son contenu dans le foyer purulent :

2° Du pus quand les parois du foyer purulent; ü ont pas de tendance à se souder ;

3“ Enfin un liquide séro-muqueux provenant d’un kyste.

Le traitement consistera d’abord en injections irritantes suivies de compression, mais si on. n’obtient pas l’adhérence des parois du trajet fistuleux; et du foyer purulent d’où il dérive, il faudra recourir à de larges débridements avec abrasion des parois du canal de la fistule.

Tumeurs de la mamelle. — Après les abcès ou, phlegmons du sein, les affections qu’on rencontre le plus fréquemment dans la mamelle sont les tumeurs. On peut les diviser en deux espèces : les tumeurs bénignes et les tumeurs malignes.

Les -tumeurs bénignes ont pour caractère propre de rester limitées à la partie où elles ont pris naissance sans désorganiser les tissus, ni infecter l’organisme et de ne pas se reproduire après l’ablation.

Nous rangerons dans cette classe l’hypertrophie, l’adénome, le fibrome, le lipôme, les tumeurs laiteuses, les kystes, les mixomes, et les tumeurs osseuses et les tumeurs hydatiques. Nous dirons quelques mots seulement sur chacune de ces affectisns qui ne diffèrent pas, dans la mamelle, de ce qu’elles sont dans les autres points de l’économie.

Dès le début de cet article nous avons été appelé à parler de I’hvpertrophie mammaire ou hypertrophie générale de la mamelle. C’est une affection

Fig. 834.

Hypertrophie des mamelles.

assez rare, qui se montre de préférence sur les jeunes filles : cependant j’en ai observé un cas chez une femme ayant déjà eu des enfants, mais étant encore jeune (27 ans). Dans certains cas, la maladie s’adresse aux deux seins, dans d autres, elle n’intéresse qu’une seule mamelle. Cette affection est caractérisée, non pas par l’augmentation seule de la partie graisseuse, mais par l’hypertron

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phie des éléments fibreux et glandulaires de la mamelle.

En général, au début, les douleurs ne sont pas très vives, ce n’est qu’après que la maladie a déjà pris un certain développement, que les femmes éprouvent quelques élancements, et surtout une extrême fatigue, déterminée par le poids considérable qu’elles sont obligées de porter. En même temps, leur état général est atteint; la menstruation se trouble , l’appétit se perd, l’amaigrissement fait des progrès et des tubercules se développent.

: Le traitement par les antiphlogistiques: sangsues, saignées, purgatifs, etc., ou par les résolutifs : iodure de potassium pris à l’intérieur ou appliqué sous forme de pommade à l’extérieur; le tout aidé par une légère compression, doit être tenté au début mais sans grande chance de succès. Il faut toujours en arriver à l’ablation, qui a été presque toujours suivie de guérison.

L’adénome mammaire ou hypertrophie partielle de la mamelle, est une affection fréquente, et c’est à sa guérison avec ou sans opération, qu’il faut rapporter le nombre considérable de cancers du sein que certains médecins , peu consciencieux , prétendent avoir guéris.

L’adénome est caractérisée par l’hypertrophie des culs-de-sac glandulaires ou acini, accompagnée ou non de l’hypertrophie des tissus fibreux adjacents. Il en résulte une tumeur de forme sphérique ou lobulée, dure, élastique, sensible à la pression, et siège de douleurs vives à certains moments, comme aux périodes menstruelles. Ces tumeurs sont mobiles dans l’épaisseur de la mamelle, sans adhérence avec la peau, qui reste saine. Dans

Fig. 835. — Extirpation de la mamelle (premier temps).

A. Main gauche du chirurgien tenant la peau en dehors de la mamelle. — B. Main droite tenant le bistouri. — C,C. Première incision.

les adénomes d’ancienne formation on trouve fréquemment des cavités kystiques; en outre si, après la constitution de l’adénome, il se produit une inflammation de la mamelle cet état détermine l’adhérence de l’adénome à la peau, et peut faire croire à

l’existence du cancer. Mais ce n’est que longtemps après son début que l’adénome prend ce caractère (Desprès).

Les tumeurs adénoïdes peuvent se résorber spontanément sous l’influence de la compression etd’un traitement général bien dirigé: l’iodure de potassium à l’intérieur et en application sous forme de pommade sur la partie malade, les mercuriaux, des toniques et des reconstituants. Mais si le traitement ne réussit pas, il faut en arriver à l’extirpation.

Les fibromes ne sont qu’une forme d’adénome dans laquelle c’est l’hypertrophie des éléments fibreux qui prédomine sur l’augmentation des éléments cellulaires.

Les lipomes sont très rares et en général souscutanés, ils ne diffèrent pas du reste des lipômes des autres régions (V. ce mot).

Les tumeurs laiteuses ou galactocèles sont le résultat de l’accumulation du lait dans une des

Fig. 836. — Extirpation de la mamelle (second temps).

Cette figure représente la mamelle circonscrite par deux incisions semi-elliptiques et son extirpation par dissection.

A. Main d’un aide tenant la lèvre externe de l’incision. — B. Main gauche du chirurgien soulevant la mamelle et la portant vers la ligne médiane. — C. Main qui incise le tissu cellulaire sousjacent à la mamelle.

dilatations des canaux galactophores.Làlelaitpeut rester liquide ou se prendre sous forme de caillé- Cette tumeur, qui se produit pendant l’allaitement, est généralement molle, bosselée, indolente et quelquefois fluctuante. En général, quand elle se produit pendant l’allaitement, on la voit disparaître après le sevrage de l’enfant. Mais si elle persiste et qu’elle augmente, il faudra la traiter comme un kyste, l’ouvrir largement et même l’extirper.

Les kystes et les myxomes seront traités dans cette région comme partout ailleurs. Quant au diagnostic, s’il y a quelque doute, ce sera par une ponction exploratrice qu’on les lèvera.

Les tumeurs osseuses sont très rares, et devront être extirpées ; quant aux tumeurs hydatiques tf®1 ont une marche lente, présentent toujours de la fluctuation, et sur lesquelles on a pu souvent dis' tinguer le frémissement hydatique, il sera toujours facile de les distinguer du cancer par la ponctio®

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exploratrice qui donnera lieu à l’écoulement d’un liquide clair, contenant des débris d’hydatide. Le traitement consistera en une ponction suivie d’une injection iodée.

Je n’ai pas besoin de rappeler à propos du diagnostic des kystes, tumeurs hydatiques ou autres, que l’on a vu l’anévrisme de l’aorte envahir la mamelle après avoir détruit la paroi thoracique

correspondante.

Les tumeurs malignes du sein sont des exsudats qui envahissent et détruisent tous les tissus voisins et, si on les abandonne à elles-mêmes, elles ne tardent pas à déterminer une cachexie spéciale, qui entraîne fatalement la mort. Ces tumeurs sont connues sous le nom général de cancers , épithéliomes, squirrhes, encéphaloïdes, etc.

Le cancer du sein se présente sous forme d’une tumeur dure, irrégulière, ayant contracté des adhérences avec la peau qui est attirée en dedans, de sorte que ces adhérences , quand elles existent au niveau du mamelon, attirent en arrière cette partie saillante, si bien que le mamelon, au lieu de former un tubercule saillant sur la mamelle est, au contraire, rentré ou presque effacé et semble faire masse avec la tumeur profondément située. A ces signes, qui ne permettraient pas de distinguer le cancer de l’adénome ancien, il faut ajouter des douleurs vives, lancinantes, s’exagérant à mesure que la tumeur progresse, l’existence de ganglions indurés sous l’aisselle, et un état général qui s’altère progressivement, surtout quand la tumeur est ulcérée.

Le cancer du sein se présente sous des apparences diverses : ainsi le cancroide revêt l’aspect d’un vésicatoire suppuré qui tend toujours à envahir les tissus voisins.

Le sqüirrhe peut affecter deux formes différentes, selon qu’il a débuté dans la glande, sqüirrhe profond, ou que son point de départ siège à la peau, sqüirrhe des téguments.

Dans le premier cas, la glande devient dure sans élasticité, mais elle n’est pas déformée; la peau, qui lui est toujours adhérente, se plisse et prend une teinte terne. Quelquefois la mamelle s’atro- P e et ne semble plus réduite qu’à un noyau ina Peau semkle former une cuirasse au devant . °^ax> c’est le sqüirrhe atrophique. Enfin, le étoilp h ray°nn^ se présente sous forme d’une dur • <7nt les rayons sont constitués par le tissu vallpl h e°vahi Par la maladie qui forme les interde l’ét V ol)ule.s de la glande mammaire. Le centré dpHQt1°lle ak°utit au mamelon rétracté et attiré en dedans par ces tractus.

wxecnU^rile des ié9umenis communique à la peau spécial!^!™1106 et .une coloration rouge brunâtre masse ’t e-st *ndurée soit par place, soit en bien 1p tu constitue une cuirasse qui comprime si mes fois °raX ^ue^e Peut gêner la respiration. D’aumméssu01!1 Voit des n°yaux durs, rouges, disséisolées æ u 5eau du se.in’ avec des excoriations, pour fn*,!/0™’ mais fini»sent par se rejoindre

^nST Une Vast.e Plaie cancéreuse, d’abord pi ^0lDE> <Iui envahit toujours la glande Peau se .PParaît que consécutivement sur la ivise en encéphaloïde lardacé qui s’ac¬

compagne de bonne heure d’engorgements ganglionnaires et encéphaloïde fongueux qui, par des

Fig. 837.

Sqüirrhe ulcéré du sein et noyaux développés à sa périphérie.

ramollissements partiels, donne la sensation de kystes situés au milieu de parties dures.

Enfin, nous citerons les adéno-sarcomes, tumeurs

Fig. 838.

Cancer encéphaloïde du sein.

qui commencent comme de simples adénomes et se transforment plus tard en cancer. Ils présentent donc tous les symptômes de ces deux affections selon le moment où a lieu l’examen.

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De tous ces cancers, c’est l’encéphaloïde qui marche le plus vite.

Le traitement général est à peu près nul, et le traitement local consistera surtout en des soins de propreté. Il n’y a à opposer aux cancers du sein que l’intervention chirurgicale, et nous pensons qu’il faudra recourir à l’ablation de ces tumeurs de bonne heure, c’est-à-dire aussitôt que leur caractère de malignité aura été nettement reconnu.

D' A. DE SOYRE.

Bandages de la mamelle. — On peut appliquer sur la mamelle divers bandages, mais deux surtout sont plus particulièrement usités : le bandage croisé simple et le bandage croisé double.

Le bandage croisé simple d’une mamelle est un huit dont l’anneau inférieur entoure la poitrine, tandis que l’anneau supérieur embrasse un côté du cou et la mamelle du côté opposé. Les croisés se rencontrent au-dessous de celle-ci. Ce bandage nécessite une bande large de 5 centimètres en

moyenne et longue de 8 à 10 mètres. Pour l’appliquer, supposons sur la mamelle droite, on commence par faire deux circulaires autour de la poitrine, en allant de droite à gauche ; lorsqu’on est arrivé sous la mamelle droite et en avant, on remonte la bande sur l’épaule gauche, en ayant soin de bien exactement embrasser la partie inférieure de la mamelle droite, puis on descend obliquement dans le dos, on fait un circulaire horizontal autour de la poitrine, afin de fixer le jet oblique; lorsqu’on est arrivé de nouveau sous la mamelle droite, on fait un second oblique recouvrant aux trois quarts le premier et on continue le bandage en faisant

une série de jets tour à tour obliques et circulaires jusqu’à ce qu’on ait employé toute la bande. ’ Le bandage croisé doüble des mamelles se compose de circulaires autour de la poitrine et de deux ordres de jets de bandes obliques, dont les premiers embrassent un des côtés du cou et la mamelle du côté opposé, et les seconds, l’autre côté du cou et l’autre mamelle. Il nécessite une bande large de 5 centimètres en moyenne et longue de 10 à 12 mètres, roulée en deux globes. Pour l’appliquer, on place le plein de la bande sur le dos horizontalement, et on ramène les deux globes sur la poitrine en passant sous les mamelles et en croisant les deux chefs de la bande entre les deux mamelles, puis on les passe sur les deux épaules

Bandage croisé des deux mamelles.

enfin en arrière sur le dos où on les entre-croise de nouveau.

On recommence alors de nouveau à ramener les, deux globes en avant en passant sous les mamelles, à les croiser ensuite entre les deux mamelles, puis à les passer sur les deux épaules, ensuite en arrière sur le dos où on les entre-croise. On recommence ainsi jusqu’à ce qu’on ait épuisé la bande, mais en ayant bien soin que chaque nouvel oblique recouvre au moins aux deux tiers le précédent, de façon à ce que chaque mamelle soit entièrement couverte. 1

Ces deux bandages sont employés pour soutenir les mamelles et pour les comprimer. Ils servent aussi à fixer sur elles les différents topiques qufi l’on juge à propos d’y appliquer. Dr Paul Labartbe.

MAMELON (V. Mamelle.)

MAMMAIRE. — Nom donné par les anatomistes à la glande , aux artères et aux veines de la gamelle.

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Glandes mammaires. — (Y. Mamelle.)

Artères mammaires. — Les artères mammaires sont au nombre de deux : la mammaire interne et la mammaire externe.

L 'artère mammaire interne naît de la partie inférieure de l’artère sous-clavière, se porte derrière l’extrémité interne delà clavicule, descend dans la poitrine en longeant le bord du sternum, et, arrivée au niveau de l’appendice xiphoïde, elle se bifurque en deux branches terminales : l’une interne, qui se ramifie dans l’épaisseur du muscle grand droit et s’anastomose avec l’artère épigastrique; l’autre externe, qui longe la face interne des cartilages des six dernières côtes. Sur son parcours, l’artère mammaire interne fournit des branches collatérales : 1 o postérieures, qui se distribuent au médiastin ; 2° externes, ou intercostales antérieures, au nombre de deux pour chaque espace; 3° antérieures, qui se distribuent au muscle pectoral, aux muscles de la peau et à la glande mammaire.

L 'artère mammaire externe appelée aussi thoracique inférieure, naît de l’artère axillaire, en arrière du tendon du muscle petit pectoral, descend sur la face externe du muscle grand dentelé auquel elle fournit plusieurs rameaux ainsi qu’aux muscles pectoraux et intercostaux, à la glande mammaire et à la peau.

Yeines mammaires. — L’artère mammaire interne est accompagnée de deux veines, appelées veines mammaires internes qui, après avoir suivi son trajet se réunissent en un seul tronc et se jettent dans le tronc brachio-céphalique, formé lui-même par la réunion des veines sous-clavière et jugulaire interne. p. L.

MANCENILLIER. — Le mancenillier est surtout célèbre par la grande scène de Y Africaine. Sélika, après en avoir cueilli les fleurs en dit les propriétés dans quelques vers médiocres que l’admirable musique de Meyerbeer fait oublier :

« Ton doux parfum, dit-on, donne un bonheur fatal.

Dans les cieux entr’ ouverts un instant il fait vivre

Et puis d’un long sommeil a jamais vous endort,

Comme l’amour il vous enivre Et comme lui donne la mort. »

vérité6 ^0ét^ue ®ct‘on est assez éloignée de h

estT mancen^er’ de la famille des Euphorbiacées a n.§rand arbre de 40 à 46 mètres de hauteur Ajjfjn e P°rt du poirier. Il est assez répandu au: zuéla 6t’ aU ^I.ex^(Iue» dans la Floride et le Véné feuilles sont simples, alternes, les fleuri est en A tr®s petites , l’inflorescenci

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sont paTtrès^ar pr0(*u*ts Par mancenillier n<

L imprudent qui s’endort sous son frais ombrage ne tarde pas à s’en apercevoir, si quelques gouttes de latex provenant d’incisions, si quelques gouttes de pluie ou de rosée ayant eu le contact des feuilles, viennent à tomber sur quelque point de sa peau où s’établit sans retard une vive démangeaison avec production de vésicules et de vésieopustules.

L’ingestion des fruits produit une stomatite éruptive, de fortes coliques , de la diarrhée qui peut devenir sanguinolente, de la prostration, des sueurs froides et une fièvre assez vive. On voit quelquefois le malade tomber dans le coma et, moins heureux que Sélika, il peut en mourir sans que

« De ses sens enchantés le délire s’empare ! »

L’empoisonnement par le suc du mancenillier doit être traité, au début, par les vomitifs et la médecine des symptômes ensuite. Les accidents locaux relèvent des émollients. L’huile ordinaire l’eau de mer, à l’intérieur, sont préconisés aux Antilles.

Tout cela peut être évité, si le nouvel arrivé dans la patrie de cet arbre a un peu de prudence et de circonspection dans le choix des fruits à manger et des ombrages. rr Edouard Dupouy.

MANCHON. — On donne ce nom à cette pièce du costume féminin qui est destinée à abriter les mains et la poitrine contre le froid. Le manchon réchauffe en effet les mains et la poitrine, mais il a l’inconvénient aussi d’exposer les mains à des variations brusques de température chaque fois qu’elles l’abandonnent et par suite de favoriser l’éclosion des engelures. Chez les enfants, il a de plus l’inconvénient d’être un obstacle aux jeux, en embarrassant les mains, et surtout de rendre les chutes plus dangereuses, les mains qu’il emprisonne, pour ainsi dire, ne pouvant plus servir à les amortir. . P. L.

MANDARINE. — (V. Orange.)

MANDRAGORE. — Nom donné par les botanistes à une plante de la famille des Solanées, à racine noirâtre, bifurquée , ressemblant vaguement aux membres inférieurs de l’homme, à fleurs d’un violet rougeâtre, légèrement velues, à fruits globuleux, jaunes, de la grosseur d’une pomme d’api, qui croît abondamment. dans les endroits humides et ombragés du midi de l’Europe.

La mandragore, voisine de la belladone, jouit des mêmes propriétés, mais à un degré moindre. Très employée dans l’antiquité, elle est aujourd’hui à peu près inusitée. ?• L.

MANDRIN. — On appelle ainsi les petites tiges de métal que l’on introduit dans la cavité des sondes en gomme ou en caoutchouc, afin de leur donner une rigidité suffisante pour qu’on puisse les introduire dans l’urèthre et la vessie, p. l.

MANDUCATION. — (V. Mastication, Déglutition.)

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MANGANÈSE. — Le manganèse est un métal solide, d’un blanc grisâtre, cassant, très dur, résistant à l’acier le mieux trempé, pouvant remplacer le ■ diamant pour casser le verre. Sa densité est de 8,013. Il s’oxyde à l’air humide plus facilement que le fer, aussi ne peut-on le conserver que dans l’huile de naphte ou dans dès tubes de verre soudés à la lampe.

Ce métal est inusité, mais certains de ses composés, parmi lesquels l’oxyde de manganèse, le carbonate de manganèse, le sulfate de manganèse et le permanganate de potasse, ont reçu des applications thérapeutiques. ’ '

Oxyde de manganèse ou magnésie noire. — L’oxyde de manganèse, autrement appelé magnésie noire, peroxyde ou bioxyde de manganèse, se présente sous la forme d’aiguilles brillantes, d’un gris d’acier, que l’on fait prendre en poudre à la dose de 20 centigrammes à 2 grammes comme antiacide et antichlorotique.

Carbonate de manganèse. — Le carbonate de manganèse ou carbonate manganeux est en poudre blanche, insipide, légèrement rosée, insoluble dans l’eau, facilement soluble dans le suc gastrique. Elle a l’inconvénient, comme la poudre de carbonate de fer, de s’oxyder facilement à l’air où elle perd en grande partie ses propriétés toniques. Elle se donne à la dose de 10 centigrammes à 2 grammes par jour en pilules faites avec du miel et recouvertes d’une feuille d’argent pour que la composition du carbonate se conserve plus longtemps. Ces pilules peuvent se prescrire aux chlorotiques, aux anémiques, à tous les sujets enfin qui réclament l’emploi des préparations martiales. Celles-ci toutefois sont bien préférables.

Sulfate de manganèse. — Le sulfate de manganèse ou sulfaie manganeux est en cristaux d’un rose clair qui retiennent des proportions variables d’eau suivant la température à laquelle ils se sont formés ; leur saveur est styptique, caustique même, leur solubilité dans l’eau est très faible. Ce sel peut s’employer contre la chlorose à la dose de 10 à 20 centigrammes par jour.

Permanganate de potasse. — Le permanganate de potasse, tel que le commerce nous le fournit, est en paillettes cristallines d’une couleur rouge intense; vues en masse, elles paraissent noires, avec un reflet vert métallique, mais leur poudre est d’un rouge pourpre foncé et leur solution présente également une couleur purpurine magnifique ; très peu de sel suffit pour donner une forte teinte rouge violacée à une grande quantité d’eau. C’est un médicament inoffensif, qui ne détermine que peu ou point de douleur, n’irrite ni les tissus malades, ni les tissus sains avoisinants. Sa solution est un des meilleurs désinfectants connus. Elle n’a aucune odeur et agit par son excès d’oxygène sur les matières organiques putrides qu’elle détruit en les brûlant.

A l’intérieur, le permanganate de potasse a été prescrit comme tonique reconstituant à la dose de 10 à 20 centigrammes par jour sans efficacité reconnue ; aussi son emploi a-t-il été à peu près abandonné. F

A l’extérieur, on a essayé la poudre pour saupou¬

drer les plaies de mauvaise nature, mais on ne sert généralement aujourd’hui que de la solufi0Se qui était depuis quelques années usitée par u Allemands, les Américains et les Anglais lorsque Demarquay en introduisit les applications dan notre pays. Cette solution employée à des titres différents, 2 à 10 grammes par litre, arrête la putridité, fait disparaître la mauvaise odeur ainsi que les qualités nuisibles du pus altéré, des ichors et généralement des matières animales en décomposition. De là son utilité réelle en injections nasales dans l’ozène, en injections vaginales dans la leucorrhée infecte des femmes saines ou atteintes de cancer utérin, en gargarismes dans la fétidité de la bouche, en lotions dans les ulcères fétides et gangreneux, en applications topiques avec de la charpie imbibée de cette solution comme pansement des chancres simples et des plaies. En somme le permanganate de potasse est un antifermentescible, un antiseptique et un désinfectant précieux. Dr Marc. Camboultves.

MANIE. — Ce mot a conservé dans le langage médical son sens grec de folie violente, furieuse, fjiavta. La fureur diffère de la folie, dit Cicéron, ut majus a minori (Tusc., III, 5 J. Cependant le terme est souvent employé dans les livres hippocratiques comme synonyme de folie en général; confusion qui se retrouve d’ailleurs jusqu’au seuil de l’époque contemporaine, où nous voyons Pinel intituler son livre : Traité. médico-philosophique sur l'aliénation mentale, ou la manie, ce qui n’empêche pas, d’ailleurs, le célèbre aliéniste de prendre en même temps le mot dans son sens particulier.

Actuellement, on peut définir la manie : une affection de la substance grise du cerveau, caractérisée anatomiquement par l’hypé rémie, la congestion active, et généralisée de cette substance, et au point de vue fonctionnel, par l’accélération du cours des actes, psychiques et l’irritabilité exagérée des centres psycho-moteurs (Voy. l’article Folie, t. I, p. 821 de ce Dictionnaire).

Avec la suractivité de la circulation cérébrale, coïncident celle de la pensée, l’exaltation du sentiment de la personnalité, une sensation de bien-être dans les cas de moyenne intensité, une exubérance de vie et de force qui se traduit par les phénomènes les plus surprenants. « On remarque chez ces malades, dit Broussais, avec un besoin inconcevable de s’agiter en marchant et en gesticulant, un visage rouge, des yeux brillants, la tête chaude, une faculté de résister au jeûne et à la fatigue, qui atteste l’excès de l’innervation sur les viscères assimilateurs et sur l’appareil musculaire; une loquacité bruyante, toujours fondée, ou sur la supposition d’événements gais ou tristes qui leur seraient arrivés, ou sur l’aspect et les accents d’êtres imaginaires auxquels ils adressent la. parole (hallucinations)... A un degré plus avancé, on est obligé do les contenir, car ils sont dominés par l’envie de briser, de détruire tous les objets qui leur tombent sous la main. Ils tueraient les personnes qui 1®S approchent si on ne se rendait maîtres d’eux. Quelques-uns de ces malades, chez qui l’accès avait de buté inopinément, avaient déjà égorgé plusieurs

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personnes avant qu’on ait pu les saisir et les contenir; plusieurs tournent leur fureur contre euxmêmes et se poignardent ou se précipitent; c’est mielquefois leur premier acte de délire. » (De l'irritation et de la folie, tom. II, p. 353, sq.)

La manie, en un mot, c’est la folie bruyante et désordonnée, la seule que connaisse et puisse reconnaître le public; c’est le délire du drame et du roman ; c’est Ophélia se couvrant de fleurs et chantant des couplets érotiques avant d’aller se noyer ; c’est surtout le vieux roi Lear, sa tête blanche toute nue et criant, sous le tonnerre et sous la pluie : « Souffle donc, ô vent, à te crever les joues ! Faites rage, soufflez ouragans et cataractes... Flammes sulfureuses , promptes comme la pensée, courrières de la foudre qui fend les chênes, venez roussir ma tête blanche! Et toi, tonnerre, aplatis l’épaisse rotondité du monde , fais craquer les moules de la nature, et pulvérise d’un seul coup tous les germes d’où sort l’ingrate humanité. »

La sphère émotive est atteinte comme les autres ; mais les phénomènes particuliers disparaissent au milieu de l’incohérence des actes psychiques. Seul l’instinct sexuel prédomine. Ce fait n’est pas, d’ailleurs, spécial à la manie, quoiqu’il soit souvent plus accentué dans cette forme de la folie que dans les autres; en somme, il s’agit de l’instinct le plus fort chez tous les êtres vivants , propagateur et conservateur indispensable de l’espèce, et qui, souvent étouffé sous l’empire de la raison et des convenances, reparaît au premier plan chez ces malheureux, ravalés momentanément au niveau de « l’homme de la nature ».

Aux phénomènes cérébraux se joignent des .troubles plus ou moins marqués des autres fonctions. Outre l’insomnie il faut noter, au début surtout, la perte de l’appétit, la constipation, puis une légère accélération du pouls, avec élévation de la température. Plus tard, lés fonctions digestives se rétablissent et les malades mangent avec voracité ; ce qui né les empêche pas de maigrir rapidement, en partie par le fait des combustions exagérées dues à leur perpétuelle agitation, à la suractivité étonnante de toutes les manifestations de la vie.

La manie franche, simple, dont je viens d’esquisser une description rapide, dure de un à trois ou. quatre mois, après avoir présenté trois périodes plus ou moins distinctes de début ou d’invasion, d état, de déclin. Sans entrer dans des détails que ue comporte pas la nature de cet article, je dirai que la période d’invasion, parfois assez longue, est souvent caractérisée par des phénomènes de trisesse, de dépression et d’anxiété, coïncidant avec insomnie et lés troubles digestifs indiqués, perte . ^PPétit, mauvaises digestions, etc., auxquels se Joint souvent de la céphalalgie. Que ces phénomènes se prolongent en s’exagérant, et l'on aura un véritable accès de mélancolie (V. ce mot) préeaant l’accès de manie, ensemble dont on a voulu e une entité morbide distincte sous le nom de m a double forme. Il y aurait peut-être lieu de ®y°lrlà qu’une simple exagération de cette péâe de début. N’oublions pas, d’ailleurs, que f a fausse direction imprimée pendant si g emps aux études médicales par une philoso-

OlCTIONNAUUS POPULAIRE de Médecine usuelle.

phie rétrograde, la science de l’aliénation mentale . est encore dans l’enfance. Au milieu du gâchis véritable, résultant aujourd’hui de la multiplicité des formes et des variétés que chacun invente à plaisir, il est bon de rappeler l’axiome trop oublié : entia non sunt muliiplicanda. Morel était peut-être, sous ce rapport, dans la véritable voie, et Kahlbaum s’est inspiré des travaux de notre éminent compatriote en imaginant une folie type complète ( Vesa nia typica compléta), caractérisée par trois stades successifs de mélancolie initiale , de manie et de mélancolie avec stupeur. La suppression de ce dernier stade avec retour de la manie, puis de la mélancolie, etc., donnerait la folie à double forme des auteurs français, considérée ainsi comme une variété incomplète de la folie type. C’est là une vue ingénieuse, fondée sur la succession des phénomènes d’action et de réaction dans les éléments nerveux, ces phénomènes demeurant d’ailleurs en rapport avec les troubles de la nutrition, c’est-à-dire à un premier degré, avec l’hyperhémie et l’ischémie de ces éléments (V. Mélancolie ). Dans ce système, la manie serait constituée par la folie type, dans laquelle manque la période de mélancolie initiale : c’est la Yesania typica præceps.

Quoi qu’il en soit, il faut se garder de multiplier les variétés de la manie. C’est ainsi que la fureur ne doit pas être considérée à part; cette « colère du délire », comme l’appelait Esquirol, est une simple exagération des phénomènes. Très commune dans le temps où les malheureux pensionnaires de Bicêtre gémissaient dans d’infects cachots, sous le poids d’éternelles chaînes, elle est aujourd’hui beaucoup plus rare, et le deviendrait encore davantage si la pratique du non restraint continuait à se généraliser.

Le délire aigu, au contraire, mérite une mention à part, non seulement en raison de la gravité des symptômes et du pronostic, mais parce qu’il s’agit d’une altération différente et, selon moi, d’une véritable mëningo-encéphalite diffuse, arrêtée dans son développement par la mort ou la guérison. Le premier stade de la méningo-encéphalite étant une hyperhémie. violente, à laquelle peuvent se borner les phénomènes, il est juste de rapprocher le délire aigu de la manie. Mais l’irritation congestive est ici d’une extrême violence, d’où la gravité des symptômes et du pronostic, dans les cas mêmes où les lésions inflammatoires proprement dites n’ont pas le temps de se déveloper.

On a décrit à part des manies érotique, religieuse, ambitieuse, etc. La prédominance de certaines conceptions ne peut suffire à constituer des variétés; que si le délire est exclusif, sans lésion générale des facultés psychiques, il s’agit de folie lucide [V. Lucide (Folie) et Monomanie ], à laquelle appartient aussi la soi-disant manie raisonnante. Dans le cas de délire ambitieux, il faut souvent craindre,— quoique non toujours, — la paralysie générale. La manie survient souvent d’une façon périodique ; d’autre part, il n’est pas très rare d’observer dans le cours d’un accès donné, de véritables intervalles lucides.

ILa durée ordinaire de la manie est d’un à trois ou quatre mois. C’est la forme de folie qui guérit le

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plus souvent : parfois elle passe a l’état chronique. Les rechutes sont assez fréquentes ; mais il n’est pas rare de voir guérir les trois ou quatre premières. Dans le cas de manie périodique, la terminaison favorable est l’exception. On n’a que très rarement l’occasion de faire l’autopsie d’un maniaque. Du reste l’hyperémie, substratum ordinaire de cet état morbide, est une lésion fugitive dont on ne retrouve pas de traces sur le cadavre, à moins que les phénomènes n’aient été extrêmement prononcés. Ce que l’on sait de l’état du cerveau dans la première période de la paralysie générale, dans le délire occasionné par la fièvre, par l’action de certains toxiques, etc., ne laisse aucun doute sur la nature hyperémique de la lésion.

Au point de vue des causes, l’hérédité joue, là aussi, le rôle prédominant; on l’a notée dans 70 p. 100 des cas. On observe la manie également chez les deux sexes, surtout de vingt à trente ans ; dans l’hystérie, la chorée; dans la plupart des maladies aiguës fébriles, fièvre typhoïde, variole , scarlatine, etc., surtout à leur suite, grâce à l’hyperémie cérébrale et peut-être aussi par l’effet de l’altération du sang empoisonné. On la voit aussi dans les maladies de cœur, l’état puerpéral, la syphilis, d’où l’on a inventé les dénominations oiseuses de manie cardiaque, manie syphilitique, etc. Même la manie puerpérale, comme l’a fait très bien remarquer Marcé, ne présente pas de signes qui lui soient propres.

La manie se reconnaît à l’excitation générale des facultés psychiques. Dans le cas d’idées de grandeur, de délire ambitieux accentué, on pourrait penser à la paralysie générale ; dans cette dernière maladie, les commémoratifs, la prolongation des phénomènes, l’inégalité des pupilles, l’embarras de la parole feront éviter l’erreur. Tous les délires congestifs par fièvre infectieuse, méningite simple, pneumonie, etc., peuvent être confondus, au début, avec la manie; l’intensité de la fièvre, l’auscultation des malades et leur examen attentif mettront sur la voie du diagnostic : connaître la possibilité de l’erreur est ici le meilleur moyen de l’éviter.

Le traitement consiste avant tout à isoler les malades en les mettant dans l’impossibilité de nuire. Les maniaques forment une bonne part des agités dans les asiles et ce sont eux surtout que l’on maintenait autrefois dans une perpétuelle immobilité à l’aide de chaînes, de fauteuils de force et autres engins du même genre. « Les anciens Égyptiens et les Grecs traitaient humainement et d’une façon rationnelle les aliénés, dit Maudsley; c’est seulement après que la doctrine chrétienne de la possession par le diable se fut implantée dans les esprits, que l’on vit mettre en vigueur la plus détestable espèce de traitement dont l’histoire fasse mention. » (Pathology ofmind, p. 523). Grâce à la Révolution, et sous les auspices de la Commune de Paris, Pinel, en 1792, délivra les aliénés de leurs chaînes; en 1839, le médecin anglais Conolly les affranchit de la camisole de force et de tous les moyens de contention. Du moins les choses vontelles ainsi en Angleterre; chez nous, la camisole est encore usitée sur une trop vaste échelle. Sans doute, il y a des cas, d’ailleurs très rares, où il

peut être indispensable d’immobiliser le malade dans une certaine mesure; mais alors, on devra préférer le maillot imaginé par MM. Bouchereau et Magnan, médecins de l’asile Sainte-Anne, maillot qui a l’énorme avantage de ne gêner ni la circulation ni la respiration. Maintenant que, dans certaines maisons de santé, on préfère emprisonner les agités dans la camisole de force, les motifs en sont faciles à saisir ; mais ceux-là se moquent du monde qui, pour échapper à un juste blâme, ont le front d’intervertir les rôles et de se poser en accusateurs, en affirmant du système du non restraint que c’est un leurre destiné à esquiver l’extrême surveillance avec laquelle- tout malade agité doit être suivi. Toutes les personnes que leur situation met à même d’apprécier la réalité des choses, savent très bien que le nombre des fous camisolés, attachés ou entravés dans un établissement privé ou public, est en raison directe de la mauvaise tenue de cet établissement. En résumé, on ne doit recourir aux moyens de contrainte, chez les fous complets, que dans les cas — toujours très rares — d’absolue nécessité.

Quant aux agents médicamenteux à diriger . contre la manie, il faut citer en première ligné les bains prolongés, de deux à cinq heures, à 25-30° ; puis le bromure de potassium , le chloral , mais surtout l’opium à haute dose. Dr a. regnard.

MANIOC. — Le manioc, appelé aussi manioth, est une plante exotique de la famille des Euphor- j biacées, que l’on rencontre dans presque toutes lés régions chaudes de l’Amérique, haute de 2 à 3 mètres, dont la racine, formée de gros tubercules charnus d’un blanc jaunâtre, qui peuvent atteindre I parfois 1 mètre de long, contient deux principes bien différents : 1° un suc blanc laiteux excessivement âcre, qui, à l’état frais, est un poison subtil et dangereux par l’acide cyanhydrique qu’il contient; 2° une excellente fécule alimentaire, avec laquelle on obtient par une série de manipulations spéciales, le tapioca que nous employons journellement à préparer d’excellents potages (V. Tapioca). , P. L.

MANNE. — La manne qu’on trouve dans les pharmacies est un suc concret et sucré qui s’écoule d’incisions pratiquées au tronc de deux espèces de frêne : l’orme et le frêne à feuilles rondes. Ces deux arbres croissent principalement dans la Sicile et dans la Calabre. Ils fournissent trois variétés de manne, savoir :

1° La manne en larmes ou manne fine la pluS plus pure et la plus estimée est ainsi appelée parce qu’elle se concrète sous la forme de larmes allongées ou de stalactites. Elle est d’un blanc légère* ment jaunâtre, d’une saveur sucrée agréable, quoique un peu fade. Elle nous vient exclusivement de la Sicile où on la récolte en plein été. .

2° La manne en sortes ou manne commune es composée de petites larmes mêlées à des fragment agglutinés d’un jaune sale, d’une saveur sucre plus fade que la précédente , quelquefois mena nauséeuse. Elle se distingue dans le commerce e manne de Sicile ou manne géracy et en manne

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ralabre ou manne capacy. Cette "dernière présente des larmes plus nombreuses, plus blanches et plus belles que la première ; mais elle ne se conserve guère qu’un an, tandis que l’autre dure deux ans au moins. La récolte de ces deux mannes ne se fait qu’à l’arrière-saison, c’est-à-dire en automne. A cette époque de l’année, le suc des frênes se concrète plus difficilement, est plus mou-, plus iaunâtre et de qualité inférieure.

J 3° La manne grasse ou manne grossière est encore plus impure que la manne en sortes et d’une saveur désagréable. On donne ce nom aux vieilles mannes qui se sont ramollies et altérées par la fermentation, ou bien encore aux mannes recueillies vers le commencement de l’hiver, que le mauvais temps a empêché de sécher vite et a chargé

Autrefois on connaissait d’autres mannes aujourd’hui complètement inusitées; c’étaient : — la manne de Briançon, qu’on retirait du mélèze ; — la manne alhagi qui était fournie par une espèce de sainfoin de la Perse et de l’Asie Mineure ; — la manne liquide qui venait du même pays et paraissait produite soit par le même sainfoin, soit par d’autres végétaux, elle avait la consistance du miel; — enfin la manne dès Hébreüx qui leur servait de nourriture et qui n’était vraisemblablement qu’une sorte de lichen dont il se développe parfois encore d’un moment à l’autre, des quantités prodigieuses sur les sables brûlants de la Perse, de l’Arabie et de l’Afrique.

Quant à la composition de la manne, elle n’est pas encore bien définie. Elle contiendrait, d’après les dernières analyses, de la mannite, du sucre, du mucilage, de la résine, des matières azotées et des cendres. La mannite est en cristaux prismatiques blancs, d’une saveur douce et agréable, très solubles dans l’eau et dans l’alcool. Elle serait le principe actif de la manne, s’il faut en croire l’opinion dé plusieurs médecins. Mais des expériences nombreuses sont prouvé le contraire. En effet, la dose de 30 à 40 grammes de cette substance cristalline, prise en une seule fois, n’a aucune propriété purgative, ce qui porte à penser que la matière résineuse, d’un goût repoussant, mais d’une activité re* grande, doit agir seule en ce sens, quoiqu’elle contenue dans la manne en proportions infinient minimes par rapport à la mannite. Cette Fmon paraîtrait confirmée par ce fait que la rés‘ÛQe eQ *armes fi11* contient le moins de matière SOrlneuse.est la moins efficace, que la manne en que^ ^ en contient davantage purge mieux et suite ajDîanQe grasse qui est la plus riche est, par deru’’' e^eauCOuP *a Pius active- Pourtant ces deux tées '6reS variétés de manne sont à peu près inusien 1 a Cause fie ieur saveur désagréable ; la manne r.r ar“es est la seule agréable au goût et la seule ^cnte a l’intérieur.

calmarn*16 ^ose’ -la manne est légèrement nutritive, la tonv ef em°llie nte- Elle rend des services dans Poitrine 5 .raucité de la voix, chez les personnes à dose ellpMe et a temPérament délicat. A haute Jetions n T1 avantagense aux sujets atteints d’afbesoin v Tlarrllales des voies respiratoires, ayant tre purgés. C’est un laxatif doux et fré¬

quemment usité chez les enfants; ils la prennent sans répugnance dissoute dans un verre d’eau, de lait, de café ou dans un véhicule analogue. La dose moyenne est de 30 grammes pour un enfant et de 60 à 100 grammes pour un adulte. EHe se donne soit seule, comme je viens de l’indiquer, soit dans un looch blanc ou une potion, soit en marmelade, en tablettes, en pastilles, en tisane et en lavements, comme pectorale et digestive. On peut l’associer encore à des purgatifs plus énergiques, tels que le séné, le sulfate de soude, etc. Dans tous ces cas, son action se fait sentir assez tard, mais seprolonge longtemps sans laisser après elle de constipation consécutive, si ce n’est parfois un peu d’inappétence suivie de quelques légères flatuosités. La manne en sortes est plus spécialement employée en lavements à la dose de 10 à 100 grammes.

Dr Marc. Gamboulives .

MANNITE. — (V. Manne.)

MANUFACTURES. — Hygiène industrielle. -

(V. Industries insalubres.)

MANULUVE. r— On donne ce nom aux bains de mains et de l’avant-bras. Ces bains locaux peuvent être émollients, antiphlogistiques ou résolutifs. On y a recours dans les cas de phlegmons de la main et de l’avant-bras, dans les cas de panaris, d’entorses, de brûlures, etc. Pour prendre un manuluve, l’appareil le plus simple et qu’on trouve dans presque toutes les batteries de cuisine, est la saumonière qui sert à faire cuire les poissons longs. Une bonne précaution, lorsque l’avant-bras et le bras sont plongés dans le bain, consiste à placer sous les extrémités des doigts un morceau de brique cassée destinés aies soutenir. p. l.

MAQUEREAU. — Le maquereau est un poisson de mer facile à reconnaître à son corps svelte, allongé, en forme de fuseau, à sa tête petite, à ses nageoires postérieures vigoureuses et à l’éclat de ses couleurs : d’un bleu rivulé de noir sur la tête, d’un bleu d’acier changeant, avec reflets vert irisé et glacé d’or et de pourpre, relevé par des lignes ondulées noires sur tout le dos, d’un blanc nacré sur le reste du corps. Il vit par bandes très nombreuses qui se montrent à des époques fixes, principalement en juin, dans la mer Noire, la mer du Nord et la Baltique, dans la Manche, sur les côtes de France et d’Angleterre, etc.

Sa chair blanche, ferme, à peu près dépourvue d’arêtes est très agréable à manger et constitue un aliment très nourrissant, mais d’une digestion assez difficile pour certains estomacs. Le maquereau se mange surtout grillé et inondé de beurre, ou cuit au court-bouiHon et assaisonné d’une rémoulade, d’une mayonnaise, ou d’un simple filet de vinaigre. La chair du mâle, lorsqu’il est laite, est plus estimée que celle de la femelle. Enfin, on mange le maquereau salé et fumé comme le hareng, mais dans cet état il est bien plus lourd à digérer qu’à l’état frais. Les dyspeptiques et les herpétiques feront bien de n’en manger que très rarement.

Dr Paol Labarthe.

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MARAIS. — Hygiène publique et privée. — On

donne le nom de marais à de vastes étendues de terrains incultes, très humides ou incomplètement recouverts par des eaux stagnantes par suite du défaut d’écoulement, et qui peuvent, à certaines époques de l’année, surtout pendant les fortes chaleurs, se dessécher plus ou moins complètement.

On distingue généralement trois sortes de marais : 1° les marais de l’intérieur des terres ; 2° les marais des vallées fluviales ; 3° les marais du littoral.

Les marais de l'intérieur des terres sont constitués le plus souvent par de grandes surfaces de terre, plates ou disposées en cuvette, dont le soussol est plus ou moins imperméable, parsemées de mares et d’étangs ou entrecoupées par de petits cours d’eau à rives très basses et dont l’écoulement est très difficile, par suite du défaut de pente. Parmi les principaux centres marécageux de l’intérieur de la France, nous citerons la Sologne, la Bresse, les Dombes, le Forez, la Brenne, etc.

Les marais des vallées fluviales, sont ceux qui sont formés par les débordements des fleuves, rivières et cours d’eau, dans les terrains bas avoisinants.

Enfin les marais du littoral sont: 1° ceux qui s’étendent en général le long des côtes, et sont séparées de la mer soit par des dunes de sables, soit par des barrages que la marée montante élève sur le littoral, barrages qui s’opposent au retour de l’eau à la mer; 2° ceux qui doivent leur formation à l’accumulation des eaux provenant de l’intérieur et qui s’accumulent non loin du rivage, faute d'une pente du sol suffisante pour leur permettre d’aller se jeter dans la mer; 3° ceux enfin qui sont formés par l’atterrissement des alluvions à l’embouchure des fleuves.

Certaines opérations agricoles telles .que : la culture du riz, qui nécessite la submersion des rizières ou terrains dans lesquels on cultive le riz ; le rouissage ou macération dans l’eau du lin et des autres matières textiles ; la récolte du sel dans; les marais salants; l’exploitation des tourbières, etc, , contribuent à créer et à maintenir des foyers marécageux.

La question des marais est une des plus importantes au double point de vue de l’hygiène publique et privée de.s campagnes, à cause de l’influence véritablement désastreuse qu’exercent sur la population qui vit dans leur voisinage, les effluves palustres qui s’en dégagent. Ces effluves ou miasmes, prennent naissance sous l’influence de l’action combinée de la chaleur, de l’humidité, et de la décomposition des matières organiques et surtout végétales, et entraînées par la vapeur d’-eau, elles sont inhalées par les poumons et produisent des désordres très graves dans la constitution des individus.

Les habitants des pays marécageux, dit Tardieu, ont une physionomie caractéristique et portent en quelque sorte la marque des tristes conditions au milieu desquelles ils vivent : sans parler de la misère qui les accable, leur constitution est dès les premiers jours de leur naissance, profondément altérée par une cachexie spécifique caractérisée par

une taille très petite, un teint blafard, une m0i lesse particulière et une sorte de bouflfisure de' tissus, l’appauvrissement du sang, le développé ment exagérée du ventre, l’engorgement du foie et de la rate, la tendance aux hydropisies, l’état de langueur et de paresse, de l’intelligence et du système nerveux tout entier.

Ce n’est pas seulement par cette altération lente mais continue de la constitution, que les effluves des marais manifestent leur influence délétère elles engendrent de plus la maladie dite des marais ou fièvre paludéenne {y. Paludéen).

Aussi n’est-il pas surprenant que le mouvement de la population, dans les centres marécageux en ressente le contre-coup. Ainsi, dans la Sologne, le Dr Marchand a démontré par des statistiques que, suivant que la proportion des étangs ou marais s’élève, la population varie dans un rapport plus grand que celui du simple au double,, et la durée de la vie moyenne décroît d’un quart à un sixième. De son côté, le professeur Rollet a trouvé que dans les communes des Dombes où les étangs, occupent plus du tiers de la surface totale, la vie moyenne des habitants atteint à peine les deux tiers du chiffre qu’elle a par toute la France. En revanche, la durée moyenne de la vie s’est accrue dans.des proportions considérables partout ou les travaux d’assainissement des marais ont été entrepris.

D’après ce qui précède, on comprend combien il est urgent de lutter contre les marais et leurs émanations mortelles, partout où ils existent, et dans notre France il en existe encore plus de 400,000 hectares ! Pour cela plusieurs moyens sont en notre pouvoir : I

4° L 'assainissement des marais. — - Pour cela, il faut tout d’abord obvier aux alternatives d’inondation et de sécheresse des terrains marécageux. On y parviendra en les inondant en permanence, en les transformant en un étang et en retenant les eaux par des digues ou talus à pic, plantés de rangées de cerisiers, de poiriers, et autres arbres fruitiers qui se plaisent dans un sol perméable à l’air, ou bien d’eucalyptus ou de tournesols^ Ainsi endiguées, les eaux ne pourront plus se répandre au loin et grâce à cette limitation rigoureuse, elles n’offriront pas plus de danger, au point de vue des effluves, que celles d’un canal, puisque les alternatives de dessèchement et d’humidité si favorables au développement de ces effluves seront évitées. .

En second lieu, il faut éviter la stagnation des eaux croupissantes. On. y parviendra si l’on peut donner un écoulement facile aux eaux accumulées par suite du débordement des cours d’eaux et de l’état marécageux des plaines ou des vallées qu’ils parcourent ; ou si, dans les terrains marécageux du littoral, on peut intercepter l’afflux des eaux de la mer, de façon à empêcher le mélange de l’eau salée avec l’eau douce.

2° Le dessèchement des marais et la mise en culture des localités marécageuses. — Le dessèchement des marais peut être obtenu de deux façons, suivant les conditions locales de terrain : 1° en se rendant maître de toutes les eaux qui peuvent affluer en tout temps dans le bassin desséché, en

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. c ^tournant et en les dirigeant vers un cours ?an convenable; 2° en l’épuisant à laide des 4 hines hvdrauliques, des siphons, des machines ®aC eur . 30 par l’atterrissement. Cette dernière a 'Ihode est souvent dangereuse, par suite des mel breuses périodes de dessèchement qu’elle nén0ID.te pendant son exécution, et qui amènent cess.1 ’epes les fièvres intermittentes ou paluaÇr es. Au fur et à mesure du dessèchement, il avoir bien soin d’ensemencer les boues coniiises • les meilleures graines sont celles qui produisent des végétaux annuels de grandes dimensions et utiles ; les ricins, les hélyanthes ou toursols ies polygones ou bistortes, et les eucalyptus. Ceux-ci devront plutôt être semés sur les parties les plus asséchées. , ,

Voici, d’après le professeur Bouchardat, le résumé des conditions hygiéniques qu’on doit surveiller au point de vue de la santé des travailleurs employés aux travaux d’assainissement des marais : 1° choisir des ouvriers valides, leur imposer un travail, pour la durée, modéré, de huit heures au plus chaque jour; 2° leur faire quitter les lieux à assainir au coucher du soleil ; 3° surveiller leur alimentation : chaque jour 1 litre de bon vin rouge; 4° les faire coucher loin du lieu où se produisent les effluves, réaliser cette condition en posant des rails partant d’un centre salubre et se rendant sur la localité à assainir.

Enfin, il est absolument nécessaire que tous les individus qui habitent des localités bâties dans des terrains marécageux suivent rigoureusement un certain nombre de règles hygiéniques, de façon à pouvoir lutter avec quelque efficacité contre les effluves maremmatiques. Pour ce qui a trait à l’habitation, dit Bouchardat, les règles qui se déduisent de l’expérience, sont les suivantes : choisir, pour fixer sa demeure, les lieux les plus élevés, habiter de préférence dans les étages supérieurs, prendre l’habitude de faire exactement clore les fenêtres au coucher du soleil, éloigner autant que possible les vents qui peuvent apporter les effluves, par des abris naturels ou artificiels. Pour ce qui a Irait aux vêtements, il convient de couvrir le corps . flanelle, ou, à son défaut, de lainages plus gros- S!ers; les bains froids très courts ou lotions suivis ne vives frictions et d’onctions, sont utiles. Pour alimentation, il faut la régler d’après les besoins recommandés par la température moyenne du lieu; êtr S1’ '6n France> elle devra autant que possible e . reParatrice ; le bon vin rouge devra y intervenir nJuste mesure, avec les viandes fraîches.

. ans les contrées marécageuses méridionales, le gime devra être sobre; l’eau-de-vie, les liqueurs et en particulier, l’absinthe, devront trè flro ,Ades. Du bon vin rouge, en proportion D011 m°^r®e (UQ petit verre après chaque repas), gu rra e*re permis; mais l’usage de l’eau pure, et solnrr^ C6^e de. (ïua^t® incertaine, devra être ab- Ploi P.roscrit- L’eau sera remplacée par l’em- ,1 -«de la boisson stimulante du pays. En ffié. l ’ C ff*” le ca^ tras léger, en Chine, c’est le deux reS e“ets lieureux de ces boissons tiennent à Bp i’eaauses : première, c’est qu’en faisant bouilu pour les préparer, on l’assainit, en modi¬

fiant les matières organiques qu’elle contient ; puis le café, le thé, aliments stimulants, agissent de la façon la plus heureuse sur le système nerveux pour combattre cet alanguissement général des fonctions qui est si ordinaire dans les contrées chaudes où régnent les effluves maremmatiques. L’administration journalière de 100 grammes de vin de quinquina (vin de Séguin) pendant la saison des fièvres, peut être considérée comme étant d’une excellente prophylaxie. Comme dernière règle d’hygiène privée, le savant professeur dit, avec juste raison, que les personnes très impressionnables à l’action des effluves n’ont rien de mieux a faire que de changer de localité, si c’est en leur pouvoir.

Dr Paul Labarthe.

MARANTE. — Nom donné par les botanistes à un genre de plante herbacée de la famille des Amomacées, originaire des Antilles et cultivée, dans les Indes, dont les racines produisent une fécule alimentaire appelée arrow root (V. ce mot).

MARASME. — Nom donné a l’état de maigreur excessive de tout le corps, consécutive aux maladies chroniques et à la plupart des maladies organiques (V. Maigreur, Cachexie). P. L.

MARCHANTIE. — Le marchande polymorphe, plus communément connu soùs le. nom d hépatique

des fontaines, est une petite plante chryptogame d’un aspect très caractéristique, que l’on rencontre

Fig. 842. - Marchande polymorphe femelle.

très fréquemment en Europe et en France, dans les endroits humides, au bord des sources, entre les pierres des murs inteneurs des puits, etc. Em-

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ployé jadis contre la phthisie pulmonaire, le marchantie polymorphe est aujourd’hui rangé parmi les diurétiques et employé comme tel, sous forme de décoction préparée avec 50 grammes de plante par litre d’eau. P>

MARCHE. — La marche est le mode de progression le plus ordinaire à l’homme pour se transporter d’un point de l’espace dans un autre. Elle résulte d’une série de déplacements successifs appelés pas. Les nombreux changements de position qu’effectuent le tronc et les membres inférieurs pour exécuter un pas peuvent se réduire à deux emps principaux. Dans le premier temps, le corps

s’appuie sur les deux membres inférieurs, et, dans le second, il ne repose plus que sur l’un des deux comme on le voit sur la figure 843. A chaque pas nouveau, la jambe qui supportait le corps dans le second temps devient mobile à son tour, et se porte en avant par un mouvement d’oscillation que l’on a justement comparé au balancier d’une pendule. Pendant la marche, le corps se porte alternativement à droite et à gauche sur l’une et l’autre jambe, de telle sorte qu’il progresse par une série de mouvements de projection oblique qui se succèdent plus ou moins rapidement. Il en résulte un balancement particulier qui est d’autant plus accentué que l’écartement des pieds ou celui des hanches est plus considérable. Telle est la cause du dandinement des marins et du balancement qui caractérise la démarche de la femme. Les bras ne restent pas inactifs dans la marche, et ils concourent à la faciliter en exécutant, à la façon du balancier, des oscillations inverses à celles des membres inférieurs: c’est-à-dire que, lorsqu’une jambe se meut d’arrière en avant, le bras du côté correspondant oscille d'avant en arrière. Aussi se fatigue-t-on plus vite en marchant les mains dans les poches que les bras balants. C’est surtout dans

la course que les bras sont des auxiliaires r à la locomotion, et les menottes que l’on met • prisonniers n’ont d’autre but que de les emnê t>UX de fuir. Un coureur amputé de l’avant-bras il ^ '

par Dupuytren fut obligé, pour maintenir son è0 • f libre, de porter un bras artificiel. ïm- -

L’intégrité de la vue est une condition indisne 1 sable pour assurer la direction de la marche. l^J1' ■

qu’un aveugle, ou un homme à qui on a bandé h t

yeux, est placé au milieu d’un espace carré I

comme le tapis vert de Versailles, on remarqué f qu’il n’en sort (pie par un de ses angles, et que c’est le plus souvent du côté gauche que la déviation a lieu. Cette particularité peut être attribuée à la prédominance du côté droit dont l'impulsion serait aussi plus forte. C’est pour une raison semblable que des boiteux, placés dans les mêmes conditions, se dirigent toujours du côté de leur membre raccourci.

Vitesse de la marche. — Il résulte des expériences des frères Weber que la vitesse de la marche est en moyenne, chez un adulte, d’une lieue et demie par heure dans la marche ordinaire, et qu’elle peut atteindre deux lieues et demie si la marche est précipitée. Mais la loi de mécanique, qui veut que l’on gagne en vitesse ce. que l’on perd en force, s’oppose à ce que cette dernière vitesse soit longtemps soutenue; et le dicton bien connu:

« Plus on se hâte, moins on avance, » ainsi que le proverbe italien: « Chi va piano, va sano, », se \ trouvent l’un et l’autre justifiés, par l'expérience. 1 Les montagnards des Alpes, qui sont, entre- tous les marcheurs, réputés comme les meilleurs, connaissent bien la. vérité de ce principe, et l’un d’eux répondait avec raison à un touriste qui lui de- { mandait combien il fallait de temps pour -aller t de la vallée de Campan au pic du Midi : « Quatre heures en allant doucement, et six en allant vite. »

Cependant l’exercice et une aptitude particu- I lière, ainsi que le fait observer le Dr A. Le Pileur, permettent à quelques hommes d’acquérir dans lamarche un maximum de vitesse tout à fait exceptionnel, comme le prouvent les exemples qui suivent et que nous empruntons au même auteur.

« Les montagnards des Alpes sont généralement c bons marcheurs, et, chez quelques-uns, la résis- j tance à la fatigue n’est pas moins extraordinaire que leur vitesse. Jacques Balmat, qui le premier f parvint à la cime du mont Blanc, pouvait, à l’âge de seize ans, s’élever du hameau des Pèlerins àt la montagne dé la Côte en deux heures, et cette J

course exige de cinq à six heures pour les touristes j

les plus exercés. Lofs de sa dernière tentative pour arriver au mont Blanc, ce même guide, alors âgé de vingt ans, passa six jours et quatre nuits sans dormir, ni se reposer un moment. Un de ses fils, Edouard, parti de Paris pour rejoindre son régiment à Gênes, arriva le cinquième jour au soir» Chamonix, ayant parcouru 546 kilomètres. Apre® deux jours de repos, il repartit pour Gênes où n arriva en deux jours. Plusieurs années après, ce meme homme, parti des bains de Louèche à deux heures du matin, arrivait à Chamonix à nem heures du soir, ayant franchi en dix-neuf heures une distance équivalente à environ 120 kilomètres-

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.p, un vieillard nommé Marie Couttet, an-

"7 iraide de Saussure et âgé de quatre-vingts 616 partit dans l’après-midi du hameau des Prats, é dans la vallée de Chamonix, et arriva aux frands-Mulets à dix heures du soir; puis, après mielques heures de repos, il s’éleva sur le glacis Jusqu’au voisinage du Grand-Plateau, à une altin de d’environ 4,000 mètres et redescendit d’une t ite à son village. — Nous citerons encore la course faite en septembre 1867 par un homme de Thun, qui parcourut en vingt-trois heures une distance5 estimée à quarante lieues de Suisse, et représentant au moins trente-quatre heures de marche pour un touriste ordinaire. »

^ De la marche sur un sol incliné. — La marche sur un sol ascendant est plus pénible que sur un sol uni, parce que, outre la fatigue de la marche ordinaire, les membres inférieurs doivent soulever le corps à chaque pas, suivant une ligne ascensionnelle parallèle au plan incliné. Dans ce mode de progression, ce sont surtout les muscles extenseurs de la cuisse qui agissent le plus activement; aussi se plaint-on surtout des genoux lorsqu’on monte des escaliers. On peut rendre cette ascension moins fatigante en montant à reculons.

Lorsque la marche a lieu sur un sol descendant, les contractions musculaires tendent surtout à empêcher la chute du tronc en avant : d’où la contraction énergique des muscles spinaux et, par suite la fatigue de la région des reins.

Dr G. WlTKOWSKI.

MARE. — Hygiène publique. — Les mares sont de grands réservoirs d’eau que les habitants des campagnes creusent au milieu des villages ou dans le voisinage de leurs habitations, principalement pour servir d’abreuvoir aux animaux et quelquefois aussi pour laver leur linge. Ces réservoirs ne sont alimentés la plupart du temps que par des eaux de pluie ^quelquefois par de petits filets d’eau qui filtrent à travers le sol ; d’autres fois enfin, mais plus rarement, par le trop-plein qui s’écoule d’une fonai®e on d’une source voisine.

Dans beaucoup de villages les mares sont fort i entretenues : les paysans y laissent arriver tous tas d Uf^es- écoulent de leurs étables et des liberL *Umiers ; les animaux qui vont y boire en du îo’I entre.nt et à chaque pas, remuent la vase létères ’ ^ Aentraîne un dégagement de gaz dédent i ^i1 Se mêlent à l’eau, la troublent et la reny barh t U^re ’ ^es °*es’ *es canards, les poules, les ord° ^ ma^n au s°ir; souvent on y jette °n Y mpt T ^ *6S eaux naénagères; souvent aussi °n jes , . Un et le chanvre au rouissage ; enfin, «uraae a)ssf Pendant des années sans en opérer le fours nenà ,(Iu,on se décide à le faire, c’est tousont très u * es fortes chaleurs, alors que les eaux Vase infp„tasses,’ et> au Heu de porter au loin la l’étaler en retire, on se contente de

ComA't13berges?,êmes'

les habitante a & surP.rls après cela de voir sévir sur de fièvres • ûes environs, de véritables épidémies Ilseîah mittentes!

rendre les0™^^1^ fac^e d’agir autrement et de es inoffensives pour la santé et la

salubrité publiques. Il suffirait pour cela de n’y laisser arriver aucun autre liquide que l’eau de pluie ; de soigner leurs abords, de ne pas conserver des arbres trop rapprochés d’elles, et d’avoir la précaution de veiller à leur ébranchage, afin que des débris de branches et de feuilles n’y tombent pas et en se pourrissant, n’en altèrent pas les eaux ; de faire boire les animaux au bord et de les empêcher d’y entrer et d’y barboter ; d’opérer des curages annuels, mais de ne pas choisir pour cela le moment des fortes chaleurs; de porter la vase, enlevée par le curage, dans les champs éloignés des habitations.

De plus, comme le dit fort justement Rozier, dans son Cours d’ agriculture, si les mares, au lieu d’avoir une étendue souvent disproportionnée, avaient une profondeur capable de contenir la même quantité d’eau, le mal serait moindre, parce que la putréfaction de l’eau commence par les bords et gagne de proche en proche la totalité; au lieu que, si la mare, coupée carrément ou circulairement, était dans toutes ses parties, entourée de murs en bonne maçonnerie, l’eau serait contenue sur une plus grande hauteur, et lorsqu’elle diminuerait, ce serait perpendiculairement. Il suffirait de ménager sur celui des côtés le plus commode pour laisser pénétrer lés animaux, une pente d’eau qui se prolongerait jusqu’au bout de la mare; enfin, le fond et la pente seraient pavés.

Enfin, si l’on avait à établir une mare nouvelle dans une ferme, on pourrait prendre comme exemple la disposition suivante empruntée au Dictionnaire raisonné de V agriculture : Sur un terrain un peu incliné, situé à une assez grande distance de l’habitation, on construit deux mares : l’une supérieure, plus grande, destinée aux usages de la ferme ; la seconde, inférieure, peut n’être qu’un fossé conduisant à quelque bas-fond. Une simple vanne en bois sera construite dans la rigole qui conduit de la mare supérieure à l’inférieure. Survient-il un orage, une forte pluie, la vanne est ouverte, l’eau court d’une mare à l’autre. Elle est ainsi rafraîchie, renouvelée. Au printemps, à la saison des pluies, la mare supérieure est mise à sec et curée; la mare inférieure abreuve alors le bétail jusqu’au moment où la première pourra de nouveau lui fournir des eaux vives fraîches, abondantes. Un tel travail est simple, facile, sans dépenses de construction et d’entretien.

Après ce que nous venons de dire des eaux des mares, il est à peine besoin d’ajouter que ces eaux sont absolument insalubres et ne sauraient en aucune façon servir à l’alimentation des habitants. Dans les cas où, pour une cause ou pour une autre, il seraient forcés d’en boire, il est indispensable qu’ils la fassent bouillir au préalable pour détruire tous les détritus organiques en voie de décomposition qu’elles contiennent, puis qu’ils la laissent refroidir au contact de l’air. Dr Paul Labarthe.

MARGARINE. — Chimiquement, la margarine est un principe gras qui existe dans le beurre, les graisses, les suifs, les huiles, en quantités variables, mais très grandes. Le beurre pour son compte n’en contient pas moins de 68 p. 100.

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C’est justement sa présence en de fortes proportions dans les graisses, les suifs et les huiles, qui a donné l’idée à des industriels habiles d’enlever, au moyen de certains procédés, toute leup margarine à ces diverses substances, et de l’utiliser pour confectionner un beurre qu’ils ont appelé beurre artificiel.

Voici d’après le savant chimiste Troost, de l’institut, le procédé employé par Mège-Mouriès :

« Il prend la graisse de bœuf fraîche et la divise en menus fragments, en la faisant passer entre des cylindres garnis de pointes; il en met 100 kilogrammes dans une cuve avec 300 kilogrammes d’eau, aiguisée par un kilogramme de carbonate de soude, et avec un estomac de mouton; puis, il maintient, pendant une heure ou deux, ce mélange à une température de 40 à 45 degrés, en brassant continuellement. Dans cette opération, une digestion artificielle des membranes qui enveloppent la graisse pure s’opère, la dissolution et la fusion sont complètes, et la graisse, dépouillée de tout corps étranger, nage à la surface.

« Lorsque cette opération est terminée, on fait couler la graisse, qui forme une couche superficielle, dans une cuve maintenue a la même température de 40 degrés ; de la elle est versée dans des cristallisoirs, qui en contiennent 25 kilogrammes chacun, où elle se fige à la température de 25 degrés.

« Les pains ainsi obtenus se composent d’un mélange d’oléine, de margarine et de stéarine. On les divise en petits gâteaux qu’on soumet, dans des sacs en toile, à l’action d’une puissante presse hydraulique, la stéarine reste dans les sacs, et on recueille environ 50 à 55 p. 100 d’oléo-margarine. Enfin, on. soumet cette substance à l’action de cylindres, qui la malaxent et en font une pâte homogène, et on a ainsi un produit propres aux Usages domestiques.

« Cette graisse n’a pas d’odeur, elle a une consistance de beurre, elle se conserve sans altération pendant de longs mois et elle est propre à tous les usages domestiques [Moniteur scientifique, 4872) ».

Aussitôt que le procédé de Mège-Mouriès fut connu, nombre d’industriels peu scrupuleux se mirent à fabriquer de la margarine, et dès 1877, ce produit était devenu tellement exécrable que le Ministre de l’Intérieur, qui avait fait substituer la margarine au beurre et au saindoux dans les cuisines des asiles publics d’aliénés du département de la Seine, crût devoir, au bout de quelques semaines d’essais, et devant la répugnance des malades, consulter l’Académie de médecine. L’Académie répondit catégoriquement que la substitution de la margarine au beurre et au saindoux ne pouvait pas être admise, que la margarine primitive n’existait plus, qu’elle était trop chère, et que la margarine actuelle était l’objet de fraudes telles que sa digestibilité devenait très difficile. Et en effet, les industriels employaient pour la fabrication de leur prétendue margarine, tous les vieux suifs, toutes les vieilles graisses, l’huile de saindoux pressés , venus d’Amérique , des huiles d’arachides, etc., etc.

Exclue des asiles d’aliénés, la margarine fut

exclue, en 1882, des halles et marchés de parjs une. ordonnance du préfet de police ainsi conçut Art. 4er. — La margarine et les produits similaires' en vente dans le ressort de la Préfecture de police, dev"118 porter, sur chaque morceau, une étiquette contenant, enr°nt ractères suffisamment lisibles, une indication conforme àT nature -réelle du produit.

Art. 2. — 11 est interdit d’introduire sur le marché d Halles centrales des beurres artificiels.

Malgré cette ordonnance, le nombre est grand encore des marchands et des gargotiers quivendent et font usage de ces margarines, au plus granjj. détriment de la santé publique.

Il existe certain moyens qui permettent de reconnaître assez facilement le beurre de la margarine et la présence de celle-ci dans celui-là. Voici celui de Schmit qui est très simple : on plonge dans le beurre suspect, préalablement fondu, une mèche de lampe, puis on la retire et on laisse se prendre et se figer la masse adhérente à la mèche. On allume alors cette mèche, on la laisse brûler deux ou trois minutes, puis on l’éteint. Si le. beurre est pur, on sent l’odeur caractéristique du beurre fondu ; si le beurre est mélangé de margarine, il se dégagé une odeur nauséabonde de chandelle éteinte. . j

Un autre moyen consiste à faire fondre le beurre suspect et à s’assurer de la température exacte au moment de la fusion, en se rappelant que le beurre est fusible à 36° et la margarine à 48°, ;

Dr Paul Labarthe

MARIAGE. — Dans les sociétés modernes et civilisées, c’est l’union légale de l’homme et de la femme, dans le but de constituer la famille. Or, l’État pouvant être défini, « la collectivité des familles et des individus organisée en vue du bonheur commun », on comprend de suite l’extrême importance du sujet, au double point de vue politique et privé. « Puisque la première pensée du législateur doit être de se procurer des corps bien conformés, dit Aristote, ses premières institutions doivent concerner le mariage. » Malheureusement, de nos jours, le législateur, sauf quelques points inévitables, semble se désintéresser de la question, et quant au public, il voit dans l’union conjugal® une « affaire » d’ordre purement économique ® se préoccupe fort peu, en général, des qualités® corps, du cœur et de l’esprit, seules capables d assurer le bonheur des conjoints et la santé pnys' que, morale et intellectuelle des enfants. Il P,e que temps de remettre en pleine lumière ces ver ' tés trop oubliées ; oubli funeste, impardonna ignorance des principes les plus élémentaires de vraie morale, dont la violation a pour conséquen^ inéluctable l’augmentation toujours croissante nombre des misérables, des malades et des id mes, des fous et des criminels héréditaires. . £ Historique et législation. — L’exposé suCClfr des principaux faits relatifs à l’évolution de la e mille forme l'introduction indispensable à Ie d’un pareil sujet, d’autant plus que beaucoup . gens n’ont aucune idée des découvertes récen cet égard. Quoi qu’il en soit de la monogamie ^ loups et des renards, et de la fidélité conjugaie

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.Vogues, il est parfaitement établi que la famille, telle que’ nous la connaissons aujourd’hui, n’est nullement une institution primitive. Elle est, au traire, un fruit assez tardif de la civilisation et , a pU se’ constituer sérieusement que dans l’Étal déjà formé. Les sociétés humaines ont débuté, dans l’immense majorité des cas, par la promiscuité la nlus dégoûtante. Puis, au fur et à mesure des progrès de l’espèce, on se préoccupa davantage des enfants, et alors s’établit la notion de la parenté, de la consanguinité, par les femmes, bien entendu. Car, si l’on est toujours le fils de quelqu’un, comme dit Brid’ôison, il n’y a que la mère qui ne soit jamais douteuse, et, dans ce phalanstère primitif, elle-seule pouvait être connue; Ainsi s’établit fine seconde période, correspondant à ce que le savant Bachofen appelle le règne ou le droit de la mère (Voy. son important ouvrage intitulé : Das Mutterreeht, Stuttgard, 4861). C’est l’époque prédominante de la parenté par les femmes, et, en réalité, le premier pas en dehors de l’état sauvage. Alors se forme la gens primitive, celle qui se constitue par la descendance dans la ligne féminine. Cette période dut se prolonger pendant un laps de temps considérable, et il ne me paraît pas douteux que la polyandrie (union conjugale d’une femme avec plusieurs hommes), n’ait été dans un grand nombre de cas l’intermédiaire nécessaire pour effectuer le passage de ce système à celui de l 'agnation ou parenté par les hommes. C’est ici la troisième et dernière période, où la famille se constitue en se fondant sur le droit et la puissance du père.

Ainsi, elle a été précédée en général par la gens et le clan, même par la tribu. Mais, dans ces temps primitifs, et à côté de ce fait prédominant de la parenté par les femmes, il faut en signaler un autre non moins important : c’est la coutume du mariage par capture, existant aujourd’hui encore réellement chez un grand nombre de peuplades sauvages, et à l’état de tradition chez beaucoup d’autres. En Australie, quand un individu veut prendre femme, u va se promener autour du campement d’une tribu autre que la sienne ; dès qu’il aperçoit une fille à écart, il se jette sur elle, il l’étourdit d’un coupvio- .?nt sur la tête et il la traîne dans quelque coin où 1 attend que sa fiancée improvisée ait repris ses ns- Celle-ci, en rouvrant les yeux, ne trouve rien ® mieux que de couronner une si galante avene>elle se rend aux voeux de son vainqueur — • ns t0ute la force du terme, — et voilà un ma- Ie, pomfiu. Chez les Khonds, de l’Inde, au Brésil, mou iT’ ckezles Cadres, les Tongouses, les Kalj c ,’,etc-î on observe, au moment du mariage, ulnq Ceremo.nles dans lesquelles le fiancé simule °u moins brutalement le rapt de sa future. La hlm î *'en^vement fies Sabines est très probanar a trace d un système primitif de mariage Piutar UIe c^ez les Romains. A Sparte, au dire de r „ <lUe’ 011 figurait toujours le rapt de la fiancée, ont f rei?ar?uables travaux de M. Mac Lennan PratinnlÜf’r11 partie> l’explication de ces étranges insisté siir r auteur fiisllngué a principalement austraimJ Ce . \^ savoir : que chez les peuplades aux mcmK 6S !ndicluées Plus haut, il est interdit res de la même tribu’, ou mieux de la

même gens, de se marier entre eux; ils ne peuvent contracter d’union qu’au dehors, d’où le nom d’exogamie^, en dehors; -faiio?, mariage) définitivement adopté aujourd’hui, sous lequel il a désigné ce fait caractéristique ; d’où l’explication du mariage par capture. Il est clair, par exemple, pour citer les Iroquois, si bien étudiés par M. Morgan, que si le mariage est interdit chez eux entre les membres de la même tribu, du même totem, il arrivera nécessairement que les «loups gris», les « ours »,les «grandes tortues », etc., se raviront réciproquement leurs femmes. D’ailleurs, l’exogamie existe chez tous les peuples précédemment cités et parmi lesquels on retrouve au moins la trace du mariage par capture (Voy. Mac Lennan, Studies on ancient history, Londres, 1876).

Dans les civilisations grecque et romaine, l’institution du mariage comme telle, atteignit son apogée. Il suffit de rappeler les noms de Pénélope, d’Alceste , d’Andromaque , d’Antigone , types les plus parfaits de l’épouse, de la mère, de la fille et de la sœur, et tels qu’ils ont pu être imaginés seulement par un peuple qui en présentait les modèles dans la vie réelle. De même, chez les Romains, Cornélie, mère des Gracques, Porcia, femme de Brutus, et cette intrépide Aria qui, dans une action sublime, sut unir le dévouement conjugal au civisme.

Le christianisme, prêchant le mépris de la chair et de la nature, ne pouvait que se montrer hostile à la famille. On n’a jamais rien publié de plus violent dans aucune langue, contre l’institution du mariage, que la lettre de saint Gérôme à la fille de Paula sur la nécessité de demeurer vierge, et que ses deux livres à Jovien. Saint Augustin souhaite que tous les hommes puissent garder la continence : « Nous en verrons plutôt, dit-il, l’achèvement de la cité de Dieu et la fin du monde. » ( De bono conjug., IV, 9).

Partant de ces données , la nouvelle religion interdit le mariage aux clercs, défend les secondes noces et substitue au divorce la séparation de corps. Elle prohibe aussi le mariage entre parents jusqu’au 7me degré, pour favoriser, disent les Pères, le mélange des familles et aussi, pour éviter èntre gens du même sang, de réveil de cçs désirs qui font « rougir même la chasteté conjugale ! » « Plus tard, dit Paul Gide, les interprètes du ttroit canonique firent un pas de plus dans cette voie dangereuse; la loi avait imposé des restrictions au mariage ; ils imposèrent, dans le mariage même, des restrictions aux rapports des époux entre eux, et, partant toujours.de ce principe que le mariage n’est qu’un mal nécessaire, ils en déduiront, avec cette logique subtile familière aux casuistes, la conséquence qu’il n’y a de rapports licites que ceux qui ont pour but la procréation des enfants.. » (P. Gide, professeur à la Faculté de droit de Paris, Études sur la condition ’ privée de la femme, 2m0 édit., 1885, p. 179). Au fond, il s’agit toujours de cette fausse pudeur qui n’est que la quintessence de l’immoralité, puisqu’on son nom 1. Eglise, tolérant la génération comme un mal inévitable, maudit l’instinct sexuel et la déesse toute-puissance, Alma Venus, par qui cependant,

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Genus omne animantum Concipitur, visitque exortum lumina solis.

La Révolution revint à la nature et rendit à l’humanité ses droits. Elle mit fin, d’autre part, à cette exogamie artificielle, qui d’ailleurs avait cessé de fait, au moins en partie, l’Église ne se servant plus des prescriptions relatives à l’interdiction des mariages entre parents, que pour en battre monnaie en accordant des dispenses à des prix divers. La loi du 20 septembre 1792 défendit le mariage entre parents et alliés, en ligne directe à l’infini, en ligne collatérale, entre le frère et la sœur seulement. N’oublions pas de mentionner le titre VI du code Civil, adopté dans la séance de la Convention du 29 août 1793, et formant le complément indispensable de la législation sur la matière :

Art. 1er. — Le mariage se dissout par le divorce.

Art. 2: — Le divorce a lieu par le consentement mutuel des deux époux ou par la'volonté d’un seul.

Aboli le 8 mai 1816, le divorce a été. rétabli, — surtout grâce aux efforts et au zèle infatigable d’Alfred Naquet, — par la loi du 24 juillet 1884 : loi imparfaite, hâtons-nous de le dire, et viciée dans son principe par la suppression de l’art. 2 précédemment cité, mais dont il a fallu se contenter, n attendant mieux, en face des résistances obsinées des partis rétrogades.

Effets sur la santé et la moralité publiques. — Que le mariage remplisse le vœu de la nature, c’est là un pressentiment de la raison que viennent confirmer pleinement les résultats de l’expérience. Dans l’admirable article donné par le regretté docteur Bertillon au Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales (de Dechambre), nous trouvons les chiffres suiyants. Sur 1000 hommes de 40 à 45 ans, on en voit mourir :

En France. A Paris. En Hollande.

Mariés ..... 9,55 15,7 16,4

Célibataires. . . 16 27 -22,5

Veufs. . .. ... . 18,80 32,1 24*38

Quant aux femmes du même âge (de 40 à 45 ans), il y a 131 décès de filles pour 100 décès de femmes mariées. Au-dessous de 40 ans et jusqu’à 25, les dangers de la parturition neutralisent ceux de la vie isolée, mais ils ne font que les neutraliser; c’est-à-dire que les « vieilles filles » entre 25 et 40 ans, meurent en aussi grand nombr e que les femmes mariées du même âge, pour lesquelles, cependant, les suites de couches constituent en plus, tout un ordre de causes de mort. Au-dessous de 25 ans en France, de 20 ans à Paris, cet ordre particulier de causes fait périr les femmes mariées en plus grand nombre, en raison même de leur âge trop tendre.

Mais la grossesse prématurée n’est pas la seule cause de l’excès de mortalité chez les jeunes filles mariées trop tôt ; car cet excès se retrouve chez les jeunes gens. Entre 18 et 20 ans, pour 14 garçons qui succombent, il meurt 100 jeunes hommes mariés! L’article 144 du Code civil, qui permet le mariage à 18 ans pour l’homme, à 15 ans pour la fémme, doit être abrogé dans le plus bref délai, et remplacé par un autre reculant ces limites à 21 ans

pour l’homme, à 17 ou 18 pour la femme. Enc reste-t-il bien entendu qu’il s’agit de limités, et fi l’âge d’élection du mariage est de 24 à 25 ans p? le jeune homme, de 18 à 20 ans pour la jeune fiée

Au point de vue de la moralité, l’influence bien faisante du mariage n’est pas moins sensible, n résulte des statistiques que pour 100 criminels'cé libataires, on ne trouve que 49 hommes mariés" Pour ce qui concerne le célibat religieux, les résub ? tats sont encore plus déplorables ; une statistique" dressée sous l’Empire a montré que, dans un laps de 30 mois, 34,875 écoles laïques ont fourni aux parquets 19 crimes et 80 délits, — 3,531 écoles congréganistes. ont fourni 23 crimes et 32 délits, a Ainsi, dit M. Bertillon ( loc . cit. p. 38), les écoles tenues par des religieux vivant dans le célibat ont compté 4 fois plus de délits et 12 fois plus de crimes que celles qui sont tenues par des pères de famille. »

Qualités requises pour le mariage.— Mais l’union conjugale n’a pas seulement pour but de fortifier la santé et la moralité des conjoints, d’assurer leur bonheur; sa grande fin est la procréation des enfants, en dehors desquels il n’y a pas de famille constituée au sens complet du mot. « Or, je prétends, ai-je-dit ailleurs, que l’État a le devoir de se préoccuper non seulement de la quantité, mais encore de la qualité de la population, et cela aussi bien dans l’intérêt des individus que dans celui de la collectivité. « Le fait de donner l’existence à un être humain, dit Stuart Mill, est un des actes, qui entraînent le plus de responsabilité. Assumer cette responsabilité de donner une vie qui peut être une source de tourment ou de bonheur, est un crime j envers l’être auquel on la donne, à moins que cet être n’ait les chances ordinaires d’une existence désirable. » Il ne s’agit nullement, qu’on l’entende bien, de mettre obstacle au mariage des pauvres, des travailleurs, comme cela se pratique dans plusieurs États; ce qu’il faudrait pouvoir empêcher, c’est le mariage et la reproduction des gens entachés de misère physiologique, des épileptiques, des aliénés, des phthisiques, pour ne citer que les cas les plus désastreux. Quelle existence désirable que

celle d’un enfant né de parents tuberculeux, et

qu’une mort à peu près certaine emportera entre 16 et 30 ans ! En vain des sophistes, indignes du nom de savants, ont-ils prétendu « qu’une fille issue de parents tuberculeux et mariée à un homme robuste pouvait devenir l’heureuse mère d’une ge' nération valide. » Si le cas a pu se réaliser tout a fait exceptionnellement, c’est une chance horrible a courir, et l’assertion précédente ne paraît inventée que pour pallier les fautes ou le crime de ces individus que rien n’arrête, quand il s’agit d’un mariage d’argent iVoy. l’article Hérédité). Non! la loi est implacable comme la nature elle-même» c’est là ce destin inéluctable dont l’antiquité avau si bien su apprécier la réalité au point de vue moral» en nous montrant dans les familles des Atrides e des Labdacides le crime et le malheur héréditaires- La maladie l’est également, et aujourd’hui comm autrefois, retentit aux oreilles des victimes d’un descendance contaminée la parole fatidique d’Dr®8 et de Clytemnestre : « C’est le destin, ô mon entan

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t • a commis le crime ; — c’est le destin qui va te Ürvnner la mort ! ®

Il appartient cependant à l’homme de modifier tt fatalité, sinon dans son ensemble, au moins as les phénomènes secondaires, et de faire tourdan , gon profit le jeu si compliqué, mais tous les ?er mieux connu des forces naturelles. Laissez f0"1^ ! laissez passer ! crient les coryphées de l’indualisme. Eh bien ! non ; ne laissez pas faire Tamort ne laissez point passer la phthisie, puisque \ ns une certaine mesure, vous pouvez lui barrer 1 route. L’intervention de l’Etat est sans doute difficile "ici: elle n’est pas impossible. Vu l’ignorance du public' en -pareille matière, il serait bon

oue dès à présent, par tous les moyens en son pouvoir par des affiches permanentes dans les mairies' etc., l’administration fit connaître aux gens à marier, d’après les données indiscutables de la science, les dangers auxquels ils s’exposent en entrant dans une famille entachée de maladies graves et transmissibles. On engagerait les jeunes gens à constater sur un registre spécial, rédigé à l’aide de la statistique des décès, les affections auxquelles ' auraient succombé les ascendants de la personne à marier. De plus, un article de loi devrait ériger en cas de divorce, non seulement la folie et l’épilepsie, la phthisie et le cancer confirmés, mais encore l’hystérie grave; je ne connais pas de conduite plus criminelle que celle d’un père ou d’une mère qui, en pleine connaissance de cause, donnent en mariage à un garçon sain une fille épileptique. Une autre loi devrait déclarer civilement responsables les parents coupables d’une pareille infamie. Et vice versa dans le cas d’une fille saine et d’un jeune marié épileptique. Toute la législation sur la matière, en y comprenant celle qui concerne le secret médical, est marquée au coin de l’individualisme le plus accentué elle est anti-sociale au premier chef. Les considérations sentimentales que l’on pourrait invoquer contre cette manière de voir, ne méritent pas de fixer l’attention de l’homme politique éclairé, préoccupé non pas de telle individualité assurément touchante, mais de l’intérêt de la collectivité. Au surplus, et bien que la chose soit ™n. peu plus difficile et délicate, il est temps de aire pour l’espèce humaine ce que1 l’on a tenté eJa! et avec plein succès, pour les animaux et Pour les plantes. » (A. Regnard, l 'Etat; Paris, Der- ^aux,1883,p.192sq).

. consanguins. — Dominés par des idées

soiument étrangères à la science, certains au- CanoS’.reuX de justifier les prescriptions du droit Voul^e c°utre les mariages entre cousins, ont siimu eta^r entre *a consanguinité et l’hérédité mêl?le un®.0PP0siti°n qui n’existe pas. En dehors ontét' 6 d’inceste, les mariages consanguins comm6 cons^®r®s comme mauvais par eux-mêmes, ment 6 amenarit avec eux la stérilité et l’avortemorfalPtUiS| ctle.z les enfants, l’accroissement de la leusie es vices de conformation, la folie, Pépite Seui ïvîï la surdi-mudité. Et tout cela, par mentale aU de . Pareuté des conjoints : aberration <iamatinP0nSaCi’lée dans toute sa Platitude par l’ex- Sau°-ahn,.rPrU<ii10mmeS(ïue de Troplong : « Le * a horreur de lui-même ! ,,

. fous les auteurs qui jusqu’ici ont traité la question, ignoraient 1 existence de cette loi de l’exogamie, rappelée plus haut et constatée chez un si grand nombre de peuplades primitives. Les causes de cette étrange coutume, devenue plus tard une loi, ne sont pas encore, il faut le dire, suffisamment connues; on a allégué l’infanticide femelle, l’instinct de propriété et le désir d avoir une femme à soi, toutes celles de la tribu étant communes à tous; on a aussi, assez niaisement, parlé de pudeur à ce pro-» pos, etc., etc. La pudeur! l’historien Nennius, n’y met point tant de façon lorsqu’il parle des « fils de Vortigern et du quatrième d’entre eux, saint Faustus, que celui-ci eut de sa propre fille. » (Nennius, Historia Britonum , § 48). Dans un mémoire sur la Polyandrie, lu devant l’association britannique pour l’avancement des sciences, à Dublin (1878), j’ai insisté sur l’existence de la « famille incestueuse » dont la trace est bien manifeste chez les Arabes et chez les Bretons. Or la cohabitation constante, la fréquentation perpétuelle des parents et des enfants, des frères et des sœurs engendren bien plutôt l’amitié proprement dite, ou l’indifférence que l’amour, à part certains cas tout à fait exceptionnels. Je serais porté à croire que le dégoût (par ennui et non pas par pudeur) de ces liaisons, incestueuses sans amour, a joué un rôle important dans le mouvement qui porta, peu à peu, les individus à chercher des femmes en dehors de leur famille et de leur gens, et les conduisit à l’exogamie (Voyez encore, sur ce sujet, Montesquieu, Esprit des Lois, XXVI, 14).

Quoi qu’il en soit, il n’avait jamais été question, à ce propos, du danger des unions entre parents. Ces théories ont été inventées après coup, sous l’influence, comme je l’ai ‘dit, de certains dogmes religieux : on a produit, pour les soutenir, les argu ments les plus étranges et les faits les plus mai étudiés. C’est ainsi qu’on s’est avisé de découvrir que le type juif était complètement perdu et que la perpétuation de cette race, désormais mélangée, était due à son croisement nécessaire avec les autres peuples. Or, il ne faut pas avoir connu deux familles juives, il faut n’avoir jamais mis le pied dans le quartier des Juifs à Amsterdam, ou dans la rue qu’ils habitent à Francfort, pour oser lancer de pareilles affirmations. Sans, doute il y a des Israélites dont le type est devenu douteux ou méconnaissable; mais ce sont précisément les individus provenant de croisements plus ou moins répétés. Au contraire, le type se retrouve dans tout son éclat chez ces nombreuses Juives aux grands yeux noirs et aux longs cils, au nez un peu fort, à la lèvre sensuelle, belles filles issues de générations restées pures de toute alliance étrangère depuis les temps de Babylone et de Jérusalem. Peu importe que ces produits plus beaux aient surgi même par le fait d’une sélection séculaire aux dépens des valétudinaires disparus : il n’en reste pas moins démontré par là que la consanguinité n’a par elle-même aucune influence défavorable. Les statistiques alléguées en faveur de l’opinion contraire, spécialement pour ce qui concerne la surdi-mudité chez les Juifs et en général dans les unions consanguines, ne supportent pas l’examen. Par contre,

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M. George Darwin, fils distingué d’un père illustre, a démontré dans un travail remarquable portant sur plusieurs milliers de faits, que îe nombre des aliénés et des sourds-muets issus de mariages consanguins n’excédait en aucune façon celui des mêmes malades et infirmes provenant des unions ordinaires ( Journal of ihe Statistical Society , 1875).

En somme la consanguinité- ne vaut que par l’hérédité. Unissez des cousins issus d’une famille tarée au point de vue de la santé, et les descendants ne tarderont pas à s’éteindre, décimés par les maladies dont la puissance de transmission sera bientôt décuplée; mariez des parents sortis-d’ancêtres sains et il en résultera une lignée d’autant plus solide et vigoureuse. Dans tous les cas, l’État y gagnera : car, si les gens entachés de maladies graves et héréditaires se veulent absolument marier, mieux vaut mille fois qu’ils s’épousent entre eux ; on verra plus tôt la fin de leur triste lignée et ils n’infecteront pas les familles restées indemnes. J’entends bien qu’il y aurait avantage pour ces misérables à s’unir à des personnes saines ; mais ce ne pourrait être qu’au grand détriment de celles-ci. C’est d’ailleurs le droit et le devoir de l’Etat — et l’antiquité l’avait très bien compris — de veiller à ce que la sélection s’exerce delà façon la plus efficace pour la constitution d’une race vigoureuse. Nos mœurs actuelles, malheureusement, favorisent une sélection artificielle qui perpétue, au delà des limites naturelles, les valétudinaires quand ils sont riches.

De la fécondité et de la population. — Dans le cas d’une femme mariée à vingt ans, et en supposant une période de fécondité de vingt à vingt-cinq ans, les circonstances les plus favorables étant données , le nombre maximum des enfants sera de 10, ce qui, en tenant compte de la mortalité à 20 p. 100, donne 8 enfants survivants. De fait, dans l’état actuel des choses, la moyenne n’est chez nous que de 3,1 par famille; elle est de 4 en Allemagne. En somme, aujourd’hui en France, nous ne faisons des enfants que juste autant qu’il en faut pour maintenir la population à l’état stationnaire, et encore !

Certes, en présence de l’accroissement si considérable du nombre des habitants chez les nations voisines, il y a là un fait inquiétant , surtout en raison de la situation où nous a laissés la guerre de 1870-71. Car, il ne faut pas non plus s’y tromper, la richesse étonnante de la France et l’abondance de ses épargnes tiennent au peu de densité de la population. C’est là une vérité trop : méconnue et, d’ailleurs la question a été embrouillée comme à plaisir, par le fait de l’ignorance dégoûtante de certains déclamateurs, et sous le prétexte de je ne sais quelle pruderie grotesque aussi indigne d„e la science que de la véritable pudeur. Quelques ouvrages soi-disant médicaux où, sous le couvert de la morale et de la religion, sont dévoilés effrontément et dans le but le moins avouable, tous les secrets de l’alcôve, ont contribué à augmenter la confusion. La véritable immoralité, qu’on l’entende bien , consiste à prêcher et à réaliser la multiplication des enfants à la façon des brutes et, s’il est des pays comme la France, où il est urgent d’encourager la reproduc¬

tion de l’espèce, il y en a d’autres où il po être bon de la restreindre. Du reste, la moral i religion, la philosophie et la médecine n’y peu®’ * rien; c’est dans la bourgeoisie riche et relirn!6111 qu’on fait le moins d’enfants, et ce sont les pr^ taires qui en engendrent le plus, par insouciant' ' et parce que les enfants, à ce qu’ils pensent, peuvent ^ aider plus tard à la subsistance de la famille, fi ne voient pas qu’en multipliant le nombre des'miS ' sérables de leur classe, ils ne font qu’encombrer le marché, d’où l’abaissement du taux des salaires et l’augmentation de la misère sociale. Quant à la diminution si notable du nombre des enfants dans les familles riches ou seulement aisées, elle est due, en dépit des protestations d’écrivains à courte vue, à la volonté bien arrêtée des gens; volonté déterminée d’ailieurs par les conditions économiques actuelles, et qui ne pourra être influencée dans un autre sens que par une modification profonde et désirable de ces conditions mêmes.

Je regrette, étant limité par l’espace, de ne pouvoir épuiser cette grande question du mariage. Mais en terminant, je veux adjurer les jeunes gens de se conformer aux prescriptions précédentes, qubsont celles de la science, de la vérité démontrée. S’ils veulent être heureux dans le mariage — et dans l’immense majorité des cas, ils ne sauraient l’être dans la vie, s’ils demeurent isolés, — qu’ils choisissent, étant eux-mêmes sains de corps et d’esprit, une fille jeune et belle, saine, intelligente, et douce autant que possible, issue d’une famille sur laquelle il n’y ait aucune tare ni physique, ni intellectuelle, | ni morale. Dans ces conditions , ils sont assurés de procréer de beaux enfants, ayant avec une santé robuste, de l’intelligence et du cœur. G’est T unique moyen d’échapper à l’anathème de l’apôtre qui a lancé contre la famille, contrôles gens mariés, cette mauvaise parole, disant : « Ceux-là souffriront dans leur chair des afflictions et des maux.» [Y oy. Accouchement, Allaitement, Fécondation, Grossesse, Hérédité, Criminalité, etc). Dr A. Regnard, '

Inspecteur général des Établissements de Bienfaisance et du Service des Aliénés.

Médecine légale. — La législation civile et religieuse a fourni, pendant le. siècle dernier, de nombreuses occasions d’appliquer lès connaissances médico-légales aux questions relatives au mariage» mais à partir de 1798, la jurisprudence du Droi canon ayant cessé d’être, suivie par les tribunal» français, l’application de ces connaissances a e restreinte à un très petit nombre de cas. Le chamç des expertises médico-légales s’est encore tr°u? diminué, au commencement de ce siècle, Par décisions des tribunaux qui ont cessé d’admet l’impuissance comme cause de nullité;

Il ne nous reste donc que deux questions à trai > en ce qui concerne le mariage, ce sont : Vopp0SÏ tion et la nullité.

§ 1er. — Opposition au mariage. — Législation- ^ Code civil, art. 173. — Le père, et, h défaut du Père’ mère, et à défaut de père et mère, les aïeuls et aïeules, P vent former opposition au mariage de leurs enfants et eendants, encore que ceux-ci aient vingt-cinq ans accoiup ^

Art. 174, — A défaut d’aucun ascendant, le frère 0

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l’oncle ou la tante, le cousin ou la cousine germaine I majeurs, ne peuvent former aucune opposition que dans les |

cas suivants : .

1° Lorsque le consentement du conseil de famille requis par l’article 160 n’a pas été obtenu.

V 2» Lorsque l’opposition est fondée sur Y état de démence du" futur époux. Cette opposition, dont le tribunal pourra prononcer main-levée pure et simple, ne . sera jamais reçue mi’à la charge par l’opposant de provoquer l’interdiction et d’y faire . statuer dans le délai prononcé par le jugement.

D’après notre Code les ascendants seuls ont le droit de former opposition au. mariage sans la motiver, les autres parents n’ont donc qu’un seul motif d’opposition au mariage, c’est l’aliénation mentale. Par Je mot démence, la loi entend toute espèce d’aliénation mentale, ou passagère ou ancienne, . qui peut priver un individu de ses facultés et l’empêcher de donner un consentement valable au contrat. C’est donc seulement pour constater la folie, et jamais pour d’autres causes, que le médecin légiste sera appelé à statuer dans les cas d’opposition au mariage. On conçoit les nombreuses difficultés qu’entraîne cette constatation.

Beaucoup d’auteurs abordent, à cette occasion, plusieurs questions relatives aux motifs rationnels d’opposition au mariage. Nous ne croyons pas devoir les limiter ; car si les maladies héréditaires et contagieuses, les vices de conformation du bassin et tant d’autres affections peuvent être considérés comme formant obstacle au mariage, la loi n’en tient nullement compte et le médecin légiste ne sera jamais appelé légalement à leur constatation.

La loi romaine interdisait le mariage aux sourdsmuets. De nos jours ils peuvent se marier pourvu qu’ils soient à même de manifester leur volonté d’une façon non équivoque. Il peut y avoir des contestations dans ces cas et c’est aux tribunaux à décider si le sourd-muet se trouve en état de manifester sa volonté.

§. 2.— Nullité de mariage. — Législation. — Code civil, art. 146. — Il n’y a pas de mariage, s’il n’y a point

consentement.

Art. 180. — Le mariage qui est contracté sans le consenement libre des deux époux ou de l’un d’eux ne peut être a aqué que par les époux ou par celui des deux dont le consentement n’a pas été. libre. Lorsqu’il y a eu erreur dans personne, le mariage ne peut être attaqué que par celui

Ar ép°UX qui a été induit en erreuren nV81’ T ^ans cas de l’article précédent, la demande cohaLt • n'est. Pas recevable toutes les fois qu’il y a eu ac . 1 atlcm continuée pendant six mois depuis que l’époux a nue fTTSa P*e*ne liberté ou que l’erreur a été par lui reeonconfir an'®t de *a cour de Bordeaux du 20 février 1867,

a Pai' arrêt de la cour de Cassation du 20 avril 1869,

êCTaiftm 6 1ue Ç’est au conjoint qui invoque l’erreur à prouver que ,, ent qu’il ne s’est pas écoulé plus de six mois depuis P. 97)ITeUr a été reconnue. (Briand et Chaudé, 9e édit.

éDoiiv ,^FFATJT consentement. Si l’un des état d^eSt trouvé au moment du mariage d< meut ,ro1ei3[11ence capable de s’opposer au cou lieu a^le’ *a demande en nullité pourra serve alC°nçoit facilement pourquoi l’art, 'i car w ePoux seuls le droit d’attaquer le m de la fainenls auramnt pu l’empêcher en °Pposition que leur laissait l’art. 174 d’y J

.La mission du médecin légiste sera également, difficile à remplir dans cette circonstance, car il s agira de constater que la personne qui attaque le mariage était réellement privée de la raison à l’époque du contrat et n’a pu par conséquent, donner un consentement valable.

Le consentement obtenu de la part d’un individu en état complet d’ivresse ou atteint d’une maladie qui l’empêcherait de se rendre compte de l’açte qu il accomplit sera également annulé. On consultera avec intérêts les débats qui se sont engagés à l’occasion de la validité du mariage du sieur Humbert et qui se sont terminés par l’annulation du mariage par la Cour de Paris {Gaz. des tribunaux, 26 septembre 1871 et 21 mars 1872).

B. — Erreur dans la personne. — Par erreur dans la personne, la loi entend le cas d’un individu qui croyait épouser telle personne en en épousant une autre; il y a aussi erreur dans la personne lorsque, par suite, d’une fraude ou de toute autre circonstance , un homme croyant épouser une femme à épousé un autre homme et vice versa ,

Le mariage sera attaquable dans ces deux cas et le médecin pourra être requis par la justice pour constater le sexe de celui des époux qui a trompé l’autre ou qui appartient a un sexe contraire à celui dont il avait cru faire partie. A cette question se rattachent l'impuissance et l'hermaphrodisme (Y. ces mots). Dr A. Lctard.

MARIN. — Le marin, par sa profession, se trouve exposé à un nombre considérable de maladies inhérentes aux climats divers sous lesquels il est appelé à séjourner. Nous n’avons pas l’intention, dans cet article, de donner la description et les moyens préservatifs de la fièvre jaune, de la lèpre et des différents aspects sous lesquels se présentent les affections du foie. Nous ne voulons envisager l’hygiène des marins qu’en dehors des influences climatériques, en d’autres termes comment l’habitation prolongée dans un navire peut-elle influer sur la santé générale des individus ?

Nous dirons d’abord que la plupart de nos marins sont presque tous des enfants élevés au bord de la mer et familiarisés de longue date aux déboires du métier qu’ils vont prendre. Nés sur les côtes de la Manche, de l’Océan ou de ; la Méditerranée, fils de pêcheurs, de caboteurs ou de longs courriers, il n’en n’est pas un qui n’ait fait depuis, son enfance l’apprentissage du tangage et du roulis. Le corps couvert de laine (je ne parle ni des pieds ni des jambes qui sont presque toujours laissés nus), ils ne souffrent pas de cette humidité spéciale aux bords de mer,* et les rayons du soleil, au moins dans nos climats, éprouvent une certaine peine à transpercer le crêpé de leurs rudes cheveux. .

Quand ils montent sur le pont d’un navire, ce n’est pas le mal de mer qu’ils craignent. Celui-là ne lés éprouvera pas ; mais selon qu’ils appartiendront au service du pont, à celui de l’entrepont et de la cale, ou à l’alimentation des machines, leur

I situation sera bien différente.

Examinons donc l’homme de mer dans ces diverses situations :

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Les gabiers, les matelots, les timoniers exposés à l’air pur et vivifiant de la mer, n’ont pas changé grand’chose à leur vie antérieure. S’ils ont plus à faire, si, soumis à une discipline plus rigoureuse, ils sont obligés de supporter sans abri les coups de mer terribles, les ouragans violents, la pluie pénétrante, ils peuvent, quand ils quittent le quart, changer leurs vêtements mouillés, et ils trouvent toujours, à heure fixe, une nourriture plus réconfortante que celle qu’ils avaient auparavant chez eux.

Les hommes du pont sont plus que tous les autres exposés aux effets des refroidissements et aux traumatismes. . .

On a signalé chez eux les affections du roeur et les hernies, comme résultant des efforts violents qu’ils sont souvent obligés de faire. En outre on observe encore le lumbago, les rhumatismes, et dans les pays chauds les insolations. Ce sont eux également qui offrent des exemples fréquents de cette affection que nous avons étudiée sous le nom <¥ héméralopie. Sous les tropiques les matelots servent de trait d’union entre le navire et la terre et rapportent trop souvent à bord les germes de maladies contagieuses qu’ils ont été puiser sur le littoral. Ajoutons qu’on les voit plus souvent que les autres rapporter de leurs excursions les germes de fièvres pernicieuses qui se traduiront plus tard par des accès plus ou moins graves, donnant lieu quelquefois à une singulière affection nommée la calenture qui n’est, d’après M. Layet, que la forme dé- ' lirante de cette terrible maladie.

Quant aux lésions traumatiques, ce sont des fractures plus ou moins graves, depuis la fracture d’un doigt ou d’un bras jusqu’à celle de la colonne vertébrale, accidents déterminés soit par la chute du marin lui-même, soit par celle d’une vergue d’un mât, d’une barre de cabestan ou la simple rupture d’une amarre trop tendue. Des luxations, et principalement les luxations de l’épaule et celles du pouce. L’habitude d’avoir fréquemment les pieds nus, expose les marins aux piqûres plus ou moins profondes, par une écharde de bois, un clou, une épissoire ou tout autre objet laissé par mégarde sur le pont. Le docteur Layet cite encore le ramollissement de l’épiderme et la production de durillons sous la tête du premier et du cinquième métatarsien. Souvent au-dessus de ce durillon il se produit un épanchement de sang; le derme s’irrite et s’ulcère et l’on a affaire à une sorte de mal perforant. Ajoutons que les adénites, les angioleucites et les phlegmons plus ou moins profonds sont souvent la conséquence de ces diverses lésions.

A la main, on observe principalement des coupures quelquefois graves quand elles siègent à la face palmaire de cette partie, des écrasements et des arrachements des doigts, suffisamment expliqués par les diverses manœuvres que doivent exécuter les matelots et dont l’une des plus propres à occasionner ces blessures serait, d’après le docteur Layet, la descente des embarcations à la mer.

Si l’homme de mèr qui, par son service, reste enfermé dans les flancs du navire, est moins exposé aux accidents proprement dits, sa santé générale ne tarde ,pas à ressentir les effets de la réclu¬

sion à laquelle il est condamné, de l’air constamme humide et vicié qui l’environne, du manque de fl mière suffisante et de la température relativement élevée du milieu dans lequel il vit. Aussi (J hommes ne tardent pas à prendre un aspect quiw fait facilement reconnaître. Le faciès se décolore la pâleur envahit ses traits, le visage se boursoufleen un mot, ces hommes présentent bientôt tous les caractères de l’étiolement et de l’anémie. Aussi estil indispensable de faire sortir tous les jours pendant un temps déterminé ces hommes du milieu malsain qu’ils habitent, de les obliger à venir sur le pont respirer l’air pur et vivifiant de la mer, de redemander au soleil les fraîches couleurs d’autrefois.

Une autre classe de marins mérite d’attirer l’attention. Ce sont les chauffeurs, les mécaniciens, les hommes attachés à la machine. Non seulement comme les marins de la classe précédente, ils ne tardent pas à s’anémier, mais exposés aux ardeurs d’une température excessive, ils sont sujets aux maladies des voies gastro-intestinales et bronchopulmonaires. Beaucoup deviennent phthisiques, d’autres peuvent succomber subitement d’apoplexie ou de congestion pulmonaire. On a noté de fréquentes affections des yeux , des blépharites et des conjonctivites produites par la pénétration des poussières de charbon. Des furoncles surviennent également par suite des agglomérations des mêmes poussières dans certains replis de la peau, comme à l’ombilic ou sous l’aisselle. Les brûlures ne sont pas rares dans le service, mais elles ne sont généralement pas graves, sauf celles qui proviennent d’une fuite de vapeur à la suite de la rupture d’un tube. Enfin les hommes de la machine sont tous exposés à une mort presque certaine quand il se produit une explosion de chaudière. Les uns sont tués sur le coup, les autres meurent plus ou moins rapidement à la suite des terribles brûlures qui couvrent leur corps, et des lésions de toute nature qui peuvent être le résultat delà projection de leur corps contre les parois du navire.

Telles sont les affections auxquelles sont exposés les marins occupant tel ou tel poste dans le vaisseau, mais il en est d’autres qui s’attaquent à tous les marins; fussent- ils gabier, calier ou chauffeur. Ce sont celles qui résultent de Y alcoolisme,, soit aigu, soit chronique. Ces effets ont été assez complètement décrits à ce mot pour que je n’y revienne pas. Enfin, une autre affection qui se rencontre fréquemment chez l’homme de mer, c’est la syphilis- Quand, à la suite d’une navigation un peu longue) le marin arrive dans un port, il a besoin de se distraire, de s’amuser ; il descend à terre, il boit, u s’enivre, puis il court dans certains quartiers où il est sûr de rencontrer des femmes. Malheureusement, la police sanitaire n’existe pas partout, et de

plus elle n’est pas infaillible , aussi, beaucoup de

nos marins conlractent-ils dans les ports de relâche le germe d’une maladie qu’ils propageront ensuite sur bien des points du globe avant de s’en guérir eux-mêmes.

Le marin, en général, fait usage du tabac, h chique. Cette habitude, pour peu que les soins de propreté soient négligés, expose l’homme de mer a

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affection connue sous le nom de gingivite ulcéme oui s’étend à tout le rebord gingival, déter- -p la production de fonguosités rougeâtres, fSement saignantes. En même temps, les dents déchaussent et menacent de tomber. La mastise. devient d’abord douloureuse, puis de plus en Sus difficile ; la gingivite s’étend, se complique de t matité, la fièvre s’allume, et cette affection bést.° au début peut être le point de départ de maladies graves des voies digestives. Des soins de uropreté, quand on n’a affaire qu’à une gingivite^ simple , aidés de l’abstinence complète du tabac amènent une guérison rapide. Calmer d’abord l’inflammation avec des préparations émollientes, nuis faire usage des poudres de quinquina et d’un collutoire au chlorate de potasse ou à l’alun (Y.

Stomatite). .

Cette gingivite ulcereuse a pu quelquefois faire craindre l’apparition d’une maladie qui a fait bien des victimes dans les équipages maritimes, surtout dans les voyages aux régions arctiques. Je veux parler du scorbut (V. ce mot). Mais les progrès de l’hygiène navale, et surtout la rapidité des voyages qui, grâce à la vapeur, permet aux navires de s’approvisionner fréquemment de légumes frais, a diminué considérablement les causes d’invasion du scorbut..

Les coliques sèches signalées également comme une des affections qui atteint le plus fréquemment le marin n’est autre chose qu’une véritable intoxication saturnine. Elles sont analogues aux coliques de plomb des peintres et déterminées comme elles par l’introduction dans l’économie de préparations plombiques. On a remarqué en effet que ces accidents étaient plus souvent observés à bord des navires à vapeur que des voiliers. En effet la nécessité d’employer les mastics au minium ou à la ceruse pour les joints des machines expose plus les mécaniciens et les chauffeurs à ces coliques que es hommes du pont qui ne trouvent que dans la peinture la cause de leur intoxication. Cependant, emploi des appareils distillatoires, l’usage de tud °ns,en ^er ®tamé, et surtout la mauvaise habi- 1„ P °nt certains matelots du commerce de cuire aupnri e°tS ^ans des boîtes à conserves explip/nr, aProPa§ati°n de la maladie (V. Coliques, Saturnisme).

table06 r*en des insolations et de la nosdescfinu11 raPPent si souvent le marin, car leur En ré°a S6ra ^a\te complètement à ces mots, mettre hygiène des marins, pour lui perque nous ChaPPer Routes les causes de maladies sur son yj®110118 d énuméret,5 doit porter à la fois généraux e,1?ent».son alimentation et les soins linge devra1'1! ^ Prendre de sa personne. Le si cela est tT . J' équemment lavé, savonné, lessivé sac. Les Jo lble et sécilé avant d’être remis au ûe devront .eme?ts^ extérieurs, toujours en laine, âu Préalable i^afS-être.serrés mouhlés, il faudra devratoui0urqS laire sécller avec soin. Le marin et Sauf dans iP<sP°rter Surla Peau un gilet de coton, sera couvert de laine.

®fahé, ia comn!?1^011 voici» d’après le docteur de l’homme de m**1011 r®^ementaû’e des trois repas

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