‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 97 sur 289 · III. Méningite épidémique ou cérébro-spinale · texte numérisé non relu

III. Méningite épidémique ou cérébro-spinale

— Plusieurs garnisons ont été, à diverses reprises décimées par une maladie épidémique qui consiste en une inflammation aiguë des enveloppes du cerveau et de la moelle. (Quelques médecins n’v voient qu’une forme de typhus).

Les épidémies n’ont été observées que dans certaines villes de garnison ; elles ont surtout atteint les soldats, mais ont fait cependant d’assez nom¬

breuses victimes dans la population civile ; on cite1 les épidémies de Rochefort, de Strasbourg, de yer. sailles, etc. Tout le monde reconnaît à cette maladie le caractère épidémique; Boudin pense, en plUS) qu’elle est contagieuse.

Les symptômes sont un mélange des caractères propres" aux méningites cérébrale et rachidienne; les malades éprouvent de la fièvre, du délire, des douleurs, dont les unes occupent la tête, les autres suivent le trajet de la colonne vertébrale et présentent des irradiations diverses ; on observe aussi des convulsions et des contractures très remarquables, affectant les formes les plus diverses ; il faut également noter une hyperesthésie générale.

Dans certaines épidémies, les malades ont été emportés en quelques heures ; souvent la terminaison fatale ne survient pas avant une ou deux semaines ; enfin, un malade peut lutter pendant une ou deux années et succomber dans le marasme avec des eschares au sacrum.

Dans les cas, assez rares, qui ont guéri, la convalescence a toujours été longue et pénible.

On a conseillé les ventouses le long du rachis, les vésicatoires sur la tête, les sédatifs tels que l’opium, le chloral, et, pendant les accès convulsifs, les inhalations de chloroforme et d’éther.

Dr Léon Moynac.

MÉNOPAUSE. — Bien que sous l’influence de certaines maladies générales, comme la chlorose, l’anémie, quelques affections^ aiguës comme le cours d’une fièvre typhoïde, la pneumonie, la pleurésie, etc., on puisse voir le flux cataménial se suspendre, il est rare, dans le cours de la vie génitale de la femme de voir les règles se supprimer. Quelquefois après un refroidissement, une émotion violente, une période fait défaut, mais presque toujours le mois suivant la menstruation se rétablit. Ce n’est guère que pendant la grossesse et l’allaitement que, sauf quelques exceptions, le flux cataménial est régulièrement suspendu. Mais après 1 accouchement, si la femme ne nourrit pas son enfant, celte fonction se rétablit généralement au bout de six ou sept semaines, et quand elle nourrit régulièrement, les règles réapparaissent au moment du sevrage. Du reste, ces questions, qui méritent d être examinées en détail, seront etudiees séparément.

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1 activité genesique. Il arrive un âge où elle n’est p us apte à concevoir, et ce moment est précisément indique par la suppression complète des réglés. D apres les statistiques publiées à ce sujet, ce serait entre 45 et 50 ans que cette suppression aurait lieu chez le plus grand nombre. Nous verla me«struation s’établit plutôt dans les SS dG meme la m®nopause se montre à

L sorte m,’r!S°mStSanC6e’ dô 30 à 35 ans environ,

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poïr toutes liï femmes.1 àpeu près deméme durée estMaexaeted,US ière générale cette proposition femmes ün’S Î T s’adresse a 1* totalité des dère indivirliipii 6S pluS de.méme si on tes consillement. Ainsi Raciborski a noté que

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la menstruation, dans nos climats, durait beaucoup plus longtemps chez les femmes réglées de bonne heure et qui avaient eu beaucoup d’enfants. Au contraire, chez celles qui ont été réglées tardivement, la menstruation peut ne subsister que pendant quelques années. La moyenne de l’activité génitale serait, d’après Courty, de 25 à 30 ans.

Nous avons dit (Y. Menstruation ) qu’il était rare de voir la menstruation s’établir brusquement sans symptômes prémonitoires. Cette proposition n’est pas aussi exceptionnelle quand il s’agit de la ménopause. Chez un certain nombre de femmes, en effet, les menstrues, jusqu’alors régulières, quand arrive la période de 40 à 45 ans, peuvent cesser tout à coup et ne plus reparaître. Souvent cette suspension à lieu à la suite d’une impression de froid, d’une émotion plus ou moins violente, mais dans certains cas, on ne peut relater aucune

cause apparente de cette brusque suppression. Toutefois, dans la grande majorité des cas, la ménopause est le plus souvent précédée de troubles dans la régularité et dans l’émission des menstrues. Cette fonction, au lieu de se produire tout les mois, peut ne survenir qu’à des intervalles plus ou moins éloignés, avant de disparaître complètement. Dans un certain nombre de cas , l’écoulement devient chaque fois de moins en moins abondant, de moins en moins coloré. La sérosité l’emporte de beaucoup sur la masse colorante des globules. D’autres fois, au contraire, la quantité de sang rendue est beaucoup plus considérable que d’habitude, la femme éprouve de véritables pertes qui se renouvellent sans régularité, se reproduisant soit plus fréquemment que les règles ordinaires, soit au contraire à des. intervalles plus éloignés. Quand ces pertes deviennent de véritables hémorrhagies, il est rare qu’on ne trouve pas par l’examen du ventre et des organes génitaux internes, plus particulièrement du corps et du col de l’utérus, quelque anomalie qui explique ces pertes abondantes. C’est alors qu’on découvre souvent soit un polype muqueux, soit un polype fibreux resté jusqu’alors ignoré ou dont les manifestations auraient été si discrètes que l’attention n’avait pas eté^appelée sur ce point d’une manière suffisante ; soit, ce qui est très fréquent, l’existence d’un myome utérin interstitiel ou sous-péritonéal.

La ménopause amène avec elle des modifications assez intéressantes à signaler. En général, les femmes prennent à partir de cette époque un notable embonpoint; on signale également des tendances aux congestions/ surtout chez celles qui avaient des règles abondantes, des étouffements, es palpitations, des crises rhumatismales, la goutte, etc.. Chez quelques-unes des accidents nerveux, la céphalalgie, l’hystérie, l’hystéro-épilepsie, ont pris naissance à cette période de la vie féminine. On a noté la disposition à certaines affections cutanées, et en particulier l’eczéma que j’ai observe mm-même chez plusieurs de mes clientes.

L etablissement prématuré de la ménopause n’est pas une cause plus fréquente d’accidents que lorsque la suppression des menstrues s’effectue à la date normale; il semblerait, au contraire, qne chez celles qui voient le flux cataménial s’arrêter

de bonne heure, les divers accidents que nous venons de signaler sont plus rares.

Quand la menstruation s’est suspendue pendant un certain temps, la femme ayant l’âge où la ménopause s’établit d’ordinaire, on peut dire qu’en général elle n’est plus apte à concevoir. Cependant il y a, à cette règle générale, quelques exceptions, ainsi on a cité des femmes devenues enceintes à 46 ans, alors que les règles avaient cessé depuis plusieurs années (Courty, Puech, Lemoine); une femme de 61 ans accoucha alors que les menstrues ne s’étaient pas manifestées depuis 12 ans (Renaudin), etc. Il semblerait que l’ovulation ne cesse pas en même temps que la menstruation. Mais ces cas sont tout à fait exceptionnels, car si l’on examine les organes génitaux après la ménopause, on constate que, non seulement il est impossible de découvrir sur l’ovaire des cicatrices récentes, ni le moindre corps jaune, mais cet organe perd notablement de son volume, sa vascularité diminue, les follicules de de Graaf se flétrissent et le liquide intra-vésiculaire se résorbe. En même temps le corps de l’utérus diminue, sa cavité se rétrécit, et celle du col se réduit si bien qu’on a pu en observer l'oblitération complète. De leur côté, les organes génitaux externes se flétrissent, les grandes lèvres se rident et perdent leur coloration rosée, les mamelles s’affaissent et la glande mammaire s’atrophie.

Hygiène de la Ménopause. — Nous avons signalé, dans le cours de cet article les modifications qu’on observe dans l’état général des femmes, au moment de la ménopause, ou dans les premiers temps qui suivent cette transformation. Nous avons vu que chez un grand nombre d’entre elles les congestions partielles étaient fréquentes. Il est donc nécessaire que les femmes qui ont des règles abondantes et dont la santé paraît se trouver

bien de ces pertes périodiques, prennent, dans les années qui précèdent la ménopause, certaines précautions. C’est ainsi qu’elles feront bien de diminuer l’abondance et la succulence des mets qu’elles ont l’habitude de manger. Aux viandes rouges succéderont les viandes blanches; le vin rouge et les vins généreux seront supprimés, la boisson sera coupée d’eau, le café et les liqueurs devront être proscrits. Il faudra non seulement lutter contre la constipation mais encore obtenir tous les jours une garde-robe facile.

Plus tard, quand les règles seront supprimées, ce régime, pour les jeunes femmes, devra être encore plus rigoureux; des laxatifs fréquents, les grains de santé du Dr Franck, les pilules de Podophylle Coirre,les eaux minérales laxatives, Hunyadi Janos, Pullna, Rubinat, devront être employés sinon tons

les jours, aumoins assez souvent pour que les garde-

robes soient régulières et d’une consistance molle; si la femme a des .hémorrhoïdes qui aient de la tendance à fluer, il faudra favoriser cette disposition par des préparations à base d’aloès. Enfin, ces médicaments peuvent ne pas entraîner une dérivation assez rapide et l’on peut être conduit à prescrire des émissions sanguines. Il serait préférable alors d’employer les sangsues, placées au haut des cuisses, car les saignées générales peuvent avoir pour inconvé-

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nient de remplacer trop parfaitement l’écoulement menstruel, de constituer, en un mot, une véritable dérivation artificielle des règles et obliger en conséquence à recourir trop souvent et en quelque sorte d’une manière périodique à ce procédé. J’ai connu une dame chez laquelle la saignée avait été ainsi pratiquée 45 fois dans l’espace de cinq ans. Pour celles qui pourront, tous les ans, faire une cure minérale, ce sont les eaux décongestionnan tes qu’il faudra fréquenter, comme Brides, en Savoie, Uriage, Marienbad, etc.

Nous avons dit également que la ménopause était, pour certaines femmes, le début d’une exagération notable de tissu adipeux. Celles qui ont une constitution lymphatique ou lymphatico-sanguine ont alors une tendance manifeste à l’obésité. On trouvera à ce mot l’exposé d’un traitement rationnel qui, tout en empêchant une trop grande accumulation de graisse dans les tissus, n’exposera pas les femmes qui s’y soumettront à une déperdition de forces , conséquence malheureusement trop fréquente de l’abus de certains médicaments, comme les purgatifs répétés, qui ont été trop fréquemment prônés pour combattre cette tendance à un embonpoint exagéré.

La ménopause prédispose encore à l’invasion de certaines affections cutanées, comme l’eczéma, le prurigo, etc. Ces maladies s’étaient presque toujours manifestées auparavant, mais à la suite de soins spéciaux ou d’une hygiène convenable, elles avaient été presque toujours enrayées. Si au moment de la ménopause on les voit reparaître, il faudra reprendre le traitement quiavait préalablement réussi à les éloigner, et dans tous les cas on trouvera à ces mots l’indication des mesures particulières que réclame chacune d’elles.

Enfin il n’est pas rare d’observer a cette période de la vie des femmes des troubles nerveux de nature très complexe. Il s’agira de rechercher, dans t ordre général, quelle est la cause qui donne lieu à de semblables manifestations. Souvent on se trouvera en face d’une véritable anémie qui réclamera 1 usage des médicaments généralement employés contre cette affection (V. anémie), c’est-à-dire toutes les préparations ferrugineuses auxquelles on ajoutera le vin de quinquina, les gouttes amères de itaume, le colombo et le quassia amara, la noix vomique, etc. En même temps il faudra surveiller les digestions, combattre la constipation et chercher dans les grands bains amidonnés un calmant général. Mais suivant la constitution des individus, les changements dair soit au bord de la mer, soit dans les montagnes, soit au contraire au milieu du calme des bois, produira souvent un meilleur effet que tous les médicaments préalablement mis en usage.

Dr A. DE SOYRE.

MÉNORRHAGIE. — (V. Mètrprrhagie .)

MENSTRUATION. — La menstruation qu’on désigne encore souvent par les noms de flux ou écoulement menstruel, menstrues , règles, mois, époques, flux ou écoulement cataménial , et qui, dans le vulgaire, porte encore d’autres appellations, est caractérisée par un écoulement sanguin qui se fait pério¬

diquement à travers les organes génitaux dp i femme. a

Mécanisme de la menstruation. — Voici comment les auteurs et plus particulièrement Coste, Rou«-et Riehet et Robin expliquent le mécanisme de cet écoulement : Au moment de la maturité et de la déhiscence de la vésicule de de Graaf sur l’ovaire l’hyperémie que nous avons déjà signalée pour l’ovaire et la trompe utérine (V. Ovulation), ne reste pas limitée à ces deux organes, mais elle s’étend à l’utérus, au vagin et aux ligaments larges. Le processus de l’érection par la contraction des faisceaux musculaires, si bien décrits par Rouget, envahit non seulement l’ovaire et la trompe, mais' tout le corps de l’utérus, ce qui s’explique facilement par la forme hélicine des artères et la disposition des faisceaux musculaires qui embrassent les sinus utérins. Il en résulte que, sous l’influence de la congestion. générale qui est produite par la déhiscence de l’ovisac et qui accompagne ce phénomène, le sang se porte en masse dans les artères ovariques, utérines et utéro-ovariques. Les parois de ces artères sont assez fortes et l’impulsion sanguine assez vigoureuse pour lutter victorieusement contre la contraction des anneaux musculaires qui les enlacent. Aussi tous les organes génitaux prennent sous l’influence de cette congestion une teinte rouge violacée. Mais si les artères permettent au sang d’affluer à ces organes, les veines larges à parois molles se laissant facilement déprimer par les contractions musculaires, ne favorisent pas le retour du sang vers les gros troncs veineux, dé là stase sanguine qui, pour l’ovaire, détermine, comme nous l’avons vu, une hypersécrétion de sérosité et, finalement, la rupture de .la vésicule ovarienne, tandis que, pour l’utérus, la muqueuse congestionnée se boursoufle, augmente considérablement d’épaisseur, s’hypertrophie et perd une partie de son épithélium. Les petits vaisseaux capillaires qui la parcourent et qui forment autout des orifices glandulaires un réseau assez serré, se déchirent à leur tour et laissent passer par ces éraillures une partie du sang qu’ils contiennent. Ce sang se mélange aux mucosités sécrétées alors en abondance par les glandules utérines, parcourt la cavité de la matrice et vient par le museau de tanche faire issue dans le vagin, puis gagne l’extérieur en s’écoulant par la vulve.

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terus se redresse et augmente de volume. Richer a, par des mensurations nombreuses faites avec l’hysteromètre, parfaitement établi que, pendant les règles, la cavité utérine augmente de 5 à 10 millimè-

ties dans 1 étendue de son diamètre vertical. En meme temps le tissu même de l’organe est ramolli et présente une teinte rouge foncée. Le col luimeme est tuméfié, un peu augmenté de volume, legerement entr’ouvert, et ramolli à sa périphérie. La muqueuse, toutefois, ne s’est pas boursouflée cJn,e du corps de l’organe, parce que la disposition hehcine ne s’observe pas pour les artères w dGgré ?ue P°ur celles du corps, et que an «If™ ff11 Plus ne présentent pas un volume aussi considérable dans leur calibre, ün ne saurait mettre en doute que le sang mens-

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truel provient directement de la cavité utérine. Di- i ■verses autopsies faites sur des femmes ayant suc- i eombé pendant la période menstruelle, ont même permis de déterminer assez exactement l’état de la muqueuse, d’observer son accroissement considérable de volume, l’injection de son réseau capillaire et les éraillures par lesquelles s’écoule le sang menstruel.

Après un nombre variable de jours, suivant les femmes, la congestion utérine diminue graduellement, puis disparaît totalement. Le sang qui s’écoule devient d’abord moins abondant, puis change graduellement de couleur, de rouge il devient rosé puis simplement séreux. Ces modifications correspondent à des changements analogues du côté de la muqueuse. Cette membrane diminue en effet graduellement d’épaisseur, son boursouflement s’affaisse peu à peu, le reste de l’épithélium se desquame et les cellules se mélangent au liquide sécrété par les glandes voisines, pour être chassé au dehors. Bientôt un épithélium de nouvelle formation recouvre la muqueuse, les petites éraillures signalées dans son épaisseur se cicatrisent et tout rentre dans l’ordre jusqu’à la prochaine époque.

Rapport de la menstruation avec l’ovulation.

— Nous avons étudié séparément l’ovulation et la menstruation, et tout en nous servant del’érétisme ovarien déterminé par la déhiscence de la vésicule de de Graaf pour expliquer la congestion utérine et l’écoulement menstruel, voyons sur quelles données on se base pour admettre une telle corrélation entre ces deux fonctions (V. Ovulation). ' *

Il est d’abord reconnu d’une manière générale que la première menstruation indique, pour la jeune fille, l’aptitude à concevoir. Certaines femmes qui n’avaient pas d’ovaire par suite d’un vice de conformation congénital n’ont jamais été réglées. Chez d’autres l’ablation des ovaires contenus dans des hernies, ou à la suite de l’ovariotomie a suspendu totalement l’écoulement cataménial. Enfin, dans l’Asie centrale les jeunes filles soumises de bonne heure à la castration ne voient jamais leurs règles. Si l’on ajoute que chez les animaux où l’on peut considérer le rut, avec ou sans écoulement concomitant, comme l’analogue de l’ovulation chez la femme, le fait de les châtrer, par l’ablation des ovaires supprime à tout jamais la manifestation du rut.

A ces faits quelques auteurs ont opposé des observations aujourd’hui assez nombreuses où l’ovulation semble indépendante de la menstruation; ainsi dans certains cas où l’on a observé une absence congénitale de l’utérus, on a pu constater sur 1 ovaire les cicatrices résultant de la ponte spontanée et même des corps jaunes. Des jeunes femmes n ayant jamais été réglées, ont présenté néanmoins sur les ovaires des traces certaines de plusieurs ovulations. Chez d’autres ou les règles sont suspendues pendant le cours d’une maladie générale, comme la chlorose et l’anémie, la phthisie, on a pu reconnaître sur les ovaires des traces de corps jaunes recents. Quelques femmes après l’accouchement, principalement celles qui allaitent, ont pu devenir enceintes sans avoir revu leurs règles. Enfin il existe dans la science quelques cas rares

de femmes devenues enceintes après la ménopause, et d’autres, qui ont eu des enfants sans avoir jamais été réglées.

Dans les exemples qui précèdent, il semble que l’ovulation peut se faire quelquefois sans être accompagnée de l’écoulement menstruel. Il existe en sens inverse dans la science des cas où le flux cataménial semble s’être produit en dehors de toute ovulation. Tefe sont les cas cités par Allé, Spencer, Wells, Backer Brown, Clay, Kœberlé, Terrier, etc., et en général, tous les ovariotomistes qui ont vu les règles se rétablir chez des femmes qui avaient néanmoins subi l’amputation des deux ovaires. Si on y ajoute les cas de Kôlliker, se rapportant à des femmes mortes pendant l’écoulement menstruel et chez lesquelles l’autopsie n’a pas permis de constater la présence d’aucun corps jaune, nous aurons un faisceau de faits bien propres à ébranler l’opinion encore en cours aujour- . d’hui et qui admet la corrélation de l’ovulation et de la menstruation.

Dans cette théorie à quel moment de la période menstruelle place-t-on la rupture de la vésicule de de Graaf? Les recherches faites dans ce but. n’ont pas donné un résultat identique pour tous les cas, mais on pense, d’après, les travaux de Rouget, que la dehiscencealieuà la fin delà période menstruelle. Ce serait donc le moment le plus propice à la fécondation, comme nous le verrons bientôt.'

De la première apparition des règles. — Il est rare que la menstruation s’établisse brusquement, sans avoir été précédée de quelques prodromes, cependant on peut en observer quelques exemples. Mais en général dans les mois qui précèdent, une ou deux fois au moins la jeune fille a éprouvé de la pesanteur dans le ventre avec de la douleur dans les aines, un sentiment de fatigue générale, un gonflement des seins avec une certaine sensibilité et un léger écoulement de mucosités par la vulve. A ces phénomènes physiques s’ajoutent souvent quelques troubles nerveux et plus particulièrement de la tristesse, un agacement inexplicable suivi de pleurs sans motifs.

Après plusieurs tentatives semblables non suivies d’écoulement sanguin, les mêmes symptômes se reproduisent et cette fois sont accompagnés d’un écoulement menstruel bien caractérisé.

Influence du sens génital sur la menstruation. — Différentes conditions influent sur la précocité ou le retard de la première apparition des menstrues. En première ligne nous signalerons l’influence du sens génital ainsi défini par Raciborski : « la vigueur plus ou moins grande que la nature déploie dans le développement des vésicules de de Graaf. » Get auteur place la puissance génitale dans les ovaires sur lesquels on peut, chez de très jeunes enfants, voir à l’œil nu, des vésicules déjà très développées, alors que chez d autres à six ans on n’en trouve à peine. Il est facile de comprendre que la menstruation s’établira plus tôt chez les premiers que chez les autres, si du moins aucune maladie intercurrente ne vient affaiblir la puissance générale de l’individu. A l’appui de son opinion, Raciborski cite des cas où la menstruation i s’est éLablie dans les premières années et même dans

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les premiers mois de la naissance, cas qu’il appelle des monstruosités emméniques, et d’autres au contraire où le flux cataménial ne s’est montré que fort tard à 20, 25 et 30 ans, et même des femmes qui n’ont jamais été réglées, bien qu’elles aient présenté tous les autres phénomènes de l’ovulation et même qu’elles soient devenues enceintes.

Influence de la latitude et de la température sur la menstruation. — La second! condition qui influe sur cette première apparition des menstrues, estla latitude et la température. Ainsi chez lesjeunes filles de la zone torride, la menstruation est beaucoup plus précoce que chez celles qui habitent les pays froids. Voici les chiffres généralement admis par les auteurs : Dans les pays chauds, la première apparition des règles a lieu de 11 à 15 ans; dans les pays tempérés de 12 à 18 ans, et dans les pays froids de 13 à 21 ans. Il va sans dire que cette règle supporte de nombreuses exceptions et qu’il ne faudrait pas en déduire qu’une jeune fille née de parents anglais, par exemple, habitant les Indes verrait, pour la première fois, ses règles à la même époque que les enfants des Indiens. De même Raciborski fait observer qu’en Pologne, pays froid, les juifs ne se mariant qu’entre eux, ont conservé une certaine pureté de race et que les jeunes filles ont leurs règles beaucoup plus tôt que les autres polonaises.

La race joue donc également un rôle important, quel que soit la latitude du lieu qu’on habite.

Influence de l’état social en général sur la menstruation.— On a remarqué, également, que lesjeunes filles, à la campagne, sont réglées plus tardivement que celles des villes, et dans ces dernières, les filles de la classe ouvrière et surtout celles qui suivent les grands ateliers des fabriques, sont réglées plus tôt que les autres, par suite de la démoralisation qui règne dans ce milieu et de l’excitation générale qui en découle. Une nourriture substantielle, un bien-être physique général favorisent la précocité des menstrues; tandis que dans les familles pauvres, où les enfants restent chétifs par absence totale d’hygiène et insuffisance d’aliments réparateurs, la menstruation s’établit plus tard.

Déviation des règles. — Un phénomène très remarquable, est celui qui se produit quelquefois, et auquel on a donné le nom de déviation des règles. En pareil cas, ou bien le flux cataménial est simplement diminué d’abondance, et il se produit sur un autre point de l’économie un écoulement sanguin compensateur; ou bien, les menstrues se suppriment totalement et sont remplacées par une hémorrhagie périodique qui se montre ailleurs. En général, ce sont les muqueuses pituitaires, pulmonaires ou intestinales qui sont le siège de ces flux hémorrhagiques. Quelquèfois, l’exhalation sanguine a lieu à la surface d’une plaie, d’une tumeur érectile ou de la peau. Une grossesse survenant, supprime ces hémorrhagies qui se reproduisent régulièrement, du reste, après l’accouchement.

Obstacles à l'écoulement menstruel. — Il peut arriver, également, que la menstruation, régulièrement établie à la surface de la cavité utérine, ne détermine aucun écoulement extérieur-

le sang étant retenu, soit par une oblitération d col utérin, soit par une bride transversale du vagi ou par une imperforation de l’hymen. Enfin, j’ai y deux cas où, à la suite d’un accouchement lab0U rieux et la présence ancienne d’une fistule vésieovaginale spontanément réparée, le sang des rèo-les passait directement dans la vessie et était expulsé avec les urines.

Caractères du sang menstruel. — La quantité de sang rendu par les femmes à chaque menstruation est très difficile à établir. Quelques-unes tachent à peine leur linge, au point.de ne pas être obligée de se garnir ; d’autres, au contraire, ont de véritables hémorrhagies. J’en ai vu qui ne perdaient pas 100 grammes de sang; et chez d’autres, l’écoulement sanguin dépassait 500 grammes. C’est entre ces ' deux données qu’il faut chercher la moyenne. Tout ce qu’il est permis d’affirmer, c’est que chez les femmes qui ne changent rien à leur manière de vivre, l’écoulement menstruel est à peu près de la même quantité a chaque époque. L’habitation dans les montagnes, au bord de la mer, augmente presque toujours la quantité des menstrues ; au contraire, il est fréquent de voir chez les femmes de campagne qui viennent habiter Paris, le sang des règles diminuer de quantité, et l’écoulement cataménial’ cesser même complètement dans quelques cas.

Quant aux caractères physiques de cet écoulement, on peut dire qu’au début il est peu coloré, mélangé de sang et de mucosités; au milieu de la période menstruelle il est d’un rouge pur, plutôt foncé, cette coloration va graduellement en diminuant jusqu’à la fin. Le dernier jour, le flux menstruel ne se compose guère que de muco-pus à peine rosé.

L’odeur en est fade chez le plus grand nombre des sujets. Plus prononcée, cependant, chez les femmes rousses et surtout chez celles qui ne prennent aucun soin de propreté. C’est probablement pour cette raison qu’on lui attribue à la campagne, une action nocive sur une foule de préparations usuelles et en particulier sur la lessive.

L’examen microscopique a démontré la présence de globules sanguins, mélangés à des globules blancs, des cellules épithéliales provenant du vagin et de l’utérus, et d’un sérum sécrété par les organes génitaux internes.

Durée et périodicité. — La durée des règles varie suivant les sujets : depuis quelques heures, jusqu’à huit et dix jours. Comme nous l’avons dit plus haut, pour la quantité de sang rendu, la durée des règles est presque toujours semblable chez la même femme. Si on prend une moyenne d’après un grand nombre d’observations, on voit que chez la plupart des femmes, les règles durent de trois à huitjours. Ce sont ces deux chiffres qui se répètent leplus souvent dans les recherches entreprises à cesujet, par P. Dubois ; après, viennent quatre, cinq et six jours.

La menstruation, après s’être établie une première fois, revient ensuite chaque mois régulièrement à des époques variables, selon les femmes- Toutefois, dans un assez grand nombre de cas, lÇsréglés, avant de prendre un type net de périodicité, se reproduisent chez la jeune fille assez irréguliè-

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rement pendant les premiers mois et même quelquefois, pendant les premières années. Chez quelques-unes, le mariage seul, ou le premier accouchement, détermine ensuite la régularité des menstrues. Chez un certain nombre de femmes, néanmoins, l’écoulement menstruel reste toujours | irrégulier. Mais dans la grande majorité des cas, quand la menstruation a pris un type de périodicité, il est rare qu’il y ait, sans cause particulière, quelques modifications à cette règle. D’après les statistiques, voici les chiffres le plus fréquemment observés : Je flux cataménial se renouvelle tous les 28 jours . ou tous les 30 jours dans le plus grand nombre des cas. Après, viennent les chiffres 25, 21 et 15 jours.

Troubles de la menstruation. — Npus avons dit quels étaient les troubles qui accompagnent la première menstruation. Le plus souvent, à mesure que les xègles se reproduisent, on voit l’acuité de -ces symptômes aller graduellement en diminuant, mais il est rare qu’ils disparaissent totalement, au point que la femme soit brusquement envahie par l’éçoulement cataménial, sans en être avertie par quelques prodromes même légers. La fatigue générale, principalement dans le haut des cuisses, un léger embarras du ventre, une tension et une sensibilité notable dans les mamelles, sont les symptômes qui précèdent presque toujours l’arrivée des menstrues. Chez certaines femmes, ces signes apparaissent huit à dix jours avant l’époque présumée des règles et dans les jours qui précèdent immédiatement la menstruation elles éprouvent, au contraire, un sentiment de détente et de bien-être. Dans ces jours, également, les désirs génésiques sont plus fréquents et plus impérieux.

Chez d’autres, les phénomènes qui précèdent et qui accompagnent la menstruation sont beaucoup plus accentués, les douleurs dans le ventre sont de véritables coliques excessivement douloureuses, rappelant les coliques hépatiques, se renouvelant plus ou moins fréquemment, et d’une intensité telle, que celles qui en sont , atteintes, se roulent sur leur lit, en poussant des gémissements et des cris aigus.

•vr même temPs une céphalalgie intense, l’ impossibilité de s’occuper de quoi que ce soit, et dans certains cas même de véritables crises hystériques.

n onne le nom de dysménorrhée aux règles ainsi ûoiuoureuses. Ces crises durent, en général, jusqu’à , qu.e ® üux cataménial soit régulièrement établi, in»™ v . au moins pendant les deux premiers rif 1 ecoulement. Chez quelques-unes de ces H mn °n peut Server dans le liquide expulsé nlf tCeaUX membraneux plus ou moins volumi- 1ot 16 v aî vu flui représentaient un sac com-

L 1.Z la ^rme de la cavité utérine. C’est là f’Atu nn aPPeUe la dysménorrhée membraneuse. noShée) CaUSe fréquente de stérilité (V. Dysmè-

®^n^e,la menstruation. - La menstruation qui fpmmA °nction en quelque sorte réservée à la ’ pU1Sque les écoulements sanguins, ou

miH fAmUiCi0“S^ngninolents> sont rares chez que1' LaI lel fS de la &rande famille des marami- -eres, a-t-elle un but que nous puissions mettre Dictionnaire populaire or médecine usuelle

en lumière. Jusqu’à ce jour, bien des théories ont été émises a ce sujet sans qu’aucune d’elles puisse satisfaire complètement l’esprit. Est-ce un signe de pléthore? Mais bien des femmes anémiques, ehloro-anémiqnes et tout au moins non pléthoriques ont desrèglespériodiquesd’uneabondancemoyenne! Est-ce un procédé de la nature qui permet quand vient la grossesse et l’allaitement, que la femme puisse conduire a bien sa gestation et la nourriture de son enfant, sans puiser en quelque sorte sur elle-même, n’usant donc que le trop-plein qui en dehors de ces états est chassé spontanément chaque fois à l’extérieur, etc., etc... Jusqu’ici, nous én sommes réduits à dire avec Aran, que « c’est une fonction qui a sa raison d’être, à une certaine époque de la vie. » Andral et Gavarrèt admettent que la quantité d’acide carbonique exalée par les poumons augmente chez la femme jusqu’à la puberté, à partir de cette époque elle diminue, tandis que chez l’homme cette même quantité augmente jusqu’à 30 ans. Le flux menstruel aurait donc pour but d’augmenter les phénomènes de combustion (Charpentier).

Hygiène délia menstruation. — L° Pendant la puberté. — Il est rare que les parents ne se préoccupent pas quelque temps à l’avance de la façon dont la menstruation s’établira chez leur jeune fille, et, quand arrive l’époque qu’ils ont pensé devoir être celle de l’établissement de cette nouvelle fonction chez leur enfant, ils sont extrêmement troublés et inquiets si, après une très courte attente, ils ne voient rien survenir de nouveau.

Nous avons indiqué plus haut l’âge moyen où, dans nos climats, on observe la première époque des règles ; mais combien de circonstances peuvent influer sur cette première apparition : la race, l’hérédité, la constitution, les maladies survenues pendant l’enfance, etc. Aussi ne devra-t-on pas se tourmenter outre mesure quand, l’âge étant arrivé, l’écoulement menstruel ne. se produit pas. Toutefois, il sera bon de surveiller la jeune fille et de chercher quelle peut être la -cause de ce retard. Souvent c’est une disposition héréditaire, et en interrogeant la mère, on est de suite mis au courant de cette particularité. D’autres fois, on est en présence d’un état de faiblesse constitutionnelle auquel on tâchera de remédier par une alimentation reconstituante, des soins généraux, bains, douches, exercices physiques, etc., auxquels il conviendra d’associer certains médicaments suivant les cas. Mais il n’y a pas lieu de chercher à obtenir, par l’emploi des excitants locaux et des emménagogues, un écoulement sanguin, avant que la première àpparition menstruelle se soit établie spontanément. En un mot: fortifiez la jeune fille par tous les moyens hygiéniques et médicaux en votre pouvoir,

Mais si, de l’attention que l’on prête aux habitudes de l’enfant, il résulte la certitude que certains phénomènes jusqu’alors inconnus, se produisent avec une certaine régularité tous les mois ou à peu près, si la jeune fille se plaint de douleurs et de pesanteur dans le ventre, de gonflement des seins, de céphalalgie ; si en même temps on s’aperçoit qu’aux mêmes époques cette jeune fille devient triste, im-

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pressionnable, facile à irriter, se mettant à pleurer sans cause réelle, alors que cependant aucun écoulement sanguin ne se produit par la vulve, l’attention du médecin de la famille devra être appelée sur cet état, et un examen local sera évidemment nécessaire. En effet, ou bien on est en présence d’une ovulation accompagnée d’un flux menstruel retenu dans les organes génitaux par un vice de conformation de la vulve ou du vagin, ou bien, l’ovulation se produit, précédant de quelques mois une menstruation qui ne tardera pas à paraître, les organes ayant une conformation normale, et rien ne s’opposant au cours du sang quand l’exhalation utérine se manifestera. Dans le premier cas, il ÿ a nécessité à recourir à une opération chirurgicale qui détruira d’obstacle opposé au cours du sang menstruel ; dans le second cas, on pourra, par un traitement rationnel, précipiter l’apparition des menstrues, phénomène qui ne peut qu’être très favorable à la jeune fille, en supprimant les divers symptômes de congestion que nous avons signalés.- Nous avons déjà parlé à l’article aménorrhée , du traitement qu’il y a lieu d’instituer en pareil cas. Nous ajouterons que le mariage a souvent hâté en pareil cas, l’apparition définitive des menstrues.

Je rappellerai enfin que l’examen local auquel le médecin est appelé à se livrer dans certains cas de retard dans la première apparition des règles, peut faire découvrir certains vices de conformation .comme absence de vagin, d’utérus ou d’ovaire, absence totale de l’un ou de plusieurs de ces organes; ou bien, état tellement rudimentaire que le mariage devient totalement impossible pour les jeunes filles atteintes d’une semblable infirmité (V. Ovaire, Utérus , Vagin).

2° Pendant la vie menstruelle. — Quand la menstruation s’est enfin régulièrement établie, la femme devra prendre certaines précautions au moment de l’apparition des règles. Elle fera bien, quelle que soit l’abondance de l’écoulement, de ne pas faire de longues promenades pendant les deux ou trois premiers jours, de ne pas se mettre en voyage et en général de ne pas se fatiguer outre mesure à cette époque, surtout de né pas se refroidir, de ne pas se mouiller les pieds et les mains dans l’eau froide et de n’employer, pour la toilette intime, que de l’eau tiède, ou suffisamment dégourdie. Chez beaucoup de femmes cette fonction se passe "sans amener aucun trouble sérieux, un embarras à peine sensible, et elles continuent à s’occuper de leurs affaires sans prendre aucune précaution. D’autres, au contraire, éprouvent à cette période une dépression tellement considérable qu’elles sont obligées de s’arrêter totalement, de s’étendre sur un canapé, ou même de prendre le lit pendant les premiers jours de l’écoulement.

Entre ces deux extrêmes on observe tous les degrés : chaque femme devra donc prendre des soins en rapport avec le trouble qu’elle éprouve au mo.ment où les règles arrivent, mais toutes devront éviter l’impression du froid d’une manière locale ou générale. Inutile d’ajouter que les rapports sexuels doivent être complètement abolis pendant cette période.

Quand, chez une femme régulièrement menstruée, le flux cataménial se supprime, ou bien cet état est déterminé par l’existence d’une grossesse commençante, pu bien cet accident est produit par l’une des causes que nous avons étudiée à l’article Aménorrhée. Dans le premier cas, la femme devra prendre soin d’éviter la fatigue, les courses en voiture, la trépidation du chemin de fer et en général toutes les causes qui peuvent irriter l’utérus ou ses annexes. Ce sera surtout au moment où devrait se produire l’époque menstruelle suivante qu’il faudra redoubler de soins et de précautions. Les femmes sujettes aux fausses couches devront prendre le lit résolument aussitôt après la suppression d’une époque et y séjourner jusqu’à ce que le moment où l’utérus a pris l’habitude de se débarrasser de son contenu est passé depuis plusieurs semaines (V. Grossesse).

Quand l’écoulement cataménial s’accompagne de violentes douleurs avec ou sans expulsion de portions membraneuses, on est en présence de ce que nous avons décrit sous le nom de dysménorrhée (Y. ce mot). Dr A. DE Soyre,

MENSTRUES. — (V. Menstruation.)

MENTAGRE. — (Y. Sy cosis.)

MENTALES (maladies). — (V. Folie.)

MENTHE POIVRÉE. — La menthe poivrée est une plante herbacée de la famille des Labiées/originaire de l’Angleterre où on la cultive en grand,

et très commune dans nos jardins, dont les feuilles et surtout les sommités fleuries ont une odeur aromatique forte, pénétrante, très agréable, une saveur chaude et piquante, bientôt suivie d’un vif sentiment de fraîcheur qui peut s’accompagner d’anesthesie momentanée, et sont douées de propriétés

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stimulantes et antispasmodiques, stomachiques et carminatives, qui les font employer dans les dyspepsies, les gastralgies, les coliques, les flatulences et le météorisme. Ces propriétés sont dues à une huile essentielle, qu’on en relire dans les proportions de 2 à 3 p. 100 et qui, refroidie à la température de 0°, laisse cristalliser un camphre particulier appelé menthol avec lequel on fabrique les crayons antimigraine.

On prépare avec la menthe des infusions, des pastilles, un alcoolat et de l’essence. Quelques gouttes d’alcool dans un verre d’eau constituent un excellent dentifrice. L’essence, mélangée à deux fois son volume d’alcool, versée sur une boulette de coton qu’on introduit dans la cavité d’une dent cariée, calme très manifestement la douleur - occasionnée par la carie.

On fait aussi avec la menthe une excellente liqueur de table dont voici la formule :

faire dissoudre sur le feu dans

Alcool. . .

Essence de menthe. .

agiter et filtrer au papier au bout de quelques jours.

MENTON. — Nom donné par les anatomistes à la région inférieure et médiane de la face, correspondante à la partie médiane du maxillaire inférieur. Cette région comprend différentes parties qui sont de dedans en dehors: 1° l’os maxillaire inférieur; 2° des muscles, qui sont le müscle. carré et la houppe du menton; 3° des artères, qui viennent des artères labiales, dentaire inférieure et sous-mentale ; 4° des nerfs, fournis par le nerf maxillaire inférieur et par la portion dure du nerf facial; 5° le tissu cellulaire assez dense et assez serré, qui admet peu de graisse; 6° la peau, plus épaisse que celle du reste de la face, recouverte, chez l’homme, de poils assez nombreux qui constituent la barbe. Un enfoncement assez etendu sépare le menton de la lèvre inférieure. Sa torme est très variable suivant les races et les individus; elle affecte la forme carrée, ronde ou plus ou moins allongée. Chez les individus doués d’un gros embonpoint, la graisse s’accumule sous le menton en si grande quantité, qu’ils ont l’air d’avoir plusimrs mentras, ce qui a fait dire à Boileau dans son Lutrin :

« Son menton sur son s

n descend à double étage,

S™if“ dont le mentou prfse"tait

Dr Paul Labarthe.

neîfteNvTu?iSTfo0N avERNALE de). — Menton est une ha*ita»ts, située dans le déthéâtre au bord f1Pes~Maritl«ies, bâtie en amphimétre^ W?'d^t amer’suruQebaiede 8 kilocan^Majtin^f h v 1 ?uest Par la colline allongée du P al est par les falaises du cap de Mur-

tola. Son climat très doux, puisque la moyenne de température annuelle y est de 16°, 1, celle de l’hiver de 9°, 4, celle du printemps de 44°, celle de l’été de 23° et celle de l’automne de 16°,9, et qu’il y a en moyenne 268 jours de soleil radieux par an, son climat très doux, dis-je, en fait une station hivernale légèrement supérieure à Nice et même à Cannes, pour les phthisiques, les scrofuleux et les rhumatisants. p. L. •

MENTONNIÈRE. — Nom donné par les chirurgiens à un bandage composé le plus souvent d’un mouchoir ou d’un foulard plié en long que l’on passe sous le menton et que l’on noue sur la tête, lorsqu’on veut maintenir des cataplasmes ou autres topiques sous le menton, sur les joues et sur les oreilles. p. l.

MÉNIANTHE. — Le ménianthe, appelé aussi tréjle d'eau , est une plante de la famille des Gentianacées, très commun dans les prairies humides et dans les endroits marécageux de l’Europe et de l’Asie centrale-, et qu’on trouve aussi dans les environs de Paris , dont les feuilles douées d’une saveur amère non astringente et d’une odeur désagréable, jouissent de propriétés toniques, stomachiques et fébrifuges. Ces feuilles servent à préparer des infusions, une teinture et un extrait alcoolique, qu’on administre contre la scrofule, le rachitisme, le s corbut et un certain nombre de maladies de peau, et qu’on a aussi employé pour combattre les fièvres intermittentes légères. Le ménianthe entre dans la composition du sirop antiscorbutique. p. l.

MÉPHITISME. — On donne ce nom à la viciation de l’air par la présenee de gaz impropres à la respiration , soit à cause de leur action délétère, soit à cause de leur odeur insupportable, quelle que soit d’ailleurs leur composition. Le méphitisme peut être produit par un grand nombre de causes : fosses d’aisances, égouts, marais, matières animales ou végétales en putréfaction, encombrement des casernes, des hôpitaux, vapeurs mercurielles, nitreuses, etc., qui se dégagent dans certaines industries, etc. P. L.

MER. — La mer est un immense amas d’eau salée qui couvre la plus grande partie du globe. La superficie totale du globe est évaluée à 5,100,000 myriamètres carrés ; celle des mers et des lacs à 3,700,000 myriamètres carrés, et celle des terres et des îles à 1,400,000 myriamètres carrés. D’après ces calculs, on voit que la mer forme à peu près les trois quarts de notre planète. Quant à sa profondeur elle est très variable. On donne en général à l’Océan Atlantique une profondeur moyenne de 1,000 mètres, et à l’Océan Pacifique de 4,000 mètres.- Ces mesures, on le conçoit, ne sont qu’approximatives, carie fond de la mer présente autant d’inégalités que la surface de la terre. « Si on veut, dit Buffon dans sa Théorie de la Terre, avoir une idée de la quantité énorme d’eau que contiennent les mers, on peut supposer une profondeur commune et générale de l'Océan, et en ne la faisant que de 200 toises, ou de la dixième partie d’une

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lieue, on verra qu’il y a assez d’eau pour couvrir le globe entier d’une hauteur de 600 pieds. » On peut affirmer, sans crainte de se tromper, que le grand naturaliste était bien au-dessous de la vérité, et ce n’est pas trop s’avancer que d'affirmer que la masse totale des eaux de la mer égale en moyenne une couche liquide qui aurait, 1,000 mètres d’épaisseur et qui couvrirait tout le globe.

Chacun veut voir la mer, « ce . pays des grands enchantements, » comme a dit Buffon. Quel spectacle plus imposant et plus grandiose en effet ! Avant d’y arriver, le voyageur la devine déjà ! Mais, pourquoi essayer unp description? J’aime mieux céder la plume au grand philosophe et au grand poète Michelet.

« L’introduction naturelle, le vestibule de l’Océan, qui prépare à le bien sentir, écrit-il dans son admirable livre « La Mer, » c’est le cours mélancolique des fleuves du Nord-Ouest, les vastes sables du Midi, ou ïes landes de Bretagne. Toute personne qui va à la mer par ces voies est très frappée de la région intermédiaire qui l’annonce. Le long de ces fleuves, c’est un vague infini de joncs, d’oserais, de plantes diverses, qui, par les degrés des eaux mêlées et peu à peu saumâtres , deviennent enfin marines. Dans les Landes, c’est, avant la mer, une mer préalable d’herbes rudes et basses, fougères et bruyères. Etant encore à une lieue, deux lieues, vous remarquez les arbres chétifs, souffreteux, rechignés, qui annoncent à leur manière par des attitudes, j’allais dire par des gestes étranges, la proximité du grand tyran, et l’oppression de son souffle. S’ils n’étaient pris par les racines, ils fuiraient visiblement; ils regardent vers la terre, tournent le dos à l’ennemi, semblent tout près de partir, en déroute, échevelés. Ils ploient, se courbent jusqu’au sol, et ne pouvant mieux, fixés là, se tordent au vent des tempêtes. Ailleurs encore, le tronc sè fait petit et étend ses branches indéfiniment dans le sens horizontal. Sur les plages où les coquilles, dissoutes, élèvent une fine poussière , l’arbre est envahi, englouti. Ses pores se ferman t, l’air lui manque ; il est étouffé, mais conserve sa forme et reste là arbre de pierre, spectre d’arbre, ombre lugubre qui ne peut disparaître, captive dans la mort même ! -

« Bien avant de voir la mer, on entend et on de vine la redoutable personne. D’abord, c’est un bruit lointain, sourd et uniforme. Et peu à peu tous les bruits lui cèdent et en sont couverts. On en remarque bientôt la solennelle alternative, le retour invariable de la même note, forte et basse qui de plus en plus roule, gronde. Moins régulière l’oscillation d’une pendule qui nous mesure l’heure. Mais ici, le balancier n’a pas la monotonie des choses mécaniques. On y sent, on y croit sentir la vibrante intonation delà vie. En effet, au momen t du flux, quand la vague monte sur la vague, immense, électrique, il se mêle au roulement orageux des eaux, le bruit des coquilles et de mille êtres divers qu’elle porte avec elle. Le reflux vient-il, un bruissement fait comprendre qu’avec les sables elle emporte ce monde de tribus fidèles et le recueille en son sein.

« Que d’autres voix elle a encore ! Pour peu qu’elle

soit émue, ses plaintes et ses profonds soupirs contrastent avec le silence du morne rivage. Il semblé se recueillir pour écouter la menace de celle qui je flattait hier d’un flot caressant. Que va-t-elle bientôt lui dire ? Je ne veux pas le prévoir. Je ne veux point parler ici des épouvantables concerts qu’elle va donner peut-être, de ces duos avec les rocs, des basses et des tonnerres sourds qu’elle fait au fond des cavernes, ni de ces cris surprenants où l’on croit entendre : au secours !...

«Aux premières visites qu’on fait à la plage, l’impression est peu favorable. C’est monotone et c’est sauvage, aride. La grandeur inusitée du spectacle fait, par contraste, sentir qu’on est faible et petit ; le cœur est un peu serré. La délicate poitrine qui respirait dans une chambre, et qui tout à coup se trouve en cette chambre de l’univers, au soleil et au grand vent, éprouve de l’opression... Tout cela changera. Affermissez-vous. L’impression sera tout autre, lorsque, connaissant mieux la mer, vous lq sentirez si peuplée. La contriction pénible que vous sentez à la poitrine disparaîtra par l’habitude.

Il faut se faire à cet air frais, mais salé et âpre, qui ne rafraîchit nullement. Il faut s’y faire-lentement, ne pas vouloir expressément l’aspirer. Peu à peu, ' n’y songeant plus, dans, les reço.ins . abrités, en jouant avec votre enfant, .vous respirerez librement et vous vous dilaterez...

« Pour entrer en relation sincère avec la mer, les grandes plages sablonneuses sont bien les plus commodes. Elles permettent des promenades infinies. Elles laissent rêver. Elles souffrent entre l’homme et la mer, des épanchements mystérieux. Jamais je ne me suis plaint de ces vastes et libres arènes où d’autres trouvent un grand ennui. Je ne m’y trouve pas seul. Je vais, je viens, je le sens. Iî est là le grand compagnon. Pour peu qu’il ne soitpas trop ému, de mauvaise humeur, je me hasarde, à lui parler, et il ne dédaigne pas de répondre. Que de choses nous nous sommes dites aux paisibles mois où la foule est absente sur les plages illimitées... C’est là qu’en un long tête-à-tête, quelqueintimité s’établit. On y prend comme un sens nouveau pour comprendre la grande langue!.. .>>

Mais j’arrête ici mes citations. Il faudrait le transcrire en entier ce livre admirable de l’illustre écrivain dont le beau talent a jeté tant d’éclat tour à tour sur la poésie, la philosophie et l’histoire ! Je ne puis que vous conseiller de le lire et de le relire. Quand vous aurez lu La Mer, lisez : Les Travail leurs de la Mer de notre immortel poète national,. Victor Hugo, vous y trouverez des descriptions magistrales de la mer calme et de la mer gonflée par la tempête, dignes de son génie: Les Derniers Bretons, de Souvestre, le Pasteur du Désert, de Pelletan 1 Histoire de Rose Duchemin par elle-même, de Alphonse Karr, la Normandie inconnue, de François* Victor Hugo; ces livres vous initieront aux mœurset aux habitudes des pêcheurs, des marins et des habitants des côtes. Lisez-les surtout lorsque vous serez au bord du rivage, assis à l’ombre d’un rocher, sur le sable, avec la mer devant vous, car alors 1 impression du milieu viendra s’ajoutera celle du livre, et votre jouissance sera doublée.

Des bains de mer en général. — Sans chercher à

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faire l’historique des bains de mer, nous pouvons dire cependant que leur usage remonte aux temps les plus, reculés. On sait que les romains opulents poussaient le luxe jusqu’à faire venir, — pensez à quels frais • — les eaux mer Morte à Rome,

comme étant les plus riches en principes salins. Le nassage suivant, emprunté a Pline, le naturaliste, prouvent que les médecins ordonnaient les eaux de la mer à l’intérieur : « Aquam maris e fficaciorem, disculiendis tiimoribus putant medici quidam, et auartanis dedere eam bïbendam intenesmis. » Enfin, on peut lire dans Sénèque le passage dans lequel, parlant de son arrivée aux bains de mer d’Ostie, il s’écrie qu’il devient, « haud aliter quam mures qui ferrum edunt », comme les rats qui mangent le fer lui-même i Façon pittoresque d’exprimer à quel point l’air et les eaux de la mer lui ont ouvert , l’appétit.

En France, les bains de mer n ont commence a être employés, comme méthode de thérapeutique réglée, que dans les premières années de ce siècle. Vers 4812, en effet, parut la traduction de l’ouvrage anglais de Buchan : Observations pratiques sur les bains d'eau de mer. Depuis cette époque, Gaudet, Lecœur, Viel, Pouget, Auber, Quissac, Roccas, Claparède, Rochard, .Carrière, Fonssagrives, Brochard, Bertillon, Dutroulau, etc.,’ ont publié leurs recherches et leurs travaux sur ce sujet, et ont ainsi éclairé cette importante question, et la vogue des bains de mer a toujours été croissant, tant et si bien, qu’ aujourd’hui les personnes bien portantes s’y rendent au moins en aussi grand nombre que

Pour bien comprendre l’action des bains de mer, il faut connaître l’eau de mer, ses caractères, sa composition, son action physiologique et. thérapeutique. Nous allons donc les étudier successive ment.

Caractères de l’eau de • mer. — Les caractères que présente l’eau de mer peuvent être divisés en deux grandes classes : 1° les caractères physiques ; 2° les caractères chimiques.

1° Caractères physiques. — Parmi les principaux caractères physiques de l’eau de mer qui frappent nos sens, et que nous allons passer en revue, nous signalerons sa couleur, son odeur, sa saveur, sa densité, sa température, sa phosphorescence et son flux et reflux qui constitue la marée.

Couleur. — Transparente et incolore lorsqu’on 1 observe en petite quantité, dans un creux de rocher ou dans un verre, l’eau de la mer présente une belle couleur verte dans les vagues et paraît bleue ou noirâtre au large. Ces variations tiennent bien moins a la mer elle-même qu’à certaines circonstances particulières à son bassin ou à l’atmosphère. Ainsi la couleur bleue qu’elle présente au large, dans des endroits profonds et par un ciel serein, s éclaircit a mesure qu’on la regarde plus près du rivage et dans des endroits peu profonds, et devient bleue noirâtre en pleine mer par les temps agités. Cette coloration, qui, hâtons-nous de le dire, n’est qu apparente, tient comme celle de l’atmosphère à C^qae -If rayons ^Met, indigo et bleu étant très refrangibles et facilement absorbés par l’eau, sont renvoyés en plus grande quantité par ce liquide.

Odeur. — L’odeur de la mer est une odeur sut generis qui paraît due principalement à la présence des matières organiques, animales ou végétales, qu’elle tient en décomposition. Cette odeur n’a pas toujours la même intensité, et l’observateur attentif remarquera facilement que celle-ci varie suivant l’heure du jour, l’état de l’atmosphère et la nature de la plage. C’est ainsi qu’il la trouvera plus grande le matin que pendant le reste de la journée, par un temps agité que par un temps calme, sur une plage à galets recouverts de varechs que sur une plage sablonneuse.

Saveur. — L’eau de mer, bue à flot sur le rivage, a une saveur salée, amère et nauséabonde due à la présence de sels de soude et de magnésie qu’elle tient en dissolution en quantités notables, et à l’accumulation des matières animales et végétales de nature diverse qu’elle renferme dans un état plus ou moins complet de putréfaction. S’il faut en croire Sperman, cette saveur diminue d’intensité à mesure qu’on puise l’eau plus profondément, et à une profondeur de 60 à 70 toises, celle-ci est à peu près insipide.

Densité. — Toujours supérieure à celle de l’eau ordinaire, la densité de l’eau de mer varie suivant sa richesse de minéralisation, les lieux et la profondeur d’où on la tire. D’après Marsigli elle serait un peu moindre et atteindrait, toujours en moyenne, 1,0272.

Température. — La température de l’eau de mer est beaucoup moins variable que celle des lacs, des fleuves et des rivières. On attribue ce phénomène à la densité de l’eau d’une part, et d’autre part à sa surface plane, à ses ondulations et aux phénomènes constants du flux et du reflux. Elle est cependant loin d’être toujours semblable et varie suivant les saisons, les heures, les localités, les vents, la profondeur, etc.

D’après Gaudet, qui a étudié ses variations pendant dix années consécutives, aux mois de juillet, août et septembre, elle s’élèverait progressivernent de trois ou quatre degrés pendant le mois de juillet, resterait stationnaire pendant le mois d’août (presque indépendante des variations tbermométriques de l’atmosphère qui peuvent être de 7° et plus dans la même journée), et diminuerait pendant le mois de septembre, graduellement, comme elle avait augmenté en juillet. D’après Auber, elle s’élève progressivement de 4° à 5° à dater du 15 juin jusqu’à la fin de septembre. Elle est environ de 18° centigrades au mois de juin, et il n’est pas rare qu’elle s’élève à 20° et même à 25° durant les mois de juillet et de septembre.

La température de la mer, avons-nous dit, varie aussi suivant les heures du jour. Ce fait est facile à constater, et le baigneur attentif, qui passe une saison au bord de la mer, sait bien que 1 eau est plus froide le matin que le soir. A partir de midi, sa température s’élève sensiblement, surtout lorsque la mer monte à ce moment-là et qu elle vient s’étendre sur une plage sablonneuse réchauffée par les rayons d’un soleil ardent.

Quant aux localités, on conçoit combien doit être manifeste leur influence sur la température, et tout le monde sait que celle-ci diminue de l’équateur au

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pôle, et s’élève plus vite sur le littoral qu’en pleine mer. Ainsi, pour ne parler que., des mers qui baignent nos côtes, sur la côte de la Manche, à Dieppe, la température moyenne de la mer, pendant les trois mois d’été, est de 18° centigrades; ses extrêmes de 15° en juillet et de 20° en août, chiffres ronds, ainsi que l’a constaté le docteur Dutrouleau. Dans la Méditerranée, à Cette, sa moyenne est de 22° ; elle ne descend pas au-dessous de 18° et monte fréquemment au-dessus de 28°, à la marée montante, quand le sable s’est échauffé. Dans le bassin d’Arcachon, sa moyenne est de 20°, 7, son minimum de 18°, son maximum de 25°; le sable échauffé par le soleil la fait aussi monter de 3° à 5° au moment du flot.

Au nord comme au sud, les vents font varier sensiblement les chiffres que nous venons de donner. Ainsi, Dutroulau a observé que, par les vents pluvieux du nord-ouest et du sud-ouest, la mer baisse de 2°, 5 en une nuit ; par les vents de l’est au sud, elle s’échauffe et peut monter d’un degré d’un jour à l’autre. A Cette, par la violence des vents du nord, M. Vieil a vu la température de la mer baisser de 6, 8 et 10 degrés, tandis qu’elle s’élève proportionnellement par les vents du sud.

La température de la mer est aussi plus élevée à la surface de la mer qu’à une certaine profondeur. Ainsi, d’après le capitaine Sabine, l’eau de l’Qcéan marquait 28° centigrades à la surface et seulement 7°, 5 à 1833 mètres de profondeur. Cette observation confirmée par Aimé, de Humboldt, William, etc., permet de supposer que les abîmes les, plus profonds des mers, de même que les somméts des plus hautes montagnes, sont éternellement glacés.

Phosphorescence. — Tous les navigateurs ont observé maintes fois ce phénomène si remarquable et si somptueux de la phosphorescence de la mer. La nuit, autour des navires, et particulièrement, à la poupe, dont la marche occasionne des bouillonnements, des remous et des tourbillons, on voit se produire au sommet des vagues de nombreuses étincelles lumineuses qui augmentent d’intensité au moment où les vagues supérieures retombent en s’ouvrant ou en glissant sur les vagues inférieures. Le sillage que laisse après lui le navire se dessine longtemps sous la forme d’une espèce d’écume nacrée, qui lui donne de loin l’aspect d’une brillante étoffe d’argent. Mais il n’est pas besoin de faire de longs voyages en mer pour observer la phosphorescence, on peut aussi la constater sur la côte. En effet, chaque nuit dans nos parages, surtout quand le vent du nord souffle, la mer est frappée de petites lueurs verdâtres et opalines, qui forment en se confondant comme des traînées de punch ardent. Toutefois, il n’y a guère que les parties agitées, telles que le sommet des vagues et les flancs de l’eau frappée soit par le choc des rochers ou des rames, qui présentent ce phénomène à un degré très marqué.

Quelle est la cause de cette phosphorescence? Rien n’est aussi difficile à déterminer. Chacun a donné la sienne. Les uns ont dit : La phosphorescence est seulement le résultat de phénomènes électro-magnétiques qui se produisent à la surface de l’eau, et qui sont eux-mêmes les résultats des

frottements qui s’exécutent dans l’eau par la rencontre des courants et par la pression directe et sans cesse accidentée de l’atmosphère. Les autres l’ont attribuée à une sorte de combustion chimique particulière aux matières organiques végétales et animales en décomposition et semblable à celle qui s’opère sur le bois mort et sur le poisson pourri Quatrefages, Littré et Robin attribuent la phosphorescence des eaux de la mer à la lumière phosphorescente que dégagent des myriades de noctilocula miliaris, à chaque contraction volontaire ou déterminée par une irritation quelconque.

Flux et reflux. — Marée. — Le grand phénomène des oscillations, c’est-à-dire du flux et du reflux, qui a lieu d’après des lois invariables, n’est pas moins intéressant à étudier que celui de la phosphorescence. 11 est de plus, au moins aussi imposant, et pour notre part, nous devons à la vérité, d’avouer que la première fois que nous l’avons observé à Granville, ce n’a pas été sans ressentir une sorte de frayeur, à laquelle assurément aucun homme ne peut se soustraire. Nous trouvons dans Quinte- Curce une description de l’effroi qu’éprouvèrent les soldats d’Alexandre lorsqu’ils furent témoins pour la première fois, à l’embouchure de l’Indus, du phénomène du flux et du reflux, si peu sensible dans les mers de la Grèce. Il termine sa

narration par cette phrase qui dépeint parfaitement le phénomène de la marée et l’étonnement qu’il occasionna dans l’armée du grand général : « ünde tantum redisset subito mare ? quo pridie refugisset ? quænam esset ejusdem elementi natura, modo discors, modo imperio temporum obnoxia mirabundi requirebant. »

La mer dans son mouvement d’oscillation perpétuelle, s’élève et s’abaisse alternativement deuxfois en vingt-quatre heures, envahissant et délaissant tour à tour la plage. C’est ce grand phénomène vital qu’on nomme marée. Voici comment il s’accomplit. La mer monte graduellement pendant six heures ; elle reste à peu près un quart d’heure stationnaire, puis elle redescend pendant six heures pour recommencer le même mouvement après un quart d’heure de repos, et ainsi de suite. La mer montante constitue le flux et la mer descendante le reflux. La mer est pleine ou haute lorsqu’elle est arrivée à son plus haut degré d’élévation ; elle est basse lorsqu’au contraire elle esparvenue à son niveau le plus bas. La mer sur certaines plages se retire très loin ou découvre beaut

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plages, elle ne s’éloigne qu’à une faible distance ou découvre peu. Dans quelques localités, le flux avance et se retire lentement ; dans d’autres localités, au contraire, il avance et se retire avec une très grande rapidité. Ainsi dans la baie de Cancale, par exemple, il s’opère deux fois en vingt-quatre heures, une différence de six mètres de hauteur dans le niveau de la mer; dans les grandes marées de Saint-Malo et de Granville, la différence est de H T et au Mont-Saint-Michel, la différence est de 15 métrés, et un cheval au galop peut à peine lutter de vitesse avec le flot quand la mer 2°n.ï àDanS ^ Méditeri’anée, au contraire, la ma-

ree est a peine sensible.

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Sous quelle influence se produisent les marées ? Une foule d’hypothèses ont été émises pour expliquer ce flux et ce reflux quotidien de la mer. Les anciens soupçonnèrent l’existence de la lune, car ils avaient remarqué la concordance des fluctuations de la mer avec les mouvements de cet astre. Pline, le naturaliste, soupçonna l’influence simultanée du soleil et de la lune puisqu’il écrivit: æstus maris causam habent in luna... » et ailleurs : «avidnm sidus secum trahit haustus maria. » Mais ses explications sont vagues et très incomplètes. G’est à Kepler que revient le mérite d’avoir reconnu le premier que la principale cause des fluctuations de la mer était l’attraction exercée par la lune sur les eaux, et au génie de Newton d’avoir prouvé l’harmonie parfaite de cette théorie avec les lois générales de la gravitation universelle. En effet, en déduisant les conséquences du principe posé par Kepler, l’illustre savant anglais démontré que le phénomène de la marée était dû à l’attraction exercée par les corps célestes, laquelle agit toujours en raison directe des masses et en raison inverse des distances, et il expliqua ainsi pourquoi les marées se forment à la fois sur les deux côtés de la terre qui se trouvent diamétralement opposés à la lune.

Mais,, nous n’avons pas à faire ici un traité de météorologie. Aussi serons-nous sobres de détails, renvoyant le lecteur aux ouvrages spéciaux. Pour nous, médecins, il nous suffit desavoir que lorsque la lune est pleine, le soleil et la lune se trouvant dans le même méridien, les forces attractives de ‘ ces deux astres agissent dans le même sens,, et les marées sont plus fortes ; lorsque, au contraire, la lune est dans son dernier quartier, le soleil et là lune n’étant plus dans le même méridien, leurs forces attractives agissent en sens inverse et les marées sont alors plus faibles. Autrement dit : les marées les plus hautes ont lieu a la pleine lune et les plus basses aux nouvelles lunes. Mais comme d’un autre côté les forces attractives du soleil et de la lune, qui agissent tantôt dans le même sens et tantôt en sens contraires, varient suivant que ces deux astres sont plus ou moins rapprochés de la terre, il en résulte encore que les plus grandes marées ont lieu aux pleines lunes des équinoxes, aux mois de mars et de septembre.

Enfin, notons en terminant deux points intéressants : les marées ne se produisent pas sur nos cotes au moment même où le soleil et la lune exercent leur action sur les eaux de la mer; elles suivent en général de 36 heures le moment réel des phases astronomiques. Le retard qu’éprouve chaque jour la marée est dû à la différence qui existe

ta® JT Solaire et le lunaire. Le premier est üe 24 heures et le second de 22 heures 50 minutes environ. La marée retardera donc chaque jour de 50 minutes.

Inutile d’ajouter que les vents, les courants, la

ature et la déposition des plages, des falaises, des et nUne foule d’autres actions locales nno fl SUr les marées> aux environs des côtes, une influence modificatrice.

2° Caractères chimiques. 1- L’eau de mer est une n?£/SrnUeUement m'nérale, dont les principes mmeralisateurs atteignent des proportions très

fortes. Elle appartient par sa composition chimique à la classe des eaux chlorurées sodiques fortes. Cette composition chimique a été l’objet des recherches d’un grand nombre de chimistes habiles, et cependant on peut dire qu’elle n’est pas exactement et complètement connue. M. Forchhammer a, signalé dans l’eau de mer la présence de trente et un éléments, en y comprenant les gaz qu’elle tient en dissolution. Parmi ces corps, un certains nombre de métaux, tels que l’argent, le cuivre, le plomb, le zinc, le cobalt, le nickel, n’ont été rencontrés que dans les cendres des plantes fucoïdes qui, végétant au sein de la mer, les avaient évidemment empruntées à l’eau. On a signalé aussi dans l’eau de mer la présence du lithium, du cæsium et du rubidium. Les substances dominantes sont les chlorures de sodium, de potassium et de magnésium, les sulfates de magnésie et de chaux, les carbonates de magnésie, de chaux et de potasse, les bromures et les iodures.

Indépendamment des substances que nous venons d’énumérer, l’eau de mer renferme encore une autre substance signalée par Bory de Saint- Vincent sous le nom de mucosité de la mer. « Cette substance organique des eaux de mer, disent Littré et Robin, est analogue à certaines substances coagulables des êtres vivants, mais on ne Sait encore si elle est azotée ou analogue aux mucilages.. » Elle concourt à donner à la peau une onctuosité légère qu’elle offre tant qu’elle est mouillée, effet que ne produisent ni les eaux de rivière, ni les eaux potables. Cette substance est-elle une exudation des algues, vient-elle des animaux ou des. végétaux morts, devenus liquides et solubles par la putréfaction? C’est ce qu’on ne sait pas. Quoi qu’il en soit, elle se putréfie très rapidement et devient cause de l’odeur félide que répand l’eau de mer lorsqu’elle a séjourné quelques jours dans un vase, abandonnée à elle-même.

La composition chimique de l’eau de mer présente des variations qui trouvent leur raison d être dans le climat, la latitude, le voisinage des côtes, les cours d’eau, etc., et dans bien d’autres causes encore dont on ne détermine pas bien la nature. Toutefois sur nos côtes, la proportion de ses principes ne diffère pas au point de constituer un changement notable dans son action minérale.

Le tableau suivant nous donne lès résultats obtenus par Schweitzer et Laurens, dans leurs analyses des eaux de la Manche et de la Méditerranée.

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