‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 96 sur 289 · MEM · texte numérisé non relu

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Le melon, lorsqu’il est bien mûr et de bonne qualité, constitue un. aliment très savoureux et très recherché pour la délicatesse de sa chair sucrée, la finesse de son parfum et ses propriétés rafraîchissantes, mais il est très froid, indigeste à cause de la grande quantité d’eau de végétation qu’il contient, et provoque souvent de la diarrhée et des indigestions. Aussi faut-il le manger, non pas au dessert et saupoudré de sucre, comme on le fait dans certains pays, mais de préférence au commencement du repas, relevé avec un peu de sel et de poivre, et avoir soin de boire, immédiatement après, quelques gorgées de bon vin pur et généreux. Les convalescents, les individus dont les digestions sont laborieuses, les gastralgiques et ceux qui sont atteints de dyspepsie flatulente feront bien de s’en abstenir, ainsi que les femmes pendant la période menstruelle.

Dans le public, .on dit que le melon est fiévreux; on croit qu’il peut disposer à la fièvre ou la ramener. Rien ne justifie cette croyance.. On a aussi attribué à ce fruit une action très manifeste contre la gravelle. Ségalas a soutenu cette opinion, mais sans apporter d’observations précises a 1 appui. Enfin les semences du melon, mêlées à celles de calebasse, de concombre et de pastèque, réduites en pâte et mélangées avec de l’eau, servaient a préparer une émulsion tempérante et sédative., dont la médecine a depuis longtemps abandonne l’usage. L>r Paul Labarthe.

MELON D’EAU, — (V. Pastèque.)

MEMBRANE. — Nom donné d’une manière générale, en anatomie, aux divers organes ou parties d’organes, qui se présentent sous une forme large, aplatie, mince, souple et dilatable , de couleur blanche, grise ou rougeâtre, variables dans leur structure, qui sont destinés à sécréter certains fluides ou à envelopper d’autres organes. On distingue trois espèces de membranes : les muqueuses , les séreuses et les fibreuses (V. ces mots).

En médecine, on donne le nom de fausses membranes à celles qui se développent accidentellement, sous une influence morbide, comme dans le croup (V. ce mot).

Enfin les accoucheurs appellent membranes les enveloppes de Yœuf (V. ce mot). p- L-

MEMBRE. — On donne ce nom en anatomie aux quatre appendices du tronc, qui sont : les deux membres supérieurs ou thoraciques formés chacun par le bras, l’avant-bras et la main, et les deux membres inférieurs ou abdominaux formés chacun par la cuisse, la jambe et le pied. Les quatre membres sont rattachés au tronc par des articulations.

On donne souvent le nom de membre viril a la verge ou pénis chez l’homme. P- d.

MÉMOIRE. — La mémoire est une fonction double du cerveau qui consiste d’abord à conserver puis à reproduire les faits, les idées, les pensées de toute sorte dont nous avons eu conscience, et les impressions et les images des objets dont nos sens Dictionnaire populaire de Médecine usuelle

nous ont donné la notion. Sous l’influence de cer" taines maladies, la mémoire peut être abolie ou considérablement affaiblie (Y. Amnésie .) p. L.

MENDICITÉ (dépôts de).— Assistance publique. — Les dépôts de mendicité paraissent avoir été créés pour la première fois en 1662, organisés par une déclaration du régent du 23 mars 1720, complétés par un arrêt du conseil du 21 septembre 1767. Leur suppression fut prononcée par la loi du 24 vendémiaire an IL Ils ont été rétablis par le décret du 5 juillet 1808.

Ce décret indiqua les mesures a prendre pour la création, dans chaque département, d’un dépôt de mendicité destiné à la réclusion des individus valides ou invalides que l’on arrête pour cause de mendicité. Malgré ces prescriptions s’étendant à tous les départements, on ne compte actuellemen que 36 dépôts de mendicité, la plupart communs à plusieurs départements.

Les dépôts de mendicité sont des maisons de travail dépendant du service de l’assistance publique et non des établissements pénitentiaires. Leur double but est d’assurer un asile au mendiant et de le contraindre au travail. L’envoi à ces dépôts n’est point une peine, mais une simple mesure de police.

Il est ordinairement pourvu aux dépenses d’entretien des dépôts de mendicité, qui constituent des établissements départementaux, au moyen : 1° de la portion du produit des travaux des individus qui v sont reclus; 2° des fonds que les conseils generaux allouent sur leurs centimes facultatifs; 3» des subventions que les communes sont autorisées a fournir; 4° du produit des souscriptions particu-

' Ces établissements sont placés sous la surveillance du préfet. Leur organisation administrative diffère peu de celle des établissements publics daliénés. Un directeur salarié dirige toutes les parties du service; une commission gratuite surveille son administration; un receveur effectue les recettes et

^Les mendiants sont répartis dans les dortoirs, de manière que les valides soient sépares des infirmes et des septuagénaires. Les femmes et les enfants au dessous de 16 ans sont placés dans des locaux distincts et séparés. . , , . .

Il y a dans chaque dépôt trois especes de régimes

aKmentaires : ^

“1° Le régime des mendiants qui, étant en état ne validité, refusent de travailler, ou qui se renden coupables d’inconduite et d’insubordination ;

V Le trégime des mendiants travailleurs, des mendiants septuagénaires et des in d’état de travailler; .

3“ Le régime des malades a 1 mfiMtmne.

“Le service de santé est confie a un médecin et a un chirurgien- il y. a de plus un pharmacien pour la’tenuede’la pharmacie, la préparation et la drs-

,riïS "pSé et la salubrité son, placées

Tesdlpr^m^i^o-e nous Pavons dit des maisons de travail, il existe, dans l’établLsèment, des ateliers de différente genres de

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travaux convenables au sexe, à l’âge et à la force des mendiants. Trigant de Beaumont.

MÉNINGES. — Nom collectif donné par les anatomistes à l’ensemble de trois membranes ( duremère , arachnoïde, pie-mère (Y. ces mots), qui enveloppent le cerveau , le cervelet et la moelle épinière, les protègent, les soutiennent et les séparent de la boîte osseuse. p. l.

MÉNINGITE. — On donne le nom de méningites aux inflammations des enveloppes des centres nerveux, encéphale et moelle épinière. Il convient d’admettre plusieurs variétés de méningites : méningite cérébrale, méningite rachidienne , méningite cérébro-spinale.

1. Méningite cérébrale. — Elle comprend deux espèces distinctes : A. la méningite simple, c’est-àdire l’inflammation .de Yarachnoïde et de la piemère ; B. la méningite tuberculeuse, dans laquelle l’inflammation est occasionnée par la présence de granulations tuberculeuses.

A. Méningite simple. — Elle peut être aiguë ou chronique.

1° Méningite simple aiguë. — La méningite simple aiguë est l’inflammation aiguë de l’arachnoïde, du tissu cellulaire sous-archnoïdien et de la pie-mère. Elle se présente dans deux conditions différentes.

1° Elle est primitive, indépendante de tout état morbide antérieur; c’est dans ce groupe que nous rangeons les cas assez rares de méningites survenues sous l’influence.de l’insolation, de veilles prolongées, d’excès alcooliques.

^ 2° Elle est secondaire, c’est-à-dire qu’elle survient à la suite de traumatismes, de nécrose des os du crâne, d’otites, d’érysipèle du cuir chevelu ; dans ce cas elle coïncide fréquemment avec une inflammation du tissu cérébral qu’elle recouvre (méningoencéphalite). Elle peut encore se manifester dans le cours de certaines maladies dont les principales sont le rhumatisme et l’albuminurie.

Les lésions anatomiques consistent en une altération des tissus enflammés et en une sécrétion de produits morbides.

L’arachnoïde est épaissie, inégale et tomenfeuse, la pie-mère est hyperémiée, il en est souvent de même de la substance cérébrale qu’elle recouvre et à laquelle elle devient plus adhérente, les veines qui rampent à la surface du cerveau sont gonflées et turgescentes.

Les troubles de sécrétion les plus remarquables consistent dans la production d’un épanchement séro-purulent ou même purulent qui se mêle au liquide arachnoïdien et distend la cavité des ventricules, et dans l’accumulation de dépôts fibrineux qui, sous forme de flocons ou fausses membranes, s’accumulent sur la pie-mère, autour de l’origine des nerfs crâniens, etc.

La méningite simple a un ‘début très net, très franc ; par exception seulement elle peut être précédée durant quelques heures d’agitation, de vertiges et de mal de tête. Son évolution comprend deux phases: 1° une phase d’excitation; 2° une phase de dépression.

1° Phase d’exitalion. — Les symptômes que pré¬

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sentent, au début, les malades atteints de méningite franche expriment l’état de surexcitation dans lequel se trouve l’encéphale au contact des membranes enflammées ; ce sont : de la fièvre, de là céphalalgie et des vomissements, du délire, des convulsions et des contractures.

La fièvre s’annonce moins par la fréquence du pouls, qui peut cependant dans cette phase dépasser cent pulsations, que par l’élévation de la température qui atteint 40° et ne présente qu’une rémission insignifiante, le matin ; elle peut encore avoir un petit frisson initial : le regard a un aspect brillant et animé: de toutes les inflammations intracrâniennes , la méningite franche est celle qui détermine la fièvre la plus forte.

La céphalalgie est opiniâtre, extrêmement violente, elle occupe souvent le front ou la tempe, rarement toute la tête ; tout l’exaspère, le bruit, la lumière, les mouvemenls, etc. Elle s’accompagne presque aussitôt de vomissements bilieux ou alimentaires, ces vomissements qui sont constants .surviennent par action réflexe.

Délire. — Le délire peut être calme, mais dans la méningite franche il est d'habitude très violent ; le malade devenu furieux ne peut être, maintenu que par des liens ou par la camisole. de force,

Convulsions. — Contractures. — Les convulsions cloniques ou toniques (contractures) peuvent occuper un point quelconque du corps et leur diffusion constitue par elle-même un symptôme important ; les convulsions, des muscles du visage se traduisent par du strabisme, un clignotememt des paupières et les grimaces les plus variées qui donnent à la physionomie un aspect bizarre et sardonique, etc. Les mâchoires sont fortement fermées (trismus), la tête est inclinée sur l’une ou l’autre épaule, quelquefois renversée en arrière. Les membres sont convulsés et contracturés de façons diverses. Dans le domaine des muscles organiques, ont peut observer de la dysphagie, une certaine gêne dans la respiration, de la constipation et de la rétention d’urine.

z Fhase de dépréssion. — L’excitation générale dont nous venons de parler fait graduellement placé à une dépression profonde, les convulsions et les contractures se transforment en résolution et en paralysie, le malade, qui était en proie à un délire violent et qu’on maintenait difficilement, tombe dans la somnolence et le coma. Cette transformation dans les symptômes est graduelle; lorsqu’elle est complètement effectuée, le malade est plongé dans la stupeur, tous ses membres sont dans le relâchement, la pupille dilatée, les sphincters paralyses, la respiration lente et stertoreuse, le pouls très lent, mais la fièvre continue, ainsi que le démontre 1 élévation permanente de la température, qui se maintient à 40 degrés.

La méningite est presque constamment mortelle ; la mort, presque foudroyante, peut arriver en deux ou trois jours, avant la venue des phénomènes de dépréssion ; dans d’autres cas, la phase d’excitation est si courte, si peu accentuée, qu’elle passe inaperçue. La durée pourrait en moyenne, être évacmua l?1ne semaine 5 la guérison n’est pas impossible, elle a ete plusieurs fois obtenue.

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Au début, le diagnostic peut être difficile; cepen- Prodromes. — Les plus importants consistent dant, sauf l’encéphalite aiguë, qui présente à peu en : changement dans le caractère de l’enfant, il est près tes mêmes caractères et qui d’ailleurs coexiste triste, pleure sans motifs, maigrit, perd ses coudés fréquemment avec elle, tes autres affections s’en leurs et son entrain ; tes prodromes peuvent durer distinguent aisément ; ainsi l’alcoolisme aigu, l’épi- plusieurs semaines.

lepsie, l’urémie, ne présentent pas l’élévation de Phase d'excitation. — Le début de la maladie est température que l’on constate dans la méningite, caractérisé par trois symptômes principaux : la cé-

Les fièvres, telles que fièvre typhoïde, fièvre palu- phalalgie, tes vomissements et la constipation, déenne, etc., s’en distinguent par leurs caractères Céphalalgie. — Elle est vive, frontale, continue spéciaux. Nous verrons plus loin comment on peut avec redoublement, l’enfant pousse des cris aigus, distinguer la méningite simple de la méningite il redoute la lumière, repousse les caresses, soutuberculeuse. vent il grince des dents, renverse la tête en ar-

Le traitement doit être très énergique et institué rière, est agité de mouvements convulsifs, de con-

nmédiatement. Suivant la vigueur du sujet

prescrira une saigne*

a bras ou l’on se bornera à fréquènt.

tractures, parmi lesquelles 1e strabisme est surtout

appliquer des sangsues derrière tes oreilles; on administre des purgatifs, on établit d’une façon permanente de la glace sur la tête, on peut même la raser et y appliquer un large vésicatoire. . On recommande l’emploi du calomel à dose fractionnée, de façon à produire râpidemént la salivation et même les onctions mercurielles sur la face interne des cuisses dans 1e but de hâter 1e résultat.

Les vomissements et la constipation paraissent être, comme la céphalalgie, sous la dépendance de l’irritation du cerveau et du bulbe. Les vomissements ont lieu sans nausées, à jeun, ils se reproduisent plusieurs fois par jour. La constipation est opiniâtre.

La fièvre est constante, elle offre 1e soir une exacerbation très marquée qui lui donne un type lé-

1 Méningites cérébrales chroniqut

ningites cérébrales chroniques sont du domaine de l’aliénation mentale ; en effet, chez la plupart des déments on constate des épaississements partiels de la pie-mère et de l’arachnoïde, ces membranes adhèrent entre elles et avec la substance cérébrale. La lésion anatomique caractéristique de la maladie

Les mé- gèrement rémittent, la température ne dépasse naine de guère 39°. Le pouls est irrégulier, un peu fréquent, ipart des il ne présente pas encore la lenteur si remarquable artiels de de la deuxième période. Cette période d’excitation, mbranes dont la durée varie de quelques heures à une ou érébrale. deux semaines, est souvent suivie d’une rémission

désignée sous 1e nom de paralysie générale consiste poir constan dans un épaississement des méninges qui adhèrent Phase de à la surface du cerveau, surface qui présente elle- ralentissent même tes altérations spéciales d’une paralysie rature, par . chronique. calme que c

On a vu, en dehors de la démence et de la para- convulsions, lysie générale, des méningites chroniques localisées lade tombe 1 dans certains points de l’encéphale et au niveau du missements bulbe; ces méningites se développent sous Fin- en bateau, ]

fluence de la syphilis ou de l’alcoolisme ; leurs dyspnée de symptômes- principaux consistent en céphalalgie, Ces phém vertiges et surtout en désordres fonctionnels dans peau se cou la sphère d’action des nerfs bulbaires. se congestic

Enfin, sur 1e pourtour d’une carie, d’une nécrose ment ou au ou d’une altération quelconque des os du crâne, La durée les méninges peuvent être chroniquement enflam- passe guère

maladie passagère qui donne aux parents un moment d es¬

poir constamment déçu.

Phase de dépression. — Elle s’annonce par le ralentissement du pouls et l’élévation de la température, par 1e délire qui est généralement plus calme que celui de la méningite franche, par les convulsions, tes raideurs, tes contractures. Le malade tombe bientôt dans un état comateux, les vomissements cessent, le ventre s’aplatit, se rétracte en bateau, la sensibilité se perd, il survient une dyspnée de fâcheux augure.

Ces phénomènes font des progrès continus, la peau se couvre de sueurs visqueuses, tes poumons se congestionnent et 1e malade succombe lentement ou au milieu d’un accès d’éclampsie.

La durée de la maladie est variable, mais ne depasse guère vingt et un jours. La terminaison est à

; ces lésions souvent latentes peuvent se tïa- peu près constamment Male. , .

imre par de la céphalalgie et des vertiges. U méningite tuberculeuse peut être confondue > ,

Dans ces différents cal, l'induré de potassium et 1" Avec la méningite les sels de mercure sont les agents auxquels il con- [ d’ordinaire chez les gens vigou > , . JL

viendra de recourir.

B Méningite tuberculeuse. — C’est une inflammation des méninges ayant pour point de départ une infiltration tuberculeuse de la pie-mère.

^ 1res rarement primitive, la méningite tuberculeuse ne survient guère que chez des individus atein s e tubercules dans d’autres organes. Elle trappe surtout les enfants chétifs de deux à sept ans, tes adultes de. vingt à trente. Ses causes occasionnelles semblent être 1e sevrage prématuré, la dentition difficile, les fièvres éruptives, la coqueluche, 1 insolation. F

Le cours de la maladie peut être divisé en trois périodes; prodromes, — pilase d’excitation, — phase de dépréssion.

tuberculeuse frappe plus communément des personnes déjà tuberculeuses ou ayant une tendance

héréditaire à la genèse tuberculeuse.

La méningite simple débute avec éclat ; au contraire tes prodromes sont plus habituels et plus marqués dans la méningite tuberculeuse.

Les convulsions, 1e délire et les .contractures sont plus accentués dansla méningite simple. Enfin, dans la méningite simple, la succession des deux périodes d’excitation et de dépression est plus franche et plus rapide. , ,. ,

2° Avec l’hydrocéphalie (V. cette maladie).

3» Avec la fièvre typhoïde. Les prodromes de la fièvre typhoïde sont plus longs, il y a des épistaxis, beaucoup plus rares dans la méningite, des râles

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sibilants, le gonflement de la rate, la sensibilité dans la fosse iliaque droite, une élévation régulière de la température, des taches rosées, tous phénomènes étrangers à la méningite qui présente, en outre du strabisme, des convulsions et survient souvent chez les phthisiques.

Le traitement est à peu près impuissant: on a conseillé l’iodure de potassium à la dose de 1 à 2 grammes par jour. Les révulsifs sur la tête, larges vésicatoires volants après avoir rasé préalablement le cuir chevelu, glace appliquée d’une façon continue sur la tête.

II. Méningite spinale. — C’est une maladie rare et toujours assez obscure en raison de sa coïncidence habituelle avec une méningite cérébrale dont les symptômes éclatants dominent la scène et appellent toute l’attention ; de plus, la méningite spinale détermine, soit par compression, soit par extension de l’inflammation des troubles médullaires au milieu desquels il est difficile de faire la part de la méningite.

Elle est produite :

1° Par l’extension d’une méningite cérébrale ;

2° Par l’action du froid, du rhumatisme, etc.;

3° Par irritation de voisinage, à la suite de traumatismes de la colonne vertébrale, de mal de Pott, élimination d’eschares, etc.

Les symptômes doivent être divisés en deux groupes : 1° les uns sont l’expression directe de 1 inflammation des méninges, ce sont la fièvre et les douleurs rachidiennes ; 2° les autres reflètent 1 état d irritation de la moelle, ce sont les contractures portant sur les muscles de la région spinale ; ces contractures déterminent le renversement du tronc en arrière (opisthotonos), des douleurs en ceinture et d’autres qui s’irradient vers les membres inférieurs ; de la rétention d’urine et de la constipation. S’il survient une paraplégie, ce qui est fréquent, il faut l’attribuer a la compression de la moelle par le liquide qu’ont secrété les méninges enflammées.

Si la méningite est généralisée ou si elle occupe les parties supérieures, le désordre des muscles respirateurs se traduit par une dyspnée rapidement mortelle.

Cette maladie, habituellement mortelle, tue en quelques jours, de 5 à 13 en moyenne.

Quant à la méningite chronique, maladie presque constamment liée à une myélite ou à des altérations vertébrales, elle produit des douleurs sourdes, quelques contractures et une paraplégie qui a pour caractère d’offrir de nombreuses fluctuations en rapport avec la quantité plus ou moins grande du liquide épanché.

Le traitement est le même que celui de la méningite cérébrale.

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