‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 2)Chapitre 100 sur 238 · FER · texte numérisé non relu

FER

Voy. Mache-

SCOTIE, s. f. — Moulure concave, tracée au moyen de plusieurs centres, de deux au moins, et qui se trouve généralement placée entre deux filets qui accompagnent les tores de la base d'une colonne.

SCREEN. — Voy. Écran.

SCULPTURE, s. f. — Art qui a pour

objet l'exécution en forme saillante d'une figure ou d'un ornement quelconque. Ce terme

esl dérivé du latin seulptwra (de sc\d\

graver, tailler au ciseau; : en effet, le sculpteur taille avec son ciseau de- formes, images, des ornemente, et cela dan- des matières diverses, telles que le bois, l'ivoire, la pierre, les marbres, etc. Mais on peut obtenir des œuvres de sculpture en façonnant de l'argile, ou bien en coulant des métaux. Qi la sculpture crée des statues ou la représentation de figures animées, on la nomme statuaire-, le même terme sert aussi a désigner le sculpteur créateur de' statues, le statuaire. Quand elle représente, au contraire, des oLjets inanimés, des rinceaux de feuillages, des guirlandes de fleurs ou de fruits, on la nomme sculpture d'ornements, et l'artiste exécutant s'appelle ornemaniste.

On peut exécuter les divers genres de sculpture en ronde losse, en haut relief et en 1'. 3- EELIEF (voy. ce mot). Au point de vue des procédés employés, on divise cet arten sculpture proprement dite, en modelage, en ciselure. Ou pratique celle-ci sur les œuvres coulées en métal, surtout en bronze. Pour la reproduction de certaines œuvres de sculpture , on emploie le moulage, l'estampage et la Galvanoplastie (voy. ce mot et Mouler) ; ces dernières opérations sont des procédés purement mécaniques, mais qui demandent beaucoup de soin et un certain savoir.

Historique. — Dès son origine, la sculpture a concouru à la décoration architecturale. Certes, sans son secours un artiste peut créer un beau monument, ayant de Itelles proportions, une grande tournure; mais cette œuvre, quelle que soit sa beauté arehitectonique, ne possédera jamais le charme que la même œuvre décorée avec le secours de la sculpture, qui sait si bien parer et orner l'architecture.

Au fur et à mesure que l'art architectural s'est développé, la sculpture a servi à caractériser les ordres et les divers styles d'architecture, qui sans le secours de cet art n'auraient jamais été aussi tranchés. — La sculpture ornementale fait donc partie intégrante de l'architecture, qui ne saurait se passer de sou

SCULPTURE

concours; quant aux statues et aux bas-reliefs, ils ne sont pas moins utiles, non seulement au point de vue purement décoratif, mais encore pour expliquer nettement et caractériser du premier coup la destination d'un édifice. Et de même que les frontons, les grands panneaux, les grandes surfaces lisses des monuments ne sauraient être mieux décorés qu'avec des bas-reliefs ; de même les acrotères, les niches, les piédestaux, les dais, les

consoles, etc., ne sauraient se passer de statues. C'est même cette utilité incontestable de la sculpture qui fait qu'à toutes les époques, et chez tous les peuples possédant quelque civilisation, cet art a été cultivé avec beaucoup de soin et a été en rapport direct avec le plus ou moins de civilisation du peuple; aussi aujourd'hui les seuls monuments de la sculpture d'une nation nous permettent de juger de ce qu'elle a dû être.

Fig. 1. — fragment de frise du Parthéuon.

Les Assyriens ont possédé une sculpture remarquable et grandiose. — Les Égyptiens ont également une sculpture à part; ils ont créé des colosses, ils ont décoré des allées et des avenues monumentales avec de nombreuses sculptures qu'ils alternaient avec des obélisques. Des palais entiers, S-1'intérieur et à l'extérieur, étaient décorés de statues colossales ; leurs colonnes et leurs chapiteaux étaient ornés de sculptures; enfin le peuple égyptien les a prodiguées sur tous tes monuments qu'il a élevés et dont il nous reste encore aujourd'hui des ruines si imposantes. Les obélisques, les sarcophages, les murs d<

lais, des temples, des hypogées, étaient couverts de sculptures, car les hiéroglyphes, c'està-dire l'écriture elle-même de ce peuple, ne sont, pour ainsi dire, qu'une sculpture en creux, une sculpture intaillée. Quant à la sculpture en ronde bosse de ce peuple, elle est tellement remarquable qu'on peut reconnaître, comme le dit de Bougé {Notice des monument* du Louvre), les caractères généraux propres ans cinq époques de Kart égyptien. Dans le premier style, dit memphitique, a les statues et les figurines représentent une race niusculeiise et trapue; l'attitude est roide, les pieds sont souvent courts, le aez est droit, souvent gros et rond par le

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bout, d Oea caractères appartiennent spécialement ;i la troisième dynastie et an commencement de la quat rième. Les sculptures de la cinquième dynastie ont une grande finesse, et

la plupart de nos lecteurs se rappellent la magnifique statue en bois du n de Boulacq, qui excita si fort l'admiration générale à l'exposition universelle de l «<;7.

Fig. 2.

Le beau Dieu d'Amiens (xne siècle).

La sculpture grecque est sans conteste la plus belle qu'il y ait au monde ; aucun peuple n'a jamais pu, nous ne dirons pas dépasser, mais atteindre ce niveau ; cette sculpture Justine donc ce que nous disons un peu plus

haut, que le degré de civilisation d'un peuple se reconnaît à la perfection de sa sculpture. Si nos lecteurs jettent les yeux sur notre figure 1, ils partageront notre opinion à cet égard : il est bien difficile de voir des chevaux

SCULPTURE

plus lancés et un homme mieux campé, plus solidement et plus élégament fixé sur un cheval que le cavalier qui se trouve sur le premier plan de cette frise.

Le peuple romain a bien possédé une sculp-

ture en propre, mais il est fort difficile de la distinguer de la sculpture grecque, et cela pour plusieurs motifs, mais surtout parce que les Romains non seulement ont rapporté une quantité considérable de sculptures de la

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. — Le Départ pour la guerre.

Grèce et des colonies grecques, mais encore parce qu'ils ont employé chez eux des artistes grecs, et que souvent les artistes romains n'étaient, pour ainsi dire, que les élevés de Grecs; de Borteque, si l'on divisait la soulpture romain^ en deux écoles, on pourrait dire, sans k tromper, que les œuvres les plus parfaites sont de l'école grecque, et que celles qui sont

DICT. D'ABOHITBCTUBB. — T. IV.

médiocres ou mauvaises sont, à peu d'exceptions près, de l'école romaine.

Le style byzantin et les styles roman et ogival ont une sculpture bien tranchée; l'art ogival surtout a ses trois périodes parfaitement délimitées par sa sculpture. Notre figure 2 montre la tête du christ du portail de la drale d'Amiens, qu'on a surnommée le

SCULPTURE

beau Dieu (l'Amiens. Cette sculpture date, diton, du xnie siècle; en examinant ce travail, on se demande si même cet ouvrage a'est pas de beaucoup postérieur à la date qu'on lui assigne. La renaissance a en également son caractère propre dans cet arl comme dans les autres; pour s'en convaincre, il suffit de jeter les yeux sur les innombrables spécimens de la renaissance qui sont répandus dans les

diverses parties de l'Europe, et surtout dans

randi musées nationaux-. Les sculp des époques de Louis XIV, Louis A' Louis \VI sont également très reconn:

blés. Enfin notre école contemporain sculpture a produit des œu\ marqua-

blés, plus ou moins imprégnées de l'antiquité, et nous espérons ne pas trouver de i tradicteurs en disant qu'après la rausi

Fig. 4. — Madeleine repentante.

contemporaine, la sculpture est le plus avancé des autres arts, c'est-à-dire que notre école de sculpture a atteint un degré de talent que ne possèdent point encore nos écoles de peinture, d'architecture et de gravure. — Notre figure 3 montre le magnifique bas-relief de l'arc de triomphe de l'Étoile, « le Départ pour la guerre, » œuvre de Rude; notre figure 4, la superbe Madeleine repentante de l'illustre Canova ; enfin notre figure 5 , la Jeanne d'Arc écoutant ses voix, de M. Chapu : cette œuvre, sans contredit une des plus remarquables de

l'art contemporain, est un des plus beaux ornements de la galerie du château de Chantilly et du musée du Luxembourg.

Bibliographie. — François Lemée. Traité <lï<shttues, 1 vol. in-12, Paris. 1688; — Emerie David. Recherches sur l'art statuaire, considéré chez les ancien-' et chez les modernes, ou Mémoires, etc., 1 vol. iii-8". Paris, 1805; — J.-B. Visconti et En. (J.-Yisconti. il Museo Pio Clementino , 7 vol. gr. in-fol., Rome. 1782-1807; — Ennius-Quirinus Visconti, Scultun de! jmlazzo délia villa Borghesa, 3 vol. in-8°. Rome. 1796-97; du même, Monumenti Gabini délia villa

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Fig. 5. — Jeanne d'Arc écoutant se» voix. Je M. Chapu.

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