‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 2)Chapitre 115 sur 238 · SOL · texte numérisé non relu

SOL

SOCLE, 8. m. Ce terme, employé dans son sens générique, désigne un corps carré, moins haut que large qui sert de base, on de support à quelques moulures ou parties d'architecture, et cela quelle que soit l'importance du fragment : ainsi les colonnes ont souvent sous leurs bases des socles; un édifice peut être porté sur un soubassement ou socle; ainsi on dit :1e socle de cet édifice est en roche de Comblanchien.

En menuiserie, on nomme socle une assez large plinthe en bois d'épaisseur qu'on rapporte au lias d'un lambris : ce genre de socle peut être décoré de moulures; on désigne également sous le même terme de larges planches moulurées sur leur rive supérieure, qu'on rapporte au bas des murs pour figurer de petits lambris; enfin les menuisiers donnent encore ce nom à des champs carrés ou rectangulaires et légèrement saillants qu'on rapporte au bas des pilastres, ou bien qu'on rapporte à entaille au bas des montants de chambranles.

Eu serrurerie, on nomme socles : 1° les empattements, en forme de congé, pratiqués au bas du montant d'une grille d'appui, d'un arc-boutant d'une console ; 2° aux bandes de tôle qu'on rapporte sur le sommier d'une grille.

SOFFITE, s. m. — Dessous d'un ouvrage suspeniu, tel qu'un plafond orné de compartiments et de caissons décorés de rosaces; mais on applique surtout ce terme aux sur-

Sofflte de la corniche du temple de ilars Vengeur.

faces vues en dessous des architraves ou des larmiers. Les principaux ordres d'architecture ont chacun des soffites distinctifs : ainsi les corniches doriques ont leur soffite décoré de gouttes disposées sur plusieurs

rangs correspondants aux goattes figurées aa bas des triglyphes; dans l'ordre ionique, le soffite de la corniche est décoré de denti '•i parfois de petites rosaces; enfin, dan< le corinthien, le sollite de la corniche est dé» coré de petite compartimente séparés par des modillons richement sculptés, et chaque compartiment a son centre orné d'une rot Notre figure montre le soffite du larmier de la corniche du temple de Mars Vengeur, à Rome. — Ce terme est dérivé de l'italien soffilo.

SOFFRE, s. m. — Fort anneau de fer qu'on place sous une pièce en fer qu'on veut percer.

SOL, s. m. — Surface sur laquelle reposent les corps terrestres; c'est donc aussi la superficie sur laquelle on élève les constructions. A ce point de vue, on qualifie le sol de bon, de médiocre, de mauvais. Il est bon quand il est composé de terre forte, compacte, mélangée à du caillou, à du gros gravier; le gros sable et le roc sont aussi de bons sols. Les sols médiocres sont ceux qui sont médiocrement compressibles. Enfin, les mauvais sols sont très compressibles ; les terrains tourbeux, la glaise, etc., sont classés parmi ceux-ci. L'architecte doit prendre de grandes précautions pour fonder sur les mauvais sols. (Voy. Fondation.)

JURISPRUDENCE et LÉGISLATION. — En

termes de droit, le sol est le terrain, le fonds d'uu héritage. D'après les articles 5-AG et 551 du Code civil, la propriété du sol emporte celle du dessus et du dessous. Le propriétaire est libre de faire sur son terrain à peu près tout ce qu'il lui plaît, en respectant toutefois les règlements et les lois d'ordre public ou d'intérêt général, et en respectant aussi les ordonnances de police, les servitudes et les droits légalement acquis aux voisins, eulîn en observant les lois et les décrets relatifs aux mines. {Code civil, art. 552 et suiv.) — Le propriétaire qui, par un motif ou un travail quelconque, fouille le dessous de son sol. doit prendre des précautions pour ne pas fouiller le sol de sou voisin. (Voy. Fouille.) Il ne peut non plus élever ni abaisser le niveau de

SOLAIRE (cadran). — SOLIN.

son sol sans prendre toutes les mesures et précautions nécessaires pour ne pas nuire ou porter préjudice aux intérêts de son voisin; il doit donc établir un contre-mur de soutènement. Tout ce qui se réunit au sol par Accession, Alluvion, ou Atterrisse ment (voy. ces mots), appartient au propriétaire du sol sous certaines conditions. — Si quelqu'un construit sur un sol qui ne lui appartient pas, il peut se présenter plusieurs cas : ou le constructeur a bâti sciemment sur tout ou partie du terrain de son voisin, et dans ce cas il a été de mauvaise foi ; ou bien il a construit par inadvertance. Dans le premier cas, le propriétaire du sol a la faculté de retenir les matériaux et la construction, mais en remboursant leur valeur, ou bien il peut exiger la suppression desdites constructions aux frais de celui qui les a élevées, et non seulement il n'est passible d'aucune indemnité envers celui qui démolit, mais encore il peut dans bien des cas lui demander des dommages-intérêts. Dans le second cas, c'est-à-dire si le constructeur peut établir sa bonne foi , le propriétaire du sol peut à son gré ou rembourser la valeur des matériaux et du prix de la main-d'œuvre, ou bien payer une somme égale à la plus-value acquise par Le sol. {Code civil, art. 555.)

SOLAIRE (Cadran). — Voy. Cadran et

SCAPHE.

SOLE, s. f. — En construction, ce terme est synonyme d'aire d'un four, d'un fourneau, et, par suite, on donne ce nom à toute construction en briques qui reçoit les cendres d'un foyer. — Ce terme est également synonyme de semellech de pal/// : ainsi on nomme soles les pièces de bois posées à plat qui servent d'empattement, de socle, à des machines, telles que grues, sonnettes et engins. Enfin les maçons nomment ainsi les jetée?! de plâtre à la truelle, comme, par exemple, pour faire des S »LINS (voy. ce mot).

SOLEMENT. — Voy. Solin.

SOLIDE, adj. Qui est consistant, qui

peut résister. Un sol solide est bon à bâtir ; un massif de maçonnerie solide est une construction pleine qui n'a pas de vide dans sa masse. — Pris substantivement, un solide est un corps qui possède ces trois dimensions : longueur, largeur et profondeur, ou hauteur.

SOLIDIFICATION, s. f. — Action de se solidifier. La paraffine chaude se solidifie en se refroidissant; la peinture, les enduits, se solidifient, c'est-à-dire durcissent, en séchant; le plâtre, le mortier, le ciment, font de même. Il est souvent important, dans les travaux de construction, d'empêcher la solidification trop prompte de certains matériaux ; pour cela on emploie des procédés qui varient avec chacun des matériaux : par exemple, le plâtre gâché serré se solidifie promptement ; gâché avec des proportions d'eau diverses, on obtient des solidifications plus ou moins lentes.

SOLIN, s. m. — Petite bande d'enduit en plâtre, de 0m,05 à 0m,15 de largeur, que l'on établit pour raccorder des surfaces situées dans des plans différents. Souvent les maçons en exécutent par de simples jetées à la truelle, qu'ils nomment soles, ce qui a fait donner le nom de solins à ces bandes d'enduit. On en exécute le long d'un pignon pour joindre et retenir les premières tuiles ; ce genre de solin se nomme également et de préférence ruellée. Les couvreurs donnent ce nom à une partie droite d'enduit adossée le long d'un mur et qui réunit le bord de la couverture, plomb, zinc, ardoise, tuile, avec ce mur. Les châssis de comble, les lucarnes, portent également des solins ou des bandes de solin; ces dernières sont des bandes faites sur un premier enduit et sur lesquelles on traîne les filets de plâtre qui forment le solin proprement dit. Dans les couvertures métalliques, les bandes de solin sont souvent en métal, surtout en plomb. Ces travaux demandent à être exécutés avec soin, afin d'éviter les infiltrations des eaux. On commence par piquer les parties sur Lesquelles les solins doivent être établis ; ce piquage facilite au plus haut point le grippement du plâtfe. — Pernot {Dicl. des termes de la construction | donne

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