FRAGMENT AU '/J DE L'EXECUTION
Imp Firmin Di'lot & C" Paris
TOMBE
TOMBEAU
exemple, et sont rapportés par incrustation dans la dalle. Les inscriptions latines et les lettres onciales sont délaissées, elles sont en français et en caractères gothiques. — Au XVIe siècle, la décoration architectonique des dalles tuniulaires subit les mêmes transformations que l'architecture ; le latin est totalement délaissé pour les inscriptions, et le titre du défunt est précédé de ces formules : damoiselle, bonne et sage personne, discrète personne, sage maître, nobie homme, messire. Au xvn'' siècle, l'ornementation devient de plus en plus riche ; les inscriptions entourent des médaillons, ronds ou ovales, qui encadrent la pierre tombale.
Pierres tombales égaillées ou en métal. — Dès la fin du xne siècle , les riches pierres tombales sont incrustées de cuivre ou même sont entièrement faites en cuivre repoussé ; on commençait même à Limoges à graver, dorer et émailler des dalles de bronze ; le moine Théophile (Essai sur divers arts) nous a fait connaître les procédés qu'on utilisait de son temps. — Ce genre de dalles tuniulaires a toujours été d'un prix très élevé ; c'est ce qui explique leur rareté, car il y avait bien peu de familles pouvant payer ce luxe funéraire à l'un de ses membres. Cependant on trouve des dalles de cuivre dans les comtés de Cambridge, de Kent, de Suffolk et de Surrey en Angleterre, dans les Pays-Bas, dans certaines contrées de l'Allemagne, en Pologne et en France, à l'église Saint-Denis, à Saint-Junien, arrondissement de Rochechouart (Haute-Vienne), enfin à la cathédrale d'Amiens.
Les pierres tombales en calcaire les plus remarquables sont dans les cathédrales de Reims, de Rouen, de Chalon-sur-Saône, de Nbyon, de Laon, de Troyes, etc.
TOMBE, s./. — Grande dalle de pierre, de marbre, ou table de bronze, qui recouvre le corps d'un défunt. Par extension, ce terme est employé comme synonyme de TOMBEAU (voy. ce mot et TOMBALE, Pierre).
TOMBEAU, s. m. — Monument renfermant le corps d'un défunt et élevé à sa
mémoire. Sous ce terme générique de tombeau, on comprend les tombes ou pierres tombales, ou dalles tumidaires, ainsi que les tombeaux proprement dits, tels que Mausolées, Cippes, Hypogées, Sépulcres et Tumuli (voy. ces mots).
Notre planche en couleur XCIII montre, au tiers de l'exécution , un fragment de l'écusson supérieur du tombeau du secrétaire de Philippe le Bon, à Bruges. Ce monument date de 1526.
Historique. — Dans l'antiquité , le culte des morts était si grand que souvent on le
Fig. i.
Tombeau (les affranchis d'Octavie.
mêlait avec celui de la divinité même ; de là ces magnifiques tombeaux, aussi grands, aussi somptueux que les temples consacrés aux dieux. Après les tombeaux des Indous nommés stupas, Topes (voy. ce mot), les plus anciens sont sans contredit ceux de la Lycie, en Asie Mineure, qui montrent un des premiers, si ce n'est le premier exemple de l'arc ogival ; nous en avons donné un spécimen au mot Ogivale, Architecture, figure 12. N'oublions pas de mentionner en Asie Mineure, à Halicarnasse, le tombeau élevé par Arthémise à son époux Mausolc, roi de Carie, lequel tombeau a créé le genre Mausolée. Nous l'avons décrit à ce mot. — On trouve aussi en Chine des tombeaux fort anciens et
TOMBEAU
qui on! une grande analogie avec ceux de l'Inde; on les nomme Sou-tu-po (éminence)
(m Tah (tour;.
A quelques kilomètres des ruines de Per- Bêpolis, "U voit encore des restes de tombeaux de diverses époques, et l'un d'eux, très considérable (ces restes ne mesurent pas moins de 82 mètres d'élévation), passe pour avoir contenu les dépouilles mortelles de Darius Nothus, d'Artaxercès Longue-main et de quelques autres princes.
En Egypte, les tombeaux sont des monuments Funéraires d'une très grande importance; les uns sont dénommés HYPOGÉES OU iji-inijcH , et les autres Pyramides; (voy. mots). Les bypogé - -•■ retrouvent surtout en Nubie et dans la haute Egypte, les pyramides dans la basse Egypte. Jamais peut-être peuple n'a poussé aussi loin que les Egyptiens le culte des morts, puisque, même dans les nécropoles d'Abydos et de Sais, l'on trouve des corps grossièrement embaumés et empilés
Fig. 2. — Tombeau de Cùcilia Métella.
les uns sur les autres, et qui ne pouvaient appartenir qu'à des gens du bas peuple.
En Judée, il existe également des tombeaux fort anciens, l'un d'eux, dans la vallée de Hinnom , passe même pour avoir reçu les .restes de Josué ; nous en avons parlé au mot Judaïque, Architecture, où nous renvoyons le lecteur, qui trouvera (fig. 5, 6, 7 et 8) des vignettes représentant ce tombeau de la vallée de Hinnom.
En Etrurie, il existait deux genres de tombeaux, parce que ce peuple, qui était formé de colonies venues de divers côtés et
d'habitants aborigènes, avait deux manières d'ensevelir ses morts : l'une consistait à coucher les morts avec leurs vêtements sur des lits funèbres (tombeaux de Tarquinies, Vulci , etc.) ; l'autre mode était l'incinération. Celle-ci était pratiquée par les aborigènes ; dans ce cas, les cendres étaient placées dans des urnes qu'on enfermait dans de petites niches (columbarium) : tels sont les tombeaux de Chinai, de Yolterra, de Toscanella, etc. Au mot Étrusque, Art, le lecteur trouvera cinq spécimens de tombeaux étrusques (fig. 1 à 5). Notre planche noire XCIV montre un su-
TOMBEAU
perbe tombeau étrusque déposé aujourd'hui au musée du Louvre.
Eu Grèce, les premiers tombeaux étaient fort simples, c'étaient de simples tumvH .- c'est Cicéron (de Legibus, II, 25) qui nous l'apprend et qui nous dit dans un langage poétique que « du temps de Cécrops, les Athéniens avaient déjà la coutume, qui subsista longtemps, d'enterrer leurs proches dans une fosse qu'ils recouvraient de terre qu'ils
ensemençaient, pour donner au mort une subsistance, comme s'il était dans le sein de sa mère. Ces buttes de terre , entourées de murs circulaires, se nommaient 7^? xwjxa, xpïiiriç; elles rappelaient donc comme forme le tombeau d'Alyatte, dont Hérodote (I, 33) nous a conservé une description et qui était élevé au milieu du lac de Gygès. La sépulture de Patrocle, élevée sous les murs de Troie par les ordres d'Achille, de même que celle de ce
Fig. 3. — Bas-relief dans la frise du tombeau de Cécilia Mitella.
guerrier, située sur le promontoire de Sigée, ainsi que divers autres tombeaux de héros dont parle Homère, étaient de véritables tumiili (xoXSvat). Du reste, on voit encore en Grèce 11 11 grand nombre de ces sépultures, dont Pausanias et quelques auteurs modernes ont parlé. (Blouct, Expédition scientifique en Morèe, t. III, p. 21 ; Ann. de VInst. arch., 1820, p. 204.) — Bientôt cette simplicité des temps antiques disparut et le luxe des monuments funéraires B'éleva à un si haut degré que Solon et Lycurgue firent des lois pour interdire mie trop grande magnificence dans l'édification des tombeaux. Mais ces lois tombèrent
DICT. D'ARCHITECTURE. — T. IV
bientôt en désuétude et les riches citoyens rivalisèrent entre eux à qui élèverait des tombeaux avec des marbres, des bas-reliefs les plus somptueux ; et Cicéron (de Leg., II, 25 et -2('<) nous apprend encore que sous ce rapport le luxe alla si loin, à Athènes, qu'à diverses reprises les magistrats durent le réprimer par des décrets et des règlements. Les tombeaux grecs présentent une grande variété dans leurs formes , aussi les monuments funéraires se nommentils : (/.VYJaa, [ji.vï|u.eïov, jxvr,u.da,uvov, gt/jX/) , (Topoç tïveXo;, Xïjvoç, tÛ|/.6ov.
Les tombeaux romains présentent également des formes très diverses. A l'origine,
TOMBEAU
ils reproduisent les formée del'Étrurie : par exemple, le tombeau dit des Horacea il des Curiaces rappelle beaucoup celui de Porsenna. Plus tard, les artistes romains copient les tom-
i grecs, comme ils avaient copié leurs anmonuments; ce sont alors des monuments gracieux, do cippes, des colonnes, des pyramides, des stèles, des édicules de tous genres. 1. 1
Fig. 4. — Bas-relief du tombeau du Boulanger.
grande voie des tombeaux, dite voie Appienne, restituée par un artiste d'un très grand talent, notre confrère Ancelet , peut donner une idée de la beauté de ces monuments funéraires, qui
bordaient les grandes avenues des villes (1). Parmi les tombeaux les plus curieux ou les plus remarquables de Rome, nous citerons parmi ceux de la voie Appienne : le tombeau des
Fig. 5. — ■ Bas-relief du tombeau du Boulanger.
Scipions, retrouvé en 1780, dont on ne voit aujourd'hui qu'une grossière imitation du sarcophage en péperin ; le tombeau des affranchis d'Octavie (fig. 1), et trois colombaires assez
bien conservés; le tombeau de Cécilia Mètella (fig. 2), dont uous avons donné le Sarcopha'.i: à ce mot, et qui se compose d'une construction circulaire de 20 mètres de diamètre but un
Fig. 6. — Bas-relief du tombeau du Boulanger.
soubassement carré ; le haut est décoré d'une frise ornée de guirlandes de fleurs et de bucranes qui ont fait surnommer cet édifice Capo di bove. Notre figure 3 montre une partie de cette décoration. Sur une plaque de marbre, on lit cette inscription : Ccecilice Q. Crciici filiœ, Metcïïœ Crassi , qui signifie : « A
Cécilia, fille de Métella Créticus, femme de Crassus. » Beaucoup plus loin, sur la même voie, se trouve le tombeau circulaire dit il Torracio ou il Palombaro.
(1) Cette restitution se trouve & la bibliothèque de l'École nationale des beaux-arts, à Paris.
Fi.av SB XCV. — Tombeau du Boulanger, ù Rome.
TOMBELLE. — TOMBEREAU
Sur la voie Latine, existent deux tombeaux qui, malheureusement, ne portent pas de
Fig. 7. — Tombeau de Nœrok-ia Tyché.
nom ; l*un d'eux a sa voûte décorée d'arabesques et possède des bas-reliefs en stuc fort
remarquables. — Près de la porte Majeure, que nous avons donnée au mot Exceixte.
on a découvert en 1838, en démolissant les fortifications d'Honorius, le tombeau du boulanger Eurysacès (Marcus Vergilius), dont l'inscription, plusieurs fois répétée, nous informe que c'était un fournisseur de l'État. Notre planche noire XCV, ainsi que nos figures 4, 5 et 6, montrent ce qui reste de ce tombeau, que nous avons dessiné d'après nature, ainsi que des bas-reliefs qui le décorent ; ils représentent diverses opérations de meunerie et de boulangerie. Ce tombeau, en forme de four, date de la fin de la république. Mentionnons enfin les tombeaux de Bibulus, de la famille Plautia et des Nasons. Notre figure 7 montre le tombeau de Nœvoleia Tyché, à Pompéi, dont notre figure 8
Fig. 8. — Intérieur du tombeau de Nœvok-ia Tyché.
montre une restauration intérieure ; notre figure 9 , le tombeau de Virgile sur le Pausilippe; enfin notre figure 10 est le croquis du tombeau, ou plutôt du monument élevé à la mémoire de Regnault et des élèves de l'École des beaux-arts morts pendant la guerre de 1870. Cet édifice a été construit dans la cour
dite du Mûrier, à l'École des beaux-arts, par MM. Coquart et Pascal, architectes.
TOMBELLE. — Voy. Celtiques. Monuments.
TOMBEREAU, s. m. — Voiture qui sert
TOMBEUE. — TONNEAU.
dans Lee chantiers à transporter divers matériaux, notamment du sable, du plâtre, des gravois, des briques, etc. C'est une voiture dont le fond et les quatre côtés sont formés par des planches ei qui porte deux timons fixes ou mobiles.
TOMBEUR, s. m. — Ouvrier qui opère les démolitions des vieilles constructions; on le nomme aussi terrassier.
TOX, s. m. — Ce terme est synonyme de
nuance, de couleur. On l'emploie aussi pour
-uer le degré d'intensité d'une couleur
simple "H composée : par exemple, un vert
trop pâle manque de ton, on remonte ce ton
en ajoutant du bleu.
TONALITÉ, s. f. — Propriété caractéristique d'un ton. Ce terme signifie aussi, qualité d'un morceau écrit dans un ton, une gamme déterminés, et par extension on applique ce terme à la peinture : par exemple, en parlant de la décoration d'une salle aux couleurs écla-
Fig. 9. — Intérieur du tombeau de Virgile sur le Pausilippe.
tantes, on dira : la tonalité générale est trop rouge, trop criarde, trop dorée ; la tonalité de cette décoration est très remarquable, etc. Ce terme sert donc à exprimer, suivant le qualificatif qui l'accompagne, soit un défaut, soit une qualité décorative.
TONDIN, s. m. — Gros cylindre de bois, d'une longueur variable, dont se servent les plombiers pour former et arrondir leurs tuyaux de plomb. Ce terme est employé quelquefois comme synonyme de Rondin (voy. ce mot).
Faire une taille légère et partielle sur les assises d'un mur, surtout d'un vieux mur, afin de faire affleurer ces pierres avec celles qui leur sont adjacentes. Quand ou pratique l'opération sur des pierres neuves, on dit plutôt tondre; quand on opère sur de vieilles pierres, il vaut mieux dire reblanchir.
TOXXE, s./. — Mesure de poids, employée surtout par la marine et dan- les chantiers, qui vaut 1,000 kilogrammes ou 10 quintaux métriques. — On dit aussi tonneau.
TOXDEE ou REBLANCHIR, v. a. — TONNEAU, s. m. — Grand récipient formé