TORTILLER. TOUR
orme à moyeux, parce que les charrons l'emploienl pour Les moyeux des ron
TORTILLER, v. a. - Pratiquer une
mortaise dans une pièce de charpente avec la tarière ou le laceret.
TORTILLÈRE, s.f. — On nomme aZtëfi torHllère, ou tortille, l'allée étroite et tortueuse d'un pair, d'un bois, d'un jardin paysager. Les architectes en dessinent souvent sur les bords des propriétés; elles permettent de pouvoir promener à l'ombre.
TORTILLIS, s. m. — Espèce de vermiculure pratiquée dans les bossages rustiques. On dit plutôt bossages vermicides. (Voy. Bossage.)
TOSCAX, s. m. — L'un des cinq ordres d'architecture dérivé du dorique. (Voy. Ordres.)
TOULIXE, s. f. — Cordage servant à touèr, à remorquer un navire. Dans les chantiers, les ouvriers donnent ce nom à un cordage après lequel ils s'attellent pour tirer sur une pièce, afin de la faire avancer ou sortir d'un endroit où elle est placée.
TOTJPIX, s. m. — Instrument employé pour le comme ttage des grosses cordes. Dans certaines contrées, on le nomme gabieu.
TOUR, 5./. — Construction très élevée dont le plan affecte toutes sortes de formes; il existe, en effet, des tours rondes, triangulaires, carrées, rectangulaires, semi-rondes, ovales, etc. ; on les emploie à divers usages.
Historique. — L'usage des tours remonte à la plus haute antiquité ; la plus ancienne dont il soit fait mention dans la Bible est la tour de Babel. Cette tour aurait affecté la forme d'une pyramide, car on prétend que le temple de Bélus, qu'on nomme aussi tour de Bèlus, avait été construit sur le plan de la tour de Babel ; or, divers auteurs, parmi lesquels Hérodote, nous apprennent que le temple de Bélus avait la forme d'une pyramide carrée ayant un stade de hauteur, soit 600 pieds grecs ou 185 mètres.
Cette pyramide Be composait de huit é '■m retraite les ans au-dessus des autres. L'intérieur de l'édifice était décoré de peintures qui, d'après Ézéchiel (\ niaient en couleur
lac figures des Chaldéens. Ce temple avait été ruiné en grande parti'- par Xercès; Btrabon (XVI, l) prétend qu'Alexandre, qui avait l'intention de le restaurer, ne put mettre son dessein à exécution, parce que la mort vint le surprendre. Un assez grand nombre d'aubeurs croient voir des restes de la tour de Babel ou du temple de Bélus dans des ruines formant une espèce de montagne pyramidale, ruines situées à deux milles environ de la rive occidentale de l'Euphrate, et que quel voyageurs considèrent comme les restes du tombeau de Xahuchodonosor, bien que l'habitants du pays nomment ces ruines Birs- Nemrod (tour de Xemrod).
Comme dans le présent article , nous avons à parler d'un, grand nombre de tours plus ou moins célèbres, ainsi que de divers termes de jurisprudence ou de construction dans lesquels ce mot figure, pour faciliter au lecteur ses recherches, nous adopterons l'ordre suivant, dans lequel les qualificatifs du mot tour sont rangés alphabétiquement ; en voici d'abord la nomenclature : Tour de bataille, Tour de beurre, Tour de Cécilia Métella, Tour du chat, Tour chinoise, Tour creuse, Tour d'église, Tour d'échelle, Tour d'enceinte, Tour des Géants, Tour grecque, Tour japonaise, Tour de Jean sans Peur, Tour de Londres, Tour Magne, Tour de Xemrod, de Bélus ou de Babel, Tour penchée, Tour des Pictes, Tour pleine, Tour de porcelaine.
Tour ronde, Tour de siège, Tour de la souris, Tour des Vents.
Tour de bataille. — Tour de bois qu'on dressait sur des chariots et qu'on employait dans l'antiquité, surtout en Orient. Cet attirail de guerre fut employé par Cyrus à la bataille de Thymbrée contre Crésus (548 ans avant
(1) Clinique vidisset viros <Ie]>ictos in paricte in Chaldeorum expressas coloribus , et aecinctos balteis renés, et tiaras tinctas in cnpitibus eorinn, etc. (Ezéchiel , cli. xxii r. v. 14 et 15.)
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J.-C.) ; il aida même puissamment à la victoire, car les archers placés devant ces tours se trouvaient à près de trois mètres au-dessus des phalanges, de sorte qu'ils pouvaient envoyer des flèches à l'ennemi en tirant pardessus la tête des phalangistes. Ces tours de bataille pouvaient renfermer 20 archers; les chariots qui les traînaient étaient attelés de huit paires de bœufs.
Tour de beurre. — Pendant le moyen âge, surtout au xme siècle, le clergé, pour se créer des ressources afin d'élever de beaux clochers, le clergé, disons-nous, permettait aux fidèles l'usage du lait et du beurre pendant le carême, moyennant une redevance. Il y avait même dans les églises des troncs pour le beurre destinés à recevoir les aumônes des fidèles, et les sommes provenant de la vente de ces permissions ou des aumônes étaient employées à ériger des clochers ou tours, qu'à cause de cela on nommait tours de beurre; parmi les plus connues, nous mentionnerons les tours des cathédrales de Rouen et de Bourges.
Tour de Cécilia Métella. — Voy. Tombeau (fig. 2 et 3) et Sarcophage.
Tour du chat. — Vide de 0m,162 (G pouces) , qui doit exister entre le mur d'un four ou d'une forge et le mur mitoyen. Ce vide est exigé pour prévenir tout dommage envers les voisins et éviter tout danger d'incendie. Cet intervalle vide qui est laissé entre le mur et le contre-mur comporte plus ou moins de largeur ; il est déterminé par la coutume et les usages locaux. (Voy. Tour DE LA SOURIS.)
Ton: CHINOISE. — Les Chinois nomment taa des tours polygonales, à sept, huit et neuf étages, qu'ils élèvent dans le voisinage des temples. Celles qui ont neuf étages font, diton, allusion à Bouddha, qui est considéré comme la neuvième incarnation de Vichnou. Chaque , un peu en retraite de celui qu'il surmonte, porte une galerie ajourée et une corniche qui soutient un toit aux angles duquel sont suspendues de petites cloches de bronze. Généralement . les taas sont construites sur un plan octogonal : la plus célèbre esl la tour de Nankin, dite Tour de porcelaine. Son plan est octogonal; chacune de ses faces mesure à la base 18 mètres de largeur; chacun des neuf
étages dont se compose la tour est entouré d'une galerie décorée de statues d'idoles ; les murs, très épais, sont en brique recouverts de plaques de porcelaine. Cette tour, bâtie probablement au xive siècle, comme le temple de la Reconnaissance, dont elle est une dépendance, porte dans son intérieur un escalier fort étroit qui conduit à chaque étage et au sommet de la tour, d'où s'élève un mât entouré de disques de bronze doré et dont l'extrémité porte un globe doré. Au rez-dechaussée, vingt-quatre portes, trois sur chaque face, donnent accès à l'escalier.
Tour creuse. — On donne ce nom à tous parements cylindriques ou coniques
Tour creuse en talus.
concaves d'un mur. Notre figure montre un mur, dit en tour creuse, dans lequel on a pratiqué une porte; en outre, le mur est en talus. (Voy. Tour ronde.)
Tour d'éolise. — Ce terme est souvent synonyme de Clocher (voy. ce mot) , parce qu'en effet les clochers ne sont ordinairement que des tours terminées par des flèches flanquées souvent de tourillons. On nomme plus spécialement tours les clochers sans flèche terminés pur une terrasse ou plate-forme : telles sont les tours de Notre- Dame de Paris. Les tours ont fait leur apparition au vme siècle; elles servaient non seulement à suspendre les cloches dans un lieu élevé, mais encore on les utilisait pour la défense des places contre les invasions des barbares. Beaucoup d'églises romanes ne possédaient que des tours; elles étaient composées de beaucoup d'étages décores de baies cintrées gémi-
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nées. (Voy. Française, Architecture, fig. 5.) Toi b d'échelle. - Droit que possède le propriétaire d'un mur on d'un bâtiment de poser des échelles sur l'héritage voisin pour réparer son mur, sou bâtiment; le droit de tour d'échelle ou d'échellage comporte celui de placer sur ledit mur les échafaudages nécessaires à porter l'ouvrier ou les ouvriers nécessaires aux réparations. Certains ouvrages d'architecture qui traitent de la législation dn bâtiment disent que, suivant le cas, le tour d'échelle est une servitude légale; ce qui est complètement faux : la plupart des anciennes coutumes l'admettaient bien comme servitude légale dérivant du voisinage; mais le Code civil n'a pas maintenu cette servitude, qui, étant discontinue et non apparente, ne peut être établie qu'en vertu d'un titre, d'après l'article 691 du Code civil. (Cf. Duranton, n" 315.) Dans tous les cas où le tour d'échelle est une propriété accessoire d'un mur ou d'un bâtiment, le propriétaire a le droit de disposer du terrain comme bon lui semble; en outre, comme le mur ne joint pas immédiatement le fonds du voisin, celui-ci ne peut en exiger la mitoyenneté. Si, au contraire, on ne possède le tour d'échelle qu'à titre de servitude, en vertu d'une ancienne coutume ou d'une convention, ou par tout autre moyen, on ne peut se servir du terrain que pour faire des réparations audit mur; le voisin en conserve la propriété et peut acheter la mitoyenneté du mur. (Id., n° 31G.) — Quand le titre qui établit le tour d'échelle ne mentionnne pas s'il existera comme servitude ou comme propriété accessoire et quelle sera son étendue, on admet généralement qu'il est établi comme servitude dans toute la longueur nécessaire aux réparations du mur ; quant à sa largeur, on admet celle établie par la coutume ou l'usage des lieux. Lepage (t. I, p. 253) nous dit à ce sujet : « Dans le paragraphe précédent, on a vu que, dans le ressort de la commune de Paris, le tour d'échelle, considéré comme servitude, est de trois pieds, équivalant à 1 mètre de la nouvelle mesure. » Et plus bas le même auteur ajoute : « Il (l'acte de notoriété du lieutenant civil du Châtelet, 23 août 1701) ne se borne pas à décider que, dans le
la coutume de Paris, le tour dïchelle est de trois | plique la
doctrine reçue au Châtelet concernant cette matière.» En conséquence, il doit servir de règle pour fixer ce qu'on doit entendre par le tour d'échelle dans la coutume de Paris, soit qu'il désigne une servitude, soit qu'il indique une propriété corporelle. >• Pour les monuments nationaux, ainsi que pour les propriétés nationales, un ancien usage ;t fixé, pour le tour d'échelle, beaucoup plus de largeur; il atteint 18 pieds (5m,94), c'est-à-dire près de (J mètres, parce qu'on admet que l'importance de ces propriétés exige un pins grand espace pour les travaux de réparations.
Le tour d'échelle, considéré comme propriété, et désigné aussi sous le nom à'échel- Icuje, ceinture, èvertizon, est l'espace de terrain laissé par un propriétaire autour de son mur de clôture, afin de pouvoir circuler empiéter sur le terrain du voisin. Lepage (t. I, p. 252 et 253) dit que cette propriété s'établit par titre et par prescription. Si la largeur du tour d'échelle n'est pas prouvée par titre, on prend celle indiquée par les coutumes locales; et, ajoute le même auteur (page 255), « si deux propriétés sont closes, et que l'échellage, laissé en entier par un seul des deux propriétaires, forme une ruelle, l'autre propriétaire ne peut s'en servir. » Dans ce cas, le propriétaire de l'échellage est tenu de paver, entretenir et donner une pente suffisante à cet échellage, de manière à ne point porter préjudice au mur du voisin. Dans le cas où le propriétaire de l'échellage abattrait son mur, il aurait droit d'acquérir la mitoyenneté du mur du voisin, qui deviendrait ainsi la ligne séparative des deux proprie t- -.
Tour d'exceixte. — Tour servant à la défense d'une place, d'une enceinte fortifiée. Nous en avons parlé à Exceixte, à Fortifications, et à Militaire, Architecture , où nous renvoyons le lecteur.
Tour des Géaxts. — Dans l'île de Gozze ou de Gozzo, il existe des débris importants de temples, dont on attribue la construction aux Phéniciens. Xous les avons mentionnés à Phénicien, Art; ici nous allons compléter les renseignements concernant ces ruines.
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La tour des Géants se compose de deux temples placés parallèlement l'un à côté de l'autre et qui communiquent par un étroit passage. Les plans des deux édifices sont identiques comme forme; le premier est moins important que le second. L'ensemble de ces monuments comporte cinq absides, deux à chaque extrémité des temples, et une cinquième au fond du grand temple, laquelle abside fait face à l'entrée de ce monument bizarre, dont deux larges dalles elliptiques forment le seuil.
Tour grecque. — En général, les tours des Grecs étaient rectangulaires ; nous en possédons de très anciens spécimens dans les murs de Messène, rebâtis par les soins d'Épaminondas. Le haut de ces tours était couronné par des créneaux (eTwtXijetç) posés en redans. Ces tours étaient mises en communication au moyen de galeries nommées (J/aXfôsç ou w|/(âeç, suivant Suidas. Une des principales portes de Messène, défendue par deux tours, se composait de trois blocs énormes ; deux servaient de jambages, un troisième de linbeau : ce dernier ne mesurait pas moins de 5m,75 de longueur sur lm,15 de hauteur. Ces tours étaient percées de meurtrières allongées qui portaient trois noms différents : on appelait les meurtrières servant à lancer les flèches, Tofixal ôuptSeç; on qualifiait de opûai celles qui étaient droites, et de -kI^iui celles qui étaient obliques. A part les tours faisant partie des murs d'enceinte, les Grecs avaient, près des cités, des tours d'observation (ippuxTtopta) ; il en existe un spécimen ruiné à ArgOS : cette tour avait la forme d'une pyramide tronquée.
Tour japonaise. - - Les châteaux forts qu'habite la noblesse japonaise sont bâtis sur une éminence comme l'étaient ceux de la féodalité en France. Ils occupent un assez grand espace de terrain et possèdent trois enceintes successives. L'enceinte centrale, i innée ton-mas, comporte une sorte de donjon ou forte tour carrée à trois étag< c'est là que réside le seigneur japonais; dans la seconde enceinte (nin-mas) logeni les officiers, et la première, ou enceinte extérieure, sert à loger lus serviteurs et les soldats.
Tour de Jean sans Peur. — Cette tour»
dernier débris de l'hôtel des ducs de Bourgogne, est située à Paris dans le quartier des Ha"lles centrales ; elle date du xvc siècle. Au mot Ogivale, Architecture, fig. 11, nous
Jz
Fig. l. — Plan de la tour de Juan sans Peur (rez-de-chaussée ).
avons donné l'état actuel de cette tour, dont notre planche XCVI montre une restauration en perspective, et nos figures 1 et 2 des plans que nous avons également restaurés.
Fig. 2. — Plan de la même tour (lor étage).
Tour de Londres. — Cette tour est une ancienne prison d'Etat; elle fut bâtie en 1078 par Guillaume le Conquérant. C'est un assemblage assez confus de tours et de bâtiments, dont une partie fut détruite en 1841 par un incendie. Les successeurs de Guillaume, Guillaume le Poux et Henri Ier liront à cet édifice des additions assez considérables. Cette forteresse, située sur la rive septentrionale de la Tamise, ne couvre pas moins de cinq hectares, entourés de fossés. Le mur d'enceinte contient plusieurs corps de bâtiments, une église, des magasins, etc.; il est percé de trois portes, la principal' esl an sud-ouest des bâtiments. Il y a de nombreuses tours; parmi les plus célèbres, nous citerons : la tour du Beffroi, auprès de laquelle on voit la porte des Traîtres ( TYaitors gaie) .