TOUE
ainsi nommée parce qu'elle servait autrefois au passage des prisonniers d'Etat. C'est visà-vis de cette porte que se trouve la tour Ensanglantée, dans Laquelle «le duc de Glocester lit étouffer les enfants d'Edouard (Edouard Y et le dur d'York). — Une autre tour célèbre, c'est La tour Blanche, la plus vaste et la plus ancienne partie de la forteresse : c'est un massif de maçonnerie, aux murs épais, élevé sur un plan quadrangulaire ; elle comporte trois étages. Tout près de la chapelle, consacrée à saint Pierre, dont nous parlerons bientôt, se trouve la tour Beauchamp, qui a servi de prison à des personnages illustres, parmi lesquels nous mentionnerons Anne de Boleyn, lady Jane Grey; Jean Dudley, comte de Warwick; Philippe Howard; Charles Bailly, l'agent de Marie Stuart, et Robert Dudley, comte de Leicester. Enfin, au nord, citons la tour Devetin, à l'est de laquelle se voient les restes de trois tours : Flint tower, Bowijer tower (tour aux arcs) et Brick tower. C'est dans un atelier de la tour aux arcs qu'éclata l'incendie de 1841, qui détruisit le grand arsenal et d'autres bâtiments, et dont les dégâts s'élevèrent à environ 250,000 livres sterling.
Dans la chapelle de Saint-Pierre, qui se trouve dans le même monument, sont enterrés les corps d'Anne de Boleyn, de Catherine Howard, de l'évêque Rochester, de Thomas Cromwell, du dernier rejeton des Plantagenets (la comtesse de Salisbury), d'Edouard Seymour, du duc de Somerset, de lady Jane Grey et de son mari; du fameux comte d'Essex, le favori de la reine Elisabeth, qui fut cependant décapité; on voit même dans la salle d'armes, dite de la Reine Elisabeth, la hache qui servit à cette décapitation. Dans notre Dictionnaire de la curiosité, Instruments de torture, nous avons donné cette hache. — Aujourd'hui on ne peut visiter dans la Tour de Londres que la salle des armes {Horse armory) et celle des joyaux de la couronne {Crown jeweel room), lesquels sont estimés à deux millions de livres sterling. On est accompagné dans ces salles par des gardiens qui portent un costume exactement conforme à celui du temps de Henri VII.
Touk-Ma<.m;. La tour nommée ToUT- Jfagne (turris magna) est, en effet, an édifice d'une masse assez considérable ; elle esl située au somme! d'uni' colline, au nord de la \ ille de Nîmes. Cette tour (fig. S ctogonalei
base heptagonale. Elle faisait partie de l'enceinte romaine de l'antique Nemausus. On y mon* aii par deux rampes en pente douce. (](,iit la première, pavée en mosaïque de mari était établie sur un massif de maçonni tandis que la seconde rampe était portée sur des arcades plein cintre. Tous les parements de ce monument sont en moellon smillé, sauf les parties les plus délicates, telle- qne bandeaux, bases et chapiteaux de colonnes, qui sont en pierre de taille. Le monument, qui à son origine devait être fort élevé (83 mètres environ), est aujourd'hui beaucoup moins haut par suite des ravages du terni hommes. A quel usage pouvait servir cet édifice bizarre!' Suivant les uns, il aurait servi de mausolée ou de temple aux Gaulois ; suivant d'autres, il n'aurait été qu'un arrarium, ou bien un temple érigé par Adrien à Plotine; enfin d'autres arch gués affirment que ce ne pouvait être qu'un phare. Nous ne pouvons comprendre, quant à nous, toutes les discussions qu'a soûl'. cette tour; son antiquité est de toute évidence, et, suivant les époques, elle a pu être un tombeau, un arrarium. un phare. Voilà trois destinations qu'elle a eues certainement. Mais, pour ce dernier usage, il est nécessaire de s'entendre. Certains auteurs ont prétendu que la Tour-Magne était un phare pour guider les vaisseaux qui entraient dans le port ; ces mêmes auteurs admettent que la mer arrivait dans la plaine de Xîmes. Il est difficile d'admettre une erreur aussi forte. En effet, Xîmes existait du temps d'Arles et de Marseille ; or le niveau inférieur de la ville de Xîmes est à 37 mètres au-dese du niveau de la mer, qui, si elle avait jamais atteint cette cote, aurait noyé Arles, qui n'est qu'à 5™,25 au-dessus de la mer, et Marseille, qui est en contre-bas de Xîmes de 87 mètres. Il est donc insoutenable d'admettre (pie Xîmes ait jamais été baignée par les eaux de la Méditerranée : donc le phare élevé pour
Ti.av as Xi vi. — Tour de Jean suis îYur (restauration). DICT. D' ARCHITECTURE. — T. IV.
TOUR
éclairer un port est une pure fable. D'autres auteurs ont dit que cette tour avait servi de phare pour la navigation du Ehône ; malheureusement, ces auteurs ont négligé un point : c'est qu'entre ce fleuve et la Tour-Magne il existe des montagnes, ou du moins de
hautes collines, qui en auraient caché totalement la vue aux navires du Ehône.
Donc la Tour-Magne n'a servi de phare que pour donner des signaux à l'aide de feux de différentes couleurs, selon l'usage gaulois, adopté par les Eomains. Ce qui nous
Fig. 3. — Tour-Magne, à Nîmes.
confirme dans cette hypotèse, c'esfrque la colline à l'extrémité de laquelle s'élève la Tour-Magne -'• nomme le Pi/cch de la lampezc; or ce tenue depuech est dérivé du latin podium, qui signifie soubassement, et lampeze de Icmpada, lampe. Ce terme signifierait donc soubassement de la lampe , du phare, c'est-à-dire que réellement ce coteau aurait supporté un
phare. — Quoi qu'il en soit, il est incontestable que cette tour était reliée aux murs de la ville romaine. Étant enfant, nous avons foulé aux pieds la partie du mur romain posée en placage contre la tour, qui était alors dans l'enceinte même de la ville. — Cette tour ruinée serait aujourd'hui entièrement détruite, sans les travaux de consolidation exé-
TOUR
- en 18 l ">, par nol re vénéré tnall pe Ch. Questel, et sans la colonne intérieure autour de laquelle s'élève un escalier serrant à ati indre le sommel de L'édifice. Il est probable que ce monument a été construil Jules César, 52 ans environ avant l'ère vulgaire.
Toub de Xkmkihi. de Bélus ou de Babel. - Voy. ci-dessus Ton:. § Historique.
Toub penchée. - De toutes les tours I enchées, la plus curieuse et la plus célèbre est, sans contredit, le campanile de Pise, nommé torre pmdente. Celte tour, élevée sur un plan circulaire, a 54™ ,50 d'élévation; elle comporte huit étages déi de plus de deux cents colonnes ; elle est toute en marbre. Commencée en 1174, par Bonannus de Pise et Guillaume d'Inspruck, elle ne fut terminée qu'en 1350, par Tommaso Pisano. Son inclinaison est effrayante; elle est telle qu'en janvier 1878, en jetant un fil à plomb du sommet, nous avons trouvé à la base du monument un écart de 4m,2s de la verticale. En 1864, c'est-à-dire douze ans auparavant, nous n'avions trouvé que 4m,15. Avions-nous mal pris nos dispositions ? Xous l'ignorons; mais ce que nous pouvons affirmer, c'est l'écart de 4m,28 que nous avons constaté en janvier 1878. — On arrive au sommet du campanile par un escalier de 295 marches. On s'aperçoit de l'inclinaison, en montant, dès la 110e marche environ. On s'est souvent demandé si le campanile avait été construit penché, ou si c'était par suite d'un tassement inégal dans les fondations que la tour avait incliné si grandement. Pour nous, ce fait n'est pas discutable, la tour est ainsi inclinée par suite dun tassement inégal dans les fondations. Dans ce pays souvent couvert d'eau, des eaux souterraines auront pu miner et déplacer une partie du sol sur lequel reposaient les constructions ; de là le tassement, si considérable, qui, du reste, n'a nui aucunement à la solidité de la construction, qui sert encore aujourd'hui de clocher à la cathédrale. Cette tour contient sept cloches, dont la plus lourde. qui pesé 12,o(io kilogrammes, se trouve placée du côté opposé à l'inclinaison. Galilée mit à profit cette inclinaison pour faire du sommet
de la tour see expériences sur la chute des corps, rmina ainsi les lois de la gravi-
tation, de même qu'il avait utilisé le lampadaire de la cathédrale pour étudier et déterminer les oscillations «lu penduli . Lampadaire (note L), où nous relatons le fait historique.
Bologne possède deux tours penchées, La torre Asinelli, haute de 88 mèti truite en 1109 par Gérard degli Asinelli : inclinaison est d'environ Lm,15. On arrive au sommet de cet édifice par un escalier de 148
1 ig. 4. — Tour ronde, h Derenish-Island.
marches; une fois sur sa plate-forme, on est amplement dédommagé de ses fatigues par a beauté du panorama qui se déroule sous vos yeux, car la vue s'étend jusqu'à Vérone, aux monts Enganéens et jusqu'aux Alpes. — La seconde des tours de Bologne, la torre Garisenda , ne mesure que 42 mètres de hauteur, mais elle n'a jamais été terminée; son inclinaison, beaucoup plus considérable que celle de la torre Asinelli, mesure environ 2 du pied de la tour à la verticale passant par son sommet. Elle a été construite en 111m ou 1111 par Othon et Filippi nia.
Tour des Pictes. — Dans les saises de l'océan Atlantique, dans les îles
TOUK.
Shetland, il existe des constructions en forme de cône analogues aux nur-hags sardes et aux talayois des îles Baléares; on les nomme tours des Pietés, et on les considère comme des temples du Feu.
Tour pleixe. — Le long des grandes voies romaines , on retrouve souvent des tours pleines, rondes ou carrées. On a fait beaucoup de suppositions au sujet de ces édicules ; on y a vu des tombeaux ou des monuments funéraires élevés en l'honneur de quelques morts illustres, ou bien des espèces de grandes bornes marquant des divisions territoriales ou indiquant les confins de divers pays. On classe parmi ces monuments la colonne de Cussy (Côted'Or), les tours de Pirlongue et d'Abnon, dans les environs de Saintes, et la pile de Saint-Mars ou de Cinq-Mars, dans les environs de Tours. Bien des archéologues considèrent ce dernier édifice comme un monument triomphal érigé en l'honneur de Mars. Pourquoi alors ces qualificatifs de cinq et de saint, et que signifieraient-ils ?
le, & Orthcz.
TOUB DE POBCELAINE. — -Voy. Ton: