TYPHON
placé au centre d'un vesica piscis et entouré de quatre animaux, symboles des Evangélistes : tel est ainsi décoré le tympan de la cathédrale de Digne, que montre notre figure 4, et qui, du reste, est presque une véritable copie de celui de Saint -Trophime d'Arles, dans le département des Bouches-du-Rhône.
Pendant le xme siècle, on retrouve beaucoup moins le Christ et les personnifications évangéliques, mais on voit souvent le jugement dernier, divisé en scènes superposées. Au sommet du tympan, le Christ est assis sur un trône, les bras élevés , ayant à ses côtés des anges qui portent les uns les instruments de sa passion, les autres des encensoirs ou autres ustensiles sacrés. Au-dessous, on voit des anges sonnant de la trompe pour réveiller les morts , la résurrection, le pèsement des âmes, la séparation des bienheureux et des réprouvés, etc. Notre figure 5 montre un tympan d'une des portes de Notre-Dame de Paris, dite porte Saint-Etienne ou des Martyrs, ainsi dénommée à cause du tympan qui représente le martyre de ce saint. Cette sculpture est. un fort beau spécimen de la statuaire du xme siècle. Au mot Française, Architecture , figure 9, le lecteur peut voir, à plus grande échelle, la lapidation du saint. — D'autres fois, les tympans sculptés montrent la légende de la Vierge,' des scènes de la vie de Jésus-Christ, ou bien, comme à l'église Saint-Ursin de Bourges, des scènes de chasse et un zodiaque, ou plutôt un calendrier historié tel qu'on en faisait à cette époque. (Voy. Zodiaque.)
Les tympans du XIVe siècle ne diffèrent de ceux du siècle précédent que par une plus grande richesse dans la composition, qui
souvent est plus recherchée, et par une exécution plus soignée. Il en est qui sont décorés de magnifiques réseaux exécutés dans le goût de l'époque et ornés de vitraux peints. Au xve siècle, le tympan sculpté devient plus rare, il est remplacé par un réseau et transformé en rose ou en fenêtre.
La renaissance , en revenant à l'architecture classique, délaisse complètement le tympan historié.
Tympan d'arc ou d'arcade. — Partie de maçonnerie ou tableau triangulaire formant parement entre la courbe de cet arc et de cette arcade et les lignes passant par le sommet des courbes.
Tympan de pont. — Partie de maçonnerie comprise entre l'extrados de la voûte d'un pont , les pieds-droits et le bandeau horizontal de couronnement de la Voûte (voy. ce mot).
TYPHON, s. m. — Divinité égyptienne regardée comme la source de tous les maux ; on la nommait également Set. L'animal symbolique de ce dieu est, d'après E. de Rougé {Notice sommaire des monuments dit Louvre), « un quadrupède carnassier caractérisé par un museau long et un peu busqué, et par deux oreilles droites et larges du bout. Ces caractères sont souvent exagérés pour distinguer sa tête de celle du cheval au museau fin, aux oreilles pointues. » C'est ce dieu qui aurait donné naissance au géant Typhon des Grecs, car ce terme de Tucpwv serait dérivé de l'appellation hiéroglyphique Tebha, qu'on a trouvée assez fréquemment reproduite dans les inscriptions du grand temple d'Edfou.
l'. — Cinquième voyelle et vingt-unième
lettre de notre alphabet, dans lequel elle n'a été introduite que fort tard, car anciennement le V remplaçait l'U, comme aujourd'hui, du reste, pour les inscriptions lapidaires, monétaires, ou autres monuments épigraphiques. La forme de l'U dérive de Vupsilon des Grecs (U, u). Dans les inscriptions, l'U est souvent le signe abréviatif de uris; ainsi XXVIII A. A. u. R. C. signifie : 28 ans après la fondation de la ville de Kome (xxviii annis ah urbe Romû conditâ.
U (Membre d'). — Les treillageurs désignent sous ce terme une longue bande, telle qu'un larmier ou un bandeau, formée de petits compartiments disposés en forme d'U ou en chevrons brisés affectant la forme d'un V.
UDOMÈTRE, s. m. — Instrument servant à évaluer la quantité d'eau, ou l'épaisseur de la couche d'eau tombée sur un point donné. Ce terme est synonyme de pluviomètre.
ULCÈRE, s. m. — Vice du bois qui se traduit à la surface du tronc d'un arbre en un point par une sorte de suppuration provenant d'un excès de sève qui se porte en ce point. Le liquide acre et, pour ainsi dire, caustique amène la pourriture du bois non seulement sur le point ulcéré, mais encore sur les parties a voisinantes , et le mal, gagnant de proche en proche, détermine l'exfoliation de l'arbre et sa mort. Les bois atteints d'ulcère sont impropres à tout emploi dans la construction.
ULTRA PETITA. — Expression latine usitée dans notre langue juridique et qui signifie, au delà de ce oui a été demandé, c'està-dire que le juge a accordé au demandeur
plus que oelui-ci n'a demandé. D'après l'a* ticle 180 du Code de procédure civile, les jugements où il a été accordé Yultra jjetila peuvent être réformée. Voici l'article sus-
Le.s jugements contradictoires rendus en dernier ressort par les tribunaux de première instance et d'appel, et les jugements par défaut rei
en dernier ressort et qui ne sont pas susceptibles
d'opposition, pourront être rétractés, 6ur larequéte de ceux qui y auront été parties ou dûment appelés, pour les causes ci-après : 1° s'il y a eu dol personnel; 2° si les formes prescrites à peine de nullité ont été violées soit avant, soit lors des jugements, pourvu que la nullité n'ait ps uverte par
les parties ; 3° s'il a été adjugé plus qu'il n'a été demandé (ultra petita); 4° s'il a été, etc.
UMBO. ■ — Terme d'antiquités romaines qui d'une manière générale signifie toute pièce, tout objet formant saillie, surtout quand celleci affecte la forme d'une demi-sphère ou d'uu cône ; mais ce terme sert aussi à désigner en technologie les grosses pierres saillantes terminées par une partie circulaire engagées dans les rebords d'un trottoir. On peut voir encore aujourd'hui des umbo (umbones) dans les trottoirs qui forment la bordure des chaussées d'Herculanum et de Pompéi. Quelle était la destination des umbo? Nous pensons qu'ils n'étaient employés que dans un but purement décoratif : car nous ne pouvons admettre , comme l'ont avancé certains auteurs, mais sans apporter aucune preuve à l'appui de leur dire, qu< umbo servaient de moatoirs aux cavaliers pour enfourcher leur monture, ce qui est inadmissible, parce que les trottoirs, fort élevés, étaient suffisants pour remplacer les montoirs, d'autant plus que les chevaux du pays étaient de petite taille : ensuite les umbo sont tellement rapprochés les uns des autres qu'il est bien évident que, s'ils avaient été mis là pour mou-
UNCTORIUM. — URCEOLEE (corbeille).
toirs, leur nombre eût été bien moins considérable.
UNCTORIUM. — Chambre dépendant d'un établissement de bains, qui servait à conserver les huiles et les parfums, et dans laquelle il semblerait, d'après Pline (Ep., II, 11, 17), qu'on frictionnait également les baigneurs. Mais nous devons dire que l'on employait plutôt le terme El.eothesiu.m (voy. ce mot) pour désigner cette dépendance des bains. (Yoy. Thermes.)