‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 2)Chapitre 190 sur 238 · Vases en terre cuite, unie ou décorée · texte numérisé non relu

Vases en terre cuite, unie ou décorée

I. Vase acoustique. — Ces vases, qu'on nomme aussi vases de tltèûlre, étaient placés, dans les théâtres de l'antiquité, sous les gradins sur lesquels s'asseyaient les spectateurs, afin de renforcer la voix des acteurs. (Vitruve, V, ').) Ils étaient en airain (^Xs"0 e^ montés à la quarte, à la quinte, à V octave l'un de l'autre. Ils avaient la forme d'une cloche, et, d'après ce qui précède, ils devaient avoir entre eux 1rs mêmes proportions qu'avaient entre elles les cordes de la lyre destinée à soutenir la voix du chanteur. Mais la lyre non seulement soutient la voix, mais encore elle indique le son; tandis que les vases, en admettant, ce qui est douteux, qu'ils laissent reproduire le son, ne pouvaient que le prolonger. Or nous ne voyons paa quel avantage aurait procuré un pareil système de vases, nous nous demandons même si leur fonctionnement n'aurait pas créé des résonances lâcheuses. Il est vrai que Vitrine ne nous donne aucun détail sur la position et le nombre de ces vases ; ensuite il faut tenir compte de ce que les théâtres antiques, ('•tant a ciel ouvert, la répercussion des sons était nulle, pour ainsi dire, car le vclarium qui recouvrait le théâtre ne présentait pas une surface assez résistante pour permettre

la réflexion des ondes sonores, au moins d'une manière sensible. Evidemment les conditions seraient toutes différentes dans nos théâtres modernes, qui sont fermés de toutes parts. Vers la fin du même chapitre v de son Ve livre, Vitruve ajoute que dans les théâtres des petites villes, qui n'avaient pas beaucoup à dépenser, les architectes remplaçaient les vases d'airain par des poteries ou vases en terre cuite, et que le résultat était aussi satisfaisant. Il n'y a rien de bien étonnant dans ce fait : car, bien que la matière des parois puisse influencer sur l'intensité du son, c'était surtout le vide de la cavité pratiquée sous les gradins qui fournissait l'intensité de la résonance. — On a longtemps et longuement discuté sur la puissance des vases acoustiques ; aujourd'hui , d'après l'avis des personnes c< impétentes, la puissance des vases acoustiques, ou vases renforçant le son, est admise : du reste, cette admission n'est pas tout à fait nouvelle, puisque dès le moyen âge on avait utilisé des vases acoustiques dans les églises pour renforcer la voix des chantres. Ce fait est indiscutable, puisque le savant antiquaire Jacques Obcrlin découvrit de ces vases dans la voûte du chœur de l'ancienne église des Dominicains à Strasbourg.

Bien que Vitruve, dans le même passage. nous informe que les Grecs employaient également des vases acoustiques dans les théâtres, il nous est difficile de l'admettre, au moins pour les théâtres très anciens, car dans les ruines des nombreux édifices de ce genre que les Grecs nous ont laissés, soit chez eux, soifc dans les colonies, on n'a pu encore retrouver des vases acoustiques. Ce qui nous fait surtout douter de l'affirmation de Vitruve, c'est qu'Aristote (Probl., sect. II, § 7, 8, 9), posant de nombreuses questions d'acoustique dont il donne des solutions plus ou moins justes, ne parle pas des vases qui nous occupent, il se demande bien pourquoi une maison est plus résonnante quand elle vient d'être reblanchie, quand on y enfouit des vases vides, quand il s'y trouve des puits ou autres cavités profondes: mais, nous le répétons, il ne parle jamais des vases acoustiques. Ce ne serait donc que plus tard que les Grecs auraient

va si:.

utilisé les rases acoustiques; néanmoins Muminius, lors de la ruine de Corinthe 1 1 16 ans av. .!.-<'.). en trouva dans le théâtre de cette

Ville.

II. Vase d'àmortisbembkt. — On désigne sous ce terme les vases qui servent à décorer le sommet d'un membre d'architecture, tel

Vase d'amortissement au château d'Auet.

qu'un fronton aigu ou coupé, un pilastre, une pile, une colonne décorative, une souche de cheminée, etc. Quand les vases employés pour ce dernier usage semblent vomir des flammes par leur orifice, on les nomme pots à feu on pots à flammes. La renaissance et les styles Lous XIV et Louis XVI ont fait un large emploi des vases d'amortissement. Xotre figure 1

montre an rase d'amortissement du château d'Anel : il date du xvir" siècle, et son ttt) dit style Louis XIV.

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