‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 2)Chapitre 215 sur 238 · VIF · texte numérisé non relu

VIF

construction quand un édifice n'a pas toute la solidité désirable, par suite de l'inexécution ou de la mauvaise exécution des règles de l'art. Il y a aussi vice de construction quand les prescriptions relatives aux lois du voisinage n'ont pas été observées. Les architectes et les entrepreneurs sont responsables pendant dix ans des travaux qu'ils font exécuter ou qu'ils exécutent. Ce n'est que depuis 1883 que cette question , autrefois si controversée , a été résolue par un arrêt rendu par la Cour de cassation, toutes chambres réunies. Avant cet arrêt . beaucoup de juristes admettaient que les architectes et les entrepreneurs étaient responsables pendant dix ans, c'est-à-dire qu'il fallait que le vice se révélât dans les dix années après la réception des travaux. Puis, le vice une fois constaté, le propriétaire avait tout le temps pour intenter une action. Or, la loi étant muette à l'article prescription, les architectes et les entrepreneurs n'étaient couverts que par la prescription trentenaire. On voit par là toute l'importance, pour les constructeurs, du récent arrêt de la cour de cassation. (Voy. Architecte et Entrepreneur.) — Les vices de construction peuvent dégager le locataire de toute responsabilité en cas d'incendie. ( Code civil, art. 1733.)

Vice de forme. — Terme de droit. — Défaut qui peut causer un préjudice quelconque. L'article 1338 du Code civil dit « que l'acte de confirmation ou ratification d'une obligation contre laquelle la loi admet l'action en nullité ou en rescision n'est valable que lorsqu'on y trouve la substance de cette obligation, la mention du motif de l'action en rescision et l'intention de réparer le vice sur lequel cette action est fondée. » Ainsi donc les \ ici a de forme ne peuvent être opposés aux actes qu'on a confirmés, ratifiés ou exécutés volontairement dans les formes et à l'époque déterminées par la loi.

VIDANGE, 8. f. — On nomme vidange des terres l'extraction et le transport des terres fouillées. Ce travail se règle généralement au mètre cube ; le prix est en raison de la qualité de la terre et de la distance qui sépare la fouille du lieu de décharge.

Vidange des fosses. — Extraction des matières qui emplissent les fosses d'aisances fixes. Ces travaux sont soumis à Paris et dans les communes rurales du ressort de la préfecture de police à des règlements édictés par une ordonnance de police en date du 1er décembre 1853. Au mot Fosse d'aisances, § Législation et jurisprudence, le lecteur trouvera le titre IV, section I'c, de l'ordonnance susvisée concernant la vidange des fosses d'aisances.

VIDE, s. m. — Ouverture ou baie pratiquée dans un mur. Quand les baies sont plus étroites ou plus larges que les trumeaux ou massifs, on dit que les vides sont moindres ou supérieurs aux pleins. — De même', par cette expression : ce mur cube 30 mètres tant pleins que vides, il faut entendre que les massifs et les baies sont comptés dans le cubage. — Dans un plancher où les entrevous sont de même largeur que les solives, on dit également que les pleins et les vides sont égaux.

Vide (Pousser ou tirer au). — Un bâtiment, un édifice, poussent ou tirent au vide quand ils se déversent et sortent de leur aplomb.

VIE (Tout en). — En menuiserie, quand une pièce de bois pénètre dans une autre sans qu'on ait rien diminué de sa largeur ou de son épaisseur, on dit que cette pièce pénètre tout en vie dans l'autre.

VIELLE, s. f. — En serrurerie, on nomme loquet à vielle, un loquet qui s'ouvre à l'aide d'une pièce coulée en forme de manivelle : c'est celle-ci qui soulève le battant du loquet.

VIF, VIVE, adj. — Qui n'est pas mort.

La chaux vive est celle qui n'est pas éteinte ; une arête vive est celle qui n'est pas érnousséc, qui n'est pas biseautée ou écornée.

Pris substantivement, ce terme a plusieurs significations. Dans une colonne, on nomme vif, ou tronc, le fût de la colonne. En parlant d'une pierre, si l'on dit qu'elle est entièrement

VIGNE. - vii.i.i;.

nn, qu'on l'a taillée jusqu'au vif, cela signifie qu'on a supprimé largement le bousin; on «lit, de môme qu'un moellon est ébousiné jusqu'au vif, c'est-à-dire qu'on h retranché au marteau

tout !'• bousin qui recouvrait la surface de ce moellon.

VIGNE, s. f. — Arbuste à feuillage large et découpé qui produit le raisin. La vigne a été souvent employée comme motif ornemental sur les monuments de l'antiquité, soit peinte, soit sculptée. Beaucoup d'autels antiques sont décorés de vignes {pampres) et de raisins, surtout les autels dédiés à Bacclius, à Cérès et à Pomone ; car la vigne était souvent mêlée à des fruits, à des épis de blé et à des fleurs. (Voy. Autel, fig. :3.) — Quelques monuments chrétiens du ive et du vc siècle, tels que sarcophages, portent également des motifs d'ornements parmi lesquels figure la vigne. Vers la fin de la période ogivale et pendant l'époque de la renaissance, beaucoup de monuments sont décorés également avec les formes si gracieuses des pampres de vigne.

VIGNETURE, s. f. — Ce terme était employé au moyen âge pour désigner un ornement de feuilles de vigne, qui décorait les bordures des miniatures dites alors vignetèes.

VILEBREQUIN, s. m, — Outil en forme de G qui sert à faire mouvoir des mèches à percer le bois, la pierre tendre, etc., afin d'ob-

Fig. 1. — Vilebrequin ordinaire.

tenir dans ces matériaux des trous ronds. Cet outil est composé d'une tige d'une seule pièce doublement coudée. L'extrémité d'un des coudes est traversée d'une forte cheville en fer qui porte une poignée en bois ; l'autre coude porte une douille carrée pour recevoir la mèche, dont on peut serrer la tête daus cette douille à

L'aide d'une vis '!•• pression. Il existe des vilebrequins ordinaires (fig. ij et des vilebrequins renforcés (fig. 2). D derniers, qui Boni

Fig. 2. — Vilebrequin renforcé.

beaucoup plus forts, on peut plaça rières ou des mèches américaines. (Voy. Tarière.) Beaucoup de serruriers nomment improprement cet outil, fût.

VILLA, s. f — Maison de campagne des Romains, qui distinguaient trois sortes de villas : la villa vrbana, la villa ruslica et la villa frucluaria, La première comprenait l'habitation du maître et comportait toutes les commodités de la maison de ville ; c'était une villa de plaisance décorée souvent avec un grand luxe. — La villa ruslica correspondait à ce que nous nommons aujourd'hui ]& ferme, c'est-à-dire comprenait tout ce qui se rattache à l'économie rurale, à l'élevage du bétail et à l'exploitation agricole. — Enfin la villa fructuaria était, pour ainsi dire, un grenier d'abondance, car elle renfermait tous les niag pour enfermer les récoltes, des greniers, des fenils, des celliers et des caves, etc. Souvent chez les Romains, ces trois villas n'en formaient, pour ainsi dire, qu'une. — Aujourd'hui, on a conservé ce nom de villa aux propriétés suburbaines. En Italie, il existe de nombreuses et belles villas; à Gênes, la villa Palavicini ; aux portes de Rome se trouvent la villa Borghèse, derrière le Pincio, près de la porte del Popolo ; la villa Pamphili ; la villa Albani , près de la porte Salaria, etc., etc.

VILLE, s.f — Agglomération importante de maisons bâties sur un seul point et Béparées entre elles par des rues, des places et des boulevards. Autrefois, un grand nombre de villes étaient entourées de murs ; aujourd'hui, même

VINAIGEETTE. — VIRBOUQUET.

les villes fortifiées ne possèdent plus que des forts détachés pour les défendre. — Bien des ingénieurs ont dressé des plans de ville ; mais, il faut bien l'avouer, il est fort rare qu'on puisse créer une ville de toutes pièces. Cependant , en Europe et en Amérique, des villes nouvelles ont été créées très rapidement et réalisent en partie les meilleurs programmes adoptés pour l'édification complète d'une grande ville. Dans bien des cas, on se contente de démolir les maisons anciennes pour créer des voies plus larges, des places et des squares, et, par des transformations successives, des villes fort vieilles et mal bâties se trouvent en quelques années transformées en villes tout à fait modernes : tel est le cas de Paris. Mais combien un administrateur capable et intelligent eût obtenu des améliorations essentielles et créé des voies plus grandioses et mieux comprises avec les sommes dépensées pour la transformation du Paris moderne, dans lequel il manque encore tant d'établissements utilitaires, tels que chauffoirs, bains publics, salles de lecture, cabinets de toilette, water-closets, bureaux de renseignements, postes de secours de tout genre, etc., etc.

VINAIGEETTE, s./. — Mot ancien qui servait à désigner une voiture à deux roues ou une Brouette (voy. ce mot).

VINDAS, s. m. — Sorte de cabestan ou treuil vertical qui sert à tirer les fardeaux horizontaux. (Voy. Cabestan).

VI \<; TAIN, s. m., ou VINGTAINE, s./. — Petit cordage dont les nuirons se servent pour conduire lus pierres en les élevant avec le câble, afin d'empêcher qu'elles ne s'écornent cniiiiv les parois saillantes d'une construction ou qu'elles n'écornent des bandeaux ou moulu n-- en épannelage. — On désigne aussi sous. le même terme un moyen cordage dont on se sert pour faire les échafaudages, et qu'on emploie comme verboquet, vireboquet ou Virbou- (JUET | voy. ce mot).

VIOCURES. Terme d'antiquités. —

Voy. Voie, § Voies romaines.

VIOLET, s. m. — Couleur secondaire composée de blanc, de laque carminée, de bleu de Prusse ou d'indigo. Aujourd'hui, grâce aux progrès de la chimie, on compose des violets très remarquables, notamment avec la fuchsine. On fait aussi des laques violettes en mélangeant en volumes égaux une dissolution d'acétate d'alumine et une décoction de bois de campêche.

VIOLETTE, s./. — Ornement d'architecture qui imite la fleur de la violette. Cet ornement a été employé pendant l'époque romane ,

\ . Ji

Fig. 1.

mais il a été plus en usage encore du milieu du xiic jusqu'au milieu du xme siècle. Nos figures 1 et 2 montrent deux types de violettes,

Fig. 2. — Violettes avec perles.

de face et de profil, décorant un bandeau: l'une d'elles possède une perle dans le centre de la corolle.

VIOLON, s. m. — Les treillageurs nomment ainsi un de leurs outils. C'est une sorte de touret à main en bois, dans lequel est placé un foret que fait mouvoir un archet. — Les serruriers entendent par l'expression jouer du violon, se servir de l'archet, parce qu'en effet celui-ci fonctionne à la manière de l'archet sur les cordes du violon. (Voy. Vis.)

VIRBOUQUET et VIREBOUQUET, s. m. — Cordage qui sert à guider un fardeau élevé par une grue ou toute autre machine de levage; mais on désigne plutôt sous ce terme une cheville qui sert à arrêter la

VIRES. Vis.

corde Bimple on à nœuds attachée à l'amortissement de la flèche d'un clocher. Li fond entièrement les trois termes de verloquet, de virlwquei et de vireJxmquet.

VIRES, «./. pi— Terme de blason. Il-'' dii de plusieurs anneaux enfermés les ans dans les autres, en sorte qu'ils ont tous lé môme centre; ils sont donc concentriques.

VIREVAU ou VIREVEAII, s. m.

Tenue de marine. Cabestan horizontal tournant sur deux tourillons et servant à élever

de gros fardeaux. Le circcau est donc le i -

traire du Vindas (voy. ce mot).

VIROLE, s.f. — Anneau, sorte de bague en métal, qui sert à cercler les manches d'outils, ainsi que diverses pièces de bois, pour les empêcher de se fendre. Les viroles sont on non soudées. Ce sont de petites FeetteS (voy. ce mot).

Y1ROLER, v. a. — Garnir de viroles.

VIROLET, s. m. — Cylindre de sapin employé dans divers corps d'états, dans la marine, chez les fabricants de cordages, pour empêcher les cordages de frotter contre les corps durs qui les useraient rapidement.

VIRURE, s.f. — File de planches ou bordages employés en revêtement, dans un batardeau, par exemple.

Fig. 1. — Vis de rappel pour établi,

VIS, s. f. — Cylindre dont la surface est taillée en hélice d'une rainure rectangulaire ou triangulaire. La partie qui sépare deux rainures se nomme pas de vis; la saillie hélicoïdale se nomme filet rectangulaire, ou carré, ou triangulaire, suivant que la rainure affecte la forme d'un rectangle, d'un carré ou d'un triangle. La vis est un des organes les plus

employés en mécanique pour produire de f pressions. Elle B'engage souvent dans une creuse nommée écrou, qui est la contre-

l'ig. •-'. \ U d'établi en fer, 6oroa en cuivre.

partie de la vis. Nos figurée montrent d genres de vis employées dans l'outillage du menuisier; notre figure 1, une vis de rappel

l'ig. 3. — Vis d'établi renforcée.

pour établi ; nos figures 2 et 3 sont des vis de mâchoires en fer et en bois pour établi; nos figures i et 5 montrent îles vis de tx

Fig. 4. — Vis de Imite ù recaler simple.

à Recaler (voy. ce mot); nos figures 6 et 7. des vis de serre-joint à grande échelle, dont notre figure 8 montre la position dans le serrejoint. — La vis de serre-joint indiquée par

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