Y M A [Q ERIE
la doïx Bignifie la chair du Sauveur, laquelle h en en soi l'âpreté el l'amertume de la passion : L'amande montre La douceur intérieure de La Divinité, qui fournit la nourriture ei remplit l'office de La Lumière; quanta la coquille, elle représente Le boia de la croix <jui , pas son interposition, a séparé notre âme de notre corps, niais qui aussi a réuni, par l'imposition du bois sacré, les choses terrestres et célestes. » ( S. Aug., Serm. de iemp. dom. ant. Nativ.)
Obscena. — Les sujets obscènes qu'on voit en si grand nombre sur les bas-reliefs qui décorent les façades des édifices religieux seraient, suivant l'opinion de divers archéologues, la personnification des vices, des passions et des
Fig. 4. — Coq à buste île femme.
péchés. Ils seraient là, dit de Caumont (Abéeéd. d'arûtèol.), « pour avertir les fidèles qu'ils doivent entrer dans le temple le cœur pur, et laisser à l'extérieur toutes les passions qui souillent l'âme. » Selon d'autres antiquaires, ces représentations n'auraient aucune signification et ne seraient que des ornements erèès par le caprice des ymaigiers. Les figures grotesques et les obscena en particulier déplaisaient à certains Pères de l'Eglise. Voici ce qu'écrit à leur sujet saint Bernard (lettre à Guillaume, abbé de Saint-Thierry, apud Mabillon, inier opéra sancti Bcrnardi, cap. xn, n° 29, t. I, p. 53, Paris, 1090) : « A quoi bon tous ces monstres grotesques en peinture et en sculpture ? A quoi sert une telle difformité, ou cette beauté difforme? Que signifient ces singes immondes, ces lions furieux, ces centaures monstrueux, etc., etc.? »
Oiseaux. Les oiseaux, suivant leurs espèces el leurs tonnes rraiee on fantastiques, symbolisent des TOitus ou de- vices divers ; en général, les palmipèdes sont l'emblèmedn baptême, parc- qui 1 1 - ois aus sont aquatiques. Notre figure i montre un buste de femme avec un corps de coq; cette figure est tirée d'une stalle de la cathédrale de Rouen Notre figure "> montre un oiseau avec la d'une femme et les pattes d'un animal : cette figure est une reproduction d'une sculpture du portail des Libraires de la cathédrali Rouen. (Noua avons donné ce Portail à ce
Fig. 5.
mot, planche LXYI. — Voy., dans le pri article, les divers oiseaux décrits à leur rang, colombe, coq, hibou, paon, phénix, etc., i
Phéxix. — Le phénix, qui se consume en concentrant dans son corps les rayons solaires et qui renaît ensuite de ses cendres, représente Jésus-Christ mourant sur la croix et ressuscitant le troisième jour : c'est donc, comme le paon, un symbole de résurrection.
Palme. — Symbole du martyre ; aussi la palme du martyre est un terme usuel dans la liturgie romaine.
Paox. — Symbole de la résurrection, parce que chaque année, à la fin de l'automne, oiseau perd ses plumes et qu'au printemps il lui en pousse de nouvelles. — Saint Augustin considère aussi le paon comme le symbole de l'immortalité, parce que, du temps de IVvêque d'Hippone, on supposait bien à tort
YMAIGERIE.
que la chair de cet animal était incorruptible. {De Civitate Dei, xxn, 4.)
Pavot. — Cette plante, dont la graine fournit une liqueur, une huile soporifique, est le symbole de la mort ; aussi retrouve-t-on souvent le pavot représenté sur des tombeaux concurremment avec des torches renversées.
Pélican. — Un des symboles de Jésus- Christ. — Le pélican est aussi considéré comme le symbole de l'amour paternel, parce que des auteurs, A. de Musset entre autres, ont écrit que le pélican se perçait les flancs pour nourrir ses enfants de son propre sang, ce qui est faux.
Porc. — Cet animal symbolise la gour-
6. — Bas-relief île la cathédrale de Rouen (portail des Libraires).
mandise et la luxure. Notre figure 3 montre un porc qui joue de la vielle à archet. Notre figure (! fait voir un monstre avec une tête, des pieds et une queue de porc; il appuie sa tête sur sa main gauche, tandis que sa main droite repose sur sa hanche. Cette sculpture est tirée du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Ne serait-ce point une satire contre les philosophes ?
Sagittaire. - Sorte de centaure qui, à l'aide d'un mit, lance des flèches (fig. 7). Il symbolise le Dien vengeur qui punit tardivement peut-être, mais avec l'instantanéité de la foudre.
Salamandre. — Reptile qui ressemblait au dragon ef qui symbolise le feu, parce qu'on supposait que la salamandre vivait au milieu des flammes.
Sanglier. — Voyez ci-dessus Porc, car l'iconographie chrétienne ne paraît pas avoir établi une distinction symbolique entre ces deux animaux.
Serpent. — Symbole du mal. La Vierge est représentée souvent écrasant la tête du serpent.
Singe. — Symbole de la malignité, de la méchanceté, de l'orgueil stupide et de l'avarice.
Sirène. — Femme dont le corps se termine en queue de poisson ou d'un animal aquatique. Souvent le corps des sirènes est terminé par une double queue ; ce monstre symbolise les trois concupiscences; il est aussi considéré comme l'emblème de la volupté.
Fig. 7. — Sagittaire.
Stryge. — Sorte de lutin, de méphistophélès à figure caustique ou grimaçante; il symbolise le mal : c'est une des formes que prend le diable pour nuire aux mortels. Un stryge bien connu est celui qui décore l'angle de l'une des tours de Notre-Dame de Paris. qu'une eau-forte de Méryon, souvent reproduite, a rendu aujourd'hui presque populaire.
Truie. — La truie symbolise le mal, l'impureté, la gourmandise et la fécondité.
Unicorne. — Voy. Licorne.
VlCES. — Les vices sont symbolisés non seulement par les animaux, bouc, basilic, griffon, porc, serpent, vipère, etc., mais encore par des personnages dont l'attitude, l'action, la manière d'être, caractérisent le vice spécial à ces personnages, hommes ou femmes. C'esl
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antérieurement au mit siècle que les ymai- - ont représenté sous des formes hideuses les rices; à partir du xin° siècle, au contraire, les sculpteurs ont mis plus de recherche pour caractériser les passions humaines , et souvent ils ont opposé dans leurs composil ions les aux vertus : par exemple, Le désespoir à l'espérance, l'idolâtrie a la foi, L'avarice à La charité, etc. Ces compositions sont ordinairement encadrées dans des médaillons à quatre lobes, et les interprétations sont quelquefois fort curieuses : on voit, par exemple, Vidolâtrie figurée par un homme adorant un singe; X1 avarice, par une femme assise près d'un coffrefort : elle compte et considère les pièces d'or qu'elle en a sorties; Y injustice est figurée par un homme qui parle bas à un juge et qui cherche à le corrompre : Va folie, par une femme qui marche sur des pierres rondes et roulantes, elle en porte dans ses mains et en reçoit sur la tête ; la présomption, par un cavalier qui se précipite avec son coursier dans un abîme : la peur, laisse échapper un glaive de sa main et fuit un ennemi imaginaire qu'elle croit voir sortir d'un buisson ; la discorde est figurée par un homme et une femme qui se battent, etc.
Vigne. — On voit aussi fréquemment la vigne sur des monuments chrétiens; elle est accompagnée de grappes de raisin. Nous n'entreprendrons pas d'énumérer les innombrables interprétations données à ce sujet, car elles nous mèneraient beaucoup trop loin ; nous nous bornerons à signaler le symbolisme le plus
généralement admis et qui nous paraît ans plus logique, a savoir, (pie la vigne était un emblème de résurrection et que les raisins faisaient allusion aux joies de la vie future, réservées aux élns, c'est-à-dire aux jutd
lin résumé, nous voyons que l'ymaigerie religieuse a utilisé comme symbolisme plantes, les animaux et l'homme; nous voyons aus>i que l'iconographie chrétienne, qui a fourni un répertoire immense de compositions, a été beaucoup étudiée, mais que. comme tous les vastes sujets, elle n'a pas fourni encore ce qu'on pouvait attendre d'une œuvre aussi considérable. Nous estimons donc qu'il reste encore beaucoup à faire pour fournir une interprétation méthodique et raisonni e des innombrables ymaigeries qui existent sur les édifices de l'époque ogivale.
YMAIGIER, s. m. ■ — Sculpteur du mo; âge qui exécutait des ymaiges (des statues , des lias-reliefs;. On nommait peintres ymaigierê les miniaturistes qui exécutaient des vignettes sur les miniatures et sur les manuscrit-.
YRAIGXE, s./. — Ancien terme qui vait à désigner un petit grillage, un panneau fait de fil de fer. (Voy. ce ternie dans notre Dictionnaire de l'art, de lu curiosité et du bibelot.)
YRE, s. f. — Ancien terme qui servait â désigner une surface plane, une aire, imc cour.
Z. — Vingt-cinquième lettre et dix-neuvième consonne de notre alphabet. Comme gigue numérique, le Z valait chez les Romains 2,000, et, surmonté d'un trait horizontal (Z), 2,000,000. Chez les Grecs, le dzêta valait 7, et, avec un accent en dessous, 7,000. Sur la marge des manuscrits grecs, un dzêta équivaut à un point d'interrogation (?), c'est-àdire qu'à l'endroit signalé le sens ou le texte du manuscrit est douteux, ce qui est fort bien exprimé par le dzêta, qui est la lettre initiale de Ç?)tsï, qui signifie, cherche.
ZIGZAGS, s. ni. pi, — Ornement d'architecture formant une suite de chevrons ou angles alternativement saillants et rentrants. Cet ornement a été employé pendant l'époque romane.
ZIGZAGUÉ, ÉE, adj. — Orné, décoré, couvert de zigzags. On nomme arc zigzagué un arc dont la ligne de l'intrados est formée d'angles tantôt saillants, tantôt rentrants.
ZINC, s. m. — .Métal d'un blanc bleuâtre à texture lamelleuse et quelquefois cristalline; les cristaux sont très forts. Ce métal ressemble beaucoup au plomb sous tous ses aspects, mais il esc plus dur, bien que sa densité ne varie i| n'entre fi,8<> et 7,25, suivant la variété à laquelle appartient le zinc. La dilatation linéaire est considérable, surtout pour les fils étirés; elle atteint jusqu'à 0,0032, si on mesure le fil à 0 degré et puis à 100 degrés, par exemple Il est moyennement malien I île et ductile, quand il est chauffé à une température de 100 degrés environ. On le réduit en feuilles minces au moyen du laminoir, et on l'étiré sous la filière en fils très déliés, qui servent à divers usages, surtout à étiqueter
les arbustes et les plantes dans les serres, où le fil de fer en se rouillant pourrait porter préjudice à un grand nombre de plantes. Mais le zinc est beaucoup plus largement employé en feuilles. Sous cette forme, il sert surtout en couvei'ture, où il remplace le cuivre et le plomb ; il sert également au doublage des navires ; il est enfin transformé en chéneaux, tuyaux de descente et de conduite, en membrons, en vases d'amortissement, en lucarnes et lucarnons, en chatières, en ornements de toutes sortes, car le zinc a la propriété de pouvoir être estampé; aussi aujourd'hui le voit-on employé sous toutes sortes de formes dans le commerce et dans l'industrie, surtout pour des lucarnes.
Nous avons vu précédemment que, chauffé dans les environs de 100 degrés, le zinc est très malléable: à 195° il devient très cassant, et à 370° il commence à entrer en fusion. Si l'on pousse la chauffe et qu'on arrive au rouge blanc, il brûle d'abord avec une flamme bleuâtre qui devient bientôt d'un blanc jaune serin assez intense ; il se combine alors avec l'oxygène de l'air en répandant des flocons lanugineux d'une extrême légèreté, puisqu'ils volent dans l'air. Ces flocons, qu'on nommait autrefois fleur de zinc, laine philosophique, etc., constituent l'oxyde de zinc, si grandement employé en peinture à la place de la CÉRUSB (voy. ce mot). Non seulement le blanc de zinc est d'un prix bien moins élevé que le blanc de céruse et le blanc de plomb, mais il présente encore cet avantage, c'est que les couleurs préparées avec cet oxyde ne sont point toxiques comme celles dans la composition desquelles il entre des sels de plomb. Un ouvrier peintre, M. Leclaire, mort il y a quelques années, a fait les plus grands et les plus louables efforts pour introduire