PRATIQUE
accidentellement et en très minimes proportions de la chaux, de la potasse et d'autres matières encore, suivant le milieu où se trouvent les pouzzolanes. — La couleur de cette substance est blanche, jaune, grise, brune et violacée. La pouzzolane de Pouzzoles est jaune; celle de Rome est brune, couleur chocolat ; elle renferme des particules rocheuses d'un brillant métallique. Les meilleures pouzzolanes employées en France nous viennent d'Italie; on les expédie des ports de Civita Vecchia et de Livourne ; nous en recevons aussi de Rachegoun (Algérie). En France , nous possédons des pouzzolanes naturelles dans les contrées qui renferment des volcans éteints, et principalement dans le département de l'Hérault à Bessan, dans l'Auvergne, dans le Vivarais, etc. — Dans quelques points de la basse Bretagne, notamment aux environs de Châteaulin et de Saint- Servan (arrondissement de Saint-Malo) , on a reconnu que certaines roches amphiboliques ou diorites décomposées jouissaient, après une certaine cuisson, des mêmes propriétés que les pouzzolanes. On a utilisé ces matières avec profit pour exécuter certains travaux d'art du canal de Brest à Xantes.
Pouzzolanes artificielles. — On peut obtenir artificiellement des pouzzolanes par la calcination des argiles, de quelques variétés de schistes ardoisiers, de terres ocreuses et de grès ferrugineux. Vicat a fabriqué d'excellentes pouzzolanes artificielles ; l'une des plus faciles à obtenir est celle qui est fabriquée au moyen de la terre argileuse très sèche réduite en poudre et placée pendant quinze à vingt minutes sur des plaques de tôle chauffées an ronge. On peut utiliser pour ce genre de fabrication un grand nombre de produits. Ceux de nos lecteurs qui désireraient étudier à fond cette question n'auront qu'à consulter lis travaux de Vicat, qui jusqu'ici ont été plus (m moins compilés par tous les auteurs ayant traité de cette question.
PRATIQUE, s. f. — Connaissance et cmpl"i des moyens matériels, des procédés et des instruments ou outils qu'un homme, artiste ou bien simple ouvrier, met en œuvre
pour exécuter des travaux de son art ou de son métier. Telle est la définition de ce terme, qui est l'antithèse de celui de Théorie (voy. ce mot). — La théorie, en effet, est l'exposition des principes et des règles qui fixent le mode d'exécution, la pratique. Les arts et les métiers possèdent tous une théorie qui sert de guide à la main qui exécute; mais à la rigueur un praticien peut exercer, pour ainsi dire, machinalement son art ou son métier, sans connaître à fond les théories qui président à cet art ou à ce métier, tandis que bien des théoriciens, qui exposent parfaitement, d'ailleurs, les règles et les principes qui doivent diriger la main d'un praticien, seraient tout à fait incapables de rien exécuter par eux-mêmes. Un exemple fera mieux comprendre la pensée que nous venons d'émettre. Que de gens, par exemple, que de critiques d'art parlent fort bien sur la peinture , la sculpture et l'architecture, qui seraient fort embarrassés de travailler avec un pinceau, un ébauchoir ou un crayon ! Ce qui prouve que la théorie seule ne peut suffire : bien mieux, beaucoup de critiques auraient beau travailler avec assiduité et pendant de longues années, ils ne pourraient rendre ce qu'ils expriment verbalement avec tant de talent ; ils ne feraient jamais des artistes, car il leur manque une qualité essentielle, une qualité difficile à exprimer par des mots et que, faute de mieux, on nomme le feu sacré de Vart. Ce qui prouve une fois de plus que la critique est aisée, mais la pratique de l'art très difficile. Donc un critique d'art ne peut être entièrement compétent, si lui-même n'a pas exercé ou n'exerce pas un ou plusieurs des arts qu'il se permet de critiquer. — La pratique de l'art architectural est extrêmement compliquée et difficile, parce que l'architecte doit posséder une somme considérable de connaissances diverses; nous les avons énumérées au terme Architecte (voy. ce mot, Théorie et l'article suivant). Pratique, adj. — Ce terme B'emploie comme qualificatif de science. Ainsi, dit Quatremère de Quincy {Dict. d'archii.), « on distingue la science pratique et la science spéculative. < >n dit d'un artiste ou de son ouvrage qu'il n'a d'un art que les qualités pratiques. On
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