‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 2)Chapitre 23 sur 238 · POUTRE · texte numérisé non relu

POUTRE

correspondre sensiblement au cœur de l'arbre. Quand les poutres sont trop faibles pour soutenir un plancher à grande portée, on les fortifie par divers moyens que nous allons énurnérer, surtout par des pièces d'assemblage nommées armatures. On peut accoler deux pièces par leurs longues faces et les boulonner ;

Fig. 1. — Poutre eu bois formée Je trois pièces.

on peut aussi superposer une troisième pièce au-dessus de deux autres : c'est ce que montre notre figure 1. Dans le premier cas que nous venons de décrire, la poutre présente l'aspect de la partie inférieure de la même figure. On peut également assembler les poutres à crémaillère : dans ce cas, les pièces sont superposées, les crans pratiqués dans la pièce inférieure emboîtent ceux de la poutre supérieure; de plus, chaque extrémité des joints porte un trou carré dans lequel on fait

Fig. 2. — Poutre feuillue.

entrer de force une clef en bois. Cet assemblage maintient rigides les pièces et les rend solidaires; le tout est, du reste, réconforté au moyen d'étriers en fer ou de boulons. On fait encore des poutres années à l'aide d'arbalétriers placés entre deux poutres méplates ir champ, ou bien on emploie dons arbalétriers qu'on assemble dans un entrait et

un poinçon ; mais on ne peut employer ce genre de poutre que dans certains cas particuliers et lorsqu'on peut sans inconvénient employer des poutres très hautes , comme dans la construction d'un pont en charpente, par exemple. Dans les mêmes conditions, on peut également employer deux poutres réunies à l'aide de pièces verticales et obliques, et tout l'ensemble est relié par des étriers

Poutre refendue.

ou des boulons : c'est ce principe qui a prévalu dans la construction des ponts en treillis et des ponts américains. (Voy. Poxt.) — Il existe, du reste, de nombreux moyens pour obtenir des poutres très solides ; nous ne pouvons nous étendre plus longuement sur ce sujet, et nous parlerons des poutres feuillées, c'està-dire des poutres sur lesquelles on pousse une feuillure ou des entailles destinées à recevoir les abouts des solives. Notre figure 2 montre une poutre de ce genre. Mais on comprend que ces entailles affaiblissent considérablement la force de la poutre ; aussi se contente-t-on souvent d'adosser de chaque côté de la poutre des lambourdes sur lesquelles portent les abouts des solives : de cette manière on n'affaiblit pas la pièce de bois. Un système de poutre qui est aussi très solide et économique est celui que représente notre figure 3. On a scié un peu en biais un tronc d'arbre dont on a ensuite adossé les deux parties P, qu'on a reliées avec des boulons ; puis on a fixé sur le bas de la poutre des lambourdes L, L, qui reçoivent les abouts des solives C, C.

Poutres ex fer. — Depuis quarante ou cinquante ans, on utilise pour les constructions des poutres en fer qui affectent des formes très diverses : nous en avons déjà parlé au mot Poitrail. Les plus simples se composent de deux ou trois fers à double T reliés par des brides en fer ; généralement, les fers sont èirèsillonnès par des croisillons. Suivant la force des poutres, ou emploie des fers la

POUTEBLLE. POUZZOLANE.

minée qui mesurenl de 0m,20 à 0m,80 de hauteur; on en fabrique même aujourd'hui do plue élevée. On fait également dea poutres en forte tôle, aux extrémités desquelles on rive des fers cornières sur lesquels sont également

Fig. 4.

- Toutre formée d'une feuille de tôle et de quatre fers cornières.

rivées des plaques de tôle. Nos figures 4 et 5 montrent une poutre formée d'une feuille de tôle et une autre de deux feuilles. Ces poutres sont renforcées par des plaques de tôle rivées haut et bas sur les fers cornières; mais, pour les poutres qui n'ont pas une grande portée ou qui ne doivent pas supporter de lourdes charges, on se dispense souvent d'ajouter des

Fig. 5.

Poutre en fer formée de deux feuilles de tôle et de quatre fer cornières.

plaques au-dessus des cornières; pour les poutres, au contraire, qui doivent avoir des portées considérables, on utilise souvent des treillis en fer. (Voy. Tôle.)

Poutres mixtes. — On désigne sous ce terme les poutres formées à l'aide du fer et du bois : ce sont tantôt des pièces de charpente au milieu desquelles on place une âme en fer, tantôt deux fers à double T séparés par une pièce de charpente. Ce genre de poutre, qu'on nomme poutre âmèe, a tantôt une âme en fer et tantôt une âme en bois. On fait également des poutres mixtes de la nia-

suivante : une forte pièce de boia a deux abouta légèrement tailles en biais; au sommet de ces BUrfacee inclinées sont l des écroua dea tringles de tirage qui semblent à charnière à une tringle horizontale placée sous la pièce de I

Pour ce qui concerne la législation poutres, voyez Encastrement, et Mjtoven, Mur.

POUTEELLE, *./.-- Petite poutre, pièce de bois d'un échantillon moindre que la Poutre (voy. et mot). — La poutrelle remplit exactement les mêmes fonctions que la poutre, mais pour des planchers ayant à supporter des charges peu considérables. C'est à tort qu'on désigne quelquefois sous ce terme les solives d'un plancher. — On nomme aussi poutrelles les pièces de bois qui supportent le tablier d'un pont. (Voy. Tablier.)

POUZZOLANE, s. f. — Produit naturel ou artificiel qui a la propriété de se combiner immédiatement avec la chaux et de lui donner des qualités plus ou moins hydrauliques, suivant les proportions du mélange. Ces produits sont ainsi nommés parce qu'on les a retirés pour la première fois dans les environs de Pouzzoles, petite ville située près de Naples ; c'est de là que les colonies grecques, puis les Romains, tirèrent leur pouzzolane, dont on découvrit plus tard des s ments dans différentes localités, car cette substance n'est que le produit des lavedes déjections volcaniques plus ou moins modifiées par les agents atmosphériques. Yitruve définit ainsi cette substance : Est genus pulveris quod efficit na titrai iter ras admirandas; ce qui prouve que de son temps on connaissait les propriétés admirables des pouzzolanes. Mais l'architecte romain se trompe quand il suppose que ce sont des vapeurs brûlantes et sulfureuses qui s'exhalent au travers des terres et les transforment ainsi. Nous n'ignorons pas aujourd'hui que les pouzzolanes naturelles sont en général des déjections volcaniques, lesquelles sont comp principalement de silice, d'alumine et de peroxyde de fer, auxquelles substances s'unissent

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