‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 2)Chapitre 47 sur 238 · REGLE · texte numérisé non relu

REGLE

Notre figure 1 montre le regard que les constructeurs de l'antiquité pratiquaient dans les aqueducs, regard qu'ils nommaient puteus

Fig. 2. — Coupe longitudinale d'un regard d'égout.

etputeum (çpsotp) (Yitruve, VII, 8), tandis que l'ouverture du conduit à droite de notre figure se nommait specus. Nos figures 2 et 3 mon-

Fig. 3. — Coupe transversale d'un regard d'égout.

trent, au contraire, les coupes longitudinale et transversale d'un regard d'égout moderne, dans lesquelles coupes on aperçoit l'échelle en fer qui sert à descendre dans cette canalisation.

REGINGOT, s. m. — Petit larmier de forme circulaire ou triangulaire pratiqué sous le jet d'eau ou sous l'appui d'une croisée, ou bien encore sous une dalle formant le chaperon d'un mur. (Voy. Jet d'eau, Jeteau, Larmier.)

Iî El I M (LES, s./, pi. — Petites portes pratiquées sur la face de la confession d'un autel, et qui servaient à introduire les linges qu'on désirait faire toucher aux reliques. Aujourd'hui, comme cet usage est abandonné, les autels ne possèdent plus de règioles; on

en voit cependant encore dans quelques anciennes églises d'Espagne et d'Italie.

REGISTRES D'ORGUES. — Règles mobiles en bois qui servent dans un orgue à ouvrir et à fermer les différents jeux ou séries de tuyaux. Les registres sont percés de trous à des distances égales aux trous du sommier ; on les fait fonctionner au moyen des tirants, des tringles carrées placées à la droite et à la gauche de la fenêtre du clavier, et, suivant que l'organiste veut ouvrir ou fermer le vent à telle ou telle autre série de jeux, il tire ou pousse tel registre. — En fumisterie, on nomme registres de petites portes en tôle différemment construites, mais surtout à coulisse, qui servent à ouvrir ou fermer des bouches de chaleur, de ventilation, de foyer, etc.

RÈGLE, s. f. — Tringle de bois, de fer, de laiton ou de toute autre matière, qui sert à tracer des lignes, à s'assurer si des surfaces sont bien dressées, verticalement ou horizontalement, et pour d'autres usages encore. Il existe une grande variété de règles, qui servent aux divers corps d'états qui travaillent dans les constructions. Les maçons, les charpentiers, les menuisiers, les peintres, les vitriers, emploient tous la règle. En général , les ouvriers qui travaillent les métaux emploient des règles en fer ou en cuivre. — Dans l'antiquité, on employait une règle de plomb, dite règle lesbienne, qui servait à dresser les parements grossiers des appareils polygonaux. (Voy. Appareil.) Cette règle de plomb était flexible, elle servait à prendre les contours ou formes polygonales des pierres, et l'on portait la règle, une fois les angles relevés, sur les pierres qu'on devait juxtaposer aux précédentes. — Aujourd'hui les architectes et les ingénieurs emploient des règles en bois, surtout des T, qui servent à tracer du premier coup, sur les feuilles de papier collées sur des planches à dessiner, des lignes parallèles et horizontales. — Les charpentiers se servent de plusieurs règles : l'une, dite d'appareil, mesure environ 2 mètres de longueur ; une autre, plus courte, nommée/a?^ ne mesure que 0m,33 ou un pied, car

RÉG LÉ.

RÈGLEMENT DE .M ÉMOIRES.

souvent le charpentier n'emploie que lea pieds et les pouces pour cuber boh bois; aussi nue de ces règles est dite règle piètée. La règle du poseur, qui esl fort Longue, sert sous le Niveau (voy.ee mot) à régler un cours d'assise ainsi que la hauteur des pieds-droits et des premières retombées des voûtes. — La règle à plomb ( voj. notre figure) est une règle dont on se sert en la tenant debout; au milieu de sa largeur, se trouve tracée une ligne droite qui reçoit le iil d'un plomb attaché à l'extrémité supérieure de la règle, tandis que l'extrémité inférieure

EB

Règle à plomb.

est taillée en portion de cercle , afin de laisser au plomb toute liberté de se mouvoir à droite ou à gauche. Cette règle sert à dresser d'aplomb les ouvrages de maçonnerie et de menuiserie ; on s'en sert en appliquant un de ses côtés sur le parement de l'ouvrage. ■ — La règle du vitrier est en bois mince, ce qui lui permet d'épouser toutes les sinuosités de la surface des feuilles de verre, qui ont souvent du gauche. — Enfin on nomme règle à mouchette une longue règle dont l'un des côtés porte une petite moulure en doucine ; elle sert à faire des mouchettes au-dessous d'une plinthe.

RÉGLÉ, ÉE, adj. — On dit qu'une pièce de trait est réglée quand elle est droite par son profil, comme sont quelquefois les larmiers, les arrière -voussures, etc. (Quatremère de Quincy, Dictionnaire d'architecture^)

RÉGLÉ (Appareil). — Yoy. Appareil.

RÉGLER, v. a. C'est, après avoir enlevé rres massives, mettre à niveau on selon une pente réglée le terrain qu'il s'agit de r. On nomme règaleurs ou régleur» les terrassiers qui étendent la terre avec la pelle au fur et à mesure qu'on la décharge des tombereaux, on ceux qui la foulent et la compriment avec des battes. (Yoy. Réga- LAGE:) - C'est aussi faire, au moyen de la règle, le tracé ou la façon d'un grand nombre d'ouvrages. — Ce tenue sert encore a désigner l'opération par laquelle des architectes on gens experts vérifient les prix des ouvi s portés sur un mémoire en les augmentant ou en les diminuant suivant leur véritable valeur. Ainsi on dit, un mémoire réglé, faire régler un mémoire, payer des acomptes, sauf règlement des mémoires.

RÈGLEMENT DE MÉMOIRES. — Le règlement des mémoires de travaux comporte deux opérations principales distinctes : la vérification et le règlement proprement dit. — La Vérification (voy. ce mot) est l'examen comparatif des mesures, qualités et quantités des ouvrages portés sur le mémoire à vérifier avec les quantités de travail exécuté. Ce travail comparatif donne souvent lieu à des rectifications, principalement en ce qui concerne les évaluations ; il se fait sur les attachements dressés contradictoirement , c'est-àdire avec le concours des agents de l'architecte et de l'entrepreneur, pendant le cours des travaux, quand les attachements portent sur la totalité des travaux. Cette même opération s'effectue sur les attachements et sur les lieux , quand il n'a été dressé des attachements que pour les travaux invisibles ou cachés lors de la vérification ; enfin entièrement sur place , quand il n'existe pas d'attachements. La vérification des mémoires est une opération préliminaire absolument indispensable pour le règlement définitif desdits mémoires. Les approbations de quantité et d'estimation se font à l'encre rouge en soulignant ce qui est reconnu exact et juste ; on raye et on rectifie avec la même encre ce qui est inexact. S'il y a lieu de corriger le travail fait à l'encre rouge, ce qu'on nomme revision, on emploie l'encre

Page 1