‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 2)Chapitre 48 sur 238 · REGRATTER · texte numérisé non relu

REGRATTER

bleue. — Le règlement proprement dit consiste dans l'examen des prix portés sur le mémoire; ces prix sont rectifiés d'après des prix servant de base, c'est-à-dire d'après ceux de la série de prix annexée au marché ou contrat, ou d'après ceux en cours à l'époque où les travaux ont été exécutés, et sans avoir à s'inquiéter (à moins de stipulation contraire) s'il y a eu augmentation ou diminution de la main-d'œuvre ou des matériaux pendant le cours des travaux. — Après la vérification, on commence, à l'aide des mesures approuvées, à refaire tous les calculs de quantité, qu'on approuve ou qu'on rectifie suivant le cas, en vérifiant également la teneur du timbre, ou chiffre porté au-dessus des quantités dans la colonne où ressortent ces quantités ; on fait ensuite un résumé nouveau (voy. Mémoire) qui donne la somme à laquelle le mémoire doit être arrêté et réglé définitivement. Cette somme porte également le nom de règlement, comme l'opération dont elle est le résultat. — C'est au bas du mémoire, quand la somme est arrêtée par un architecte, que doit se trouver cette formule : « L'architecte soussigné, après vérification et règlement, arrête le présent mémoire montant à la somme de... »

Toutes ces pièces de comptabilité, nous le disons à l'article MÉMOIRE, sont dressées en demande, c'est-à-dire avec une augmentation de 1;5, et quelquefois plus, sur les prix de la série. Cet usage est absurde; mais il subsiste, et subsistera longtemps encore, parce qu'il est trop généralement admis pour des motifs très divers. (Voy. Mémoire.)

RÈGLEMENTS, s. m. pi — Ce terme, au pluriel, s'applique à divers objets. Ce sont tantôt des statuts qui déterminent et prescrivent ce que l'on doit faire : par exemple, les règlements de police prescrivent toutes les mesures relatives à la propreté et à la salubrité d'une ville, à la sûreté et à la tranquillité de ses habitants; les règlements d'admimstraMon publique sont ceux qui établissent de quelle manière les lois, décrets et ordonnances doivent être interprétés et exécutés. — La loi donne force de loi aux règlements, coutumes et usages locaux, mais il faut pour cela (pie l'u-

sage soit reconnu et constant; de deux règlements , celui qui est le plus constant doit toujours être préféré, quand bien même il serait le moins ancien. (Pardessus, n° 340.) (Voyez comme complément de cet article, Voirie et Usage.)

REGLET, s. m. — Petite moulure plate et droite, qu'on nomme aussi Listel (voy. ce mot), et qui sert dans les compartiments des panneaux à en séparer les parties. Le réglet peut être uni ou orné de guillochis et d'entrelacs. - — • C'est aussi un instrument de charpentier, qui a la forme d'une tringle ou règle; il sert, dans l'établissement de la charpente, au relevé des lignes sur le bois; on trace ces lignes au moyen de la rainette et du réglet. On donne aussi le nom de réglet à un outil en bois qui sert à dégauchir les planches.

REGLEUR, s. m. — Principal ouvrier terrassier, qui règle et dresse les terres des berges et des remblais de nivellement.

On le nomme aussi dresseur et régale ur. (Voy. Régalage.)

RÉGNER, v. a. — Terme par lequel on exprime qu'un ordre, un membre d'architecture, un ornement, une décoration ou tout autre objet, se développe dans toute l'étendue d'une façade ou dans le pourtour intérieur ou extérieur d'un édifice. Ainsi on dit : une magnifique frise en faïence règne sur les façades principale et latérale de ce palais, tandis que sur la façade postérieure la frise est décorée d'un bas-relief qui règne dans toute la longueur, etc.

REGRATTER, v. a. — C'est gratter avec la ripe ou enlever avec le marteau taillant la surface noircie d'un vieux mur en pierre de taille pour le blanchir. Ce procédé est fort mauvais, car le temps durcit la surface de la pierre et la rend moins sensible aux intempéries de l'atmosphère, tandis que l'opération du grattage met la pierre à nu et la soumet aux funestes influences de l'atmosphère. Aujourd'hui, on emploie pour regratter les façades l'eau et la brosse ; ce procédé vaut mieux que

lui

RÉG [JLATEUE.

RE JOINTOYEE.

le précédent, m;iis il exerce toujours une fâ cheoee influence sur la pierre.

RÉGULATEUR, s. m. — Appareil servant à régler. Il existe de nombreux régulateurs : les cylindres à laminer le plomb, le fer, etc., en sont pourvus.

REHAUSSER, v. a. -- Pincer un objel plus haut qu'il n'était : par exemple, une

statue en lui donnant un piédestal plus élevé, une margelle de puits en lui Taisant un couronnement plus haut, etc. — En dorure, c'est appliquer des feuilles d'or sur des hachures au mordant, afin de produire des parties plus brillantes sur des ornements ou une figure. Les rehauts sur les objets dorés produisent les clairs, c'est-à-dire les parties frappées par la lumière, tandis que des tons bistres plus ou moins foncés fournissent les demi-tons et les ombres. — Dans la peinture en décor, dans une grisaille , on rehausse les parties saillantes à l'aide de hachures blanches.

REHAUTS, s. m. pi. — Lumières produites par des hachures blanches dans la peinture en décor, ou par des hachures d'or dans les décorations dorées. (Voy. Rehausser.)

REINS, s. m. pi. — Dans une voûte, on nomme reins les parties triangulaires comprises entre le prolongement des pieds - droits et la tangente menée au sommet de la voûte. Ordinairement on fait le remplissage des reins de voûtes avec des garnis et des recoupes de pierre qu'on noie à bain de mortier. (Voy. Toute.)

REINTEGRANDE.

et Possessoire, Action.

Voy. Possession,

REJET, s. m. — Petit tuyau de plomb soudé sur un plus gros, et qui sert à rejeter le trop-plein. Les corps de pompe, les réservoirs en plomb, en tôle, etc., possèdent souvent un rejet. — Au pluriel, ce terme sert à désigner le plomb qui entre dans les fosses qu'ouvrent les plombiers aux extrémités de leur moule.

REJETEAU on REVEESEAU, s. m. — .Moulure coupe- larme pratiquée a la partie inférieure du bois d'une fenêtre ou d'une -fenêtre pour empêcher les eaux pluvialei «h- pénétrer dans l'intérieur d'une chambre. Ce terme est synonyme de Jet d'eau ce mot).

REJINGOT. — Voy. EBonraoT.

REJOINTOIEMENT, s. m. — Action de rejointoyer; opération qui consiste à rempli]! parfaitement de mortier ou de plâtre les bords des lits et des joints. — Pour les maçonneries en pierres de taille, en moellons piqués ou en briques, la surface du joint est plane et affleure le parement du mur. Quand ces joints doivent être soignés, on les trace au moyen d'une règle qui sert à guider un outil nommé tire-joints ; c'est une tige de fer de Um,005 à 0m,00G de largeur et de 0",25 de longueur, emmanchée dans un manche en bois de forme cylindrique, et dont l'autre extrémité est recourbée et arrondie. On presse la partie arrondie de cette tige sur le mortier, et on frotte jusqu'à ce que le joint soit noirci : cette ligne noire est de la largeur de l'outil. — Les joints des parements des maçonneries de moellons ou de meulière, bruts ou smillés, se font quelquefois plats ou creux, mais plus ordinairement ils font une petite saillie en boudin. On leur donne cette dernière forme parce qu'ils résistent beaucoup mieux aux agents atmosphériques. — On emploie souvent le ciment romain pour faire des joints ,or, comme cette substance durcit rapidement, on doit lisser les joints au fur et à mesure de leur remplissage. — On écrit aussi rejointoijement.

RE JOINTOYER, v. a. — Refaire les joints qui ont été détruits par une cause quelconque. Même dans les bâtiments neufs, quand les façades sont terminées, on est obligé de rejointoyer, de faire des Rejoixtoiemexts (voy. ce mot). On ragrée les joints, suivant le genre de construction auquel on a affaire, soit au plâtre, soit au ciment, soit au mortier de chaux.

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