RELIEF
RELAIS, s. m. — Unité de longueur qui représente la distance parcourue par un ouvrier pour transporter à la brouette et sans s'arrêter les terres provenant d'une fouille. Le relais est à peu près constant dans toutes les localités : il est de 20 mètres sur les chemins en pente dont la rampe est de 0m,08 par mètre, et de 30 mètres sur un plan horizontal. De la fouille d'où l'on extrait les terres au lieu où on les dépose, on établit souvent plusieurs relais : ainsi un ouvrier, un roideur, conduit au bout du premier relais la brouette remplie par \e pelleur ; là il la donne à un deuxième rouleur, dont il prend la brouette vide qu'il ramène à la tête de son relais, et ainsi de suite. Le rouleur fait donc 30 mètres chargé et 30 mètres à vide : total de son relais, aller et retour, 60 mètres. Mais, si la longueur du relais est constante, le poids de la brouette est variable; il est en moyenne de 75 kilogrammes ; dans certains chantiers, ce poids atteint 85 et même 95 kilogrammes. Un rouleur à la tâche parcourt, dans sa journée de 8 heures de travail, environ 28,000 mètres, c'est-à-dire 7 lieues, et pendant la moitié de ce parcours sa brouette est pleine. Dans le transport au tombereau, l'unité du relais est de 100 mètres sur un terrain dont la rampe n'excède pas 0m,05 par mètre, de 130 mètres sur un terrain horizontal. Sur les fortes rampes, on établit les relais proportionnellement à la nature du terrain et à la force du cheval.
RELANCER, v. a; — Remplacer dans un mur les mauvais matériaux par de bons ; faire un relancis. Ou relance la pierre de taille, le nu» lion, la brique, etc.
IIKLAXCIS, s. m. — Changement partiel de mauvais matériaux d'un mur, qu'on remplace par des matériaux neufs. On ne fait des relancis que dans les parties défectueuses d'un mur : cette opération se nomme relancer des matériaux (voy. le mot précédent).
RELATTER, v. a. — Latter de nouveau.
C'est garnir un comble de lattes neuves, ou remplacer les mauvaises lattes par des neuves.
RELEVER, v. a. — Ce terme, dans la langue technique de l'architecte, a de nombreuses significations. — En maçonnerie, c'est exhausser un mur, une clôture, et Quatremère de Quincy (Dict. d'arch.) ajoute : « C'est aussi exhausser une maison d'un étage. » Nous pensons que cette définition n'est pas exacte, malgré l'autorité de Littré qui dit de même, s'étayant sans doute sur Quatremère. Dans le sens que nous venons d'indiquer, il faudrait dire Surélever (voy. ce mot). — C'est encore tailler avec le ciseau et le maillet le pourtour d'un parement ou d'un joint de pierre pour les dresser. On dit aussi, relever on faire les ciselures. — En termes de paveur, relever à bout signifie démolir un pavage pour le refaire entièrement avec d'anciens pavés retaillés ; c'est aussi rétablir sa forme et redresser ses joints. — En marbrerie, relever un marbre, c'est pratiquer sur sa surface la dernière opération de son polissage. — En menuiserie, relever des moulures, c'est les achever en y faisant les dégorgements nécessaires avec des Tarabiscots et des Becs-d'ane (voy. ces mots) ; relever un parquet, c'est le démonter, le déplacer poulie rétablir, le redresser, et remettre des lambourdes. Souvent, quand les lambourdes sont pourries, on est obligé de relever les parquets pour remplacer celles-ci. — Dans la peinture en décor, c'est donner plus de saillie à certains objets, ou raviver par des glacis certaines teintes. — En serrurerie, c'est former au marteau, dans la tôle ou le bronze, des reliefs ; mais on dit aussi repousser. Les feuillages sont relevés ou repoussés au marteau. — Enfin, par l'expression relever sur place un mémoire, un état des lieux, un plan, etc., il faut entendre, aller sur le lieu même pour dresser un menu lire, un état des lieux, un plan. Ces relevés sont ordinairement faits par les métreurs.
RELEVEUR, s. m. — Ouvrier serrurier, forgeron, qui repousse, qui relève les ornements dans la tôle ou le bronze (voy. le terme précédent).
RELIEF, s. m. — Saillie d'un ouvrage quelconque qui se détache sur un fond uni ; mais on applique surtout ce ternie aux objets
RELIEE.
REMPAET.
sculptés en haut ou en B is-belief (voy. ce terme et Les figures qui l'accompagnent).
EEL1 BE, v. a. Réunir au moyen de liens en fer. On relie des pièces de charpente
avec des liens, des brides, des armatures, etc. Avecdes brides on réunit des fers à T pour en faire des filets, des poitrails, des poutres.
REMAILLER, v. a. — Reboucher les trous d'un mur décrépi avec des pierres et du mortier.
REMANIER A BOUT. — Voy. About, et Relever, § Pavage.
REMBARRER, v. a. — Terme de charpentier. Rembarrer wie ligne , c'est tracer une ligne sur la face opposée à celle sur laquelle une ligne est semblablement placée.
REMBARRURES, s. f. pi. — Plâtres qui servent à maintenir les faîtages dans leur longueur. Ce travail est exécuté par le couvreur.
REMBLAI, s. m. — Terres rapportées, dans une tranchée ou une excavation quelconque , ou sur un terrassement pour l'exhausser. On fait des remblais : au pied d'un mur, pour empêcher l'eau d'y séjourner et d'y croupir, et par suite de pourrir ce mur ; sur les voies ferrées, pour y poser les rails dans un terrain bas, pour y établir une route de communication, etc. Les travaux de remblai comprennent le transport des terres à pied d'œuvre, le pilonnage, le talutage, et le régalage des terres. (Voy. Régalage.)
REMBLAYER, v. a. — Faire des remblais, c'est-à-dire rapporter des terres dans des localités où elles sont nécessaires pour exécuter certains travaux de terrassement. (Voy. Remblai.)
REMEXÉE, s. f. — Espèce d'arrièrevoussure pratiquée au-dessus de l'embrasure d'une porte ou d'une croisée.
RÉMÉRÉ, s. m. — Ce terme de jurispru-
dence, dérivé du latin rursù» emere (acheter de nouveau;, signifie donc racheter. Nous n'avons i»as à donner ici la jurisprudence de ce terme, puisqu'elle se trouve au mot Rachat, ou nous renverrons le lecteur.
EEMETTEE, v. a. ■ — Replacer, rajuster
une pièce. Oe terme est surtout usité en rurerie: aussi dit-on remettre un mouvement, une sonnette, une bascule de sonnette, sur leur tirage.
REMISE, s.f. — Local servant à rem c'est-à-dire servant à abriter contre les intempéries de l'atmosphère une ou plusieurs voitures. - — Dans l'antiquité, on nommait les remises carceres; il en existait dans divers édifices publics et privés, mais principalement dans les cirques, car c'était des carcere* que les chars sortaient directement pour prendre part aux courses. (Voy. Carceres et Cirque.; — De nos jours, les remises sont ordinairement placées auprès des écuries. Il existe aussi sur les lignes ferrées des remises pour les locomotives ; ces remises se trouvent dans le voisinage des gares de départ des grandes villes, elles sont formées par de grandes rotondes circulaires ou polygonales et peuvent abriter 10, 12 ou 15 locomotives. Dans le voisinage, il existe un petit bâtiment qui sert de logement au chef de dépôt et à ses employés , ainsi qu'à un garde et à des mécaniciens.
REMONTER, v. a. — Monter de nouveau.
On remonte des mécanismes, des outils, qu'on avait démontés. — On emploie surtout ce ternie pour désigner l'assemblage de toutes les pièces d'un engin, d'une chèvre, d'un éehafaud. — Ce terme est aussi quelquefois synonyme de surélever : par exemple, en parlant d'un mur qui est trop bas et qui doit être remonté.
REMPART, s. m. — Mur, ou enceinte défensive , élevé autour d'un point qu'on veut fortifier ou défendre contre des incursions ennemies. Un grand nombre d'enceintes du moyen âge ont été rasées, et sur leur emplacement on a construit des boulevards. Ayant déjà eu l'occasion de parler des remparts, dans
REMPIÉTEMENT. - RENAISSANCE (architecture).
divers articles de ce dictionnaire, et pour éviter des répétitions, nous n'en dirons pas davantage ; nous prierons donc le lecteur, désireux d'avoir de plus amples développements , de se reporter aux mots Fortification, Enceinte , Oppidum, Porte, Mur, Militaire, Architecture, etc.
REMPIÉTEMEXT, s. m. — Reprise en sous-œuvre de la partie inféreure ou pied d'un mur, d'une construction quelconque.
REMPLAGE. — Voy. le terme suivant.
REMPLISSAGE, s. m. — Pierres, moellons, garnis, employés pour combler, remplir les reins d'une voûte, c'est-à-dire l'espace de forme triangulaire compris entre le prolongement des pieds-droits recevant les retombées et la ligne horizontale passant par le sommet de l'extrados de la voûte. — On nomme encore remplissage les plâtras hourdés au plâtre qui forment les entrevous des solives d'un plancher; la maçonnerie à sec, faite avec des cailloux, qu'on pose derrière un mur de revêtement. — Les maçonneries comprises entre les pierres de parement se nomment blocages, garnissages. On nomme encore remplissage les entrevous maçonnés entre les poteaux d'un pan de bois. Les treillageurs donnent ce nom à tous les genres de treillages qui servent à garnir les vides compris entre les bâtis. Quelques auteurs donnent comme synonyme de ce mot celui de remplage, qui est aujourd'hui totalement abandonné.
Remplisbage (Poteaux et Solives de). — Poteaux et solives assemblés entre des pièces principales, et qui servent à former un pan de bois ou un pan de fer, ou bien un plancher. — On nomme cloisons de remplissage les cloisons faites avec des bois provenant du déchirage dos bateaux (voy. Cloison) ; elles sont simplement hourdées en plâtre.
RENAISSANCE (Architecture). — Ce style d'architecture prit naissance en Italie, et de là il se répandit en France, en Espagne, en Angleterre et en Allemagne. Bien dea archéologues ont prétendu (pie cette dénomina-
tion de renaissance, appliquée au style architectural de la fin du xvc siècle, n'était pas logique, et notre confrère A. Berty s'élève avec beaucoup de violence et d'emportement contre cette dénomination. Son article, ou plutôt sa boutade est assez curieuse pour être consignée ici :
Renaissance, dit cet auteur (Dict. de Varch. du moyen âge), expression malencontreuse , consacrée maintenant, mais parfaitement fausse, surtout par rapport à l'architecture, et dont on se sert pour désigner l'époque où l'art chrétien a été abandonné et remplacé par des pastiches de l'art antique. — Le mot renaissance, appliqué aux changements survenus dans les goûts artistiques vers la fin du xve siècle, n'est rien moins qu'une absurdité et une injustice. En effet, pour qu'il y ait renaissance, il faut qu'il y ait mort : peut-on donc soutenir, sans être aveugle ou de mauvaise foi, que l'art était mort et qu'il n'existait que de misérables maçons, lorsque les Robert de Luzarche, les Jean de Chelles, les Robert de Coucy, les Erwin de Steinbach élevaient ces monuments sublimes qu'on appelle les cathédrales d'Amiens, de Paris, de Reims, de Strasbourg? Quant à nous, il nous semble que, si l'art architectural a été nul en France, c'est lorsqu'il a produit ces maçonneries informes qu'on a osé décorer du beau nom d'églises, et dont les Petits- Pères et Saint-Thomas d'Aquin sont de dignes spécimens.
Chateaubriand, dans ses Études Iris toriques (p. 562), n'est pas beaucoup plus tendre que Berty pour cette belle architecture de la renaissance qui a fourni, nous allons bientôt le voir, dans toutes les branches de l'art, une pléiade d'artistes d'une très grande valeur, lesquels artistes ont créé des chefs-d'œuvre incontestables. Quoi qu'il en soit, voici comment s'exprime sur l'art architectural de la renaissance M. le vicomte de Chateaubriand ; il n'est pas possible de donner une note plus fausse :
Aux monuments de notre religion et de nos mœurs, dit cet auteur, nous avons substitué, par une déplorable affectation de l'architecture bâtarde romaine, des monuments qui ne sont ni en harmonie avec notre ciel ni appropriés à nos besoins ; froide et servile copie , laquelle a porté le mensonge dans nos arts, comme le calque de la littérature latine a détruit dans notre littérature l'originalité du génie frank. Ce n'est pas ainsi
RENAISSANCE (àbchitecturk).
qu'imitait le moyen âge; leB esprits de ce temps-là admiraienl aussi les Gre< el l< Romain : cherchaient et étudiaient leurs ouvrage : mai
lieu de s'en laisser dominer, ils les maîtrisaient . [i façonnaient à leur génie, les rendaient français et ajoutaient à leur beauté par cette métamorphose pleine de création el d'indépendance.
Nous lu répétons, il est difficile de passer plus à côté de la vérité, et les auteurs que nous venons de citer, ainsi qu'une classe d'archéologues ayant les moines idées, ont sans doute oublié qu'à la chute de l'empire romain, et plus tard, pendant une partie du moyen âge, l'humanité était si enfoncée dans la barbarie, et les arts, les sciences et les lettres étaient tombés dans un tel abandon, dans une telle décadence, qu'on aurait pu supposer que les diverses branches de l'intelligence humaine que nous venons d'énumérer étaient mortes et ne refleuriraient pas de longtemps. Certes, on nous cite quelques artistes du moyen âge qui avaient une grande valeur; mais que sont ces quelques noms à côté des nombreux artistes et des nombreux littérateurs de la renaissance? Nous ne voulons pas amoindrir, en quoi que ce soit, les belles productions du moyen âge ; mais on ne peut comparer la période ogivale à la magnifique période de la renaissance. Ce que la première époque a produit n'aurait pas amené l'homme au savoir, au bien-être, au goût recherché et à l'émancipation que nous possédons au XIXe siècle, et nous partageons complètement l'opinion de notre confrère Daniel Ramée, quand il dit (Hist. de l'arcli., p. 1164) « que, si la renaissance a eu de profondes racines et ses origines dans le plus fort du moyen âge, l'imperfection des éléments constitutifs de tout genre de celui-ci le condamnait à la décadence et à la mort. » Et plus loin (p. 1165) cet auteur ajoute :
La renaissance fut une grande et belle époque de l'histoire de la société occidentale. Elle a continué la destruction du moyen âge, commencée depuis longtemps; elle a ouvert une ère nouvelle, une ère d'émancipation intellectuelle, de droit et de justice, qui eut la plus heureuse influence sur le progrès de la civilisation européenne. Elle a tiré la raison humaine du long et funeste engourdissement où l'avaient ensevelie l'ignorance et la bar-
barie des dix siècles qui l'avaient précédée, i ignorance el cette barbarie, résultats de la routine d'un mauvais orientalisme, avec 1. antique pour intermédiaire, avaient enveloppé la presque totalité de l'Europe d'un voile de ténèbres; prits s'étaient déshabitués de la réflexi e n'existait plus, la vérité était une lettre morte, les hommes des machines inertes, Bans initiative. La renaissance est venue, et c'est a\ secours de la science antique , surtout de la science grecque, qu'elle a émancipé l'esprit humain des rêves poétiques, sentimentaux et mystiques, des abstractions vides et purement verbales, enf par l'ignorance et le penchant au surnaturel de la race sémitique, rêves et abstractions devenus funestes à l'ordre temporel, à la liberté et aux m i par conséquent à l'ordre, à la paix et au bonheur de l'Occident. Après un assoupissement de mille ans , la renaissance sonna le réveil de la raison . lui rappela les prérogatives qui lui appartenaient et reconstitua les bases de son autorité.
Tel est le véritable rôle qu'a joué cette grande époque dans la civilisation moderne ; ainsi donc ce n'est pas seulement dans les lettres et les sciences qu'il y eut renaissance, mais aussi dans le domaine de l'art en i rai et de l'architecture en particulier. Au début de la période, c'est-à-dire pendant le xr siècle, la renaissance fut moins une imitation réelle des principes de l'art de bâtir de l'antiquité qu'une contrefaçon, une sorte de placage surperficiel de l'art antique (en effet, toute transition de style nécessite une ébauche, un tâtonnement), mais qui ne fut pas de longue durée, puisque les créateurs, les pères de la renaissance, se nomment Michëlozzi, Brunelleschi, Ammanati, L. B. Alberti, Benedettoda Majano, Bernardo Roselino, le Bramante, Michel-Ange, Buonarotti , San Gallo , Peruzzi , Giacomo délia Porta, Vignole, Fontana, Georgi Yasari, Alessi, Rocco Lurago, et d'autres encore. Du reste, la renaissance en Italie comprend deux périodes distinctes : celle qui précède le XVIe siècle, qui s'étend de 1425 environ à 1500; la seconde, qui va de loi"1 a 1580 environ. — Notre figure 1 montre une partie du palais d'Annibal Thiène, à Vice construit de 1553 à 1556 par Palladio: et notre figure 2, la cour du palais Massimi aile Colonne, à Rome, construit par Bakhazar
RENAISSANCE (architecture).
Peruzzi , qui toutefois ne vit pas son œuvre terminée, car elle ne le fut qu'en 1538, et sa mort'date de 1536. C'est surtout dans la Toscane, à Florence, que naît, se développe et grandit l'architecture de la renaissance sous le gouvernement des Médicis, lesquels exercèrent une si grande influence sur les lettres, les sciences et les arts, qu'on nomma cette époque le siècle de Médicis. C'est sous Cosme de Médicis, fils de Jean de Médicis, que s'élèvent dans toute la Toscane les beaux monu-
Fig. 1. — Portion de la façade du palais Thiène, à Vicence.
ments de cette époque, dont ceux qui subsistent font encore aujourd'hui notre admiration. A Florence, Cosme se fait construire rers 1430, par Michelozzi, le palais Ricardi ; le même architecte commence l'église du couvent de Saint-Marc, et vers 1450 il restaure le palais Vecchio, dont la cour intérieure avec Bes cilonnes si richement ornementées fait partie de son œuvre. Cinq ans auparavant, Brunelleschi avait commencé l'église Saint-Laurent. L.Pitti érige avec Brunellesclii, vers 11 15, le monument encore dénommé palais Pitti, que 15. Ammanati est. chargé de terminer en 1566
ou 15G8 ; la chapelle des Pazzi, située dans le cloître de Santa Croce , est également l'œuvre du même architecte. En 1460, L. B. Alberti construit aussi à Florence le palais Rucellai ; en 1488, Benedetto da Majano élève le palais Strozzi ; en 1490, Giuliano di San Gallo, le palais Gondi. L'élan était donné : non seulement la Toscane , mais encore toute l'Italie, se couvrent de palais et de monuments en style florentin, dénommé le cinque cento, ou le style du XVe siècle. Vers 1450 ou 1452, L. B. Alberti commence l'église de Saint-François de Rimini. Pierre Lombard, vers 1480, élève à Venise le porche de la petite église des Miracles. On retrouve le style de la renaissance classique au portail de l'église de Saint-Marc ; à Milan, à la coupole Sainte-Marie des Grâces ; à Rome, dans les façades du palais Giraud, dans celle du palais de la Cancelhrie, à la cour et à la
1 ig. 2. — Cour du palais Massimi aile Colonne, à Rome.
tribune du Belvédère, au Vatican. Dans tous les édifices que nous venons de mentionner, ou du moins dans bien des parties de ces édifices, le style classique domine, nous venons de le dire ; mais plus tard l'imagination des artistes travaille, la verve s'excite, et le classique est fort arrangé, et bien souvent d'une façon qui n'est pas très heureuse. San Gallo, Michel-Ange et Carlo Maderno, dans la construction de Saint-Pierre, délaissent les dessins de Bramante et créent une renaissance à eux. Et si le palais Farnèse, de San Gallo, est très remarquable, l'étage supérieur de la
RENAISSANCE (aechitbctubb).
cour, ajouté pai Michel- Ange, de même que la porte Pie, du même arl iste, sont Loin de méritel' des éloges; leur style s'écarte de
Fig. 3. — Lanterne du château de Chainbord.
l'antique, mais il est fort bizarre. Du reste, peu avant la fin du xve siècle, le cinqite cenio, dans certaines parties de l'Italie, en France, en Allemagne et eu Angleterre, avait déjà passé par de singulières transformations ; il se trou-
vait mêlé an romano-byzantin et à l'ogival, car ce ne fut que graduellement qu'on an créer un style original qui n'emprunta rien aux styles qui l'avaient précédé. Ainsi, dans coup de monuments dits gothiques du x\ même, mais plus rarement, du comment-* du xvie siècle, nous voyons des cartouches, des ni' daillons, des arabesques, des rinceaux de' feuillages, en un mot, toute une ornerai tion, imités des monuments de l'anci Rome ; il n'est pas rare de voir aussi un arc ogival dans un plein cintre portant sur des! pilastres ou des colonnes antiques : par i pie, à l'église de Saint-François, à Rimini, dont nous venons de parler, nous voyons à l'intérieur plusieurs rangs de pilastres anti qui servent de supports à des are.
vales, décorées elles-mêmes de feuillages et de moulures antiques. A Ancône, un monument un peu antérieur à l'église de Rimini, le portique du palais du Gouvernement , nous montre également des arcades ogivales qui reposent sur des colonnes d'ordre composite. An grand hôpital de Milan, les fenêtres de forme ogivale sont décorées de rinceaux et d'an
Fig. 4. — Bénitier à l'église de Bercy, à Paris.
ques. Si de l'Italie nous passons en France, en Espagne, dans les Pays-Bas, en Angleterre et en Allemagne, nous trouvons les mêmes singularités, les mêmes anomalies, pourrionsnous dire. Il n'y a rien de surprenant dans