RETABLE. — RETENUE
On nomme résumé la récapitulation abrégée et sommaire de tous les ouvrages exécutés qu'on a énoncés partiellement dans le cours d'un mémoire de travaux. Dans la rédaction du résumé, on classe méthodiquement les articles suivant l'ordre et la marche des travaux de construction, terrasse, maçonnerie, charpente, etc. C'est au résumé que sont portés les prix des ouvrages; la multiplication des quantités par ces prix donne les chiffres qui fournissent le total, montant ou règlement du Mémoire (voy. ce mot).
RETABLE, s. m. — Décoration qui surmonte un autel ; elle est ordinairement appliquée à la muraille contre laquelle l'autel est adossé. Pendant le moyen âge, on faisait des retables mobiles en orfèvrerie ou même en bois sculpté ; souvent aussi, on se contentait de suspendre des tapisseries ou d'autres tentures contre des châssis de bois. Dans la sacristie de l'église abbatiale de Saint-Denis, on voit encore un retable de cuivre repoussé et émaillé.
Ce n'est guère qu'au XIIIe siècle qu'apparaissent les retables fixes, parce qu'avant cette époque ils auraient caché le siège de l'évêque, qui jusque-là avait été placé au fond de l'abside. — Il existe encore des retables fixes de la période ogivale dans des églises de Troyes, de Noyon, de Ne vers, de Brou; un très remarquable retable de cette même époque se trouve à la chapelle du Saint-Lait à la cathédrale de Reims ; au musée de Chmy, on voit un retable d'or que l'empereur Henri II avait donné à la cathédrale de Bâle. A partir du XVe et surtout du XVIe siècle, les retables deviennent extrêmement riches et prennent de grandes proportions ; ils représentent quelquefois des portails d'église, ils sont décorés de bas-reliefs, de niches et de clochetons qui abritent des statues. (Cf. Dictionnaire de l'art, de la curiosité et du bibelot, au mot RETABLE.) "
Retable (Contre-). — Pièce principale qui décore un retable; souvent c'est un lambris dans lequel est encastré un tableau.
RETAILLE, s.f. — Nouvelle taille; taille refaite à nouveau, suit sur buis, niais surtout sur pierre. Par exemple, dans une cour, dans
une grande cage d'escalier, la décoration comporte des tables ou panneaux en pierre plus ou moins moulurés ; quand celles-ci, pour un motif quelconque, sont usées , on procède à leur retaille. Pour constater l'importance de la retaille sur les travaux, on a l'habitude de laisser de place en place de petits dés ou cubes de pierre, nommés témoins, qui permettent l'évaluation de la taille ; ces témoins ne doivent être supprimés qu'après acceptation des attachements ou du règlement.
RETAILLER, v. a. — Tailler à nouveau ; tailler une seconde fois. Quand l'appareillage d'un mur possède des bossages, pour rafraîchir et raviver les arêtes de ces bossages, on procède souvent à leur Retaille (voy. ce mot). — Quand les serruriers ont des limes très usées, ils les envoient en fabrique pour les retailler ; ils ont ainsi des limes remises à neuf. — En menuiserie, c'est déposer de vieilles menuiseries, pour les réduire et leur donner d'autres dimensions ; c'est décheviller et recouper en totalité ou en partie des battants et des panneaux pour y pratiquer une réduction, afin de les poser dans un autre emplacement. — En vitrerie, on retaille les vieilles glaces pour faire disparaître des défectuosités, et les vitres pour les mettre à une autre mesure.
RETENDRE, v. a. — Tendre de nouveau.
Quand les fils d'une sonnette, d'un cordon de tirage, sont détendus, le serrurier les retend.
RETENUE, s.f. — En termes de charpenterie, on dit qu'une pièce de bois a sa retenue sur un mur ou dans un mur quand elle y est engagée de manière à ne pouvoir faire aucun mouvement, soit en avant, soit en arrière, soit de côté. — On nomme aussi retenue l'espace compris entre deux écluses, dans lequel l'eau est retenue.
Retenue de chasse. — Vaste bassin ou réservoir fermé par une écluse qu'on ouvre pendant la haute marée, et qu'on ferme dès que la mer commence à baisser. Quand la mer tout à fait retirée, on ouvre immédiatement L'écluse, et comme l'eau se précipite dans
RÉTICULÉ (appareil). - RETOUB.
la mer, beaucoup plus basse, avec une extrême violence, elle entraîne les galets, les sables et les vases qui obstruaient l'entrée du port.
Retenue (Bassin de). — Arrière-port qui est fermé, comme la retenue de chasse, par une écluse. Quand les navires entrent au port avec la liante mer, après avoir franchi celuici, ils arrivent dans l'arrière-] tort OU bassin de retenue; on ferme alors l'écluse, et, quand la mer se retire, les navires restent debout sur leur ligne de flottaison. Sans ce genre de bassin, quand la mer se retirerait, ils seraient abattus en carène, ce qui peut présenter de nombreux inconvénients, car une fausse manœuvre ou un amarrage défectueux peuvent occasionner de fortes avaries ou même la perte du vaisseau. On voit donc l'utilité, dans les ports importants, d'avoir des bassins de retenue.
RÉTICULÉ (Appareil). — Petit appareil de construction composé de pierres carrées qu'on posait en diagonale, de manière que ce genre de construction figurait assez bien le
Appareil réticulé (oput reticulaium).
réseau d'un filet, d'où lui vient son nom : c'est Yopus reticutatum des Romains. (Voy. Appareil (fig. 11), et Romaine, Architecture.)
RETIRADE, s. f. — Terme de fortification ancienne. — Sorte de retranchement pratiqué dans le corps d'un ouvrage pour disputer le terrain à l'ennemi qui a rompu les premières lignes de défense.
RETIEUEE, s./. Creux qui se forme dan- une pièce de plomb, mais surtout d'étain,
■ m moule.
RETOMBÉE, *./. — On donne ce nom, dans une arcade de pierre, aux vous plus voisins du coussinet ; dans une voûl la ligne des voussoirs les plus près des sancee de la voûte. Les retombées se soutiennent en place sans cintre; quant aux murs de retombée, ils s'élèvent depuis la naila partie circulaire de la voûte jusqu'au premier voussoir, c'est-à-dire au plus élevé de la retombée ; le cours d'assise régnant a la retombée de la voûte se nomme assise de retombée. — Ce terme est quelquefois pris comme synonyme de Naissance (voy. M mot). Anciennement, on disait aussi abattue.
En charpenterie, quand un poteau sert de support à l'arbalétrier d'une ferme, on ci. le nom de retombée au point de jonction de l'arbalétrier et du poteau.
RETOXDRE, v. a. — Rabattre le sommet d'un mur, d'une souche de cheminée, qui sont dégradés, afin de les refaire ; c'est aussi retrancher des ornements de mauvais goût sur une façade, ou bien recouper des moulures et des ornements pour rafraîchir leur taille. I encore refaire les parements d'une pierre pour en faire disparaître des épaufrures. — Enfin. Quatremère de Quincy donne à ce terme une signification qui nous est tout à fait inconnue : « C'est, dit cet auteur, repasser sur le travail d'un édifice en pierre avec des fers à retondre, pour le mieux terminer et en rendre les arêtes plus vives. »
RETORT, s. m. — Les treillageurs nomment ainsi les garnitures demi-rondes d'une moulure qui forment des hélices sur celle-ci.
RETOUR, s. m. — Profil que fait un entablement, un bandeau, une moulure, ou toute autre partie d'architecture, dans une aile ou un avant-corps ; l'encoignure d'uu bâtiment en aile se nomme également retour. — Le retour d'équerre est une encoignure eu angle droit. — Dans une cheminée, on nomme