‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 2)Chapitre 58 sur 238 · RESSORT · texte numérisé non relu

RESSORT

RESSUER.

parties d'un entablement, telles qu'architrave, frise, corniche. — En plomberie, on nomme ressaut l'espèce de bourrelet qu'on ménage à l'extrémité des tables de plomb ou des feuilles de zinc réunies à dilatation libre. (Voy. Dilatation.)

RESSORT, s. m. — Petit mécanisme qui, après avoir agi, se remet dans sa position première. Il existe un très grand nombre de ressorts qu'on utilise dans bien des cas ; ils se composent, en général, d'une bande d'acier trempé flexible, contournée de différentes façons, ou bien de fils métalliques. Les principaux genres de ressorts sont les suivants :

Ressort simple. — Lame d'acier légèrement courbée, dont l'une des extrémités est fixée solidement contre un objet, tandis que l'autre, qui est libre, sert à repousser l'objet qui vient appuyer Srur cette extrémité.

On place des ressorts de ce genre dans la feuillure d'un guichet de porte cochère; ou bien le même ressort, quand il porte une entaille ou mortaise pour recevoir un mentonnet, sert à arrêter le vantail d'un placard, d'une armoire ; on le nomme ressort d'armoire ou ressort bleui. Le ressort simple sert aussi à tenir ouvert un verrou à ressort, nommé également paillette.

Ressort a boudin. — Une lame roulée en spirale qui sert à divers usages. Dans les serrures, il est fixé par un étoquiau; il retient et fait mouvoir le pêne à chanfrein.

Ressort de rappel. — Un ressort qui n'est qu'un fort ressort à boudm, qui, dans le système de sonnerie à sonnette, sert à tenir tendu le fil de celle-ci. L'extrémité portant la spirale lest fixée par une pointe; à l'autre extrémité est vissée la sonnette. On le nomme aussi ressort de sonnette.

Ressort a pompe ou ressort a cylindre.

— Un fil métallique ordinairement en laiton roulé en spirale continue. Il sert à faire fonctionner les pênes des serrures : beaucoup de sécateurs de jardinier en sont aussi pourvus.

Ressort a chien. — Un ressort qui a la forme d'un V et dont le point de réunion des deux branches forme une petite bague ou an-

neau pour recevoir un étoquiau qui le fixe dans la serrure ; on le nomme aussi ressort à pincette. On l'utilise pour les loqueteaux et à la queue des serrures bénardes. Quand il est couché audessus du pêne et que ses branches sont longues et inégales , comme , par exemple, dans les serrures de sûreté, on le nomme grand ressort.

Ressort double. — Celui qui est formé de deux ressorts à chien.

Ressort a pied. — Un ressort qui a la même forme que le ressort à chien ; mais l'une de ses branches a un talon ou un tenon qui entre dans une mortaise pratiquée dans le palastre. (Pernot.)

Ressort a torsion. — Celui qui est composé d'un fil de métal, d'un diamètre moyen, qui passe dans les œils ou nœuds des ferrures.

Il sert à faire fermer les portes ; il se tord quand on ouvre la porte, et comme il veut se détordre, il referme automatiquement cette porte. — On fait aussi des ressorts de porte à pompe et à baril ou barillet.

Ressort a baril. — Lame d'acier en spirale enfermée dans une petite boîte ou baril; il sert également à faire fermer les portes. Souvent l'extrémité libre, c'est-à-dire opposée au baril, porte une petite roue dont la tranche est creuse ou taillée en gorge et court ainsi sur une tringle de fer rond qui sert de guide.

Ressort a foliot. — Une petite pièce de serrurerie qui sert à renvoyer l'effort d'un autre ressort ; il est monté sur un étoquiau par son extrémité fixe.

Ressort (Grand). — Voy. Ressort a chien.

Ressort a pincette. - - Voy. Ressort a chien.

RESSUAGE, s. m.— Opération de forge qui consiste à marteler fortement à chaud, à la chaude suante, le fer, afin de l'épurer en lui faisant rendre ses impuretés. (Voy. le terme suivant.)

RESSUER, v. a. — Les serruriers font t le fer afin d'en expulser les matières étrangères, surtout le laitier. Cette opération se fait principalement dans les anineries; un chauffe énergiquement le fer jusqu'à La chaude suante, puis on le martèle.

RESTAURATION

RÉSUM É.

RESTAÙEATION, *./• — Action d<- restaurer; réfection des parties rainées on dégradées d'un bâtiment : c'i si sa mise en bon état. "11 restaure les monuments historiques pour prolonger leur durée. Dans ces dernières années, on s'esl beaucoup occu])é en France de la restauration des monuments du moyen âge et de la renaissance; mais malheureusement, dans beaucoup de ces travaux, on a trop méconnu les vrais principes d'après lesquels on devrait exécuter les restaurations; cependant ces principes ont été exposés d'une façon très précise dans les Instructions du comité des arts et monuments, il y a déjà de longues années, c'est-à-dire lors de la création du service des monuments Historiques (voy.

ce mot). Le comité disait alors avec raison :

On ne saurait trop répéter qu'en fait de restauration, le premier et inflexible principe, c'est de rappeler ce qui était et non pas d'innover, quand même on serait poussé par la louable intention de compléter ou d'embellir. Il faut laisser incomplet ou imparfait tout ce qui était dans cet état. — Les architectes ont de la propension à retrancher dans les édifices confiés à leurs soins, sous prétexte de les restaurer ou de les compléter. On ne doit pas se permettre de corriger même les irrégularités, ni d'aligner les déviations, parce que les déviations ou les manques de symétrie sont des faits historiques pleins d'intérêt et qui souvent fournissent des caractères archéologiques propres à accuser une époque, une école, une idée symbolique. — Les réflexions nées de la restauration de Saint-Denis ont consacré qu'il ne faut ajouter aux monuments rien d'inutile ni d'étranger; celles qu'a provoquées la restauration de Saint-Germain, qu'il ne faut rien en détruire ni rien en retrancher. Ni adjonctions ni suppressions, telles sont les doctrines soutenues par le comité.

Malheureusement, la plupart de nos architectes chargés de la restauration de nos monuments nationaux n'ont tenu aucun compte de ces sages observations, aussi la nomenclature des édifices complètement défigurés par des restaurations maladroites serait fort longue. Les membres du comité se plaignaient des travaux exécutés à Saint-Denis et à Saint- Germain ; mais, dans ces dernières années, nos lecteurs n'ont pas oublié sans doute les justes et vives protestations qui ont été formulées

contre les travaux des monuments historiques de Carcaseonne, d'Avignon; contre l'amphithéâtre et l'abside de la cathédrale de Nîmes; contre le château de Pierrefonds, les cathédrales d'Evrcux, de Bayeux, d'Angoulêmi Périgueux, de Toulouse, etc., etc. Tous ces travaux ne sont en grande partie que di constructions, et non des restaurations. Nous sommes bien obligé d'ajouter aussi que l'amour du gain fait souvent que bien des tracteurs préfèrent largement, démolir plutôt que de conserver toutes les construction- suffisamment bonnes pour durer encore de longues années. Mais nous devons dire aussi que de vrais artistes ont fait des travaux de restauration aussi consciencieux que remarquables.

On donne encore le nom de restaurations à des travaux graphiques qui représentent monuments anciens restitués d'après les ruines qui subsistent ou d'après des descriptions que nous en ont laissées des auteurs anciens; mais il est mieux de dénommer ces travaux Restitutions (voy. ce mot).

RESTAURER, v. a. — Action de réparer, de faire une restauration ; rendre à un édifice ce que le temps ou la main de l'homme en a fait disparaître (Voy. l'article qui précède et Restitution.)

RESTITUER, v. a. — Faire la restitution d'un édifice. (Voy. l'article suivant.)

RESTITUTION, s./. — Action de refaire, de reconstituer sur le papier, à l'aide de dessins, un édifice tel qu'il était après son achèvement. On se sert pour ce genre de travail des : même de l'édifice, ou, ce qui rend la restitution beaucoup plus difficile, des descriptions qu'en ont laissées les auteurs. Il existe donc une différence sensible entre la restauration et la restitution d'un monument ; cependant dans la langue usuelle ces deux termes sont synonymes, ou du moins on emploie toujours le mot restaura/ion, même quand il s'agit d'une restitution. (Voy. Restauration.)

RÉSUMÉ ou RÉCAPITULATION. —

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