I.'' >DET, s. >«.— Sorte de roue hydraulique
RODOIR, 8. m. — Instrument servant à roder, à faire le rodage; c'est aussi un instrument qui sert à unir et polir le dessous de la tête des vis.
ROE, s. m. — Vieux mot qui servait à designer un pupitre tournant horizontalement ou verticalement.
ROGNE, s. f. — Mousse noirâtre et rougeâtre qui vient sur le bois et le gâte.
ROGNURES, s.f.pl. — Débris de peaux de mouton, d'agneau, de veau et de parchemin, qui servent à faire la colle dite de peau.
ROLE, s. m. — Un feuillet ou deux pages
d'écriture (recto et verso) d'une minute, d'un mémoire, d'un état des lieux, etc.
ROMAINE (Architecture). — Les Romains reçurent des Etrusques, et plus tard des Grecs, les notions d'architecture qui leur permirent de créer un art à eux, tout à fait original, bien que des auteurs aient avancé le fait contraire. Si Quatremère de Quincy n'a pas été le premier à émettre cette idée, nous pourrions dire cette erreur, à savoir qu'il n'existe pas d'architecture romaine proprement dite , cet auteur l'a du moins propagée, et après lui beaucoup d'autres n'ont fait que reproduire cette idée de Quatremère, sans se soucier de contrôler et d'appuyer par des faits les paroles au moins bien hasardées de cet auteur, qui a écrit (Dict. d'arch.) : « Rome de tout temps eut donc la même architecture que les Grecs. Il n'y a donc pas, à proprement parler, d'architecture romaine, si par cette épithète on entend une architecture originale,
ROMAINE (architecture).
ou si l'on veut, originaire de Rome. » Si les paroles de l'éminent architecte que nous venons de citer étaient littéralement vraies, le présent article n'aurait pas de raison d'être et, après ce qui précède , nous n'aurions plus rien
Fig. 1. — Chapiteau composite (intérieur de la nymphte de Nimes).
à écrire sur ce sujet ; nous nous bornerions à renvoyer le lecteur à notre article sur l'architecture grecque. Malheureusement, ou plutôt heureusement, il n'en est point ainsi ; les Romains ont bien créé un style particulier d'ar-
Fig. 2. — Feuilles d'acanthe de la belle êpo
chifcecture qui leur appartient en propre, qu'ils n'ont emprunté à aucun autre peuple, nous espérons bien le démontrer.
I>u reste, le même auteur reconnaît bien que son affirmation esi par trop radicale, aussi
a-t-il soin de la rectifier immédiatement par les lignes suivantes : « Cependant quand on parle d'art, et qu'on y joint le nom d'un peuple ou d'une contrée quelconque, on n'entend pas toujours, dans le langage ordinaire, que le nom de ce peuple le désigne comme inventeur particulier et exclusif d'un mode original qui imprime a tout ensemble une physionomie, une manière d'être spéciale. Il suffit souvent
Fig. 3. — Chapiteau de pilastre dans la nymphée de Ninies.
d'une variété de goût, soit dans l'emploi des mêmes types, soit dans la grandeur ou la richesse des ouvrages, soit dans la physionomie que le climat y rend sensible, pour autoriser le critique à désigner un art et ses produits par l'adjonction d'un nom soit de siècle, soit de pays en particulier. »
En effet, les divers motifs indiqués dans cette citation suffisent parfaitement pour ca-
Pig, 1. — Hase de colonne à la nymphée de Nîmes.
ractériser un style d'architecture; mais le peuple romain a d'autres titres autrement puissants à invoquer en faveur de son architecture, qui a fait, nous l'accordons volontiers, de nombreux emprunts à la Grèce, mais qui
KO. M A I X E (A BCH ETECT t • il j ; .
entièrement différente 'I" l'architecture hellénique : elle constitue un art original tout à l'ait caractéristique el qui ne procède d'aucun autre, nous allons le voit. Si dune nous établissons nu parallèle entre ces deux architectures, que voyons-nous? Le style grec est fin, délicat, d'un goût épuré, séduisant, «calme et tranquille ; ses monuments n'ont pas d'énormes proportions. IjC style romain, au contraire,
est. lourd, surchargé, souvent de mauvais goût ; il est l'expression de la vanité, de l'amour de paraître : il veut étonner et captiver la foule. il sent le faste et l'orgueil, enfin ses éd sont des masses considérables. Voilà pour les généralités. Si nous étudions les détails, Grecs ont des moulures sobres et d'une grande simplicité; il- ent que la colonne et le
pilastre, la plate-bande et le plafond : tels sont
Fig.
Corniche îles thermes de Nîmes.
leurs éléments de construction. Les Romains, au contraire, emploient des moulures fort compliquées; ils utilisent aussi la colonne et le pilastre, mais, en outre, l'arcade, la voûte, la coupole et d'énormes massifs de maçonnerie totalement inconnus des Grecs. L'ornementation de ceux-ci est extrêmement fine et délicate, d'un goût exquis; celle des Romains est en général lourde, tapageuse, de mauvais
goût, d'une exubérance de mauvais aloi. Voilà pour les détails. Comme le lecteur peut en juger, ces deux styles ne se ressemblent guère. Il est vrai que les Romains ont emprunté à leurs maîtres es arts trois ordres, l'ionique, le dorique et le corinthien ; mais s'ils n'ont guère employé les deux premiers, ils se sont emparés du dernier, et ils l'ont si bien transformé qu'ils en ont fait presque un ordre nouveau, le com-
Fig. 6. — Base dans les thermes de Xînies.
posife. Quant au toscan, ils le tenaient des Étrusques. Ainsi donc il est acquis que les Romains n'on rien inventé en fait d'ordres, ils se sont contentés d'enrichir et de surcharger d'ornements le corinthien, dont ils ont fait un ordre national; mais ils ont créé des entrecolonnements et des arcades. Ils ont fait davantage encore : ils ont imaginé de toutes pièces des monuments qui n'existaient pas avant eux, totalement inconnus des Grecs, monuments qui à eux seuls constituent un ensemble d'architecture remarquable et qui suffiraient à la gloire artistique d'un peuple. Les
Romains sont, en effet, les inventeurs des amphithéâtres, des cirques, des hippodromes et des immenses bains nommés Thermes (voy. ce mot, et Cirque, Hippodrome. Amphithéâtre, et Grecque, Architecture).
Xos figures feront très bien comprendre au lecteur ce qui précède et serviront, pour ainsi dire, de corollaire aux généralités que noua venons d'énoncer. Notre figure 1 montre un chapiteau composite de l'intérieur de la nymphée de Nîmes. On voit que l'artiste qui a cive ce chapiteau a voulu faire riche, aussi cette composition est-elle empreinte de lourdeur;
ROMAINE (architecture).
ce défaut est très saillant, surtout si nous comparons les feuilles ' d'acanthe qui décorent ce chapiteau avec celles de la belle époque (fig. 2). Notre figure 3 représente un chapiteau de pilastre d'une grande richesse décorative qui provient du même monument, tandis que nos figures de 4 à 12 font voir des spé-
cimens de bases et de corniches provenant des anciens thermes de Nîmes, aujourd'hui démolis. Notre figure 13 est une corniche d'entablement des mêmes thermes. Nous avons pris ces exemples dans les monuments de Nîmes parce qu'ils sont, pour ainsi dire, le type de l'architecture romaine presque au moment
Fig. 7. — Corniche des thermes de Niines.
de sa plus brillante période. Notre figure 14 fait voir une vue des débris du temple de la Concorde à Rome ; notre planche LXXNI , une des frises d'entablement du forum de Nerva; enfin notre planche en couleur LXXXII, une porte de l'enceinte romaine de Nîmes, dite porte (V Auguste : nous l'avons dessinée d'après nature en isr.2. — Depuis cette époque, une
rue a été ouverte à gauche de ce monument. Sous la Rome des rois, l'art gréco-étrusque fut seul en usage. Les temples à leur origine ne sont d'abord que de petits édifices carrés en bois, couverts de roseaux; ils ne diffèrent guère de la cabane servant de logement aux premiers Romains, cabane dont celle de Romulus, réparée pendant tant de siècles, peut
Fig. s. — B;i<c diins les thermes de Nîmes.
donner une idée. Plus tard, le temple est bien construit en pierres , mais il n'est pas beaucoup plus grand, à peine si la statue du dieu peut s'y loger. Romnlus (7f>4-717) élève divers temples ;ï Jupiter Fèrétrim , à Jupiter Stator, à Mars, au Soleil . à la Lune , à Vesta. Sou successeur, Numa Pompilius (717-673), érige des temples à la Foi, à la Fidélité, et à Romulus et Janus. Tullus Ilostilius (673-640) dresse près du forum la colonne dite des Curiac.es, parce qu'on y suspendit les dépouilles de ceuxci : nous ignorons si sous le règne de Tullus
on construisit d'autres édifices. — Ancus Martine (640-617) entoure Rome de murs, jette un pont de bois sur le Tibre, et creuse un port à Ostie. (Voy. Port.) C'est ce roi qui fit construire la prison Mamertine , dont il subsiste encore aujourd'hui des restes. Après Aneus, Tarquin l'Ancien (G17-578) élève les premiers monuments remarquables, entre autres le grand cirque situé entre l'Aveutin et le Palatin, et qui possédait dans son pourtour des sièges en pierre pour les spectateurs; il entoura de portiques le forum et construisit
ROM A I X B | A.ECHITECTU I
le fameux égoul la Cloaca maxima, afin de dessécher le marais qui existait entre le Palatin et le Capitole. No! re figure 13 bis montre une bouche d'égoul de la Cloaca. Denys d'Halicarnas- III, nous informe que c'étail une des trois plus considérables constructions faites par 1rs Romains; nous en avons parlé an mot Égoi i. — Servais Tullius (578-534 ) rebâtit les murs
de Rome; sur le forum boarium, il <•!<•■. temple à la Fortune et il ajoute à la prison Mamertine un cachot souterrain, qui < encore el que nous avons donné au mot Prison. (Tite-Live, I. 14.) Enfin, Tarquin le Superbe (534-509) répare l'enceinte de la ville, commence le célèbre temple de Jupiter Capitolin et décore de beaux portiques le grand
BÉiÉiiii.iiMiiMii y ï &
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Fig. 9. Cornichi di - thermes de NJm
cirque {Cirrus maximus). (Denys d'Halicarn., I, IV ; Tite-Live, I, 48.)
Après la monarchie, il ne règne dans Rome qu'un esprit de guerre, une soif de conquêtes tout à fait contraire à l'exercice et à la pratique de l'art; cependant il se construit divers monuments, surtout de ceux qui ont un caractère d'utilité générale, tels qu'aqueducs, chaus-
. voies, greniers, magasins et entre] Le plus ancien temple construit sous la république est celui que Spurius Cassius dédia à Bacchus, à Cérès et à Proserpine, et dont le tympan du fronton était décoré de statues en argile et en airain dorés. Un travail important, construit sous la république, est le canal du lac d'Albano. On érigea également
Fig. 10. — Base dans les thermes de Nîmes.
un grand nombre de temples , parce que chaque général vainqueur en dédiait un au dieu qu'il avait invoqué avant la bataille et qui l'avait rendu victorieux ; aussi Mars, Junon, en possédaient plusieurs, mais ils n'avaient rien de bien remarquable, et, du reste, il ne subsiste aucune trace de ces anciens monuments. La guerre avec les Gaulois fut fatale à Rome; elle fut presque totalement incendiée, les temples seuls échappèrent aux flammes (390 av. J.-C). Quand les Romains eurent chassé les Gaulois, ils rebâtirent la ville à la hâte
sans aucune espèce de plan d'ensemble. Après la conquête de la Sicile et de la Grande-G rèce, les Romains firent de notables progrès dans l'art de bâtir: la vue des monuments de la Sicile leur ayant ouvert de nouveaux horizons, ils substituèrent à la simplicité antique un grand luxe décoratif, pour lequel ils utilisèrent les œuvres d'art qu'ils avaient pillées chez les peuples conquis. Apres la prise de Syracuse par Claudius Marcellus (312), les Romains commencèrent à copier l'architecture grecque, parce que ce général avait rapporte dans son
ROMAINE (architecture).
Lutin tant d'œuvres si remarquables qu'elles causèrent à Rome une profonde surprise ; jamais le peuple romain n'avait vu un pareil spectacle. Une grande partie de ces richesses se trouvaient réunies dans le temple de l'Honneur et de la Vertu, situé près de la porte Capena. Ce temple avait été construit par Caïus Mutius, le plus ancien architecte romain dont le nom soit parvenu jusqu'à nous, parce qu'il
a été cité avec celui de quelques autres architectes par Vitruve (III, 1). — Des dalles de marbre, arrachées au temple de Junon Lacinienne à Crotone, furent employées à la couverture du temple de la Fortune équestre, que Fulvius Flaccus avait élevé après sa victoire sur les Celtibériens. — Pendant sa censure, Porcius Cato jeta les fondations du premier édifice d'un nouveau genre, nous voulons dire
Fig. 11.
Base dans les anciens thermes de Nîmes,
de la basilique Porcia, située sous la cwie, près du forum (186 ans av. J.-C).
Après la guerre contre les Ligures, le duumvir Glabrion consacra un temple à la Piété, dont il reste encore des ruines. Fulvius Flaccus édifie bientôt une seconde basilique, la basilique Fulvia, qui fut reconstruite plus tard par Paul-Emile et dénommée dès lors basilica JEmiliana. Une figuration de cet édifice
se trouve gravée sur le plan de marbre qu'on voit aujourd'hui dans le musée du Capitole à Rome. Au mot Basilique (fig. 1), le lecteur peut voir un croquis représentant un fragment de ce plan. La basilique de Paul-Émile fut la septième élevée dans Rome. Auparavant, Titus Sempronius en avait érigé une troisième, la basilique Sempronia. C'est vers cette époque que les riches particuliers, qui
Fig. 12. — Corniche des thermes de Nîmes.
jusque-là avaient vécu à la campagne, vinrent se fixer à Rome, qui s'embellit d'autant plus rapidement que les censeurs F. Flaccus et A. Postumius Albinus favorisèrent au plus haut degré l'embellissement de la ville. Ce sont ces censeurs qui la firent paver, l'ornèrent de portiques, agrandirent le cirque et jetèrent des ponts sur le Tibre en dehors de la ville (Tite-Live, XII, 27), pour donner passage à de nouvelles voies. — Après les guerres de Macédoine contre les nus Philippe III et Antiochus III, les Romains se familiarisè-
DICT. D'AKCIIITECTCRE. — T. IV.
rent de plus en plus avec le luxe et les mœurs des Grecs et des peuples orientaux. Éblouis par les riches butins rapportés par Paul- Emile de sa conquête de Macédoine et par ceux d'Anicius, faits sur le roi d'Ulyrie Gentius (Tite-Live, XLV, 89 et 4.1) , c'est à partir de cette époque que les Romains entassèrent dans leurs monuments, surtout dans leurs temples, et cela sans discernement et sans goût, toutes les plus belles œuvres d'art pillées chez les peuples conquis. S'ils les étalaient avec ostentation , ils n'en connaissaient pas pour cela
B OM A I X B | AU' h [TECTl I
la valeur; ei chacun te rappelle Bans doute l'aaecdote de Mummius (rapportée par Velléius Paterculus (1,18) qui écrivait cent soixante ans après le général), qui , vainqueur de Corinthe, disait à un entrepreneur, chargé d'emporter les merveilles d'art de cette ville : <■ Kl surtout prenez bien garde de ne rien perdre et de ne rien briser; sans quoi, je vous obligerai à en refaire d'autres. » Ce récit, qui nous paraît aujourd'hui inconcevable, surtout dans la bouche d'un général en chef, n'est peut-être pas invrai-
semblable, — La quantité très considérable d'objet* d'art de provenance hellénique rapportée après les guerres de Macédoine <-t la prise de Corinthe donna aux Romains le goût hellénique, aussi ton- le- édifices construits après cette époque, c'est-à-dire après l'an L60 av. J.-C, sont des imitations plus ou moins réussies del'arl grec. Dans la plupart de ces édifices l'ornementation pèche par un manque absolu de goût. Jusque-là les monuments avaient été construits en brique ou en pierre, ce fut
Corniche d'entablement dans les tnern
Quintus Métellus, surnommé le Macédonien (Velléius Paterculus, 1,2), qui éleva le premier temple en marbre, qu'il dédia à Jupiter Stator; il en confia l'exécution aux architectes lacédémoniens Saurus et Batracus (Pline XXXVI, 5). Ce même Métellus en érigea un second à Junon. Bientôt après furent construits, près du cirque, le portique de Cnéus Octavius, et, sur le Capitole, celui de Scipion Xasica. Après sa guerre contre Mithridate, Sylla fit transporter à Rome tous les trésors qu'il avait pillés en Grèce ; ce général n'épargna pas même les temples : c'est ainsi que, pour orner le temple de Jupiter Capitolin, il enleva les colonnes du
temple de Jupiter Olympien d'Athènes, qui avait été construit sous Antiochus Epiphane par un architecte romain nommé Cossutius, lequel temple passait pour un des plus admirables édifices de la Grèce. Vitruve parle avec beaucoup d'éloges des écrits de Cossutius : malheureusement ils ne sont point parvenus jusqu'à nous. Sylla, à Préneste, dédia également un temple à la Fortune, et c'est dans celui-ci qu'aurait été faite la première application de la mosaïque comme pavement. (Pline, Hist. nat., XXXVI, 64.) Pompée érigea plusieurs temples (Dion Cassius, XX, p. 41(5), entre autres, ceux de Minerve et de Vénus Yictrix : celui-ci s'élevait
ROMAINE (architecture).
au milieu de la cavea d'un théâtre garni de gradins en pierre. Ce théâtre avait été construit par ce capitaine dans le Champ de Mars, en souvenir de celui qu'il avait vu à Mitylène. Près de cet édifice se trouvait la curie dans laquelle César fut assassiné, et qui servait aux délibérations du sénat, si une affaire urgente se présentait pendant les représentations scéniques. Lucuilus, que M. Brutus surnommait la Venus Palatine, employa le premier, après l'orateur Crassus , le marbre dans les constructions privées ; il en estimait surtout un à fond noir, originaire de Chio, qu'on nomma à cause de lui marbre LuculNn. (Voy. Marbre, t. III, p. 12G.) Lucuilus introduisit un grand luxe dans l'habitation ; sa maison était décorée d'un grand nombre de tableaux et ses jardins peuplés de chefs-d'œuvre de la statuaire grecque qu'il avait
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Fig. 13 lis. — Bouche d'égout de la Clouai muximu.
achetés à grand prix. Le même citoyen avait consacré un temple à la Félicité. (Dion Cassius, XIX, p. 416.) Vers l'an 54 av. J.-C, Paul- Émile reçut de César, qui voulait s'en faire un partisan, l'énorme somme de 1,500 talents (9, 625,000 fr.). Pour donner le change sur remploi de cet argent, il laissa croire qu'il téait uniquement destiné à la construction d'une basilique, qui, bien (pie fort belle, ne coûta pas, sans doute, le tiers de cette somme.
Sous -Iules César, l'architecture ne reçut aucune impulsion. Ce prince fit beaucoup de projets, mais la guerre l'occupa trop toute sa vie, pour qu'il pût, nous ne dirons pas les réaliser, mais leur donner même un commencement d'exécution. Pendant son édilité, il décora le comitium et les basiliques ; il ajouta des portiques au ('apitoie; il construisit un temple à
Mars, un autre a Vénus h'milri.r . parce qu'il adorait cette déesse comme la mère de sa race.
Nous voici à Auguste , c'est-à-dire à l'ère du plus grand développement de l'architecture romaine. L'ancien triumvir avait voulu faire de Rome la plus belle ville du monde ; il donna une grande impulsion à tous les arts : c'est bien sous son règne que l'architecture romaine fut la plus brillante et atteignit son apogée. C'est alors qu'on vit s'élever le portique d'Octavie, le théâtre de Marcellus, construit auprès de ce portique et qui avait été commencé sous César, le panthéon et les thermes d'Agrippa, le mausolée d'Auguste; le premier amphithéâtre tout en pierre fut achevé par Statilius Taurus. C'est sous le même prince qu'ont été construits la basilique Julienne, les bains ou thermes, les châteaux d'eau, de nombreux aqueducs, le portique du cirque Flaminius, la pyramide de Cestius, que nous avons donnée au mot Pyramide (fig. 5, 6 et 7), l'atrium du temple de la Liberté, bâti sur le Palatin par Asinius Pollio, le temple d'Hercule, celui de Jupiter Tonnant, contre le mont Capitolin, celui d'Apollon sur le Palatin , celui de Saturne, celui de Diane, celui de Mars Vengeur, sur le forum d'Auguste (1). Sous le règne de ce prince, Tibère reconstruit sur un plus vaste plan le temple de Ui Concorde, sur le forum romain ; qet édifice avait été primitivement érigé (36G avant J.-C.) par Furius Camillus. Notre figure 14 montre les belles ruines de ce magnifique temple. C'est également sous Auguste que furent construits le grand théâtre de Cornélius Balbus, Tare des consuls Dolabella et Silanus, érigé en l'an 8 après J.-C, et qui se trouve aujourd'hui près de l'église San Tommaso in Formis. Cet arc est construit en travertin; il servait probablement à donner passage sous un aqueduc.
Auguste fit tant et de si beaux monuments sous son règne, qu'il put dire en toute vérité : » J'ai trouvé Rome bâtie en briques, je la laisse bâtie en marbre. » (Suét., in Aug., XXVIII.) — Rome ne fut pas seule à bénéficier de ce grand mouvement architectural, les autres villes de l'empire et les colonies sui-
(1) Ce prince ne construisit pas moins de 82 temples ; aussi Tite-Live le nomme avec juste raison templorum omnium conditor <ic rtttiiutor.
ROM A I X E C\ aCHITECT ci;i;j.
dirent la même impulsion ; nous h- perrons bientôt, quand nous parlerons de l'architeoture romaine en dehors de Rome.
Après Auguste, L'architecture commença à dégénérer de plus en plus; elle eut cependant un éclair de peu de durée sous Trajan. Tibère
s'attacha surtout a terminer les monuments commencée par son prédécesseur; il restaura aussi tous les édifices auxquels des travaux étaient nécessaires. Il dédia an temple à An- . afin d'engager d'autres villes à suivre son exemple; mais <•. temple ne fut terminé
Fig. 14. — Temple de la Concorde, sur le forum remnia.
que sous Caligula, ce qui n'empêcha pas un grand nombre de villes d'élever des temples en l'honneur d'Auguste et même de Rome : parmi ces villes, nous mentionnerons Pergame, Mcomédie, Mylasa (1), Pouzzoles, Pola, Césarée et Nola. Dans cette dernière cité, c'est la
(1) C'est au temple d'Auguste et de Rome, élevé à Mylasa en Carie, qu'aurait été fait le premier emploi du
maison même dans laquelle Auguste avait rendu l'âme qui fut transformée en temple. — Caligula éleva peu de monuments, il ne fit que construire deux temples en son honneur sur le Palatin; il promulgua même un édit pour forcer les citoyens et les villes à lui éle-
ebapiteau composite. (Cf. R. Pococke, a Description of the East and some other countries, 1 vol. in-fol., 1743.)
ROMAINE (architecture).
ver des temples et à lui rendre les honneurs divins, mettant ainsi en pratique le vieil adage : Prima sibi caritas. Il avait, du reste, deux palais : l'un situé sur le Capitole, afin, disait-il, de pouvoir converser avec le grand Jupiter ; l'autre sur le Palatin, ce dernier accédant aussi au Capitole par un pont qui passait au-dessus de la basilique Julienne.
Claude agrandit Rome ; il éleva quelques temples et quelques arcs de triomphe, mais il fit surtout des travaux d'utilité publique, des travaux qui sont du domaine spécial de l'ingénieur. Dès la seconde année de son règne', il fit creuser un aqueduc souterrain pour donner un écoulement régulier au lac Fucin, dont les fréquents débordements occasionnaient des fièvres paludéennes à un grand nombre d'habitants. Ces travaux d'endiguement et de dessèchement ne durèrent pas moins de onze années consécutives et occupèrent environ trente mille hommes. Quand ce grand travail fut terminé, Claude donna sur ce lac la représentation d'une bataille navale, dont divers auteurs nous ont conservé la relation. (Suét., in Cland., XX, XXI ; Denys d'Halic, IX ; Tacite, Annal., XXII, 5G, 58.) Ce prince termina aussi des aqueducs commencés par ses prédécesseurs ; certaines parties de ces travaux étaient portées sur des arcades qui mesuraient plus de cent pieds d'élévation. (Front., de Aquœduct. comment., 13, 14, 1C. Cf. Pline, XXXVI, 24.) H entreprit l'aqueduc qui porte son nom, VAqua Claudia, qu'il ne put terminer. Mais l'ouvrage le plus considérable exécuté par Claude, et même par les Romains, c'est sans contredit le port d'Ostie , situé près de l'embouchure du Tibre, lequel port ne fut achevé que sous Néron; aussi est-il représenté souvent sur le verso des médailles frappées par ce prince. Au mot Port, le lecteur peut voir un croquis représentant le port de Claude.
Sun- Xéron, les monuments d'architecture prennent d'énormes proportions et se couvrent d'une profusion ornementale inouïe. Ce prince termina l'aqueduc de VAqua Claudia, sur le mont Cœlius; il construisit la grande boucherie (magnum macellum), qui possédait sur trois de ses côtés un portique formé par deux étages de colonnes, et dont le
centre était couvert d'un dôme élevé (thoïus) (Varro, ap. Non., v. Sulcus) : c'est, du moins, ainsi qu'on le trouve représenté sur des médailles de Néron. Ici se place, en l'an 64, le fameux incendie de Rome, que Néron aurait allumé dans l'unique but de s'offrir le spectacle d'une ville incendiée. Nous ne pensons pas que ce soit là le vrai motif de cette catastrophe , qui , sauf quatre régions ou quartiers, détruisit totalement la ville. La véritable cause, qui n'est guère plus excusable que celle que nous venons de mentionner, résidait dans le désir immodéré de Néron de reconstruire la ville sur un nouveau plan, et l'odieux tyran ne recula pas devant l'idée de l'incendie pour atteindre son but. Non seulement il évitait ainsi les lenteurs de l'expropriation et les réclamations de toutes sortes, mais il anéantissait aussi tous les monuments de ses prédécesseurs et devenait le nouveau fondateur de la ville : telle est la vraie cause de l'incendie de Rome. Néron fit alors élever un gymnase avec des thermes splendides, dans lesquels on célébrait tous les cinq ans des jeux nommés pour cela jeux quinquennaux. Ces édifices, construits en marbre, furent plus tard agrandis par Alexandre Sévère. Néron fonda le port à'Antium, sa ville natale : il n'en reste plus que quelques débris ; on lui attribue aussi la construction des bains situés près de Baies, et dont il subsiste encore quelques restes. Enfin, n'oublions pas de mentionner parmi les travaux de Néron le palais qu'il se fit construire et qui est connu sous le nom de Maison dorée, à cause de la richesse et de la magnificence de sa décoration. Ce palais était entouré d'un triple rang de portiques qui atteignaient mille pieds de développement, et il occupait un si grand espace dans la ville (Pline, XXXVI) qu'il renfermait dans son enceinte des bois, des champs, des vignes, des étangs et des maisons de plaisance. Ce fut le dernier et l'un des plus importants travaux exécutés par ce prince. — Sous les règnes fort courts de Galba et de Vitellius, il ne fut fait aucun monument digne de ce nom. — Vespasien inaugura une brillante époque pour les arts ; il rétablit et entretint les routes, répara les anciens monuments de
BOM a i x r; (abcb [tbctub b i.
Iî< ainsi que les murailleB de beaucoup de
villes. C'est bous le ri gne de ce prince qu'on reconstruisil pour la troisième fois le temple de Jupiter el que fut commencée la construction de l'amphithéâtre de Flavien (le Colosseum ), "n h des monuments les plus gigantesques de l'antiquité. (Suét., in Vesp., IX ; Martial, de Spec, Epig., l et 2.) (Vôy. Amphithba- TBB.) Un édifice encore assez important de Vespasien fut le temple de la Paix, décoré des dépouilles rapportées de la Judée. Ce temple était entouré d'un vaste portique (Joseph, VI r, 3, XXXIV, 10, XXXVI, 7; Procop., de Bello got/i., IV, 21) dans les abords duquel on voyait une bibliothèque publique; enfin Vespasien restaura aussi le temple de Claude et la scène du théâtre de Marcellus. — Sous Titus, en l'an 7!) (le 23 novembre), l'éruption du Vésuve engloutit Herculanum et Pompéi : un nouvel incendie détruisit une grande partie de Rome, et, parmi les monuments publics détruits ou ruinés en grande partie, nous citerons les temples d'Isis, de Sérapis, de Jupiter Capitolin, la Septa Jv.lia, le Diribitorium, le portique de Neptune et celui d'Octave, les thermes d' Agrippa, les théâtres de Fompée et de Balbus, le Panthéon, etc. Titus voulut réparer tous ces monuments à ses frais; mais la mort l'en empêcha, et ce fut son successeur, Domitien, qui releva toutes ces ruines et éleva plusieurs autres monuments , tels que la Xauinachie , près du Tibre, le Stade, l'Odéon, les temples de Jupiter Custos et de la famille Flavienne. Il commença un forum qui ne fut achevé que sous Xerva et porta le nom de ce dernier prince. Notre planche LXXXI montre une partie de la frise de ce forum ; au mot Entablement (planche XXXII), le lecteur pourra voir une autre partie, très richement décorée, de cet édifice. Domitien embellit son palais de portiques, d'une basilique et de bains; enfin il créa sa villa d'Albano, où l'on célébrait, à l'exemple d'Athènes, la fête des Panathénées. Xerva, nous venons de le voir, se contenta d'achever le forum nommé avant lui Palladium ou Transitorium ; il termina aussi des travaux d'utilité publique, tels qu'aqueducs et réservoirs. Ce fut Frontin, l'auteur du Traité des
aqueducs de la ville de Rome, qui fut chi - derniers travaux. Xerva, qui, du n ('•Lait fort âgé quand il arriva au trône, ne • d'autres édifices; mais il était réservé à Trajan et surtout à Adrien de construire da nombreux monuments : ce dernier empereur, qui '''tait également architecte, inscrivit son nom sur les murs de tant de constructions qu'on le surnomma le Pariétaire. Parmi les monuments construits sous Trajan, nous mentionnerons la basilique Ulpienne, les thermes qui communiquaient avec ceux de Titus, un odéon, l'agrandissement du grand cirque, les bibliothèques grecques et latines, et le forum Bitué entre le Capitole et le Quirinal, enfin la culmine Trajane, élevée en 113, et dont les bas-reliefs représentent les principaux épisodes de la campagne de Trajan contre les Daces. Cette colonne, haute d'environ 44m,25, est formée par des assises cylindriques ou tambours de marbre blanc dont les bas-reliefs se déroulent en spirale. Indépendamment de ces travaux, Trajan restaura et entretint les routes et les aqueducs ; il jeta différents ponts sur des fleuves, dont le plus célèbre est un pont sur le Danube qui est représenté sur la colonne Trajane. Procope {de JEdif., IV, 6) nous apprend que les travaux de ce pont avaient été dirigés par l'architecte Apollodore de Damas, qui avait également édifié le forum, l'odéon et les termes mentionnés précédemment. Trajan compléta le port d'Ostie : c'est lui qui creusa le bassin de forme octogonale, qu'il entoura de magasins et d'entrepôts; il creusa le port de Civitta Vecchia. ainsi que celui d'Ancône. Dans cette dernière ville, il fit des travaux considérables; aussi les habitants, pour en perpétuer le souvenir, lui érigèrent un arc de triomphe à l'entrée du port. (Voy. Arc de triomphe, fig. 4.) Rome et Bénévent élevèrent également des arcs de triomphe à ce prince, qui avait fondé de nombreuses villes, entre autres, dans la Mysie, Marcianopolis, du nom de sa sœur Mania, Plotinopolis, du nom de sa femme Plotine; enfin Trajanopolis, dans la Chersonèse. Ce prince entretint une correspondance avec Pline le Jeune, et, grâce à ces lettres, nous connaissons les nombreux travaux de
ROMAINE (architecture).
Trajan dans les provinces, surtout en Asie Mineure. Grâce à ses largesses , on termina à Nicomédie un aqueduc pour amener de l'eau et un second qui servait d'émissaire entre un lac et la mer; dans une ville de Bithynie, à Prusa, il fit construire des thermes; à Nicée, un théâtre et un gymnase ; à Claudiopolis , des bains; à Sinope, un forum, et à Ephèse, un gymnase. (Pline, X, Ep., 46, 47, 48, 49.) , Adrien, disciple de Plutarque, fut un architecte et un protecteur éclairé des arts ; il pratiquait aussi la peinture. Mais, comme beaucoup d'artistes, il était extrêmement jaloux; aussi ce prince ne pouvait souffrir le talent d'Apollodore, qui, nous venons de le voir, avait élevé les plus beaux monuments du règne de Trajan : il l'exila de la cour ; on prétend même (Dion Cassius, LXIII, 3 et 4 ; yElius Spartianus, in Adriano) que ce prince, indigné de ce que cet artiste n'avait pas entièrement approuvé ses projets d'un temple qu'il comptait élever en l'honneur de Yénus et de Rome, l'aurait fait assassiner. Adrien n'en éleva pas moins son temple, qui était pseudodiptère; l'intérieur était divisé en deux celke, dont il existe encore des débris : ce temple, recouvert en bronze, était situé au milieu de portiques dont les colonnes étaient de granit. Il édifia également à Rome des temples en l'honneur de Trajan , de Plotina , de Marciana et de Matida, la femme, la sœur et la fille de Trajan ; enfin un autre en l'honneur de la Bonne Déesse, Dca Bona. Adrien construisit également un athénée , et son mausolée, dénommé moles Adriana (voy. Mausolée, fig. 2), en face duquel il jeta un magnifique pont sur le Tibre; auprès de son tombeau, il construisit aussi un cirque. Mais là où cet empereur dépensa des sommes folles et déploya tout son talent d'architecte (Spartianus, in Adriano. Cf. P. Ligario et Coutini, Piaiite ddl a villa di Adriano, 1 vol. infol., Roina, 1751), c'est dans son immense villa de Tibur, dans laquelle se trouvaient réunis tous les établissements célèbres de l'Egypte et de la Grèce : c'était comme un recueil construit des monuments de ces deux pays ; on y voyait un lycée, une académie, un prytanéc, une leschée, un pœcilc, un canopus, une vallée
de Tempe, un labyrinthe, etc. C'est dans cette villa, dont les ruines occupent une superficie de plus d'un myriamètre, qu'on a retrouvé une énorme quantité d'objets d'art. Adrien restaura beaucoup de monuments; à Rome, ses travaux de restauration les plus importants furent le panthéon et les bains d' Agrippa, le forum d'Auguste et la basilique de Neptune. Mais tous ces travaux, exécutés à Rome ou dans ses environs, ne font pas négliger à Adrien les provinces et les colonies ; il fonde Adrianopolis, restaure Nicomédie ravagée par un tremblement de terre ; il érige à Nîmes une basilique ; en Sicile et en Espagne, il exécute de si nombreux travaux de construction et de restauration , qu'il reçoit le titre de Bienfaiteur , et beaucoup de médailles de ce prince le nomment aussi Restitutor; dans la Grande-Bretagne, il élève un mur gigantesque d'environ quatre-vingts milles de longueur, lequel était défendu à l'extérieur par un fossé et à l'intérieur par une levée de terre ; en Egypte, il fonde une ville, Antinoé, en l'honneur de son favori Antinous; à Athènes, il termine le temple de Jupiter Olympien : c'est lui qui l'entoure d'un portique que toutes les villes grecques concourent à décorer de statues. Adrien encourage grandement les arts en Grèce ; il relève le courage des artistes et leur conseille d'étudier les chefsd'œuvre de leurs anciens maîtres. C'est sous Adrien qu'on construit à Athènes le temple de Junon, celui de Jupiter Panhellénien, le Panthéon, un gymnase, de nombreux portiques, dont l'un, composé de cent vingt colonnes de marbre, était décoré de peintures, de sculptures et de statues : la plus grande partie de ses revêtements était en albâtre. A Mégare, il consacre un temple en l'honneur d'Apollon, à Mantinée un temple à Neptune; enfin, il construit;'! Corinthe des bains et des aqueducs. C'est vers la fin du règne d'Adrien, d'autres disent sous Marc-Aurèle seulement, qu'Hérode Atticus bâtit un théâtre au pied de l'Acropolc et un stade tout en marbre blanc pentélique près de l'Ilissus. Comme on peut le voir, Adrien fut un des plus grands constructeurs de l'empire ; aussi après lui , sous le règne paisible des Antonins, un grand