‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 2)Chapitre 77 sur 238 · RUNES · texte numérisé non relu

RUNES

train . épaté mitoy< a : el . bien qu'une

ruelle joigne la voie publique, les règlements de police qui ordonneni le balayage aux riverains d'une rue ne eonl pas applicables à la ruelle privée. | Voy. Sahukiti:.) '

RUELLÉE, >../'. — Solin de plâtre ou de mortier pratiqué a l'extrémité, a la crête d'un comble isolé et couvert en tuiles. La ruellée a pour objet de rejeter sur la couverture l'eau qui tomberait sur le pignon : elle remplace donc la dèrivure, ow Déviim 1:1: (voy .ce mot), qu'on exécute sur les couvertures eu ardoises. Ou fait également îles ruellées sur des combles de lucarnes. — Qaatremère de Quincy donne a ce solin en plâtre le nom de ruilée; niais nous pensons qu'il commet une erreur : nous n'avons vu ce terme dans aucun auteur ancien ou moderne ; nous ne connaissons que le verbe ruiler, qui signifie tout autre chose. (Voy. le terme suivant.)

RUILER, v. a. — Remplir uue tranchée avec du plâtre.

RUINER, v. a. — ■ Pratiquer des rainures dans des pièces de charpente.

RUINURE, s. f. — Entaille pratiquée sur les faces latérales des solives pour retenir la maçonnerie des cntrevous. On fait également des rainures sur les faces latérales des poteaux de cloisons; les charpentiers les exécutent soit au ciseau, soit à la petite cognée.

RUISSEAU, s. m. — Petit canal servant à l'écoulement des eaux ; il est ordinairement formé par la rencontre de deux revers de pavé : le premier revers se nomme jumelle, et le second contre-jumelle. (Voy. Jumelle, in fine.)

On nomme ruisseau en biseau celui qui n'a ni caniveaux ui contre- jumelles pour foire Maison avec les revers.

Rui>seau. — Courant d'eau de trop peu d'importance pour recevoir le nom de rivière.

Jurisprudence. — De nombreux jurisconsultes et des arrêts de cours ont décidé que les ruisseaux doivent être considérés comme des rivières non navigables ni flottables, qu'ils

mveni constituer dès lors d munes, mai- être seulement la propriél riviains {Contra, Daviel, t. II. 586; Aubry ei Rau, \ 169, n" 8. as lesaul

de \ue. irrigation, pêche, rouissage, usine, entretien, i te., i « ruiaseai mêmes règlements de police que les ri\ La cour de Toulouse (20 nov. 1882) a <'. que le possesseur d'un fonds • d'un ruis-

seau par un chemin public de grande ou depetite communication, peu importe, ne j*ut demander contre le riverain et le propriétaire inférieur un règlement d'eau, On arrêt delà cour de cassation (27 avril 1857) a continue cette jurisprudence.

L'article 044 du Code civil donne aux riverains le droit de se servir de l'eau à son pâmais ce droit peut être restreint pour i d'intérêt public. — Les riverains d'un nrisB peuvent être astreints à fournir un chemin de halage ou seulement un marchepied, suivant que ce ruisseau est navigable, flottable ou à bûches perdues. — La simple ; — s :i annale des eaux d'un ruisseau qui traverse un fonds donne au propriétaire dudit fonds le droit d'agir en complainte possessoire contrele propriétaire riverain supérieur qui a fait des entreprises sur ledit ruisseau. Les tribunaux ordinaires sont compétents pour connaître d'une demande de dommages et in:

fondée sur un préjudice causé pour quelque cause que ce soit, pour un barrage, par exemple, de même que pour statuer sur les droitpectifs des riverains d'un ruisseau.

RUNES, s. m. j)l. — Sorte de caractères d'écriture de la race primitive de la Germanie. C'étaient des signes mystérieux; de là leur uom, dérive de nina , mystère, ou plutôt de runen , faire des rainures, des entailles : en effet, ces caractères étaient entaillés dans la pierre et dans le bois. Plusieurs lettres de l'alphabet runique présentent une certaine analogie avec les caractères sémitiques. On ne sait de quelle manière ni à quelle époque ces caractères sont parvenus chez les anciens Germains: mais on sait que les Scandinaves, les Anglo-Saxons et les Marcomans ient

des alphabets runiques, dont le nombre de

RUPTURE. — RURALES (constructions).

lettres était variable chez ces diverses races. Si nous en croyons Tacite, les runes n'auraient pas seulement servi d'écriture, mais on aurait employé des hâtons runiques pour consulter l'avenir, pour interroger le sort. Voici comment on opérait : sur chacun de ces bâtons on écrivait, ou du moins était gravé le nom d'un rune, Yn, par exemple, dont le nom est nath (nécessaire), et, comme chaque caractère avait une valeur magique, on les assemblait à côté les uns des autres pour former le sort. On les jetait sur un morceau d'étoffe , et ce n'est qu'après les avoir agités qu'on tirait les bâtons runiques, qu'on plaçait les uns près des autres, pour en tirer des conclusions.

RUPTURE des matériaux. — Voy. RÉ- SISTANCE DES MATÉRIAUX.

RURALE (Architecture). — Voy. l'art, suivant.

RURALES (Constructions). — On désigne sous ce terme ou sous celui d'architecture rurale la partie de l'architecture civile qui comprend toutes les constructions élevées hors des villes, dans les champs, pour l'exploitation agricole. On voit donc que l'architecture rurale a une grande importance, car elle embrasse dans son ensemble une masse considérable d'édifices; ce sont : Y habitation de V homme des champs, c'est-à-dire du propriétaire-agriculteur, du fermier, du métayer, du cultivateur, de l'ouvrier agricole ; le logement des animaux domestiques, des volatiles et des insectes, tel qu'écuries, ëtables, bergeries, porcheries, chenils, lapinières, basses-cours, poulaillers, pigeonniers ou colombiers, apiers ou ruchers, magnaneries, etc.; puis les constructions annexes de la ferme, les hangars, granges, séchoirs, greniers, glacières, laiteries, vendangeons, cuviers, celliers, chais; enfin, hi ferme.

On peut d'abord considérer ces diverses constructions isolément et sous le point de vue de leur convenance particulière, puis collectivement sous le rapport de leur position entre elles. Isolément, les constructions doivent être saines, commodes, solides et économiques. Collectivement, il faut qu'elles soient calculées

en nombre et en superficie d'après la nature et l'importance de chaque exploitation, et qu'elles soient situées, les unes par rapport aux autres et par rapport à la propriété agricole tout entière, de manière que les communications soient aussi faciles et aussi promptes que possible, ce qui économise beaucoup de temps et, par suite, de l'argent.

Pour bien disposer convenablement tout ce qui est du ressort de l'architecture rurale, il faut non seulement posséder les connaissances usuelles de l'art de bâtir, mais encore connaître beaucoup d'agriculture et d'économie rurale, car l'architecture rurale embrasse tout ce qui se rattache à la grande et à la petite culture, à l'élevage des animaux et des insectes utiles, ainsi qu'aux industries agricoles. Il est donc facile de comprendre qu'il faut savoir beaucoup, qu'il faut posséder la science et l'art de l'architecte et de l'ingénieur, car d'un bon ou d'un mauvais aménagement dépend la prospérité ou la ruine de l'agriculteur. Il y a longtemps que l'utilité de ce genre d'aixhitecture est démontrée; Columelle, Varron et Caton, dans les traités d'agriculture qu'ils nous ont laissés et dont malheureusement nous ne possédons que des fragments, démontrent l'importance d'un bon aménagement des bâtiments ruraux ; mais, sans remonter aussi loin dans l'histoire, nous citerons notre compatriote François de Neufchâteau , qui disait : « L'art de loger les hommes, les animaux et les récoltes avec simplicité, solidité et économie est le premier problème à résoudre dans la science des campagnes. )>

L'art de construire a réalisé bien des progrès dans ces dernières années, mais les grandes villes sont presque seules à avoir profité de ces progrès. Il est très regrettable que dans les constructions rurales de nos jours on n'ait pas appliqué plus largement les procédés de la construction moderne. « Quelques contrées cependant, comme nous l'avons dit ailleurs (1), ont réalisé des améliorations, mais c'est principalement dans les industries agricoles qui

(1) Page ix de l 'Introduction de notre Trakè des construction» rurale*. (Cf. la bibliographie à la fin du présent article.)

i; l" I; A LES ' ' oitstb uoi i"

soin dis annexes de la ferme. Il est ('•vident que les architectes on les ingénieurs appelés pour établir des usines ont fait connaître quelques innovations, niais c'est sur quelques rares points de nuire territoire, principalement dan-

le nord et dans l'est. Dans l'ouest et dans le

midi, au contraire, ce qui frappe partout, e'esi l'ignorance des constructeurs; on dirait qu'ils construisent pour des siècles. De la un gros capital dépensé en pure perte. Il faut, au contraire, l'aire en général des constructions très légères et partant très économiques, ce qui permet de les démolir après un laps de temps relativement fort court : car souvent le genre d'exploitation change, les facilités de transport, le libre-échange, le perfectionnement de l'outillage, et d'autres circonstances encore, peuvent forcer un agriculteur à trans-

Fig. 1. — Élévation d'une écurie.

former son exploitation. Il est donc indispensable que des constructions dispendieuses ne viennent pas entraver l'œuvre d'amélioration qu'il s'agit d'entreprendre. Voilà pourquoi on doit construire d'une manière très simple et très économique les bâtiments ruraux, afin de les transformer toutes les fois que le besoin s'en fait sentir.

Après ces observations générales, nous allons jeter un rapide coup d'œil sur les divers genres de constructions , en ayant soin de renvoyer le lecteur aux. divers articles de ce dictionnaire qui auraient traité déjà plus longuement des mêmes locaux.

I. Habitation de l'homme. — L'habitation de l'homme doit satisfaire à de nombreuses conditions : elle doit être salubre, bien située, bien orientée ; son intérieur doit être bien distribué et en rapport avec les besoins de celui

qui l'habite : aussi la disposition intérieur! maisons varie-t-elle ; il existe un type pour le

journalier, un autre pour le petit cultivateur, et divers types pour le' fermier de petite, de moyenne et de grande culture. (Voy. Maiê II. Logement des animaux. — Les locaux

I'ig. 2. — Pavillon rustique en boii en grume.

affectés au logement des animaux doivent réunir de nombreuses conditions ; nous en avons déjà parlé dans cet ouvrage ; nous n'insisterons pas, et, après avoir donné un modèle d'écurie (fig. 1), nous renverrons le lecteur aux mots Bergerie, Écurie, Étable, Porcherie, Chenil, Lapixière, Garexxe, I'oulailler, Colombier, Pigeonnier, Basse-cour, Apiee, Magnanerie.

fig. 3. — Pavillon en bois en grume.

III. Constructions annexes de la ferme. — Ces constructions comportent : des abris pour les instruments agricoles et les outils ; des ateliers pour le charronnage, la forge, le tonnelage; des appentis et des hangar- ouverts ou fermés, des remises ; des constructions pour abriter et conserver les récoltes, telles

RURALES (constructions).

que fenils, magasins à fourrages, granges, greniers et graineries, silos pour grains, fruitiers, glacières, sécheries et séchoirs ; des constructions destinées à transformer les récoltes , telles que boulangeries, fours, fournils, pétrins, distilleries et féculeries, cuisines rurales, laiteries, vendangeoirs ; des constructions destinées à recueillir, emmagasiner ou perdre les eaux, telles que fontaines, puits, réservoirs, viviers, mares, bassins, citernes, abreuvoirs,

puisards, cloaques, bois-tout ou puits perdus, puits absorbants ; des constructions destinées à recueillir et conserver les engrais, telles que fumières, purinières, latrines, fosses fixes; enfin des constructions destinées au lavage, blanchisseries , buanderies. On utilise souvent pour les constructions annexes de la ferme le bois en grume et des toits de chaume. Ce type de constructions fournit des pavillons pittoresques analogues à ceux représentés par nos

Fig. 4. — Grande terme avec les b.itimeuts en retour en double équerre.

figures 2 et 3, qui servent de logement à des animaux et ont été élevés au jardin d'acclimatation de Paris par MM. Tricote! et Cie (Voy. Hangar, Remise, Grange, Glacière, Fruiterie, Silo, Four, Laiterie, Puits, Réservoir, Citerne, Cloaque, etc.)

IV. La ferme. — L'étymologie de ce mot est assez douteuse: les uns le disent dérivé du grec ?pf*a (clôture), on du celte forma (louage); d'autres, Littré parmi eux (I)irl. de la langue fr.), le donnent comme dérivé du pi- CBiàfarme, ou du provençali/ferww, qui tirerait, son origine d'un mot de basse latinité, firma,

firm/us, chose ferme, établie. Quoi qu'il en soit de ces diverses étymologies, nous dirons, avec le jurisconsulte, que le fermier est le cultivateur qui, moyennant un prix annuel donné à un propriétaire d'un bien agricole, l'exploite pour en retirer un profit plus considérable. Il existe des fermes de diverse importance, qu'on dénomme petites fermes, fermes moyennes, enfin Il ni n îles fermes. L'étendue de chacune d'elles est très variable suivant les pays ; en moyenne, la petite ferme possède environ 80 hectares,

la fer moyenne L50, la grande ferme ;">o

hectares. — Des causes locales, la manière d'exploiter et le genre de l'industrie agricole

BUBALES (constructions).

peuvent aussi donner lien aux classifications

suivantes : i" pays montagneux, dénudé, coupé par des routo ruisseaux, exigi

beaucoup de main-d'œuvre :très petite ferme; 2° domaine situé sur |<; flanc d'une grande colline OU (l'une montagne : ferme de petite exploitation; 3" pays très peuplé, où la propriété est très divisée, domaine situé près d'une ville : ferme de petite eb de moyenne exploitation ; 4° pays en plaine, dans lesquels

immunicatione et les transporte sont faciles : ferme de moyenne et de grande exploitation ; 5° pays dans lesquels les biens sont concentrés dans les mains d'un petit nombre, ou dont le fonds naturellement fécond produit une vigoureuse végétation : grande ferme; <;° domaine' BÎtué près d'une grande ville dont les habitante s'adonnent au commerce, ou près d'un centre manufacturier : ferme de très grande étendue.

Fig. 5. — Grande ferme ; bâtiments disposés en parallélogramme avec cour centrale.

Quelle que soit l'importance d'une ferme, elle doit toujours réunir certaines conditions générales que nous allons résumer le plus brièvement possible : 1° placer le bâtiment d'habitation au centre et au fond de la cour, de manière à permettre au chef de l'exploitation d'exercer une surveillance facile, permanente, de son cabinet, de sa chambre ou de toute autre pièce ; disposer le jardin et le potager en arrière du bâtiment d'habitation, ce qui donne un aspect agréable aux pièces situées de ce côté, et de plus permet la surveillance des travaux qui s'exécutent clans le jardin et le potager; 2° séparer entre eux, par des vides

ou des hangars seulement, tous les bâtiments; isoler surtout les granges et greniers à foin de l'habitation , afin de diminuer les risques d'incendie et afin de pouvoir, en cas d'accident, circonscrire le feu ; 3" suivant l'importance de la ferme, grouper les bâtiments de différentes façons : sur une seule ligne pour les petites fermes ; en retour d'équerre pour les petites et les moyennes fermes ; en double équerre et en parallélogramme avec cour centrale pour les grandes fermes (fig. 4 etô); au centre de la cour, on devra placer la fosse à engrais avec l'aire à fumier, pour abréger et faciliter les transports des écuries à cette dernière destina-

RURALES (constructions).

tion ; 4" ne pas craindre de faire la cour assez grande, mais cependant la réduire à un minimum en rapport avec la surface des constructions ; 5" rapprocher de l'habitation les écuries des animaux de choix ou reproducteurs et placer auprès les infirmeries, afin de dépenser le moins de temps pour leur surveillance ; 0" envoyer, au moyen de rigoles couvertes ou canalisations souterraines, toutes les urines du logement des animaux et les diriger dans la fosse aux engrais avec une pente plus ou moins forte suivant la distance à parcourir, mais jamais moindre de 0m,015 par mètre ; 7° donner un assez grand développement aux greniers à fourrages, afin de pouvoir s'approvisionner pour plusieurs mois sans être obligé d'entasser les fourrages dans un espace trop restreint, ce qui au bout d'un certain temps finit par les altérer; 8° aérer largement les greniers par de nombreux châssis à tabatière et des cheminées de ventilation placées sur le faîte des greniers et avec le concours de barbacanes ou ventouses d'aération placées au lias des murs sur le plancher ; 9" ventiler les écuries, étables, bergeries, à l'aide de cheminées d'appel en bois ou en poteries, suivant les principes que nous avons donnés dans les différents articles de ce dictionnaire, notamment au mot Ecurie, et disposer les ouvertures de ces cheminées de façon à éviter les courants d'air trop violents ; 10° donner aux écuries et aux étables une largeur convenable pour conserver un passage assez large (Voy. Ecurie); 11" dans les bergeries, ne pas craindre de multiplier les portes, les établir à deux vantaux pour faciliter la sortie des moutons et pouvoir donner un aérage suffisant ; 12° tons les logements des animaux qui auront an-dessus d'eux de: greniers auront des plafonds hermétiquemeni clos, afin que l'odeur qui se dégage des litières ne donne point d'odeur aux fourrages: 13° les granges auront des portes assrz larges ei assez hautes pour permettre aux voitures fortement chargées de les traverser (voy. (i RANGE) : 11" à droite et à gauche des passages des gran- . on devra établir des planchers assez élevés pour permettre le déchargement des gerbes et pouvoir établir au besoin la machine à battre sur le passage; 15° disposer dans le

centre de la cour et dans l'ordre que nous indiquons, le plus près de la maison, le puits, l'abreuvoir, le pigeonnier, la fosse à purin et l'aire à fumier ; près de celle-ci, placer le poulailler et la basse-cour, le premier sous une extrémité de hangar et la seconde près de l'abreuvoir ; 10" isoler les porcheries et les éloigner de l'habitation , et, dans tous les cas, les orienter de telle façon que, placées autant que possible au midi , le vent dominant dans la localité n'apporte pas les odeurs dans la direction de l'habitation du fermier; 17" ménager de larges passages à l'entrée et à la sortie latérale des bâtiments, afin d'obtenir une circulation facile pour les animaux et les voitures de toute sorte; 18° établir un mur d'enceinte autour des bâtiments ou relier les murs de ceux-ci par des portions de mur, de manière à défendre l'entrée sans autorisation à toute personne étrangère à la ferme ; 19" enfin il faut, autant que possible, que les bâtiments soient groupés de telle façon qu'on puisse les agrandir d'une ou plusieurs travées, sans avoir à démolir à droite ou à gauche. — Telles sont les conditions primordiales pour la construction d'une ferme, conditions qui se trouvent suivies dans les types que montrent nos deux figures.

Bibliographie. — Traité des bâtiments propres à loger les animaux qui sont nécessaires à l 'économie rurale, 1 vol. in-fol., fig., Leipzig, 1802; — de Perthuis, Traité d'architecture rurale, 1 vol. in-4", Paris, 1810; — Gandy, Rural Architecture, designs for countey buildings, 1 vol. in-4°, Londres, 1805;

— J.-B. Papworth, Rural Résidence , 1 vol. in-8°, 1832; — F. Goodwin, Rural Architecture, 2 vol. in-8°, Londres, 1835; le même, Supplément to cottage architecture, 1 vol. in-8°, Londres, 1835; — Aikin (E.), Designsfor ri/las and other rural buildings, 1 vol. in-4°, Londres, 1835; — P.-F. Robinson, Rural Architecture, 1 vol. in-4", Londres, 1836; du môme, Village architecture, 1 vol. in-4", Londres, 1837 ; — T.-C. Loudon , an Encuclopi dia of cottage , fa nu , etc., 1 vol. in-8", Londres, 1842;

— Boita, Traité des constructions rurales, 1 vol. in-12, Taris. 1864; — L. Moll. et Eugène Gayol , Encyclopédie pratique de V agriculteur (de nombreux articles, notamment dans le tome VIII); — Ernest Bosc, architecte, Traité des constructions rurales, 1 vol. in-8" jésos, avec, 57G ligures dans le texte ou hors texte, Paris, 1875.

RUSTICAGE. RUSTIQUER.

RUSTICAGE, s. m. On désigne soi benne l'une des opérations de la baille des picnvs qui suit L'ébauchage, et qui, suivanl la nui are de la pierre, précède l'emploi «le la ripe. Le rusticage se pratique avec une sorte de marteau bretté, nommé rustique, on avec la boucharde. — On désigne aussi sous ce benne le piquage (\<-< joints de pierre avec une pioche. On exécute ce travail afin de faciliter uue grande adhérence an mortier.

RUSTIQUE, adj. et s. m. — Ouvrage com-

pOBé de pierres brutes, naturelles on imitées. — Qualification qu'on donne ordinairement à un ouvrage grossièrement exécuté. — On nomme encore ainsi un marteau de tailleur de pierre dont la brettelure est à grosses dents séparées

entre elles de 0m,005 à 0 ,006. Les oui appellent aussi cet outil, Chieb (voy. ce mot).

RUSTIQUE (Bois). On nomme ainsi un bois donl les fibres sont tordues, ondulées

1 1 . pour ainsi dire, n jcs 1"- unes av<

autres. Ce défaut du bois le rend difficile i travaille!-, parée que le (il Be présente souvent an rebours du mouvement servant à manier l, de sorbe que celui-ci arrache le bois au lieu de le couper.

RUSTIQUER, v. a. — Exécuter un rusticage ; piquer une pierre avec la pointe du rustique, entre les ciselures relevées, pour rendre les joints bruts, afin que le mortier j y adhérer plus facilement.

S. — Dix-neuvième lettre et quinzième consonne de notre alphabet, qui, dans les abréviations et les inscriptions latines , peut signifier sacrum, solvit, salus, etc. S. C. signifie senato consulte; S. M., sacrum manibus; S. P. Q. R., senatus pojn/liisque romanus. S. D. pouvait signifier salutem dare, ou bien c'était la formule de salutation, salutem dicit, que les Romains mettaient en tête de leurs missives. Dans notre langue, S veut dire sud, S.-E.,S.-0., sud-est, sud-ouest ; S. V. P., s'il vous plaît, d'où la formule qu'un inscrit au bas d'une page de lettre T. S. V. P., tournez, s'il vous plaît. — ( iomme signe de numération, l'S valait chez les Romains 7 ou 90, et surmonté du tiret, (y), 90,000. Le sigma grec (a') avec l'accent en dessus valait 200, et avec l'accent en dessous (c), 200,000.

SABLE, s. m. — Substance minérale, pulvérulente, provenant de la désagrégation des roches calcaires, granitiques, quartzeuses et siliceuses. Cette désagrégation se produit soit sous l'action mécanique des eaux, soit spontanément. Il existe divers genres de sables ; on distingue : 1° les sables fossiles, qu'on trouve dans les plaines où ne passent ni rivière, ni fleuve, ni aucun courant d'eau; 2" les sables vierges, qui proviennent des roches en décomposition et se tri >u ven t par conséquent à côté de ces roches; 8° les subies de carrière, soit vierges , soit fossiles , et qui sont les meilleurs pour la fabrication des mortiers, parce que leur forme prismatique et anguleuse préplus d'aspéril - que les sables de rivière, qui sont ronds : par suite, les mortiers faits avec les premiers fournissent, nue plus ennuie -ion ; i° les sables de rivière , qui -ont ceux qu'on trouve dans le lit, des fleuves ou des rivières; 5° enfin le sable marin, qui se trouve

sur les bords et le rivage de la mer, dans les dunes.

Pratique. — Les sables ont des emplois très divers dans les constructions, mais ils servent principalement pour la fabrication des mortiers. Les constructeurs les divisent en trois grosseurs : fin, moyen et gros; ils sont fins quand leur grain a moins d'un millimètre de diamètre ; ils sont moyens quand ils ont un millimètre ou deux ; enfin, on nomme gros sable celui dont le grain mesure deux ou trois millimètres; au-dessus de cette force, on le nomme gravier. Le sable moyen est dit mignonnetie ; les ouvriers l'appellent ainsi parce qu'il est de la grosseur du poivre mignonnette, c'est-à-dire qui a environ deux millimètres de diamètre. — Les sables employés pour la fabrication des mortiers doivent être dépourvus de terre argileuse ou de toute autre matière étrangère. On reconnaît qu'un sable est pur quand, jeté avec une certaine force dans l'eau, il ne la trouble pas; tandis que le sable terreux ou limoneux la trouble plus ou moins et la colore, soit en jaune, soit en e-ris; ensuite, le bon sable crie dans la main qui le serre et ne la salit pas.

Le sable marin fait d'excellents mortiers, bien (pie des constructeurs soutiennent le contraire; mais il a l'inconvénient de rendre les murs très sensibles aux influences hygrométriques : ainsi, quand l'atmosphère est chargée d'eau, les murs faits avec du mortier de sable marin se couvrent d'humidité, ce qui présente de grands Inconvénients. C'est pourquoi on l'ait bien (le rejeter le sable marin quand on peul s'en procurer d'autre: mais quand on esi réduit à l'employer, on doit le laisser exposé aux pluies au moins un an avant d'en user, ou bien il faut le laver avec de l'eau douce.

s.\ BLÉ.

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