‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 3)Chapitre 112 sur 252 · SIPHON · texte numérisé non relu

SIPHON

compas. On donne le même nom à la courbe obtenue par ce moyen.

SniILOR, s. m. — Laiton très-blanc clans lequel le zinc entre dans de fortes proportions, 30 à 40 parties de zinc pour 40 à GO de cuivre ; on le nomme aussi or dp Manhcim. On utilise cet alliage dans la robinetterie.

SINGE, s. m. — Treuil horizontal à bras on à double manivelle monté sur deux chevalets ; il sert à élever des fardeaux d'une excavation, à tirer la fouille d'un puits par exemple, ainsi qu'à descendre les matériaux au fond des fouilles pour construire les fondations. — • Dans les ateliers d'architecture, les jeunes gens désignent ainsi entre'cux le patron ; du reste, dans les ateliers de serrurerie, de charpenterie, les ouvriers font de même, tandis que dans les ateliers de tj-pographie on donne le nom de sinye au compositeur.

SINGLER, V. a. — Prendre, à l'aide d'un cordeau, pour le métrer, le pourtour d'une voûte, le développement des marches d'un escalier, etc.

SINGLIOTS, s. m.pl. — Se dit des foyers de l'ellipse tracée avec un cordeau ; l'ovale ainsi tracée se nomme ovale du jardinier. (Voy. Ovale.)

SINUS, s. m. — Terme de géométrie. Le sinus d'un arc est la perpendiculaire abaissée d'une extrémité de l'arc sur le diamètre qui passe par l'autre extrémité. Ou nomme sinus total le sinus d'un arc ou d'un angle de 90 degrés, lequel est égal au rayon ; sinus verse, d'un arc ou d'un angle, la longueur comprise entre le pied du sinus et le point où le diamètre rencontre la circonférence. En trigonométrie, le sinus ]/ est le nombre positif ou négatif qui mesure le sinus de l'arc y, le rayon étant pris comme unité.

sinusoïde, s./. —Terme de géométrie.

Courbe qu'on nommait anciennement lipic des sinus, et dont les abscisses, ou ordonnées rectangulaires, représentent des longueurs

d'arcs, et les ordonnées, les sinus correspondants; d'où l'adjectif smMsoïf/«/, qui signifie qui appartient à la ligne du sinus, à la sinusoïde.

SIPHOIDE , adj. — Qui a la forme d'un siphon. On désigne surtout ainsi des appareils pour cabinets d'aisances : appareils siplwïdes.

SIPHON, s. m. — Tube en métal recourbé qui sert à élever l'eau d'un bas-fond, pourvu qu'après avoir franchi un point élevé , l'ori-

Fig. 1. — Siphon obturateur dit mftrmrtf.

fice de sortie soit placé plus bas que l'orifice de prise. Dans l'abduction des eaux des villes, on fait souvent d'énormes siphons, des aque-

Fig. 2. — Coupe lin siplion obturateur.

ducs-siphons, pour franchir des collines, afin de ne point creuser de longues parties d'aqueduc en tranchée. Les Romains ont employé

Fig. 3. -

- Siphon obturateur se plaçant k l'extrémité d'un tuyau d'épont.

le siphon pour faire fi-anchir des vallées à des aqueducs sans recourir aux arcades. (Voy. Aqueduc.) Un point important à observer

SITUATION (KTAT DE). — SMILLER.

dans la construction d'un siphon , c'est que la voûte de la partie basse soit solidement construite, afin de pouvoir résister àla pression considérable qui s'exerce sur cette paroi. A Paris, le grand égout collecteur passe sous la Seine en siphon. — On donne également le mêmenom à des espèces de cuvettes que l'on place sur le parcours des tuyaux en fonte d'un égout. Ces siphons, que les ouvriers appellent marmites, servent non-seulemenfc à intercepter les odeurs qui viennent de l'égout et qui pénétreraient dans les maisons, mais ils servent aussi à empêcher les gros rats d'égout d'ar-

Fig. 4. — Coupe de la figure 3.

river dans les appartements. Notre figure 1 montre le modèle de siphon obturateur que les ouvriers nomment marmite, dont notre figure 2 est la coupe, qui fait bien mieux comprendre le fonctionnement de ce genre de siphon. Nos figures 3 et 4 font voir en perspective et en coupe un autre genre de siphon. Il est facile de comprendre par l'inspection des coupes que les cuvettes conservent toujours de l'eau et bouchent ainsi hermétiquement les tuyaux sur le parcours ou à l'extrémité desquels elles se trouvent placées.

SITUATION (ÉTAT DE). — On désigne sous ce terme une pièce de comptabilité administrative qui établit les travaux faits par un entrepreneur et les sommes qu'il a reçues en à-compte sur lesdits travaux. Cette pièce montre donc la situation des travaux et de la dépense payée, de là son nom. Généralement, dans les administrations, les entrepreneurs ne peuvent toucher des à-compte que sur des états de situation dressés par l'architecte; c'est, du reste, une des clauses insérées dans le Cahier des charges générales.

(Voy. ce mot, art. 28.)

SilALT, s. m. — Couleur bleue extrêmement brillante employée par les aquarellistes.

surtout par les architectes, pour obtenir dans les ombres des tons bleus ou violacés, dégradés, très- remarquables. Le smalt est obtenu par la combinaison d'un silicate double de potasse et de cobalt et de divers oxydes, notamment de ceux de nickel et de fer, mélangés de chaux et d'alumine. Il existe une variété infinie de smalt; dans le commerce, il est classé d'après la finesse de son grain et sa richesse en colbalt. Dans la Saxe et dans la Hesse, où ce produit se fabrique sur une gi'ande échelle, il n'existe pas moins de 25 à 30 marques, et on le nomme également Ijleu d'azur, bleu de Sare, lieu d'émail, bleu de safre, fritte d' Alexandrie des anciens, bleu des blanchisseuses, bleu d'Eschel, smalt de Bohème, couleur de Bohême, couleur fondamentale, etc. — Cette couleur a été employée dans l'antiquité par les peintres grecs et romains, qui la nommaient /;-(7)'e d'Alexandrie. Les dames de Pompéi employaient ce bleu pour se maquiller, pour faire des traces de veines sur leur peau; on en a retrouvé à Pompéi parmi les ingrédients de toilette. Il a été longtemps perdu; mais, vers le milieu du xvi" siècle, le smalt a été retrouvé par un peintre verrier saxon nommé Christophe Schuïver.

SMILLAGE, s. m. — Opération qui consiste à piquer des pierres, à smiller des moellons bruts, par exemple, pour régulariser leur forme, de manière que leurs lits et joints soient à peu près d'équerre sur le parement, qui est souvent dressé à la Hachette. (Voy. ce mot et Smiller.)

SMILLE, s./. — Marteau à deux pointes servant aux tailleurs de pierre à smiller la pierre. (Voy. le terme suivant.)

SMILLER, V. a. — Piquer la pieiTC avec la smille pour la dresser. Quand une pierre de taille est relevée ainsi entre les ciselures de ses bords, on la nomme pierre taillée. Quand on pique à la smille les moellons, c'est-à-dire lorsqu'on taille leurs lits, leurs joints et leurs têtes ou parements, on les nomme moellons smillés, de même que le parement du mur fait avec ces moellons est dit mur smille.

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