SOUS-CHEVRONS
retombée d'une voûte, qui sans cela pousserait le mur en dehors.
SOUPAPE, 5. f. — Appareil servant à clore un orifice et à l'ouvrir, quand c'est utile : c'est une platine de métal, ou faite en partie de métal et de cuir, de forme ronde, concave ou convexe ; quand elle est plate, on la nomme Clapet. (Voj. ce mot.) — En serrurerie, la soupape est une pièce en fer, ronde ou carrée, montée à bascule, qui sert à fermer une ouverture quelconque.
Soupape de sûreté. — Petit appareil, placé sur les chaudières des machines à vapeur, qui s'ouvre sous l'effort d'une pression inférieure à celle où la chaudière ferait explosion ; l'excédant de vapeur s'échappe alors, et tout danger est conjuré.
Soupape de fond. — Soupape en cuivre qui s'engage dans une entaille circulaire, et qui se tient fermée par la pression que le liquide exerce au-dessus d'elle; au centre de cette soupape se trouve ua anneau ou une tige qui sert à la soulever, si l'on veut vider l'appareil pourvu de ce genre de soupape. Les baignoires, bassins, réservoirs, petites mares pour la volaille, etc., sont pourvus de soupapes de fond qui permettent de renouveler l'eau à volonté.
SOUPENTE, s.f. — Pièce située sous la pente d'un comble rampant, d'où son nom, et, par suite, toute partie élevée d'une pièce coupée en deux dans sa hauteur par un plancher. Dans les grands appartements, on pratique ces sortes d'entre-sol pour trouver des chambres de domestiques ou d'autres locaux, tels que dépôts, lingeries, etc. — Quatremère de Quiucy définit soupente de cheminée, espèce de potence ou lien en fer qui retient la hotte ou le faux manteau d'une cheminée de cuisine.
SOUPIRAIL, s. m. — Baie en glacis, pratiquée entre deux joues rampantes, qui sert à donner de l'air et du jour à des locaux ordinairement placés en sous-sol, tels que caves, celliers, etc. Les soupiraux se trouvent généralement dans le soubassement des édifices et sont souvent placés dans l'axe des fenêtres du
rez-de-chaussée ; ils sont fermés par des grilles ou des plaques en tôle perforée.
Soupirail d'aqueduc. — Ouverture pratiquée au-dessus de la voûte d'un aqueduc souterrain et de distance en distance, afin d'aérer l'eau et de donner une issue à l'air qui circule dans l'aqueduc, et afin de le renouveler et d'em-
Regard pratiqué dans l'aijucduo d'Alc-laudrc-SùvOre, à Eome.
pêcher aussi sa compression, qui non-seulement s'opposerait au cours de l'eau, mais encore pourrait occasionner des Renards. (Voy. ce mot.) Les regards servaient aussi à visiter les conduites d'eau. (Voy. Aqueduc.) Notre figure montre une partie de l'aqueduc d'Alexandre- Sévère, à Rome, au-dessus duquel on aperçoit le soupirail ou regard. (Cf. Vitruve, VII, 8.)
SOURCIL, s. m. — Arcade formée avec des briques de champ au-dessus d'une baie, dont le linteau de bois porte sur des pieds-droits; c'est une sorte d'arc de décharge économique.
SOURDIÈRE, s.f. — Sorte de volet formé d'un châssis en bois de chêne rempli de foin et recouvert sur ses deux faces d'une grosse toile que les peintres peignent de la couleur des l^ersiennes. Les sourdières se placent à l'extérieur d'une baie de croisée pour empêcher le bruit des voitures ou autres bruits de la rue de parvenir dans l'intérieur d'une chambre à coucher, afin de la rendre sourde; d'où le nom donné à ce volet, qu'on nomme aussi étouffoir, parce qu'il sert à étouffer le bruit de la rue.
SOUS-CHEVRONS, s. m. — Pièce de bois de la charpente d'un comble cintré dans laquelle est assemblé un bois debout, nommé clef, qui retient deux chevrons courbes.
SOUS-DÉTAIL. — SOUTÈNEMENT (mur de).
SOUS-DETAIL, s. m. — Décomposition par petites parties d'un travail, afin d'établir son pris de revient ; c'est un résumé des sommes partielles en vue d'établir le prix de l'ensemble de ce travail.
SOUS-DOUBLIS, s. m. - Eangéede tuiles creuses, légèrement coniques, posée à plat pour former un égout, sur laquelle rangée on pose immédiatement un second rang qui forme le (lûuhlis; d'où le nom donné au premier rang.
SOUS-FAITAGE ou SOUS-FAITE, s.
m. — Pièce de bois qui, dans les charpentes importantes et soignées, s'assemble parallèlement au faîte, à 1 mètre ou 1°',25 au-dessous de lui, entre les deux poinçons voisins. Le faîtage et le sous-faîtage sont reliés ensemble par des entretoises, des liernes et des croix de Saint- André ; le sous-faîtage sert à donner du raide à la charpente et s'oppose à son déversement.
SOUS-ŒUVEE (Travail ex). — Travail exécuté sous un autre plus important, et qui nécessite beaucoup de savoir, de soin et d'habileté de la part de celui qui l'exécute. On dit également, reprise en sous-œuvre , puisque ce ce travail est exécuté après coup, après l'œuvre principale. (Voy. Reprise et Œuvre, in fine)
SOUS-SOL, 5. m. — Partie d'un édifice placée en contre-bas du sol, c'est-à-dire située sous le ïez-de-chaussée. Dans les maisons à lover, on fait dans les sous-sols des magasins, des dépôts, et souvent, à Paris par exemple, dans les quartiers qui ne sont pas sujets à être envahis par les eaux souterraines, on creuse des caves au-dessous des sous-sols.
SOUTÈNEMENT ( JIur de ). — Mur destiné à soutenir les pressions exercées par des masses de terres amoncelées ou des masses liquides; tels sont, par exemple, les murs de quais, de terrasses, de vastes bassins et réservoirs, etc.
Pratique. — Dans la pratique usuelle, le nom de mur de terrasse, de revêtement ou de soutènement est donné à tout mur destiné à soutenir la face verticale ou à peu près verticale
de terrains tranchés, qui ne pourraient rester taillés à pic sans s'ébouler. Nous devons ajouter cependant qu'un mur de revêtement peut, dans certains cas, n'avoir qu'un faible effort à supporter, tandis qu'au contraire les murs de terrasse ou de soutènement ont, en général, à contre-buter des charges parfois très-considérables. Il existe une infinité de règles et de formules pour calculer la poussée exercée par une masse de terre sur un mur, de même que pour déterminer la forme du mur qui offre le plus de résistance avec le moindre volume de matériaux. Dans la pratique, l'application de ces lois est extrêmement difficile, car on ne peut rien déterminer de rigoureux : en effet, suivant la composition des sols , suivant les climats , suivant les matériaux employés , ces formules devraient varier, et bien souvent on se trouve en présence de cas que la formule n'avait pas prévus. Aussi nous ne donnerons pas toutes les formules étudiées et fournies pour les murs de soutènement ; car, malgré un grand nombre que nous pourrions fournir, nous serions forcément incomplet, aussi nous bornerons-nous à la formule générale de Poncelet, qui suffira dans les cas usuels, si ce n'est dans tous, pour calculer cette épaisseur, renvoyant ceirx de nos lecteurs désireux de plus amples informations à des traités spéciaux, ainsi qu'aux Annales des ponts et chaussées, qui renferment de nombreux renseignements à ce sujet, renseignements fournis par des hommes trèscompétents. Voici la formule de Poncelet :
H étant la hauteur du mur de soutènement et h la hauteur entière de la surcharge située an-dessus du plan horizontal passant par le sommet du mur.
Beaucoup de constructeurs appliquent aux murs de soutènement une règle pratique qui consiste à donner à ces murs une épaisseur égale au tiers de la hauteur des terres à supporter. Cette règle tout empirique, bien qu'excellente, ne doit pas être appliquée, parce que, sauf dans des cas tout à fait exceptionnels, on n'a pas à donner une épaisseur aussi considérable aux murs qui nous occupent ; nous ferons observer en outre qu'elle n'a rien de rigoureux.
SOUTÈNEMENT (mur de).
que quelquefois môme ce tiers de la hauteur des terres est insuffisant : par exemple, s'il faut soutenir verticalement O^jOO de terre argileuse ou glaiseuse, un mur de 0'°,30 d'épaisseur serait certainement insuffisant ; par contre , si nous avions à supporter 9 mètres de terrain de même nature, 3 mètres d'épaisseur de mur absorberaient beaucoup plus de matériaux que de raison. On voit donc par là qu'il n'y a rien d'absolu dans le moyen empirique que nous venons d'indiquer. Du reste, la question, nous le répétons sous une autre forme que précédemment, est trop complexe pour pouvoir se plier à une seule règle; indépendamment de la nature des terres et de leur plus ou moins de cohésion et de densité, il faut encore faire entrer en ligne de compte l'inclinaison
soutènement.
dont elles sont susceptibles pour se tenir en équilibre par le simple frottement, l'elfort de celui-ci contre la paroi du mur, la nature des matériaux employés dans la construction des murs, enfin et surtout les surcharges éventuelles ou permanentes qui peuvent fournir un excédant de charge au-dessus du plan liorizontal passant par le sommet du mur ou le touchant en un de ses points.
Le calcul de la stabilité d'un mur de soutènement se divise en deux parties : 1° la poussée des terres; 2° la résistance, Yéjmisseiir à donner au mur. Il est généralement reconnu et admis que les remblais de terre ordinaire (ni trop légère ni trop compacte) forment un angle de ■45" ; le plan du talus des terres abandonnées ainsi à elles-mêmes se nomme plan de la phi ^ grande pente, parce qu'il suit l'inclinaison narurelle nommée ligne de pente natu-
relle CD (fig. 1). Cette surface CD forme, dans ce cas, un plan incliné sur lequel glisse le prisme triangulaire ADC; le mur de soutènement AD est donc destiné à supporter la pression de ce prisme. Sachant la densité de la terre dont il est formé, il est facile de connaître le poids de ce prisme. L'angle ACD, c'est-à-dire l'angle que forme le plan de la pente naturelle avec l'angle de l'horizon se nomme angle de glissement. On appelle ligne de rupture celle qui se produit lorsqu'une masse de terres glisse obhquement sur elle-même, ou lorsque les terres viennent à se décoller. Il a été constaté que cette ligne est presque la bissectrice
Fig. 2, — Mal- de .-outcncmLiit (dlùit).
formée par la pente naturelle et la ligne formée par la paroi du mur : c'est donc dans notre figure la ligne BD. Enfin, on nomme- c««/rerf« poussée le point H de la face intérieure du mur, parce que la poussée s'exerce au-dessus et au-dessous de ce point H. Le calcul et l'expérience s'accordent pour démontrer que ce point de poussée est situé au tiers inférieur de la hauteur du mur. — Nous avons dit précédemment qu'un grand nombre de constructeurs avaient adopté comme règle pratique de donner au mur le tiers de la hauteur des terres à soutenir; nous avons vu aussi que, suivant la hauteur des terres, cette règle était inapplicable, tandis qu'un sixième de la longueur de la ligne de pente, pour les terres d'une certaine élévation, fournit de bons résultats. Voici comment on procède. On détermine la ligne de pente naturelle des terres qu'on veut retenir ;
SOUTÈNEMENT (mur dk).
soit AC cette ligne, on la divise en six parties égales; la longueur d'une de ces divisions est l'épaisseur qu'on doit donner à la base du mur, qu'on peut diminuer légèrement d'épaisseur au fur et à mesure qu'on s'élève.
Les murs de soutènement construits avec
Fig. 3. — Mur
Une en dehors.
Boin, il est encore des précautions qu'on doit prendre; nous allons examiner successivement divers cas. — Dans les campagnes, on construit souvent des murs de soutènement en pierre sèche; l'épaisseur de ces murs doit être augmentée d'un quart en sus de l'épaisseur donnée aux murs bâtis à chaux et sable. Les
Fig. 4.
■ Mnr de sontènement incliné en dedans.
murs en maçonnerie bien exécutés ne laissent pas, comme ceux en pierre sèche, s'écouler l'eau qui s'amasse souvent en quantité considérable derrière leurs parois. Pour obvier à cet inconvénient, qui augmente considérablement la poussée des terres, on pratique de distance en distance des pleureuses ou Barbacanes. (Voy. ce mot et la fig. 3 qui l'accompagne.) Celles-ci, qui sont destinées à donner de l'air
et à fiïciliter l'écoulement de l'eau qui s'amasse derrière les murs, doivent être construites avec beaucoup de soin, et leurs lèvres ou pourtour, doivent être faites avec des matériaux solides
Fig. r.. — Mur de smitL'lieiiii.'nt ;i
et non gélifs ; on emploie généralement de la roche. Quand un mur est très-élevé, on établit deux rangs de barbacanes ou même trois rangs; dans ce cas, celles du rang le plus élevé sont
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Fig. G. — Mur de soutènement avec contre-forts simples.
rondes et rejettent leurs eaux au moyen d'un caniveau terminé par une petite gargouille saillante, afin de ne point mouiller la partie inférieure de la muraille ; les autres rangs sont de simples fentes longitudinales, dont les dimensions sont d'autant plus considérables qu'elles
Fig. 7. — Mur de souti>nemeut avec contre-forts renforcés,
se rapprochent du pied du mur. Enfin, quand les terrains sont extrêmement humides, chargés d'eau, on les draine, en ayant soin d'amener les eaux aux points extrêmes de la pente du terrain et du bas du mur ; souvent on peut ainsi obtenir des eaux en quantité suffisante pour alimenter ime petite fontaine, surtout si l'on a soin d'établir un réservoir derrière le mur.