TEMPLE
terme est aussi, dans certains cas, synonyme de Borne. (Voy. ce mot, § Jurisprudence.)
TEMPLE, s. m. — Édifice consacré au culte d'une divinité quelconque. Ce terme sert surtout à désigner les édifices religieux de l'antiquité; aujourd'hui cependant diverses religions nomment encore les monuments du culte, temples ; ainsi on dit : temple Israélite ou synagogue, temple protestant, temple boudliique, etc., tandis que la religion catholique nomme les édifices consacrés à son culte Églises. (Voy. ce mot.)
Historique. — Les temples dont l'origine paraît remonter <à l'antiquité la plus reculée sont ceux de l'Inde; on les divise en trois catégories, savoir : les temples souterrains, qui sont de véritables hypogées; les rochers taillés ou temples ouverts; enfin les pagodes. Nous avons parlé de ces temples aux mots Indienne {Architecture ) et PAGODE; nous n'avons doue pas à y revenir ici, nous nous bornerons à renvoyer le lecteur à ces mots. — Les Babyloniens et les Phéniciens avaient bien des temples, mais nous ne possédons pas de renseignements bien certains sur ces édifices. Pour ce qui est des temples mexicains, nous en avons dit quelques mots à Mexicaine (Architecture). Nous ne traiterons donc dans le présent article que des temples chez les Egyptiens, chez les Grecs et chez les Romains.
Temples égyptiens. — Ces temples étaient à peu près construits sur le même plan, sauf quelques dispositions qui paraissent souvent avoir été faites après coup. Ces édifices grandioses rappellent par leur forme et leur masse, lourdes mais imposantes, les temples creusés dans les rochers, les hypogées. Ils occupent une assez grande étendue de terrain et leur enceinte est souvent délimitée par une muraille en briques crues; ils sont précédés d'un pylône relié à la porte d'entrée ou double pylône par une avenue de sphinx. La porte du temple est souvent flanquée de deux colosses ou de deux obélisques. Après ce pylône, se trouvait une vaste cour ou péristyle rectangulaire, ou même exactement caiTé. En général, tous les murs de ce péristyle sont couverts de bas-reliefs et d'inscriptions hiéro-
glyphiques. Ce péristyle constitue l'avant-temple on pronaos ; après lui, nous arrivons dans une salle hypostyle ou dans un double pylône; la salle hypostyle était séparée du sanctuaire (naos), ou temple proprement dit, par diverses salles de moindre importance que l'hypostyle, et dans lesquelles les prêtres accomplissaient diverses cérémonies du culte. Nous ne parlerons point ici de la signification des inscriptions et des bas-reliefs, nous nous bornerons à renvoyer le lecteur désireux d'étudier ces questions au mot Égyptien (Art).
Il ne pénétrait qu'un nombre fort restreint
Fig. 1. — Iriu-rit-iir u'ui
de prêtres dans le sanctuaire. Yoici, du reste, comment un archéologue des ]j1us compétents sur l'archéologie égyiDtienne, M. Mariette, interprète, dans son Itinéraire des invités du khédive, les faits qui s'accomplissaient dans les temples :
Rien ne peut laisser supposer qu'en deliors du roi et des prêtres une partie quelconque du public y ait jamais été admise. Le temple est un lieu de dépôt, de consécration et de préparation. On y célèbre quelques fêtes à l'intérieur, on s'y assemble ponr les processions, on y emmagasine les objets du culte, et si tout y est sombre, si dans ces lieux, où rien n'indique qu'on ait jamais fait usage de flambeaux ou d'aucun mode d'illumination, des