TEMPLE
ténèbres à peu près complètes régnent, ce n'est pas pour augmenter par l'obscurité le mystère des cérémonies, c'est pour mettre en usage le seul moyen alors possible de préserver les objets précieux, les vêtements divins, des insectes, des mouches, de la poussière du dehors, du soleil, et de la chaleur ellemême. Quant aux fêtes principales dont le temple était le centre et le noyau, elles consistaient surtout en processions qui se répandaient au dehors, à la pleine clarté du soleil, jusqu'aux limites de la grande enceinte en briqxies crues. En somme, le temple n'était donc pas tout entier dans ses murailles de pierre, et ses vraies limites étaient plutôt celles de l'enceinte. Dans le temple proprement dit, on logeait les dieux, on les habillait, on les préparait pour les fêtes ; le temple était une sorte de sacristie où personne autre que les rois et les prêtres n'entrait.
Ce passage explique parfaitement pourquoi le sanctuaire était si étroit et pourquoi l'ensemble du temple était si obscur. Du reste, il y avait là auB.çi une question de tradition. Il ne faut pas oublier que les temples de l'ancien empire étaient des spéos et dos demi-spèos, c'est-à-dire des édifices souterrains ou partiellement souterrains. (Voy. Spéos.)
Temples grecs. — L'art grec comprend quatre périodes principales, pendant lesquelles rarchitecture et par suite les temples ont subi des modifications importantes. Pendant la première période dite héroïque, les temples étaient construits en bois, et leur fondation était attribuée à certains héros, tels qu'Hercule, Thésée et les Argonautes. Les temples d'Apollon à Trézène et à Samos, ceux de Jupiter à Egine, de Minerve à Phocée, de Vénus Uranie à Athènes, de Diane à Mégare, de Junon à Argos et à Sicyone, étaient probablement en bois, ce qui explique leur destruction et leur reconstruction ; du reste, Pausanias dit d'une manière formelle que le premier temple de Delphes était comme une hutte faite en branches de laurier; d'un autre côté, nous savons que le temple de Neptune près de Mantinée était en bois de chêne. Pendant la seconde période, qui commence à l'époque de la guerre de Troie et qui s'étend jusqu'à cinq siècles après cette guerre, les temples sont encore en bois, au moins dans les parties supérieures ; tel était, par exemple, le temple de Diane en
Tauride. — La troisième période commence à la première olympiade et s'étend jusqu'à l'invasion des Perses ; pendant cette époque, où l'architecture avait progressé, il est cependant certain que les temples étaient encore en bois et pierre, mais on les décorait, surtout à l'intérieur, avec bcraucoup de luxe. Datent de cette époque, et sont particulièrement connus, les temples de Diane à l'^phèse, de Junon à Samos, de Jupiter Olympien à Athènes et de Jupiter à Elis. Enfin la quatrième période s'étend depuis les victoires des Grecs sur les Perses jusqu'à la soumission de la Hellade aux rois de Macédoine, c'est-à-dire de la soixante-quinzième à la cent onzième olympiade, c'est-à-dire encore de l'an 479 jusqu'à l'an .336 avant notre ère. C'est sans con-
Fig. 2. — Templum in antis.
tredit l'époque la plus brillante de l'art grec, celle où il atteint son apogée. C'est depuis cotte période que les temples furent classés suivant leur importance et qu'on leur donna diverses dénominations selon la disposition des colonnes servant à leur décoration. La plus simple ordonnance et la plus ancienne était celle dite vaô; h irapâuraui [lemplum in antis), c'est-à-dire dont la façade principale comportait deux colonnes et deux Antes (Voy. ce mot) terminant les murs latéraux, le tout surmonté d'un fronton. — Le temple proshjlc a quatre colonnes de face supportant un fronton, de sorte que cet édifice possède un péristyle. — h'ampliiprosfi/le était semblable au prostyle, seulement il avait deux façades ou frontispices semblables , c'est-à-dire doux péristyles de quatre colonnes sur chacune
TF-.MPLE.
de ses façades. — Le temple périptère a ses murs latéraux décorés de colonnes comme ses façades, de sorte que rédifice forme un portique continu. Généralement, les périptères ont six colonnes de façade, mais cependant il en est quelques-uns, le Parthénon par exemple, qui en ont huit. — Le pseudo-péript'ere, ou faux périptère, est un édifice comme le précédent; seulement les colonnes, au lieu d'être isolées, sont engagées dans les murs de la cella. — Le temple diptère comportait une double rangée de colonnes sur les côtés de la cella, ce qui formait une double galerie autour de l'édifice. Quand les colonnes du second rang, an lieu d'être isolées, étaient engagées dans la maçonnerie, on obtenait une autre ordonnance dénommée pseuâo-diptèi'e. Les colonnades flan- 1 quant les côtés de la cella étaient nommées I ptères, du grec TtTepdv, rTÎpou.a, qui signifie
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i»a»am
Fig. 3. — Temple pseudo-diptère et à antes.
aile, parce que , en effet , ces portiques formaient pour ainsi dire comme deux ailes placées aux flancs du monument, absolument comme les ailes d'un oiseau aux flancs de celui-ci ; de là l'analogie. Indépendamment des temples rectangulaires, les Grecs ayaient des temples carrés et circulaires : ces derniers sont désignés sous le nom de monopteres, quand ils étaient simplement formés par une enceinte de colonnes posées sur un stylobate ; de périptères, quand ils avaient une cella entourée d'une colonnade, le tout supporté par un stylobate avec des degrés. (Voy. Grec {Art), § Tem2}les.) Temples komaos. — Les temples romains procèdent des temples grecs, car ils ont été conçus d'après les temples toscans, qui n'étaient qu'une imitation de ceux de la Grèce, comme Yitruve (III, 3) a eu soin de nous l'apprendre. En effet, ils sont bâtis sur un plan rectangulaire se rapprochant du carré. La façade des
temples étrusques s'annonçait par un portique de quatre ou de six colonnes de front disposées comme dans les prostyles grecs; Vitruve ajoute que l'intérieur de ces temples était divisé en trois cellas parallèles placées à côté les unes des autres. L'auteur romain est un peu trop afîirmatif sur ce point, puisque les restes d'un temple à Vulci montrent une cella unique. Les Eomains désignaient les édifices religieux qui nous occupent sous les différents noms de temphnn, fanum, œdes, deluhrum. — Le temphim correspondait au tsu-evoç des Grecs. Le fanum était ainsi nommé à cause des paroles que prononçait le pontife, quand il faisait la dédicace d'un temple; Festus et Varron le disent d'une manière fort claire ; le premier a écrit: Fanum àfcmodicfum,sive àfando; quod dinn pontifex dedicat certa verba futur; Varron
Fig. 4. — Temple avec galerie intérieure.
nous informe que : Hinc fana nominata quod pontifices in sacrando fati sunt finem. (Cf Yarron, VI, 54; Tite-Live, X, 37; C\c.,Div., I, 41.) Ce terme de fanum correspond, d'après quelques-uns, à l'ÎEpov des Grecs. — h'cedes était un sanctuaire qui n'était pas consacré par la formule solennelle des augures (effatum) à une divinité. On nommait cedps rotundœ les temples bâtis sur plan circulaire ; rrdieulœ, les temples de petites proportions. — Le delu- Irum servait à désigner le sanctuaire, le lieu où l'on plaçait la divinité, et par suite le temple tout entier. — D'après Festus, ce terme ne désignait tout d'abord que l'image brute du dieu: Delulrum dicebant fusfem deUbratura, hoc est decorticatum, qiiem venerebantur pro deo. Servius {ad jEneid., II) prétend qu'on désignait le temple sous le nom de delubnnn à cause de la fontaine qui souvent se trouvait placée devant ces édifices. (Cic, jV. Z>., 111,48;