‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 3)Chapitre 148 sur 252 · TERRE · texte numérisé non relu

TERRE

bords de ces couvertures sont entourés de balustrades. Dans les pays septentrionaux, à cause des neiges, les édifices ne sont pas couronnés par des ten-asses ; dans les pays méridionaux, au contraire, en Italie, en Espagne, en Atrifjue, en Orient, ce genre de couverture est très-fréquent ; les habitants de ces régions vont même le soir respirer la fi-aîcheur sur ces terrasses.

En marbrerie, on nomme terrasses des parl ies tendres et terreuses qui courent , comme Jes veines, dans des roches ou des marbres.

TERRASSEMENT, s. m. — Oun-age exécuté en terre. Ce terme est presque synonyme de {errasse, cependant il a une signification plus restreinte. Ainsi, comme nous le disons dans l'article qui précède, sous le nom de ferrasse on comprend l'ensemble des travaux exécutés dans le sol pour y pratiquer des fouilles pour fondation ; le mot terrassement , au enntraire, désigne un travail plus restreint, de , moindre importance : ainsi, quand une surface de terrain est mal nivelée, on y exécute des travaux de terrassement pour le dresser.

TERRASSIER, s. m. — Ouvrier qui exét cute des travaux de terrasse, de terrassement ; ses outils sont le pic, la pioche, la pince, la pelle, la masse et le poinçon, la hie ou demoiselle, le décintroir, les écopes, les pilons, etc. Les principaux engins du terrassier sont le treuil, le seau, la brouette, les camions et tombereaux, la vis d'Archimèdc, la pompe ,etc. On nomme aussi terrassier, l'entrepreneur qui se charge d'exécuter les travaux de terrasse.

TERRASSON, s. m. — Petite terrasse, ou petite partie de couverture presque en plateforme. On ne donne aux terrassons que juste l'incUnaison nécessaire à l'écoulement des eaux pluviales qui frappent sa surface. On couvre les terrassons en zinc n" 14, ou, ce qui vaut mieux, avec des tables de plomb.

TERRE, s.f. — Substance minérale, provenant de la décomposition des roches, des ■ végétaux, des animaux, etc., qui forme le sol ferme de notre planète. Cette substance varie

considérablement d'une localité à l'autre dans sa composition , suivant la nature de ses constituants ; mais en général on admet que les principales substances qui entrent dans la composition des terres sont : la silice, l'argile, la chaux, la inagnésie, l'alumine, etc. — Ce terme, avec divers qualificatifs, désigne des substances en général terreuses, mais souvent trèsdifférentes dans leur nature, leur composition, leur emploi. On nomme :

Terre argileuse, une terre propre à faire des poteries, des briques, de la tuile, etc. (Voy. plus loin Terre cuite);

Terre franche, une terre grasse, argileuse, d'un ton jaune, qui sert, à défaut de chaux et de sable, à hourder les murs et pans de bois, et à faire des aires : c'est avec la terre franche, qu'on nomme aussi terre à four, que souvent on liaisonne les briques qui forment l'intérieur des fours; les fumistes emploient exclusivement cette terre pour leurs travaux, notamment pour les garnitures intérieures des foyers, des poêles de construction, etc. ;

Terre cuayoxneuse, une terre mélangée de craie ;

Terre glaise, une terre grasse très-argileuse, qu'on emploie pour former le fond des bassins, réservoirs et lacs artificiels ;

Terre jectisse (Voy. plus loin Terre

rapportée) ;

Terre maigre', une terre très-sablonneuse qu'on utilise pour amaigi-ir des terres grasses, trop lourdres ou trop compactes ;

Terre massive, une terre compacte, lourde et privée de sable;

Terre naturelle ou terre vierge, une terre telle qu'on la trouve dans la nature, dans les lieux où elle s'est formée, et qui n'a jamais été remuée ni fouillée;

Terre rapportée, une terre qui, contrairement à la terre vierge, a été extraite d'un lieu, fouillée, remuée et transportée dans un autre emplacement; on la nomme aussi terre iecti:,sc : on ne peut déposer des terres Jeciisses contre un mur mitoj-ensans faire un Contremur (Voy. ce mot) ;

Terre forte, une terre humide qui contient de l'argile, du gra\'ier, et même du petit caillou ;

TEKRE-PLEIN. — TÈTE.

Terre végétale, une terre douce, onctueuse au toucher, provenant de détritus de plantes et qui n'est pas mélangée avec du sable, du gravier et d'autres terres ;

Terre de Hollande , une sorte de terre des environs de Cologne, qui, cuite comme le plâtre et broyée sous des meules, fournit, mélangée avec de la chaux, un mortier hydraulique.

Enfin, certaines terres sont mélangées naturellement avec des oxydes métalliques; aussi les emploie-t-on en peinture. On nomme :

Terre d'Ombreou terre de CoLOGNE,une terre argileuse brune, plus ou moins rouge suivant qu'elle contient plus ou moins d'oxyde de fer ; et même, quand elle est très-chargée de cette dernière substance , on la soumet à l'action du feu pour la calciner le plus possible; on obtient alors une nouvelle substance qu'on nomme terre de Sienne brûlée, parce qu'en effet, c'est dans les en^-irons de Sienne qu'on l'a obtenue pour la première fois : toutes ces terres s'emploient à l'eau, à la colle ou à l'huile ;

Terre de Cassel, une argile très-brune, parce qu'elle est fortement chargée d'oxyde de fer, et qu'on utilise de la même manière que les terres de Sienne, d'Ombre ou d'Ombrie, etc.

TiiRRE CUITE. — Sous ce terme, on désigne un grand nombre de produits employés dans la construction, tels que Briques, Carreaux, Tuiles et Poteries. ( Voy. ces mots.) La ten'e cuite a toujours été un élément indispensable de la construction ; aussi a-t-elle été employée de toute antiquité, d'abord comme un matériau, ensuite comme élément décoratif. — Au mot Étrusque (Art), nous avons donné des spécimens remarquables de terres cuites étrusques ; aux mots Palmette et Ax- TÉFIXE, le lecteur pourra voir d'autres spécimens appartenant à l'art grec et à l'art romain; enfin notre planche LXXXIX donne dans toute leur valeur d'autres types d'antétixes en terre cuite remarquables. A part les antéfixes , les chéncaux, les frises, les aerotères, les statues, groupes et bas-reliefs, l'antiquité a surtout produit une énorme quantité de vases eu terre cuite, vases oui servaient à

toutes sortes d'usages, mais principalement à la décoration; souvent même ces vases nous ont révélé des scènes historiques ou mythologiques d'un haut intérêt. (Voy. Vases.) Dans ces temps modernes, on n'a pas tiré assez parti de la terre cuite pour la décoration; au xvi" siècle, on a surtout utilisé la terre cuite émailUe, c'est-à-dire la Eaience. (Voy. ce mot.)

TERRE-PLEIN, s. m. — Amas de terre rapportée entre des constructions, des murs solides, soit pour créer des chemins ou des routes sur de mauvais fonds, soit pour réconforter des parties de fortifications tout eu ménageant les matériaux de prix. Bien des villes de l'antiquité avaient des murailles épaisses et solides dont l'intérieur était formé avec des terre-pleins. Au mot Militaire {Ardiitedure), nous avons donné (fig. 7 à 12) une partie des murs de Pompéi, ainsi construits.

TÊTE, s./. — En architecture, ce terme s'applique à des objets très-divers; mais en

l'ig. 1. — Tôtes plates (oniciiKiit muiauj.

général on nomme tête tout ce qui forme la partie principale et placée en avant d'un

rig. 2. — TOtes saillantes.

objet ; ainsi on dit : tête de voussoir, tête de claveau, tête de mur, pour désigner les faces

Terre cuiie

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