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lOUSE
TETIERE. — THEATRE.
de ces objets. Beaucoup d'ornements de sculpture représentant des figures d'hommes, d'animaux, se nomment également (êtes : par exemple, les bucraues ou têtes de bœuf. (Yoy. BuCRANE.) On nomme têtes plates, têtes saillantes, des ornements de sculpture employés surtout pendant l'époque romane et pendant l'époque ogivale. (Voj'. nos fig. 1 et 2.) Enfin ce terme s'applique aux objets les plus divers, comme nous allons le voir; on nomme :
TÊTE DE CABESTAN, la partie carrée de l'axe percée de trous dans lesquels on introduit des barres pour faire mouvoir uu cabestan ;
TÈTE DE CHAT, Un petit moellon très-mal fait, presque rond;
Tète de chevalejient, la pièce principale d'un Chevalement (Voy. ce mot);
Tête de champignon, la tête plate ou arrondie de certains clous ou de boulons;
Tête fraisée, une tête plate en dessus, i-'onique en dessous, telle que la tête de certaines vis, de manière que celles-ci, pénétrant dans le bois ou dans le métal, ont leur tête qui affleure le nu ;
Tête de pivot, la partie saillante d'un pivot il équerre;
Tète de pêne, la partie du pêne qui s'eu- .L;age dans la g;"iche.
Tète perdue. — Une pointe, im boulon, une vis, un clou, sont engagés dans la pierre, le fer, le bois, à tête perdue, quand ils sont enfoncés au point que la tête ne fait pas saillie.
Tète plate. — On donne ce nom à des clous d'épingle, d'ardoise, à des clous à latte, qui ont leur tête plate.
Tète de poteau. — Extrémité des poteaux.
Dans un pieu, c'est le bout qui tombe lors du recepage ; dans une caisse d'oranger, c'est la partie du poteau terminée en boule.
TÊTIÈRE, s.f. — Tête de cloison d'une serrure à travers laquelle passe le pêne.
TETON, s. m. — Petite éminence qui existe sur certains forets ou fraises, dénommés pour cela forets à tcton, fraises à ieton.
TÊTU, s. m. — Fort marteau à tète carrée qui sert à abattre la pierre, à faire un
Fig. 1.
Tutii ordiuairc.
Abatage. (Voy. ce mot.) On emploie le têtu surtout pour les démolitions ; il en existe de
Fig. 2.
- Têtu il tùte ronde.
diverses formes ; l'un d'eux est à tête carrée d'uu côté et ronde de l'autre (Voy. nos figures.)
TÉTRASTYLE, s. m. — Ou dit qu'un édifice est tèlrastyte, quand sa façade comporte une ordonnance de quatre colonnes.
THÉÂTRE, s. m. — Edifice consacré aux représentations scéniques. Ce terme est dérivé du grec Oioxpov (ôlaou.xi, je regarde). Après les temples, les théâtres ont été sans contredit les monuments les plus remarquables de l'antiquité. Nous ne parlerons dans cet article que du théâtre grec et du théâtre romain.
HiSTOKiyUE. — Le théâtre, qui remonte à
THEATRE
une haute antiquité, tire son origine de la coutume qu'avaient les anciens Grecs de faire chanter pour les fêtes dionysiaques des hymnes en l'honneur de Bacchus, autour de l'autel de ce dieu, sur lequel brûlaient des parfums, et qu'on nommait à cause de cela thymèlé. Le chanteur et les chœurs, ou seulement un récitateur, se tenaient d'un coté de l'autel, et les spectateurs de l'autre côté. Plus tard, au lieu d'un simple récit ou d'un chant, le poëte écrivit des dialogues qui étaient récités par plusieurs personnages qui s'adjoignaient souvent un répondant (uTroxpi- Tr'ç). Souvent ces dialogues se divisaient en deux parties : l'une sérieuse, représentée par
le dithijramhe; l'autre comique, ou cômos, ce qui donna naissance dans la suite à la tragédie et à la comédie. A l'origine de ces spectacles, les poètes n'eurent que des chars, des tréteaux, ou des échafaudages en cluirpente (ixpîa) (Poil., V, c. xix) pour faire représenter leurs œuvres. Ce n'est qu'à l'époque de Thémistocle que l'on remplaça les tréteaux par des constructions temporaires qui présentèrent plus de durée et de solidité. Ainsi les commencements du théâtre comportèrent trois éléments essentiels, à savoir : la scem, Yautcl et Vesirade. Vers la soixante-dixième olympiade (500 ans avant J.-C), le théâtre d'Athènes était encore en planches, et Sui-
Fig. 1. — Coupe do théâtre de Pompéi.
das nous apprend ([u'un jour, où l'on représentait une pièce de Pratinas, le théâtre s'écroula et que cet accident coûta la vie à beaucoup de personnes. Aussi, quelques années après, le poète Eschyle engagea ses concitoyens à construire un théâtre en pierre. On adopta alors un type qui n'a guère varié et qui rappelle ceux que nous connaissons aujourd'hui et que nous décrivons plus loin. Les Athéniens choisirent pour architectes Démocrate et Anaxagore, qui établirent leur édifice au pied de 1' Acropole (Voy. ce mot) et posèrent les gradins en amphithéâtre sur les flancs mêmes de la colline, qui furent creusés en hémicycle. En avant de ces gradins se trouvait la scène (axir;vrî), toujours plus large que Vorcliestre ou espace semi-circulaire qui
séparait celle-ci des gradins. La scène était rectangulaire et décorée de colonnes et de statues; elle était composée de trois corps de bâtiment, celui du fond, ou èpisivnion, et ceux de droite et de gauche, qu'on nommait ailes. Le mur du fond de la scène était percé de trois portes. Celle du milieu, la plus grande, était nommée la roya/e (paaî/ciov); elle était accompagnée, sur la droite, d'une sorte d'obélisque (àymsû?) dédiée à Jupiter Aguatès; à gauche, d'une table sur laquelle on déposait les offrandes. Des deux autres portes, l'une représentait l'entrée d'une caverne (a7rr,Xaiov), et l'autre la porte d'une maison, aussi la nommait-on oixo; evSo^o;. Sur les deux ailes en retour d'équerre sur le fond de la scène, se trouvaient deux autres
DICT. d'auchitectitie. — T. IV.
THEATRE
portes; l'une était censée donner sur l'agora, i et l'autre sur la campagne. L'espace qui séparait ces deux portes se nommait îfdfAo;, parce que cet espace recevait les chars qui arrivaient de la campagne, ainsi que tout ce qui venait du port ou de la ville par la porte de l'agora. A côté de ces deux portes, il en existait d'autres qui débouchaient sur des escaliers par lesquels les choreiites descendaient de la scène sur l'orchestre pour exécuter en chantant les mouvements cadencés
de la strophe et de Vantislroj)he, qui formaient une sorte de danse (op;^-/)ciç). (Voy. Scène.) Enfin, sur les côtés de la scène, on voyait souvent des décorations triangulaires qu'on dirigeait de divers côtés, parce qu'elles tournaient sur des pivots ; on les désignait sous le nom de ■Kipié.y.iou Tel était à peu près dans son ensemble le théâtre grec, qui différait fort peu du théâtre romain, comme nous allons bientôt le voir, ainsi que du théâtre étrusque. (Cf. Vitruve, VII, 7.) — En géné-
Fig. 2. — Plan restauré du théâtre de Marcellus, à Rome.
rai, les théâtres étaient accompagnés de portiques sous lesquels le public se promenait pendant les entr'actes. Parmi les ruines les plus célèbres des théâtres grecs, nous citerons, en Grèce, le théâtre d'Hérode Atticus, dont notre planche LXXXIX montre la façade. Il s'élevait au pied de l'acropole d'Athènes. Nous avons dessiné notre planche d'après la magnifique restauration de notre excellent confrère M. Daumet. Mentionnons aussi les théâtres d'Argos, d'ÉpidaUre, de Sunium, de Mégalopohs, de Chéroùée, de Sparte et de Delphes ; en Asie Mineure , les
ruines des théâtres d'Aizani, d'Éphèse, de Milet, de Théos, de Smyrne, de Gnide, de Mira, de Telmissus, de Thrallus, de Jassus, d'Héraclée, de Laodicée, de Patara, de Stratonice, de Tlos, etc. — On nommait Odéons (Voy. ce mot) les théâtres qui servaient exclusivement aux représentations musicales.
Notre planche XC montre le quartier des théâtres à Pompéi, tandis que notre planche XCI montre l'élévation du grand théâtre de Pompéi, dont notre figure 1 fait voir la coupe. Nous afons dessiné tout ce qui est relatif à
THEATRE
ce théâtre d'après la restauration de M. Bonnet, architecte de hi ville de Paris.
Théâtres romains. — Les premiers jeux Bcéniques furent exécutés à Eome sur des échafauds (pef/ma/a), c'est-à-dire sur une scène mobile qu'on éleva temporairement dans les cirques. (Tac., Ann., XIV, 22 ; Auson., Prolog, ad luil. se^)!. sa/nenf., v. 14 cl seq.) Les premiers théâtres en pierre ne firent leur apparition qu'on l'an ftOd; c'est alors que
Fig. 2 bis. — TrftTée de la fiiçfidc du tlnjàtre de MarwUus.
l'hémicyle ou cavea se garnit de sièges, contrairement à l'ancien usage, qui, voulant former des hommes robustes et les endurcir à la peine et à la fatigue, n'admettait pas de sièges dans ces lieux de plaisir. (Tite-Live, Hist., liv. 48 ; Pline, Ilisl. nat., XVII, 25 ; Ap- T^Kn,Bell. cil'., I, 28; Velleius Paterc, 1, 15; August., de Civit. Dei, I, 31.) Du reste, les Grecs, dans les temps ])rimitifs, se tenaientdebout pendant les spectacles; Homère {Odysscr, XIII,v.380)nous apprend que les jeunes gens, debout, apiilaudissaient tournés vers la scène. — Voici les dispositions que l'on retrouve le
plus généralement dans les théâtres romains, notamment dans le théâtre de Jlarcellus, à Home (fig. 2 et 2 bis), dans celui d'Herculanum et dans ceux de Pompéi. La forme générale est demi-circulaire ; le fond du demi-cercle était arrêté par le bâtiment formant la scène et ses dépendances; la cavea était formée par les gradins (ffradus, Sâtp», éofii;) étages les uns au-dessus des autres. L'aire en hémicycle située entre la scène et la cavea (xoîXov) se nommait, comme dans le théâtre grec, orchestre, mot dérivé du grec opxsïaOat (danser). La cavea était divisée en deux ou trois étanjes
Fig. 3. — Tlit-âtre de rarnie.
de gradins, suivant l'importance du théâtre, par des passages appelés, comme dans les amphithéâtres, préchictwns (àîaîo)fiaTa, prœcincliones, laltei, mœniana). Des escaliers (srakc,ascensus) permettaient d'accéder à chaque étage des gradins ; ces escaliers, pratiqués verticalement, formaient comme des rayons dont le point de départ était le centre de l'orchestre. L'espace compris entre deux de ces escaliers avait la forme d'un coin ; aussi le nommait-on cmieus (xepxîç), et le spectateur arrivant en retard, et ne trouvant pas de place, était appelé excimatus, c'est-à-dire
s. Bosc dol.
Planche 5C. — Quartier des théâtres, à Pompéi,
THEATRE
hors du coin : il restait dans la porte donnant sur l'escalier.
Théâtres modernes. — Il est bien difficile de préciser à quelle époque remontent l'origine et la construction des premiers théâtres modernes. Les premières représentations scéniques du moyen âge, les mystères, ayaient lieu dans les églises ou sur les places publiques des cathédrales (parvis). On dressait pour la circonstance des échafaudages. Le sujet des pièces de théâtre du moyen âge était tiré de l'Ancien et du Nouveau Testa-
mrmrï
Fig. 4. — Thi-àtre de la Scala, à Milan.
ment ou bien encore de la Yie des saints. Ce sont donc les églises qui ont été, pour ainsi dire, les premiers théâtres, car le christianisme, ne pouvant déraciner ce gotit païen chez le peuple, détourna à son profit cette passion et donna une direction nouvelle à l'art théâtral. On mit en drame la passion de Jésus-Christ, on en fit une trilogie, consacrée à la Nativité, à la Passion et à la Résurrection. Ces essais de théâtre religieux datent du x° siècle. Ce fut une religieuse de Gandersheim, nommée Aroswitha ou Hroswitha, qui composa diverses tragédies qu'elle
joua avec des religieuses de son ordre. Il existe un grand nombre de ces mystères dans nos diverses bibliothèques nationales; ainsi la Bibliothèque nationale de la rue Richelieu possède un manuscrit du xv° siècle, presque identique, qui contient plus de quarante drames en l'honneur de la Vierge. Un autre, extrêmement curieux et plus ancien, du xi° siècle, qui provient de l'abbaye de Saint-Martial de Limoges, est écrit en trois langues; il est intitulé : Mtjstères des Vierges folles et des Vierges sages; Jésus y parle latin, les Vierges
Fig. 5. — Tliii'àtre de Carlo-Felice, à Gènea.
sages en finançais, enfin les Vierges folles en provençal. A l'origine de ce théâtre religieux, c'étaient des prêtres et des clercs qui interprétaient les rôles; plus tard ils s'adjoignirent des ouvriers, des étudiants et des gens du peuple, qui servaient comme figurants. Dès 1398 ou 1400, il se forma à Paris une troupe régulière de comédiens qui exploita un théâtre au bourg Saint-Maur. Cette troupe s'intitula Confrérie de la Passion, et en 1402 elle fut autorisée par Charles VI à s'établir à l'hôpital de la Trinité, situé près de l'ancienne porte Saint-Denis; elle fonctionna
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