‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 3)Chapitre 156 sur 252 · TOMBALE (PIERRE · texte numérisé non relu

TOMBALE (PIERRE

nières fournissent des tùlcs très-épaisses qui servent à la constraction des poutres, mais elles ne sont de bonne qualité qu'autant que le fer qui a servi à leur fabrication a été soumis à plusieurs corroyages. — On fabrique également des tûlcs striées qu'on utilise dans les localités sur lesquelles on marche ; des tùles ondulées pour couvertures : .on les nomme aussi, mais improprement, tôles cannelées. Enfin, pour préserver de la rouille les tôles employées pour couvertures, on a eu recours à des procédés très- divers; mais le meilleur est encore la peinture, car la rouille attaque rapidement la tôle étamée, galvanisée ou zimjuée. Après la peinture spéciale employée à la conservation des tôles, le meilleur procédé est de les recouvrir de j)lomb ; la lô/e plombée vaut beaucoup mieux que la tôle zinguée, qui est très-rapidement attaquée par la rouille.

Pour la fabrication des poutres, on assemble les tôles au moyeu de rivets, et l'on arme l'intérieur de ces poutres, jiour leur donner une grande résistance, à l'aide de fers à T ou avec des fers cornières. (Voy. Fer et Poutre.)

TOLERIE, .s. /. — Fabrique de tôle, métier du tôlier. Ce terme sert aussi à désigner Tensemble des objets faits en tôle, qui se divisent en tôlerie noire et tôlerie blanchie ou galvanisée ; la première comprend les objets faits en tôk bride, et la seconde les objets en tille galvanisée.

TOLIER, s. m. — Ouvrier qui fabrique la tôle, ou qui travaille la tôle.

TOMBAEL (Pierre). — Dalle de pierre, de marbre, qui recouvre une tombe, une fosse renfermant un mort. On a également employé pour le même usage, comme nous allons le voir dans le courant de cet article, des plaques de bronze sculptées, émaillées ou gravées. — Les pierres tombales étaient placées au milieu du pavé des églises et quelquefois le long des murs, dans la nef même ou les collatéraux , ou bien encore dans les murs des chapelles adjacentes aux bas-côtés de l'église.

Cespierres, (ju'on nomme aussi dalks tumuluires, n'ont fait leur apparition qu'au moyen âge vers la fin du xi'' ou le commencement du xii'^ siècle. Antérieurement, on recouvrait bien les fosses funéraires de pierres portant quelque inscription gravée, mais on ne peut leur donner le nom de pierres tombales dans le sens que nous avons précisé. A partir du xiii° siècle, ces dalles reçoivent une riche ornementation; les traits gravés et les lettres onciales de leur décoration reçoivent même des mastics de couleur pour rendre plus saillants leurs ornements et la lecture de leurs inscriptions plus facile. L'image du défunt est gravée au trait sur la pierre, ou en bas-relief très-peu saillant; elle est accompagnée de divers symboles. Quant aux inscriptions, elles forment un encadremeut, une bordure à la dalle, et souvent le nom, le titre et la qualité du défunt sont désignés sur une inscription qui entoure sa tête. D'ordinaire , le personnage est représenté les mains jointes sur la poitrine; ses pieds sont i appuyés sm' un animal symbolique ( c'est I souvent un petit chien ), tandis que la tête repose sur un coussin ; cependant elle est r souvent aussi abritée sous un dais, et dans | ce cas le coussin est absent. Les fonctions ou la profession du défunt sont rappelées par des insignes : une épée pour les gens d'armes ; une crosse, une mitre ou un calice pour les gens d'Église; une hache, une scie pour un charpentier ou pouruu menuisier, etc. En général, on employait pour l'exécution de ces dalles les pierres de la localité ; mais souvent on en faisait venir de contrées lointaines. Dans les contrées où le sol était granitique ou schisteux, les dalles étaient de granit ou de schiste ; dans la Normandie et dans l'Ile-de-France, on utilisait de beaux calcaires blancs ou jauntUres; dans le nord de la France, dans les Pays-Bas, sur les bords du Rhin, on employait des marbres noirs ou gris. A partir du xv" siècle, l'ornementation se compHque et ks détails d'architecture eux-mêmes ainsi (jue les inscriptions se multiplient; quelquefois la tête, les mains et les pieds sont sculptés dans une matière plus précieuse, daus de beaux marbres blancs par

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