‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 3)Chapitre 157 sur 252 · TOMBEAU DU SECRETAIRE DE PHYLIPPE I.E BON · texte numérisé non relu

TOMBEAU DU SECRETAIRE DE PHYLIPPE I.E BON

■ FRAGMENT AU '/J DE LEXECUTlON.

Imp. Firmin-Didot a C'.Paris

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exemple, et sont rapportés par incrustation dans la dalle. Les inscriptions latines et les lettres onciales sont délaissées, elles sont en français et en caractères gothiques. — Au XVI'" siècle, la décoration architectonique des dalles tumulaires subit les mêmes transformations (jue Farchitecture ; le latin est totalement délaissé pour les inscriptions, et le titre du défunt est précédé de ces formules : damoiselle, bonne et sage personne, discrète personne, sage maitre, noble homme, messire. Au xvu" siècle, l'ornementation devient de plus en plus riche; les inscriptions entourent des médaillons, ronds ou ovales, qui encadrent la pierre tombale.

Pierres tombales émaillées ou en MÉTAL. — Dès la fin du xii° siècle, les riches pierres tombales sont incrustées de cuivre ou même sont entièrement faites en cuivre repoussé ; on commençait même à Limoges à graver, dorer et émailler des dalles de bronze ; le moine Théophile {Essai si/r divers arts) nous a fait connaître les procédés qu'on utilisait de son temps. — Ce genre de dalles tumulaires a toujours été d'un prix très-élevé ; c'est ce qui explique leur rareté, car il y avait bien peu de familles pouvant payer ce luxe funéraire à l'un de ses membres. Cependant on trouve des dalles de cuivre dans les comtés de Cambridge, de Kent, de Suffolk et de Surrey en Angleterre, dans les Pays-Bas, dans certaines contrées de l'Alleinaguo, en Pologne et en France, à l'église Saint-Denis, à Saint-Junien, arrondissement de Rocbechouart (Haute-Tienne), enfin à la cathédrale d'Amiens.

Les pieiTes tombales en calcaire les plus remarquables sont dans les cathédrales de Reiras, de Rouen, de Chalon-sur-Saône, de Noyon, de Laon, de Troyes, etc.

TOirBE, .s-./. — Grande dalle de pierre, de marbre , ou table de bronze, qui recouvre le corps d'un défunt. Par extension, ce terme est employé comme synonyme de Tombeau.

— Voy. ce mot et Tombale (Pierre).

TOMBEAU, .«. m. — Monument renfermant le corps d'un défunt et élevé à sa

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mémoire. Sous ce terme générique de tombeau, on comprend les tombes ou pierres tombales, ou dalles tumulaires, ainsi que les tombeaux proprement dits, tels que Mausolkes, CippEs, Hypogées, Sépulcres et Tumuli.

(Voy. ces mots.)

Notre planche en couleur XCIII montre, au tiers de l'exécution, un fragment de l'écusson supérieur du tombeau du secrétaire de Philippe le Bon, à Bruges. Ce monument date de 1526.

Historique. — Dans l'antiquité, le culte des morts était si grand que souvent on le

Toinhcan fle> affranchie d'Octavie.

mêlait avec celui de la divinité même; de là ces magnifiques tombeaux, aussi grands, aussi somptueux que les temples consacrés aux dieux. Après les tombeaux des Indous nommés stupas. Topes (Voy. ce mot), les plus anciens sont sans contredit ceux de la Lycie, en Asie Mineure, qui montrent un des premiers, si ce n'est le premier exemple de l'arc ogival; nous en avons donné un spécimen au mot Ogivale {Architecture), figure 12. N'oublions pas de mentionner en Asie Mineure, à Halicarnasse, le tombeau élevé par Arthémise à son époux Mausole, roi de Carie, et qui a créé le genre Mausolée. Nous l'avons décrit à ce mot. — On trouve aussi en Chine des tombeaux fort anciens et qui ont

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une grande analogie avec ceux de l'Inde ; on les nomme Son-tu-jm (éminence) ou Tah (tour).

A quelques kilomètres des ruines de Persépolis, on voit encore des restes de tombeaux de diverses époques, et l'un d'eux, trèsconsidérable (ces restes ne mesurent pas moins de .32 mètres d'élévation), passe pour avoir contenu les dépouilles mortelles de Darius Nothus, d'Artaxercès Longuc-maiu et de quelques autres princes.

En Ég}-]5te, les tombeaux sont des monuments funéraires d'une très-grande importance ; les uns sont dénommés Hypogées ou si/rinffe.s, et les autres Pyramides. (Voy. ces mots.) Les hypogées se retrouvent surtout en Nubie et dans la haute Egypte , les pyramides dans la basse Eg}i)te. .Jamais peut-être peuple n'a poussé aussi loin que les Égyptiens le culte des morts, puisque, même dans les nécropoles d'Abydos et de Sais , l'on trouve des corps gi-ossièremeut embaumés et empilés

Fig. 2. — Tombeau de Ctiuilia Mét<?lla.

les uns sur les autres et, qui ne pouvaient appartenir qu'à des gens du bas peuple.

En Judée, il existe également des tombeaux fort anciens, l'un d'eux, dans la vallée de Hinnom, passe même pour avoir reçu les restes de Josué; nous en avons parlé au mot Judaïque {Architecture), où nous renvoyons le lecteur, qui trouvera (fig. .5,6, 7 et 8) des vignettes représentant ce tombeau de la vallée de Hinnom.

En Etrurie, il existait deux genres de tombeaux, parce que ce peuple, qui était formé de colonies venues de divers côtés et

d'habitants aborigènes, avait deux manières d'ensevelir ses morts : l'une consistait à coucher les morts avec leurs vêtements sur des lits funèbres (tombeaux de Tarquiuies, Yulci, etc.) ; l'autre mode était l'incinération. Celle-ci était pratiquée par les aborigènes ; dans ce cas, les cendres étaient placées dans des urnes qu'on enfermait dans de petites niches (columharii/m): tels sont les tombeaux de Chiusi , de Volterra , de Toscanella, etc. An mot Étrusque (/i»7), le lecteur trouvera cinq spécimens de tombeaux étrusques (fig. 1 à 5). Notre planche noire XCIY montre un su-

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perbe tombeau étrusque déposé aujourd'hui taux musées du Louvre.

En Grèce, les premiers tombeaux étaient fort simples, c'étaient de simples fumiili ,- c'est Cicéron {de Legibus, II, 25) qui nous l'apprend et qui nous dit dans un langage poétique que « du temps de Cécrops, les Athéniens avaient déjà la coutume, qui subsista longtemps, d'enterrer leurs proches dans une fosse qu'ils recouvraient de terre qu'ils

ensemençaient, pour donner au mort une subsistance, comme s'il était dans le sein de sa mère. Ces buttes de terre, entourées de murs circulaires, se nommaient y'Î'; xwjao, xpYiTt\ç ; elles rappelaient donc comme forme le tombeau d'Alyatte, dont Hérodote (I, 33) nous a conservé une description et qui était élevé au milieu du lac de Gygès. La sépulture de Patrocle, élevée sous les murs de Troie par les ordres d'Achille, de même que celle de ce

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Fig. 3. — Bas-relief dans la frise du tombeau de Cécilia Métella.

guerrier, située sur le promontoire de Sigée, ainsi que divers autres tombeaux de héros dont parle Homère, étaient de véritables tumuU (xoAôJvai). Du reste , on voit encore en Grèce un grand nombre de ces sépultures, dont Pausanias et quelques auteurs modernes ont parlé (Blouet, Expédition scientifique en Morèe, t. III, p. 21; Ann. de Tlnst. arrh., 1829, p. 204.) — Bientôt cette simplicité des temps antiques disparut et le luxe des monuments funéraires s'éleva à un si haut degré que Solon et Lycurgue firent des lois pour interdire une trop grande magnificence dans l'édification des tombeaux. Mais ces lois tombèrent

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