‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 3)Chapitre 162 sur 252 · CHINOISE · texte numérisé non relu

CHINOISE

Tour ronde. — On donne ce nom à tout parement d'un mur convexe cylindrique ou conique ; c'est le contraire de Tour creuse. (Voy. ce mot.)

Notre figure 4 montre une toui' ronde à Devenish-Island. Enfin, en opposition de ce terme, tour ronde, on nomme tour carrer

celle construite sui- un plan carré ou rectangulaire; telles sont, par exemple, la lotir Moncade, à Orthez (Bas.-Pyrén.) (fig. h), et la iour de l'Orage, à Laun (Bohême) (fig. 6). Tour de siège. — Tour en bois, portée sur quatre ou six roues, dont on se servait dans l'antiquité et au moyen âge pour assiéger les places fortes. On remplissait ces

Fig. 6. — ToHV de TOrage, 4 Laun (Bohème).

tours de soldats, puis on les dirigeait aussi près que possible du rempart de la place assiégée. Une fois arrivées là, les soldats jetaient une sorte de pont-levis en abatant, à l'aide duquel ils faisaient une prompte irruption dans la place.

Tour de la souris. — Intervalle, vide plus, étroit que le Tour du chat (Yoy. ce mot), qu'on doit laisser entre un tuyau de

TOUKBE.

chute d'aisances ou de descente et un mur mitoyen. Suivant la dimension et la nature du tuyau, le tour de la souris peut avoir de 0"',05 à 0'",08 ; il n'y a pas de règle bien précise à cet égard. — Du reste, bien des auteurs ont confondu ces deux termes ; il y a lieu cependant d'établir la distinction que nous avons faite. Lors de la réformation de la coutume de Paris, en 1580, l'article l'jo a été ajouté à la vieille coutume. Il s'exprime ainsi : « Qui vent faire forge, four ou fourneau contre le mur mitoyen doit laisser demi-pied de vide et intervalle entre-deux du mur ou forge ; et doit être ledit mur d'un pied d'épaisseur. » — Cet article l'.tO, moins explicitement visé par le Code civil (art. G74), était également inscrit dans les coutumes d'Auxerre, de Blois, de Bourbonnais, du Berry, de Calais, de Clermont, de Cambrai, de Châlons-sur-ilarnc, de Melun, de Montargis, du Nivernais, de Normandie, d'Orléans, de Reims, de Sens et de Troyes. — Divers auteurs ont confondu les deux expressions de tour du chat et de taiir de ta Mûris (Cf. BuUet, Ârch. prat.; Jombert, Arth. mod. ou l'art de iicn bâtir; d'Aviler, Bict.,- Roland Le Virloys, Dict.; Desgodets, Lois du bât.; BuUet, expliqué par Séguin ; Miche et Jay, Nouv. arch. pratique, etc., etc.

Tour des Yents. — Tour octogonale construite par Andronicus Cyrresthès ; aussi lui donne-t-on quelquefois le nom de tour d^Andronique, de tour de Cyrresthès. Cette tour, qu'on peut encore voir à Atliènes dans un assez bon état de conservation, était, pour ainsi dire^ un bureau météorologique ; en effet, la toiture de l'édifice était couronnée d'un triton en bronze qui tournait au gré du vent, et comme sur chaque face du monument, on avait indiqué en sculpture huit directions du vent , le triton, qui tenait une baguette à la main , en l'arrêtant sur un point, fournissait ainsi des renseignements. Au-dessus de chacun des vents, il y avait un cadran solaire qui donnait l'heure par le soleil, et à l'intérieur de la tour il y avait un grand clepsydre qui indiquait l'heure en l'absence du soleil.

ToL'lilîE, s. f. — Combustible provenant

de la décomposition incomplète de végétaux. — C'est une substance brune, jaunâtre ou noirâtre, d'une apparence terne, spongieuse ou feutrée, composée de tissus ligneux, de fibres herbacées incomplètement désorganisées , parce que la présence de l'eau les soustrait à l'influence immédiate de l'air, ce qui en retarde indéfiniment la décomposition. — Les sols et terrains tourbeux sont classés parmi les plus mauvais au point de vue de la construction ; il faut prendre des précautions exceptionnelles pour jeter les fondations sur les terrains tourbeux. (Voy. Fondations.)

Historique. — La tourbe est connue de toute antiquité; Pline, qui dans ses œuvres a parlé sur tant de choses, y fait à coup sûr allusion quand il dit que la terre de certaines contrées, celle d'Aricie, par exemple, brûle si nu charbon enflammé tombe par hasard sur ces terres : Suljectis Aricim arvis si carlo inciderit, ardere terrain solet. Il nomme même une substance, cespites Mtuminosi; or les gazons bitumineux ne peuvent être , selon nous, que la tourbe. Un grand nombre d'auteurs ont écrit sur la tourbe; mais Charles Patin, docteur régent en la faculté de médecine de Paris, a fiiit paraître en 16G3 le premier ouvrage en français sur ce sujet.

Il existe trois variétés de tourbes : celle des marais, celle des plaines et celle des montagnes ; mais ces trois variétés, suivant l'état de décomposition dans lequel elles se trouvent, fournissent de la iourhe fibreuse ou spongieuse, de la fourbe brune, ou de la tourbe noire. La tourbe fibreuse est celle qui n'est pas complètement formée , elle provient du dessus des gisements; la tourbe bruue est d'une formation plus ancienne, elle se trouve dans le milieu des gisements; enfin la tourbe noire est la tourbe complète, c'est-à-dire d'une formation très-ancienne. On brûle la tourbe à l'état naturel, en briquettes et en charbon. Dans les chantiers de construction, on utilise la tourbe en liriquettes ou la tourbe carbonisée pour chauffer les chaudières de bitume.

La superficie moyenne des tourbières de France est d'environ 1,200,000 hectares; malheureusement, les trois quarts des tourbières ne sont pas exploitées. — Pour de plus amples

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