TRONC. — TROPHÉE
de coussinet aux Toussoirs du cul-de-lampe d'une trompe, d'une niche, et qui sert aussi à porter les premières retombées d'une voûte. Sous les quartiers tournants des escaliers et sous les paliers de ceux voûtés en arc de cloî-
Fig. 14. — Trompe en pendentifs.
tre, il y a des trompillons ; en général, ils sont formés par des pierres rondes, mais les trompillons peuvent être de forme cubique, dans les trompes plates par exemple. (Voy. Trompe, fig. 7.)
TRONC, s. m. — Fût d'une colonne ou d'un piédestal. — Partie d'un arbre, abstraction faite de ses racines et de ses branches supérieures.
TRONCE ou TRONCHE, s. f. — Morceau de bois gros et court, dont on peut tii'er un quartier tournant ])our un escalier en charpente.
TRONÇON, s. m. — Morceau ou débris d'un objet quelconque, généralement d'un matériau dur, tel que la pierre, le marbre, le grès, etc. — On nomme également tronçons des pierres cylindriques d'inégale hauteur et posées en délit, et dont trois ou quatre forment le fût, le tronc d'une colonne. Les tronçons diffèrent donc des tambours en ce sens que ceux-ci sont toujours posés sur leur lit, qu'ils sont entre eux de même hauteui-, et que souvent cette hauteur est moindre que le diamètre de la colonne.
TRONQUÉ, part, jm.isé. — On applique ce terme à tout objet ne possédant pas son couronnement, sa partie supérieure. Un cône, une pyramide, sont tronqués quand ils sont privés de leur sommet ; une colonne est tronquée, non-seulement quand elle n'a pas de chapiteau, mais encore quand son extrémité supérieure lui manque.
TROPHÉE, s. m. — Ce terme, dérivé du grec xpoTiaiov, dérivé lui-même de xpoir-zî (fuite), sert à désigner un monument de fuite. On le dressait sur le champ de bataille que l'ennemi avait abandonné pour se soustraire aux
Trophée.
conséquences de la défaite. Il se composait d'un tronc d'arbre autour duquel on attachait des armes du vaincu, telles que boucliers, cuirasses, épées, etc. Notre vignette montre une figure symbolisant le trophée. Plus tard ou éleva des pp-amides ou des tourelles en pieiTC sur les faces desquelles le vainqueur gravait son nom et celui des victoires remportées. Telle est l'origine de ce mot. Puis, chez les nations civilisées qui possédaient un art, les trophées devinrent de véritables monuments, qu'on éleva en pierre, en marbre, en bronze, et loin du champ de bataille; on décora ces monuments de trophées tels qu'on les avait compris anciennement. (Suétone, Cal., 45 ; C'iaud.,
TROSSY.
TROTTOn;.
1; Yirg., jEneifl., XI, 5, 11.) Ce furent les consuls Domitius J3nobarbus et Fabius qui les premiers (121 av. J.-C.) imaginèrent de couronner les trophées avec des monceaux d'armes des Taincus; ils créèrent donc le premier modèle des bas-reliefs qu'on voit aujourd'iiui figurés sur les arcs de triomphe.
TROSSY. — Yoy. Saint-Leu.
TROTTOIR, s. m. — Chemin plus élevé que la rue ou la chaussée qu'il borde et qui sert à la marche des piétons. Dans les villes, les trottoirs régnent le long des maisons, des quais, ainsi que de chaque côté des larges avenues et des parapets de ponts. — L'usage des trottoirs remonte sans aucun doute à une très-haute antiquité, mais lesplus anciensqu'il
Fig. 1. — Trottoirs à Pompéi.
nous a été permis de voir, tels qu'ils existaient au moment même de leur service, se trouvent à Herculanum et à Pompéi (fig. 1). Ils sont assez étroits, ils ne mesurent guère que 0'",70 à 0'°,80 de largeur; mais ils sont élevés d'en- ■viron 0'",22 à 0'",25 au-dessus du sol de la rue; cette hauteur, qui paraît considérable, exagérée même, était cependant indispensable à cause du peu de largeur des rues, et par suite de la chaussée, qui lors des gi-ands orages est un véritable ruisseau. Si les trottoirs avaient eu moins de hauteur, les rez-de-chaussée des maisons auraient été entièrement inondés. Les trottoirs de Pompéi sont comme les nôtres; ils
sont pavés et les bordures sont faites de blocs longs, et entre chaque bloc , mais dans les larges voies seulement et sur les places et carrefours, on voit des pierres arrondies faisant saillie, nommées umbones. A quoi servaient ces pierres saillantes ? Il est bien difficile de pouvoir l'aflirmer ; nous discutons, du reste, cette question au terme Umbo, où nous renvoyons le lecteur.
Les trottoirs de nos villes sont plus bas que ceux de Pompéi et d'Herculanum ; ils ne mesurent ordinairement que 0'",17 de hauteur et comportent beaucoup plus de largeur, parce qu'en général nos rues ont plus de largeur que celles de ces villes anciennes. On les construit en bitume, en dalles de lave de Volvic ou de granit, ou en briques posées sur champ et en épi. lies bordures sont faites de diverses sortes de roche : à Paris, elles sont en granit, et elles posent sur un massif de maçonnerie hydraulique, afin d'empêcher les infiltrations des ruisseaux qm passent au pied des bordures de détériorer la maçonnerie. Souvent les ruisseaux sont entaillés dans la pierre elle-même, comme le montre notre figure 2, où l'on voit le bitume, la pierre du trottoir creusée en caniveau, enfin
les pavés formant la surface de la chaussée. Dans la construction des trottoirs, on commence par poser la bordure ; puis on prépare, par un déblai ou un remblai, Vaire, \a. forme proprement dite des trottoirs. Comme ceiLx-ci ont une pente pour permettre l'écoulement des eaux, cette pente se dirige tout naturellement des façades des maisons sur le bord du trottoir, qui déverse ainsi les eaux pluviales ou de lavage dans le ruisseau. L'aire des trottoirs, nous venons de le dire, se fait avec des matériaux très-divers. A Paris, dans les rues très-fréquentées, sur les ponts, on utilise le granit ; sur les grands boulevards.