TUBER. — TUBULAIRE
chouc, eu verre, en plomb, en fer, etc., qui sert à divers usages ; mais ce terme est surtout appliqué avec le qualificatif acoustique. Les tubes acoustiques sont utilisés pour- transmettre le son et par suite la voix à une assez grande distance de celui à qui l'on parle. Les tubes acoustiques sont donc des porte-voix. Ils sont formés à l'aide de tuyaux en fer ou en cuivre de 0"',02 ou 0"\03 de diamètre, terminés à leurs extrémités par des tubes en tissu élastique munis d'un porte-voix armé d'un sifflet. Quand on veut communiquer avec une personne placée dans une pièce éloignée de celle où l'on se trouve, on souffle dans le porte- voix, l'air refoulé s'écoule par. le sifflet placé à l'extrémité opposée du tube ; le sifflement attire l'attention de la personne avec qui on veut correspondre; celle-ci souffle à son tour pour avertir qu'elle est prête à entendre; elle place son oreille au bout du portevojx, et, en parlant comme à l'ordinaire, on peut correspondre et converser sans déplacement de personne. Les téléphones ont remplacé aujourd'hui avec avantage les tuyaux acoustiques.
TUBER, V. a. — Revêtir de tubes un trou foré en terre. Aujourd'hui on construit de petits puits forés au moyen du tubage. Les puits artésiens sont aussi tubes. — Au xv° siècle, on a nommé fer tube un fer léger, et même une ordonnance du 10 août 1489 interdisait aux serruriers d'employer ce genre de fer pour les garnitures de serrure. « Nul serrurier ne pourra garnir serrures en/«- tube, si le fer n'est pas soufBsant, or ]efer tube n'est souffisant pour porter, n etc.
TUBULAIRE, adj. — Qui a la forme d'un tube. On fait des ponts tubulaires en fer et en fonte. Nous en avons parlé au mot Pont, § V ; nous y renvoyons le lecteur, mais nous donnerons ici quelques détails sur lesfondafions tuhnlaires. Ce genre de fondations, qui n'est employé que pour les terrains immergés, n'est guère connu en Europe que depuis soixante ans; il n'est utilisé sérieusement que depuis quarante années. Dans l'Inde, au contraire, il est connu depuis un temps immémorial. Dans
cette contrée, les habitants, qui ne peuvent fonder sur pilotis, tant le terrain est mouvant, construisent des puits en briques. Les Indous creusent le sol jusqu'à ce qu'ils rencontrent l'eau, ils placent alors une couronne en' bois (rouet) sur laquelle ils élèvent un tube ou puits en briques de 1"',20 de diamètre intérieur ; ils draguent ensuite le fond de ce puits, en ayant soin de continuer la construction, ce qui charge le tube eu briques, qui s'enfonce ■ainsi en terre par son propre poids. Au fur et à mesure que celui-ci descend, ils continuent la construction. Quand l'eau atteint plus d'un mètre dans le puits, le puisatier emploie une drague à manche court (djam), attachée à l'extrémité d'une corde qui passe sur une poulie posée en travers du puits ; l'ouvrier plonge , creuse avec son djaîn, et, quand il est chargé, ses compagnons qui sont au sommet du i^uits hissent cette drague et la vident ; l'opération continue toujours ainsi jusqu'à ce que cette mar çonnerie soit suffisamment descendue. Le dragueur drague non-seulement dans le centre du puits, mais même sous le rouet. Quand un puits est terminé, on passe à un autre. Ces puits sont remplis en béton, puis on lance une voûte de l'un à l'autre; c'est sur celle-ci qu'on jette les fondations proprement dites. Tel est le système de fondations tubulaires chez les Indous.
En Europe , ou emploie de forts tubes de foute qu'on fait descendre dans la terre, en creusant et en épuisant à l'aide de fortes pompes ; on emploie le mouton pour enfoncer ces tubes et on utilise l'air comprimé pour équilibrer et repousser les eaux qui tendent à envahir le tubage. C'est un ingénieur français, Triger, qui fit connaître dès 1841 les avantages qu'on pourrait retirer de l'application de l'air comprimé pour ou\Tir des puits de mines dans des terrains envahis par les eaux. En 184.5, il présenta à l'Académie des sciences un mémoire traitant de l'emploi des tubes avec air comprimé pour la fondation des piles de pont au milieu des fleuves, à des profondeurs et dans des conditions oii l'emploi des batardeaux était impossible. Yoici brièvement l'économie du système des fondations tubulaires par l'air comprimé, système
TUBULE. — TUFFEAU.
qui a reçu d'iicnruuses modifications par l'iiigéniem- Fleur du Siiiut-Dcnis, dniis la l'undation des piles du peut de Kehl sur le Rhin. On bat à la sonnette des tubes en fonte d'un diamètre considérable; on drag'ue l'intérieur de ces tubes à l'aide de cylindres à soupape. On envoie de l'air comprimé dans cette capacité déblayée ; cet air fait naître une atmosphère artificielle qui équilibre des colonnes d'eau de hauteur croissante, en raison de la pression exercée. Un sac à air qu'on introduit dans le tubage porte deux trous d'homme ; l'un sert à l'introduction des ouvriers, et l'autre à l'extraction des déblais. Aujourd'hui le sac à air est remplacé par une noria placée au centre du tubage ; l'air comprimé n'existe donc que dans un espace annulaire nommé jaqucllc, et le tujau de la noria est rempli d'eau. Celle-ci atteint le niveau de l'eau à laquelle l'air comprimé fait équilibre, et c'est par la noria que se fait l'extraction des matériaux. Quand on a atteint le bon sol et partant l'étanchéité du tube, la noria est vidée par une cheminée laissée dans l'axe du puits ; ou jette alors le béton, qui s'élève successivement dans le puits jusqu'à la hauteur des plus basses eaux. C'est à ce niveau qu'on jette les fondations de la pile, absolument comme on aurait fait si on avait fondé sur pilotis. (Voy. Fondations.)
TUBULE, s. m. — Tube d'un très-petit diamètre.
TUBULURE, s./. — Ouverture en forme de tube, ménagée dans un récipient quelcon(]ue, et qui permet de raccorder un tuyau ou un tube au récipient.
TUDOR (Arc). — Voy. Arc.
TUDOR (Style).
chitccfi're).
Voy. Anglaise (Ar-
' TUF, s. m. — Ten-ain solide et compacte ;
il est, en général, composé de terre forte mélangée avec du gravier; c'est un excellent terrain pour recevoir les fondations d'un édifice. — On nomme également ////divers
calcaires. Le tuf qui contient des ossements fossiles fait partie du terrain tertiaire supérieur; au contraire, le tuf dit calcaire cellulaire fait partie du ten-ain d'alluvion, il est le produit d'incrustations calcaires sui' des matières diverses. — On donne le nom de /(// calcaire à des dépôts considérables de carbonate de chaux formés par l'évaporation de certaines eaux calcaires qui existent encore aujourd'hui dans un grand nombre de localités, notamment en Bourgogne, dans les Oéveunes, à Vichy, à Saint-Allyre et dans d'autres contrées. Ce genre de tuf, très-tendre au moment de sa formation, acquiert assez rapidement de la dureté par son exposition à l'air; aussi est-il employé dans beaucoup de constructions tant en France qu'à l'étranger. Parmi les tufs étrangers les plus connus, nous mentionnerons celui de AVurtemberg, employé à la construction des voûtes des tunnels et même à celle des clochers ; au sortir de la carrière, le tuf wurtembergeois se laisse facilement débiter à la scie, mais à l'air il durcit de plus en plus. L'Italie possède deux tufs assez remarquables. Celui de Naples est d'un gris jaunâtre ; beaucoup d'édifices de Pompéi sont construits avec un tuf analogue. Le fameux travertin {Iravertino) de Rome n'est qu'un tuf calcaire, dont le grain est d'une finesse remarquable; on le tire de Tivoli, mais il en existe également des carrières à Giviiu-Caslrllana et à Monie-Ixoloiido. Certaines eaux calcaires et chargées en même temps de sable fournissent un //// calcaire sablonneux. D'autres tufs sont formés par l'évaporation d'eaux thermales et minérales qui renferment, outre du carbonate de cliaux, une assez forte proportion de silice; ou les nomme tufs siliceux. Ces tufs mêlés avec un vingtième d'argile fournissent des bricjues d'une grande légèreté qui sont trèsréfractaires et mauvaises conductrices de la chaleur; nous avons vu figurer des échantillons de ces briques à l'Exposition universelle de 1S78 dans la section italienne ; on les emj)loie pour la construction des fourneaux de chaudières à vapeur des navires.
TUFFEAU, s. ///. — Calcaire dont la struc-
TUFSTEIN.