‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 3)Chapitre 184 sur 252 · TUILE · texte numérisé non relu

TUILE

ture est tantôt arénacée et tantôt grésiforme. Ce calcaire, qui fournit un assez mauvais matériau, est cependant employé dans quelques localités où il se trouve; il renferme beaucoup de coquilles fossiles, des bêlemiiiles, des bnculi/es, des tiirrilites, deux ou trois variétés à'mnmo>ii(i's. On le nomme aussi fiifau et craie tuffeau.

TITFSTEIX.— Voy. Trass.

TUILE, s. f. — Matériau de construction en terre cuite et qui sert à faire des couvertures. Il existe de nombreux modèles de tuiles, mais on peut les ramener à deux formes principales : la tuile plaie et la tuile creuse. L'un des modèles les plus employés aujourd'hui est la tuile plate à emboîtement que montre notre figure. L'invention de la tuile remonte à une très-haute antiquité ; son emploi est de temps

Tuile plate k emboîtement.

immémorial dans l'Inde. Les Assyriens de même que les Egyptiens l'ont employée pour la couverture de leurs édifices; mais nous ne connaissons rien au sujet des formes ,et du mode de construction des couvertures en tuile de ces peuples de l'antiquité; nous ne possédons des données sur la forme et la matière des tuiles qu'à partir des époques grecque et romaine, mais en ce qui concerne ces peuples nos renseignements sont très-complets. Les Grecs et les Romains employaient deux principaux genres de tuiles : les tuiles plates à rebords, teyulœ- hnmafœ, et les tuiles creuses pour recouvrement des ' premières, qu'ils désignaient sous le nom de teeiultr imhncatœ, ou simplement iml^rices. Les Italiens

modernes, qui utilisent également ces dernières, les nomment canaJi quand elles forment égout, et tegole quand elles font recouvrement. Pline attribue l'invention des tuiles à Cinyra, fils d'Agriapas de l'île de Chypre. En général, les Romains nommaient les travaux en terre cuite, tels que les tuiles, laleres, parce que, dit Isidore (Ori</.,XV, 8), lati formentur circumactis undique quatuor tahulis; et le même auteur dit aussi que le nom de teguïce, était donné aux tuiles parce qu'elles couvrent l'édifice : œdes tegat. L'antiquité n'employait pas seulement des tuiles en terre cuite (xepaixov), elle utilisa également des tuiles en marbre et en bronze. C'est Byzès de Naxos, nous dit Pausanias (V, 10), qui imagina le premier, vers la cinquantième olympiade (560 av. J.-C), de tailler des tuiles en marbre ; celles qui étaient plates avaient la même disposition que celles en terre cuite; celles, au contraire, qui servaient de couvrejoints (àp,aot') n'étaient pas demi-cylindriques, mais elles avaient une forme prismatique. D'après Tite-Live (XLII, 4), la moitié des tuiles du temple de Junon Lacinia avaient servi à former le toit du temple systyle (Vitruve, III, 3) de la Fortune équestre, bâti en 578 par Q. Fulvius Flaccus. On a trouvé do grandes tuiles en marbre qui n'avaient pas moins de 0'",6G de longueur dans les ruines du temple de Sérapis, à Pouzzoles. — Le panthéon d' Agrippa était couvert de tuiles en bronze doré. Les tuiles jjlates à rebords étaient rectangulaires ou bien elles avaient une forme trapézoïdale. Nous en avons vu de nombreux spécimens ayant cette dernière forme dans les musées et même dans des ruines romaines, tant en France qu'en Espagne et en Italie ; du reste, tous les monuments circulaires, tels que châteaux d'eau, tours, lanternes, etc., ne pouvaient être couverts qu'avec des tuiles de cette dernière forme. Dans les beaux édifices, les faces des imhrices qui formaient le bord inférieur de la couverture étaient décorées d'AxTÉFiXES. (Voy. ce mot, Palmette et Terre cuite.) En Chine, les mias (monuments commémoratifs), et surtout les tings et autres pavillons, sont recouverts de tuiles en gi-osse por-

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