‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 3)Chapitre 201 sur 252 · V. Vase proprement dit · texte numérisé non relu

V. Vase proprement dit

1 Vasei en marbre, en pierre, etc.

2 Vases en métal,

3 l'aie* en verre.

4 Vases en pierres précieuses.

5 Vases en terre cuite, unie ou décorée.

I. Vase acoustique. — Ces vases, qu'on nomme aussi vases de théâtre, étaient placés, dans les théâtres de l'antiquité , sous les gradins sur lesquels s'asseyaient les spectateurs, afin de renforcer la voix des acteurs ( Vitruve , V, 5.) Ils étaient en airain (Ti/.£ia) et montés à la quarte, kln quinte, kV octave l'un de l'autre. Ils avaient la forme d'une cloche, et, d'après ce qui précède, ils devaient avoir entre eux les mêmes proportions qu'avaient entre elles les cordes de la Ijre destinée à soutenir la voix du chanteur, ilais la lyre non-seulement soutient la voix, mais encore elle indique le son ; tandis que les vases, en admettant, ce qui est douteux, qu'ils i)ussent reproduire le son , ne pouvaient que le prolonger. Or nous ne vojons pas quel avantage aurait procuré un pareil système de vases, nous nous demandons même si leur fonctionnement n'aurait pas créé des résonnances fâcheuses. Il est vrai que Vitruve ne nous donne aucun détail sur la position et le nombre de ces vases ; ensuite il faut tenir compte de ce que les théâtres antiques, étant à ciel ouvert , la répercussion des sons était nulle, pour ainsi dire, car le velarntm qui recouvrait le théâtre ne présentait pas une surface assez résistante pour permettre

la réflexion des ondes sonores, au moins d'une manière sensible. Hvidemment les conditions seraient toutes différentes dans nos théâtres modernes, qui sont fermés de toutes parts. Vers la fin du même chapitre v de son V" livre, Vitruve ajoute que dans les théâtres des petites villes, qui n'avaient pas beaucoup à dépenser, les architectes remplaçaient les vases d'airain par des poteries ou vases en terre cuite, et que le résultat était aussi satisfaisant. Il n'y a rien de bien étonnant dans ce fait ; car, bien que la matière des parois puisse influencer sur l'intensité du son, c'était surtout le vide de la cavité pratiquée sous les gradins qui fournissait l'intensité de la résonnance. — On a longtemps et longuement discuté sur la puissance des vases acoustiques ; aujourd'hui, d'après l'ads des personnes compétentes, la puissance des vases acoustiques, ou vases renforçant le son, est admise; du reste, cette admission n'est pas tout à fait nouvelle, puisque dès le moyen âge on avait utilisé des vases acoustiques dans les églises pour renforcer la voix des chantres. Ce fait est indiscutable, puisque le savant antiquaire Jacques Oberlin découvrit de ces vases dans la voiite du chœur de l'ancienne église des Dominicains à Strasbourg.

Bien que Vitruve, dans le même passage, nous informe que les Grecs employaient également des vases acoustiques dans les théâtres, il nous est difficile de l'admettre, au moins pour les théâtres très-anciens , car dans les ruines des nombreux édifices de ce genre que les Grecs nous ont laissés, soit chez eux, soit dans les colonies, on n'a pu encore retrouver des vases acoustiques. Ce qui nous fait surtout douter de l'affirmation de Vitruve, c'est qu'Aristote {Prohl., sect. II, § 7, 8, 9), posant de nombreuses questions d'acoustique dont il donne des solutions plus ou moins justes, ne parle pas des vases qui nous occupent ; il se demande bien pourquoi ur;e maison est plus résonnante quand elle vient d'être reblanchie, quand on y enfouit des vases vides, quand 0 s'y trouve des puits ou autres cavités profondes ; mais, nous le répétons, il ne parle jamais des vases acoustiques. Ce ne serait donc que plus tard que les Grecs auraient

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utilisé les vases acoustiques ; uéanmoins Mummius, lors de la ruiue du Corinthe (liC ans av. J.-C), en trouva dans le théâtre de cette ville.

II. Vase d'amortissement. — On désigne sous ce ternie les vases qui servent à décorer le sommet d'un nieniliro d'architecture, tel

qu'un fronton aigu ou coupé, un pilastre, une pile, une coloQue décorative, une souche de cheminée, etc. Quand les vases employés pour c€ dernier usage semblent vomir des flammes par leur orifice, on les nomme po/s à feu ou poln à flammes. La renaissance et les styles Louis XIV et Louis XVI ont fait un large emploi des vases d'amortissement. Notre figure 1

montre un vase d'amortissement du château d'Anet; il date du xvii'' siècle et son style est dit styk Louis XIV.

III. Vase de chapiteau. — Masse évasée qu'on nomme également Corbeille (Voy. ce mot), et qui, dans les chapiteaux corinthiens et composites, sert de fond de support aux feuilles d'acanthe, aux cornets ou ti(/eUes d'où semblent sortir les volutes du Chapiteau. (^Voy. ce mot.)

IV. Vase d'enfaitement. — Vase en teiTc cuite, en plomb ou en zinc estampé, dont le pied ou socle coiffe un poinçon de comble. Dans la couverture en terre cuite, ces vases sont en terre ; dans les couvertures en plomb et en zinc, les vases employés sont réciproquement faits à l'aide de ces deux métaux.

V. Vase proprement dit. — Ustensile ou vaisseau de forme plus ou moins élégante, qui sert à contenir des liquides ou autres objets. L'orifice des vases est tantôt très-large, tantôt très-étroit; les lèvres de ces orifices sont plus ou moins épaisses et enroulées. Généralement les vases sont montés sur des piédouches ; extrêmement variables dans leur forme, ils sont unis, ornés, peints, sculptés, moulés, ciselés; leur décoration comporte des oves, des godrons, des palmettes, des guirlandes, des méandres, des figures, etc., etc. On fait des vases de toutes matières, en marbre, en onyx, en albâtre, en porphyre, en malachite, en porcelaine, en pierre, en terre cuite , en métal, en verre, en pierres précieuses, en bois, etc. — On utilise les vases pour des usages très-divers, mais surtout pour orner des galeries, des musées, des salons, des escaliers, des fontaines, des jardins, etc.

L'antiquité nous a laissé une quantité considérable de vases; après les médailles et les lampes en terre cuite, ce sont sans contredit les monuments les plus nombreux que nous possédions des temps les plus reculés, toutes les nations civilisées ayant fabriqué des vases; aussi pourrait-on juger sur ces monuments du degré de civilisation de chaque peuple, car nous possédons des spécimens qui tirent leuiorigine soit de peuplades sauvages, soit des nations les plus civilisées. Les vases dont nous possédons le plus grand nombre de spé-

YASE.

cimcns sont certainement les vases peints dits éfriisqiies, dont la phipart ont une origine grecque, et que nous étudions au § 5, Vases en terre cuite.

Quel est le peuple, parmi ceux que nous connaissons, qui le premier a fabriqué le vase? Cette question, qui a été posée si souvent, n'a guère été résolue que dans ces dernières années. Les archéologues les plus compétents admettent que le vase aune origine asiatique; mais les plus anciens vases que nous possédions sont égvptiens ou phéniciens.

Les Ég's'ptiens ont fait des vases en albâtre, en pierres dures, en porcelaine, en or, en argent, en bronze, en os, en ivoire et en verre. Les vases égyptiens n'affectent guère que quatorze ou quinze formes; les diverses figures qui illustrent ce long article montrent les principales. Ces vases sont tantôt unis, tantôt richement sculptés ; souvent ils sont décorés d'émaux. Suivant leui- forme, on les nomme timbales, vases à onyuent (imyueiitaria), canapés, vases de l'ancien f»(^;«V«;cederniergenre se rapproche beaucoup des vases dits panégyriques, ainsi nommés parce qu'ils portent une panégyrie célébrée par un roi (1). Ces vases sont souvent en albâtre; les musées en possèdent des spécimens qui datent surtout de la cinquième et de la sixième dynastie. Les Phéniciens, nous le verrons plus loin, quand nous parlerons des vases en terre cuite, ont aussi fabriqué beaucoup de vases, qu'ils échangeaient contre d'autres marchandises avec les Grecs. Après cette esquisse historique du vase, nous allons traiter des diverses matières employées à sa fabrication. Tous les peuples, en général, ont utilisé les mêmes matières, surtout la terre cuite.

1. Vases en inarbre, en pierre, en 2>o^rphyre, etc. — Tous les peuples qui ont possédé un art ont taillé des vases dans les marbres blancs ou de couleur, dans la pierre dure ou tendre, dans les porphyres, serpentines, etc. Nous n'avons pas à insister sur ceux-ci ; les musées et les galeries publiques et privées possèdent

(1) C'étaient des fêtes populaires auxquelles le pays tout entier était convoqué pour célébrer le trentième anniversaire de l'avènement du roi régnant.

des spécimens de tous les peuples et de toutes les formes. Beaucoup de vases en marbre sont fort célèbres: tel est celui de la villa Albani, qui représente les travaux d'Hercule ; enfin ceux dits rases de Médicis, dont l'un représente le sacrifice d'Iphigénie, et l'autre une orgie, une scène des fêtes dionysiaques peutêtre. Notre planche XCVIII montre ce dernier vase, dont la forme en cratère est aussi remarquable par son élégance que par la beauté de sa riche ornementation; la villa Borghèse possède également de gi-ands vases en marbre blanc extrêmement remarquables. 2. Vases en métal. — Ce que nous venons de dire pour les vases en marbre et en pierre est également vrai pour les vases fabriqués à l'aide de métaux, seulement les spécimens de ce dernier genre sont beaucoup moins nombreux. Nous possédons des vases d'airain et de bronze en assez grande quantité ; ceux en argent sont très-rares et ceux en or encore plus rares. La Bibliothèque nationale de Paris possède un vase d'argent (fig. 2) qui est un des plus

FIg, 2. — Vase de Bethouville, près Beruay.

beaux spécimens de l'antiquité; il a été trouvé, avec quelques autres, faits de la même matière, à Bethouville, près Bernay, vers 1831 ; les reliefs de ces vases sont d'une finesse et d'une correction de dessin des plus remarquables.

3. Vases en verre. — Nous avons des vases en verre fabriqués chez divers peuples, chez les Egj'ptiens, chez les Étrusques ou chez les Grecs, chez les Romains et chez les Gallo- Eomains, pour ne parler que des vases de

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verre des peuples anciens. Pendant le moyen âge et la renaissance, on a également fabriqué des vases de verre ; les fabriques de Jlurano et de Venise étaient fort renommées. A l'Exposition universelle de 1878, nous avons pu voir un véritable musée de l'art de la verrerie depuis l'antiquité jusqu'à nos jours en passant par le xv", le xvi° et le xvii° siècle. Une exposition était surtout remarquable, c'était celle de la compagnie de Murano et Venise. On pouvait y admirer des vases grecs et romains formés de rognons de verre imitant Vagate ou la calcédoine, ou bien encore des rubans roulés en spirales ou disposés eu rayons. Tous ces verres rubannés ou autres étaient noyés dans une pâte semi-opaque ou plutôt semitranslucide, et nous montraient des spécimens des plus remarquables. On pouvait y voir aussi des imitations des fameux vases murrhins dont parle Pline, imitations d'autant plus faciles à saisir que jamais aucun auteur n'a pu préciser ce qu'étaient ces vases murrhins. Au xvii" siècle , l'industrie verrière de Murano comptait plus de 300 fabriques. Cette industrie est aujourd'hui bien tombée, malgré les efforts couronnés de succès de Lorenzo Trani, qui fit beaucoup de recherches pour retrouver l'ancienne fabrication, et de M. Salviati, qui fonda la société des verreries de ilurano et Venise, dirigée aujourd'hui par le savant docteur Castellani.

Parmi les vases de verre célèbres, il y a lieu de donner une mention spéciale à celui dit sacro catino. Ce vase, de forme hexagonale, mesure environ O^jSO de diamètre sur 0"',10 de profondeur. On a beaucoup discuté sur l'origine de ce monument, qui est très-certainement un spécimen de l'art de la verrerie du Bas-Empire. Ou a cru pendant fort longtemps qu'il avait été taillé dans une émeraude gigantesque. On ne pouvait commettre une erreur plus grossière; ce qui a pu la faire naître, c'est la belle couleur verte de la pâte du verre qui compose ce vase, aujourd'hui brisé, et dont les morceaux ont été collés les uns aux autres. Ce vénérable débris est conservé dans la sacristie de la cathédrale de Gênes, San-Lorenzo. Une légende rap])orte que .loseph d'Arimathie aurait recueilli dans le sucro ralino le saute

du Christ; qu'antérieurement ce même vase avait été conservé dans la famille des rois de .luda, que Salomon l'avait reçu comme présent de la reine de Saba ; Nicomède l'aurait porté à Césarée, où les Génois se le firent remettre comme une part de leur butin, lors de la première croisade.

Beaucoup de peuples ont fait avec le verre des urnes funéraires et des vases dits lacrymaioires, lesquels (nous en avons une preuve pour les fioles chrétiennes) contenaient souvent du sang des martyrs, qu'on y recueillait, après avoir répandu sur le mort des essences odorantes. Ce fait est indubitable, il est attesté par Paulin de Noie (1). Il y a lieu d'observer que tous les vases de verre qu'on retrouve dans les catacombes ne sont pas funéraires ; beaucoup avaient servi dans la célébration des agapes, les inscriptions mystiques que portent souvent ces vases ne peuvent laisser subsister aucun doute à ce sujet. Les vases ou fioles lacrymatoires sont dénommés par les antiquaires et les marchands italiens ampolla di saiigue.

Parmi les urnes funéraires en verre, nous ne pouvons passer sous silence le vase Barherin, dénommé aussi vase de PortJand, qui se trouve au Brilish Muséum. Il mesure environ 0",;32 de hauteur et 0'°,1G à 0"',17 de diamètre; il est en verre bleu tellement foncé qu'il paraît noir, quand on ne l'examine pas en pleine lumière. La Bibliothèque nationale de Paris possède également un vase en verre bleu qui représente en haut relief la délivrance d'Andromède. Les figures qui décorent le vase de Portland sont d'un fini remarquable ; elles se détachent en verre blanc et opaque sur le fond bleu du vase ; elles ont été travaillées au touret. C'est, au dire des antiquaires les plus compétents, un monument de l'art grec antérieur à l'époque d'Alexandre le Grand. Le sujet que représente ce vase a été l'objet de nombreuses et de savantes discussions : les uns ont cru voir dans cette représentation Alceste ramené des enfers à Ad-

(I ) s medicata p'io réfèrent unguenta sepulchri.

Martyris in tumuJum sludeant perfundere nardo. {Katalia, VI.)

Planche XCVIII. - Vase de Médicis.

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luète par Hercule; d'autres, parmi lesquels Winckelmanii, la fable de Thétis revêtant diverses formes pour échapper aux poursuites de Pelée; d'autres enfin, la représentation allégorique d'un grand personnage qui passe de la vie à l'immortalité. Le vase de Portland a été découvert dans un caveau à Eome en 1640 ou 1642; il était enfermé dans un sarcophage en marbre pentélique; on prétend que le caveau funéraire avait contenu les cendres de Julia Mammœa et de son fils Alexandre Sévère.

4. Vases en pierres précieuses. — A toutes les époques de l'art, on a utilisé les pierres précieuses et même les pieiTcs fines poui- y tailler des vases ; on en possède un grand nombre faits en onyx, en sardoine, en calcédoine, en jaspe, en cristal de roche, en agate et autres pierres. Parmi les vases en agate, nous mentionnerons, parmi les plus célèbres, celui dénommé vase ou coupe des Ptolémées, le vase de Brunswick et la coupe du roi de Naples. Le musée du Louvre possède de fort beaux spécimens des vases qui nous occupent, et la bibliothèque de Paris en compte un millier environ, dont le plus grand nombre ont été réunis aux collections de la bibliothèque peu de temps après la fondation de cet établissement.

5. Vases en terre cuite (1). — La classe des vases en terre cuite est sans conteste la plus nombreuse parmi toutes celles que nous venons d'énumérer. En eifet, non-seulement toutes les nations qui ont fabriqué des vases en ont possédé en terre cuite, mais encore elles ont créé dans ce genre des vases unis , des vases décorés de reliefs et de peintures; nous devons même ajouter que, parmi les vases de terre cuite, les vases peints sont eu si grand nombre qu'ils nous fournissent chaque jour des documents inépuisables sur l'histoire, sur la fable et sur la mythologie de bien des peuples. Aussi pouvons-nous dire avec raison que les vases peints nous ont

(1) Il est bien eutendu que cette dernière classification n'est pas rigoureuse, car beaucoup de vases en terre i"(Ve que nous décrivons étaient aussi fabriqués en métal, notamment en bronze.

apporté un contingent des plus utiles pour compléter bien des faits ignorés en partie et dont nous aurions vainement cherché l'explication ailleurs. Ils forment donc une sorte de bibliothèque dont nous ne saurions avoir trop de soin ; car, bien que les vases peints nous aient déjà beaucoup appris, il est certain qu'ils nous feront connaître encore beaucoup de faits que nous ignorons, ou que nous ne connaissons qu'imparfaitement.

Pour apporter quelque ordre et le plus de clarté possible dans le travail, assez complet, que nous allons soumettre au lecteur, et pour lui permettre une étude plus facile sur les vases peints, nous allons donner ici une sorte de sommaire de ce qui va suivre. En premier lieu, nous dirons quelques mots de l'origine de la fabrication ; nous nous occuperons ensuite des formes et des noms des vases, de la couleur de la terre et des vases peints ; nous terminerons enfin par une nomenclature des artistes grecs qui ont travaillé dans cet art de la terre cuite, soit comme potiers, soit comme peintres.

Le peuple grec a toujours eu la vanité de vouloir imposer aux autres peuples sa supériorité, et dans ce but il a trop souvent prétendu que tous ces produits sont sortis immédiatement de son imagination, qu'ils n'ont jamais rien emprunté à aucun peuple; or les études modernes permettent d'affirmer que les Grecs ont été tributaires de l'Orient, surtout en ce qui concerne les produits de la céramique. Ils ont beau nous raconter que c'est Céramus lui-même, le fils de Bacchus et d'Ariadne, qui les a initiés aux secrets de l'art du potier, et qu'il a donné son nom à un quartier d'Athènes où se fabriquaient les vases, le Céramique, nous sommes bien forcés de reconnaître que cette légende est fausse et qu'il y a lieu de distinguer chez les Grecs les produits d'origine étrangère et ceux qui sont autochthones. Or nous n'ignorons plus aujourd'hui que les Phéniciens et les Égyptiens ont fourni aux Grecs les prototypes de leurs vases, et cela dans des temps très-reculés ; car déjà, à l'époque d'Homère, cette fabrication était fort connue, puisque le poète compare la danse rapide des jeunes gens à la roue du potier; en-

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suite, dans la vie du même jioëte, éerite par un auteur inconnu, il est parlé des fours et de la cuisson des vases d'argile de Samos. A cette époque, l'art de la céramique n'avait pas atteint le degi'é de perfection qu'il atteignit

Fig. 2 6m. — AJabasttir avec deux oreilles.

quelques siècles plus tard ; mais enfin il est permis de croire, d'après ce qui précède, que si les vases n'étaient pas couverts de peintures et de superbes compositions, la roue permet-

Fig. 3. — Alabaster.

tait au moins de donner aux vases une régularité parfaite, et comme le Grec avait un goût inné, ces vases avaient sans doute beaucoup d'élégance. C'était déjà fort beau, et si

Fig. 4. — Alabafter.

les Grecs ne sont pas les inventeurs de l'art du potier, ils en devinrent par la suite les maîtres incontestés, car beaucoup de vases attribués autrefois aux Etrusques sont considérés aujourd'hui comme des œuvres grecques.

Nous devons ajouter cependant qu'il est souvent bien difficile de trancher la question, et, si des vases grecs sont attribués aux Etrusques, souvent la réciproque est ^Taie.

La forme des vases est extrêmement va-

Fig. 4 bi3. — Alabaster avec une seule oreille.

riable , et, suivant l'usage auquel était destiné ce produit de la céramique, il prenait des noms divers. Il s'ensuit que nous possédons une assez longue nomenclature, compliquée encore par de doubles emplois créés par les différents dialectes. Cependant, grâce aux travaux de Panofka, d'Ott. Muller, de Raoul Rochette, de Lenormant et de AVitte, il existe une nomenclature à peu près invariable; c'est celle

Fig. 5.

Alabaster avec une seule oreille.

que nous suivrons dans le cours de cet article. Alabaster, alabastros, alabastron.

— Petit vase qui servait à renfermer des essences et des parfums de prix. (Petr., Saf., GO; Cic, Fraçim. ap. Non., s. v.) Il était

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généralement en albâtre, ce qui lui avait donné son nom, dérivé du grec àXâêocdTpo;, «XoiêaaTpov ; mais beaucoup étaient taillés dans l'onyx. (Pline, H. iV., XXXVI, 12.) Ou en faisait également en métal, en argent et en or (Theocr., Idyll., XV, 114), et même en

Fig. e. — Alabaster sans oreilles.

verre de couleur. Ces derniers sont, paraît-il, d'origine égyptienne ou i^hénicienne. Le musée du Louvre possède un spécimen en cette matière; il est à fond bleu tacheté de jaune. D'autres archéologues font dériver le nom

Fig.

d'alabastrum de à privatif et Xaêa'i;, anses, parce qu'en effet ces vases ne portent pas d'anses, mais quelquefois une ou deux oreilles. (Voy. nos figures.) Si l'origine de ce mot était telle , c'est ce genre de vases qui aurait fait dénommer albâtre la matière avec laquelle ils étaient fabriqués, et qui avait la propriété de rester froide, fraîche même, ce qui assurait

la conservation des essences. (Pline, H. N., XIII, 2, 3; XXXVI, 5, 12.)

La forme de ces vases est généralement une sorte de flacon cylindrique allongé avec un col

Fig. 8.

Alabaster sans oreilles.

court plus étroit que la panse, au sommet de laquelle se trouvent deux oreillons (fig. 2 hk et 3), ou un seul, quiest alors placé sur le col même au-dessous des lèvres de l'orifice. Cet oreillon est quelquefois percé d'un trou qui servait à suspendre Valabastrum (fig. bis 4 et 5). Les vases aiiiochiles, c'est-à-dire évidés dans un seul morceau («ùto/eO/zh;) d'onyx oriental, portent souvent cet oreillon. (Pall., X, 120.) Dans les tombeaux grecs ou étrusques qu'on retrouve

Fig. 9. — Amphores de Cnide, de Chios et de Samos.

en Italie, on voit souvent des ahdmstra en onyx qui ont la forme d'un pendant de perle, et l'extrémité supérieure est terminée par une tête ou une double tête. Au musée de Chiusi, il y a un aîbastricm de ce dernier type. D'aucuns de ces vases affectent également la forme d'une poire (fig. 4 bis à 8) ou d'un bouton de rose ; aussi bien des auteurs, Pline entre autres

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(H. N., IX, 56; XXI, 10), les comparent ;i ws objets. Les albaslra étaient unis ou ornés ; nos figures montrent des spécimens de ces deu.x sortes. Comme les anciens employaient à la fois

Fig. 10. — Amphore de Thasos.

diverses essences pour se ])arfumer diverses parties du corps, ils réunissaient les aktbastra dans une boite, ou coffret, nommée alabuntrothcqm (àXaSauTpoôïjxat) (Poil. X, 121 ; Suidas, s. V.) ; du reste, on employait également les

Fig. 11. — Anniliorc de Rhodes.

parfums pour les rites, les sacrifices et les funérailles. On nommait anciennement les (i/iihas/ra, vngwntaria , lonjucntariiim (souseutcndu vas).

AlLPHOHE. — Ce Viise était un des plus

employés chez les Grecs et chez les Romains ; il servait pour enfermer le viu, l'huile, des légumes secs, du miel, etc.; on erùployait également des amphores pour transporter les grains. Son nom (dérivé du grec o.utpopEÛç, à[xcpctt.opeûi;) signifie, 'porteur dvdmx anses; en effet, généralement les amphores sont munies

Fig. 12. — Amphore de Nola.

d'anses de chaque côté de leur cou et beaucoup se terminent en poinle, ce qui permettait de les enfoncer dans le sable dont le sol des caves romaines était abondamment pourvu : celles-ci étaient exclusivement réservées pour le vin et l'huile. Nos figures V, lu et 11 montrent cinq types de ces dernières; suivant leur forme, on les nommait amphores de Cnidr, de Thasos, de

Fig. 13. — .\nii,li,.,v ,1,, .Noln.

JthodeSjde Xola. Notre figure 1 3 his montre une amphore de Nola décorée de figures. D'autres amphores portaient sur des ])ieds: telles sont celles représentées par nos figures 12 à 19, qui se nomment amp/iores de Xola{&g. 12, 13),

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amphore bachique (fig. 1-4), égyptienne (fig. 15), pehke (.fig. 10) : cette dernière a beaucoup de ressemblance avec le chous, qui était une amphore servant de mesure de capacité ; enfin nos figures 17 à 19 montrent des amphores à anses en volute et des amphores panathéuaïqucs, c'est-à-dire données aux vainqueurs

Fig. Î3 bis. — Amphore de Nola décorée de figures.

des panathénées. (Schol., Soph., Œd. Col., 701 ;Id., Aristoph.,i\^//i.^lOO; Suid.,2'. .nopioti.) Ces dernières amphores servaient à renfermer l'huile des oliviers sacrés; elles avaient généralement un couvercle portant un bouton.

De grandes amphores en terre cuite servant à

Fig. 14. — Atnpborc bucliique.

conserver le vin ont été confondues avec le pithos (Voy. plus loin), qui est un vaisseau tout différent ; il remplaçait nos tonneaux. Il existait également des amphores en marbre, en albâtre (Pline, H. N., XXXVI, 62, 59), en airain, en bronze, en argent, en verre (Martial, II, 40, 6), même en or. Une enseigne de boutique d'un marchand de vins de Pompéi nous montre comment on transportait les

DICT. D'AUCUITECTURE. — T. IV.

amphores, comment elles tenaient debout dans le sable, ou appuyées contre un mur. (Voy. Enseigne, fig. 1.) L'amphoi-e était également une mesure de capacité, l'unité servant au jaugeage des navires; aussi conservait-on au Capitole une amphore étalon, dénommée ainphora CapiioUna ; elle servait à la vérification des mesures amphoriques des marchands.

Amphoeidion. — Petite amphore. C'é-

Fig. 15. — Amphore égyptienne.

tait un diminutif de l'amphore, une amphore aux proportions réduites.

Amphotis. — Vase employé à la campagne par les paysans, soit pour boire, soit pour traire les vaches ou les brebis ; il en existait en terre cuite, et d'autres en bois.

Fig. l'J. — Ampiiore iieuke.

Ajipulla. — Vase de teiTe cuite ou de verre, au col étroit, et dont le corps se rapprochait beaucoup d'une sphère. Ce flacon était employé à divers usages : celui qui renfermait l'huile dont on se frottait en sortant du bain se nommait amjndla olearia (Apulée, Flor., II, 9, 2; Martial, III, 82, 26); au contraire, Vampulla potoria était celle qui contenait une boisson quelconque. (Pline, H. N.,

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XX, 14, 54; Martial, VI, 35; Suét, Domiiicii, 32.) li'ampulla rubida était une fiole recouverte de cuir, comme nos flacons de chasse; elle servait aux voyageurs pour porter avec eux du vin, de l'iuiile ou du vinaigre.

Fig. 17. — Aiiiiiiiure avec des anses à volute.

(Festus, s. V. Rulkla.) « On faisait même des ampullœ, simplement en cuir; on les nommait ampullaceo corio, scorteœ ampullœ. (Plante, Sikh., II, 1, 77.) — n existait également des ampullœ en bronze qui avaient la forme d'une lentille et qu'Apulée {Flor., II, 9, 2) décrit ainsi : Lenticulari forma teretiamhUu, pi-essula rofunditate.

Artballos. — Ce ternie pourrait s'appliquer à un assez grand nombre de vases de moyennes dimensions servant à puiser dans

Fig. IS. — Amphore pauathenaïiiue.

de grands vases. En effet, ce terme est dérivé du grec àpij(o (puiser) ; mais il sert en général à désigner des vases ayant la forme d'une boule, portant un col plus ou moins élevé et une anse pour le tenir. Il y a même lieu d'établir une distinction entre deux modèles

de dimensions différentes : l'un plus grand, Vanjballos proprement dit (fig. 20), lequel portait quelquefois dans la partie large de sa panse deux anses; l'autre plus petit, dénommé

àpuSoiXîç ou (xpiJToiivîx (fig. 21 ). Ces vases ser-

Fig. 19. — Amphore panathénaïqae.

valent tous les deux dans les bains pour puiser l'eau chaude dans la chaudière. (Pollux, VII, 166; X, 63.) Beaucoup de vases peints mon-

Fig. SO. — Aryballos.

trent de ces vases, qui présentent l'aspect d'une bourse serrée dans le haut. Souvent on en voit suspendus dans des arbres à côté de lutteurs ou de pyrrMchistes, ce qui semble in-

Fig. 21.

■ Aryballos.

diquer que ces athlètes, après leurs exercices, se frottaient d'huile renfermée dans ces sortes de vases.

Arystichos ou aeyster. — Comme le précédent, ce terme est dérivé d'àpûoj (puiser), et il a pour synonymes apusTi;, àpucâv/j,

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àpu(jTï)p ou àpur/ip, ôvvrjpusK;. Ces vases (fig. 22) servaient doue à. puiser principalement dans les amphores. On le nommait également ffr/Ji;, parce que de jeunes garçons étaient chargés, dans les festins, de mêler l'eau et le vin avant de les servir aux convives.

Fig. :j:J. - Aij>-tichos,

AsKOS. — Ce vase avait primitivement la l'orme d'une outre (wfer), c'est-à-dire d'une peau de bouc cousue ; il servait à contenir de l'eau ou du vin. Il portait une anse à son sommet, et quelquefois deu.x orifices; l'un servait

Fig. 23. — Askos.

il remplir le vase et l'autre à le vider. Notre figure 23 montre un premier type à'askos; notre figure 24, un deuxième tjjie beaucoup plus élevé de forme et qui a quelque ressem-

Askos.

blance avec certaines cruches en terre qu'on fabrique dans plusieurs villes de l'Europe méridionale.

Besa. — Vase à boire, qu'on nomme aussi iessa, bession, et qui, d'après Atbéuée (XI), était plus large à sa base qu'à son sommet. Suidas (v. Bomhylivs) dit que sa forme se

rapproche du bombijlios. (Voy. un peu plus loin.)

B1KO8. — (irand vase de terre servant à conserver des provisions sèches, telles que des figues, des prunes ou des viandes salées. Certains bikos servaient aussi à conserver le vin. (Hérodote, I, 194; Athénée, I; Pall.,VI, 14.) Divers auteurs anciens et modernes le nomment slamnos à anses; Hésychius, par exemple (s. V. Bîxoî). Un plus petit servait de vase à boire; aussi quelques auteurs le confondent avec la iihiale. Enfin, ses diminutifs pixîov, ^ixîotov, désignent un flacon de verre qui servait à renfermer des parfums. Quelques auteurs rapprochent du slamnos et du doUuni le grand bikos. (Voy. ci-dessous la description de ces deux genres de vases.)

Fig. 28 et 25 bis. — Bombylios.

BoMBYLios. — Ce vase, ainsi nommé à cause de sa forme qui rappelle celle du cocon d'un ver à soie d'un genre particulier {bombyx), servait à verser du vin ou d'autres liquides. Nos figures 25 et 25 bis montrent deux èowi^/lios ou hombylè (popLêuXîoi;, popiêûX-/)). Il y avait un autre vase qui portait le même nom, mais dont l'orifice était si étroit que le liquide qu'il renfermait s'écoulait avec un bruit analogue à celui que produit le vol de grosses abeilles nommées popiêuXîoi, ce qui lui aurait donné sou nom. Ce dernier vase servait à boire, ainsi qu'à verser goutte à goutte des remèdes ou des huiles parfumées. Ce bombylios {ûg. 23 bis) est une sorte de lecythus, d'alabaster ou à'ampulla.

Cacabus. — Sorte de marmite, de vase à cuire la nourriture, comme le dit Varron {de Linyua latina, Y, 127) : Vas ubi coquebant cibum. On en fabriquait en bronze, en argent,

VASE

et surtout eu terre (ras /ictili-). {CohimeW., de lie rust., XII, 21.) Ce vase a diverses formes, mais la plus usuelleaffecte celle d'un œuf qui aurait été coupé dans son milieu ou un peu au-dessus de ce milieu ; le sommet était fermé et n'avait qu'un orifice ou col qui mesurait environ le tiers du diamètre supérieur du vase, lecpiel orifice était lui-même fermé par un couvercle. Le cacabus était porté sur un trépied (fn'jius). Au musée national de Naples, on voit plusieurs modèles assez dllférents de cacabus. D'après une peinture d'Herculanum, un type de cacabus paraîtrait devoir s'emboîter dans un plus grand modèle, de sorte que la cuisson obtenue dans le petit vase devait être faite au bain-marie. Le diminutif de cacabus est cacabulus ou cacabulum (Apic, IV, l)(xaiixaêiov).

Cadus. — Grande jarre de teiTe cuite qui servait aux mêmes usages que l'amphore, sur-

Fig. 26. — Cadus.

tout à conserver le vin. Il en existait qui mesuraient près de deux mètres de hauteur, mais c'était là une exception. Le cadus ordinaire avait environ O'^.SO à ()"',90 de hauteur; son orifice était . assez évasé, afin de permettre de puiser à même avec les plus petits vases, des askos, par exemple. Tel était le principal usage auquel servait ce vase ; nous ne pouvons en douter par les passages de divers auteurs. (Virg., Ain., 1, 108 (1); Martial, IV, 66, 8; Hérod., III, 21; Athénée, XI, 483 ; Horace, Odes, III, 19, .5 ; Pline, H. X., XIV,

(1) Vina bonus fjiiœ deinde cadîs, onerâi'at Accste.s. lAttore Trinacrio,...

4, 97; XXXVI, 12, 59; Dig., XXXIII, (1, 14.) — IiFais le cadus servait aussi à contenir de l'huile, du miel, des fruits secs, et des poissons et viandes salés. (Mart., I, 44, 9 ; 1, ÔG, 10; Pline, //. X., XV, 2; XVIII, 73.) Ce dernier genre de cadus avait un goulot un peu plus étroit, et son orifice pouvait être fermé à l'aide d'un bouchon de liège ou d'une autre façon(PUne,^. A^,XVI, 13)(fig.20). Comme on peut en juger par ce qui précède, cette poterie était très-communément employée; aussi son nom dans certaines provinces, en lonic par exemple, était-il synonyme de Kepauiov, terme générique applicable à tout vase de terre cuite. Il en existait cei^endant de petits modèles eu bronze, en argent et même en or; les musées étrusques, notamment celui du A'atican et celui de Naples, montrent des spécimens de cadus en bronze. — On donnait le même nom à une mesure de capacité d'une contenance de trois urnes romaines, soit d'une amphore attique ou metreiès.

CaLATHUS ou CALATHOS.— Voy.KALATHOS.

Calix. — Ce vase est celui que l'on nomme vulgairement coupe; c'était donc

un vase à boire. Il était peu. profond, circulaire, avec deux anses et monté sur un pied plus ou moins élevé. Il avait été inventé par les Grecs, qui le nommaient xûXi;. (Macrob., Sal, V, 21.) Nos figures 27 et 28 montrent deux types assez différents, mais qui ont l'un et l'autre beaucoup d'élégance. Les anses sont tantôt formées par des anneaux, ou bien ce sont des oreillons ou des oreilles plus ou moins massives, arrondies ou en pointe ; quelquefois même les oreilles font complètement dcfaut,notamment dans les vases noirs italiques. Les caN.r de gi-andes proportions sont des }rj)asfrs. Le pied qui supporte la coupe proprement dite est aussi très-variable dans ses formes : il est mince et élancé,

YASE.

gros et court, d'un profil droit ou très-concave ; enfin il est dans certains échantillons entièrement absent, une simple bague ou une moulure fort simple forme à elle seule le support de la coupe. Dans ce cas, la coupe, la Tcylix, se rapproche de la paiera, ou o(aX£ des Grecs, qui est une coupe plate sans anses. — Enfin, on nommait calix ihericleios le type représenté par notre figure 29. Bien des auteurs anciens et modernes ont

Fit'. '.'8. — CalLx phialé.

confondu la kijlij:, le cotijle ou hoiylè, et le carcheslam. D'après Athénée (XI), nous voyons que la même confusion que nous venons de signaler existait à l'époque de cet auteur. — On fabriquait des caJix dans de nombreuses localités, mais les plus renommées étaient celles des fabriques d'Argos, d'Athènes, de Chios, de Lacédémone, de Téios, etc. On faisait également de ces vases en verre, en argent, en or; on en tailla dans le cristal et dans des pierres de pris; enfin on con-

i*. — Ciiiix tUL-ricleios,

naissait, dès une très-haute antiquité, le moyen de couvrir les coupes de terre cuite d'une couche métallique; beaucoup étaient unies, en terre jaune, en terre rouge ou en terre noire; d'autres étaient décorées de filets ou de dessins au moyeu de vernis bruns ou noirs.

Calpar. — Ancien terme remplacé par DoLiUii. (Yoy. ce mot.) Déjà au temps de Yarron {de Vit. Pop. Rom., ap. Xon., s. v., p. 546), ce mot était plus usité.

Canope. — Vases fiméraires d'origine égyp-

tienne, que l'on trouve groupés par (juatre auprès des momies. Ces vases (fig. 30)sont en terre cuite, en albâtre, en marbre ou en toute autre pien-e calcaire. — Les orifices des canopes égyptiens n'ont pas la moindre gorge à leur

Fig. 30, — Canoi».

oi'ifice ; le couvercle s'emboîtait exactement et immédiatement sur celui-ci.

Caxthare. — Lecanthare {canf/utrus, xâv- 6a po?) est un vase ou une coupe à deux anses qui sert à boire ; il est d'origine grecque. C'était le va.se consacré à Bacchus (Macrob., Sat., Y,21); aussi dans les représentations des fêtes de ce dieu trouve-t-on fréquemment ce

Fi'-'. 31. — Cantbarc.

vase dans les mains des satyres et autres personnages. Il existait des canthares de diverse formes, puisque plusieurs auteurs rangent un certain nombre de rhy tons parmi ces sortes de vases. Le type du genre est représenté par nos figures 31 et 32; c'est une sorte de cratère de petite dimension dont le pied, bien que solide, est plus élégant que celui du cratère; il a, en outre, deux anses en forme d'oreilles, qui s'élèvent au-dessus de son orifice, lesquelles anses se terminent par des volutes ou des cercles.

VASE

Celai que reproduit notre figure 32 est d'un beau galbe ; il est en pâte noire et ne comporte sur sa panse aucune ornementation. Notre

Fig. 32.

Canthare.

figure 33 montre un canthare qui représente une tête de Bacchus adolescent, autant qu'on peut en juger par la couronne de lierre qui ceint cette tête. Ce vase est en partie brisé, mais nous l'avons supposé restauré dans notre dessin ; il

est en argile rehaussé de couleur; le bord intérieur présente une rangée de dauphins. Ce type ne comporte pas de pieds; les convives devaient le jwser sur un cercle en terre cuite pour le maintenir debout sur la table, à la manière des cijalUiesinfumUbidiformeK, ou terminés en entonnoir. Du reste, le lecteur trouvera plus loin (fig. 45) le sup]iort en terre cuite auquel nous faisons allusion. La troisième l'orme du cantharos est une sorte de coupe cylindrique

assez élevée. Un tyjie de ce genre représente les deux têtes d'xVlphée et d'Aréthuse ; c'est un des plus beaux monuments céramographiques du Louvre. Telles sont les trois principales formes du canthare, dont l'étymologie du nom a fourni matière à tant de discussions. — On donnait également le même nom à de grandes vasques décoratives qui servaient de bassins et qu'on plaçait soit dans les atria des maisons, soit devant l'entrée des temples; telle est l'immense vasque de porphyre du musée national de Naples et qui a été dessinée dans le Muséum Borhon (YI, j)l. XII). — Voy. Vasque, où le lecteur trouvera en coupe et en élévation le monument dont il s'agit. Certaines peintures de Pompéi montrent des canthares de ce dernier genre qui reçoivent les eaux'de deux jets d'eau décrivant une courbe.

Capis. — Ce genre de vase, qu'on nomme aussi capedo, capeduncula, cupula, sert k puiser dans un vase beaucoup plus grand. Tous les vases de ce genre portent une anse ou sont munis d'une sorte de longue poignée ou manche, qui sert aies tenirquand on plonge le vase dans un plus grand vaisseau. L'ustensile qui rappelle le mieux la forme du capis est celui qui sert dans le midi de l'Europe à puiser l'huile d'olive dans les jarres, ustensile qu'on nomme puisoir, et en provençal plounf/pou>i.l\ est, du reste, entièrement semblable cà ceux qu'on a retrouvés à Hcrculanum et à

Fi^^ 34.

■ Capis.

Pompéi. Dans les premiers temps de la république romaine, ces vases de bois ou d'argile étaient fort simples (TiteLive, X, 7; Petr., iSaL, 52, 2) ; ils étaient employés surtout dans les sacrifices; aussi, dans les frises et dans les décorations architectoniques, sont-ils accompagnés de massues ou maillets servant à assommer la victime, d'aspersoirs, de siiyipula ou autres iiistrumcnts de sacrifices. Plus lard on les fit avec des matières précieuses (Pline,

VASE

H. N., XXXVII, 7), en or, en argent; ce qui fit dire à Cicéron que tous ces objets de luxe n'étaient pas plus agréables aux dieux que les anciens tapis de bois ou d'argile. (Cic., de X(tt. deor., III ; Parad., I, 2, 4.) On voit également la représentation de ces vases sur les monnaies et sur les médailles fi'appées en l'honneur des personnages revêtus de hautes

fonctions sacerdotales. Xos figures 34 et 35 montrent deux types de capis en bronze trouvés dans les fouilles d'Arnouldi, près de Bologne. Ces objets, bien que ti'ouvés avec d'autres de l'époque dite de Ironze , ne paraissent pas avoir une origine aussi ancienne que ceux avec lesquels ils se trouvaient, car il est bien évident que dans i:n même tombeau on pouvait placer, et on plaçait en effet, des objets

Fig. 36. — Carchesium,

d'époques fort distantes les unes des autres. C'est sans doute de ce même terme qu'est dérivé le mot capisferimn, qui sert à désigner un vase destiné à nettoyer les épis après le battage et le vannage de ceux-ci. (Cf. Columell., II, 9, 11, et ApuL, Met., IX.)

Carchesium. — Coupe à boire d'origine grecque (xapy/.ctov); on s'en servait pour boire soit du vin (Virg., Georg., IV, 380), soit

du lait (Ovide, Met, VII, 247). Quelle était la forme de ce vase ? Il est bien difficile de le dire, car jusqu'ici aucun fait n'a pu permettre d'en préciser la forme exacte ; on sait seulement que ce vase avait deux anses. Eich {DM. des antiq., v. Carcheshtm) lui donne la

Fi3. 37. — Celèbé on ki^lebè.

forme d'un canthare. Daremberg et Saglio {Dict. des ant.,\. Carchesium) donnent ce même nom à la coujie des Ptolémées, qui se trouve au cabinet des antiques de la Bibliothèque nationale de Paris. Ott. MullerÇ Mamiel d'arcfi., II, 65) dit que le carchesium est un vase long, très-resserré vers le milieu de sa hauteur.

Fig. 37 bis. — Célèbé décoré de figures.

avec une anse qui descend du bord supérieur jusqu'en bas. On voit donc, par ces quelques citations, que les archéologues sont loin d'être d'accord sur ce point. — On admet généralement que \e carchesium ordinaire, ou du moins le plus usuel, avait la forme de celui représenté par notre figure 36.

CÉLÈBÉ ou KÉLEBK. — Ce vase, très-élégant, estégalemeut d'origine grecque (xtkiè-rÇ),

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