‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 3)Chapitre 205 sur 252 · VEINE · texte numérisé non relu

VEINE

YELARIUM.

VEINE, .1./. — On désigne sous co terme des sortes de stries sinueuses, des ondes ou raies, longues, étroites, analogues aux veines qui courent sous la peau de l'animal, qui serpentent dans les marbres, dans certaines roches et dans les bois. — Eu termes de construction, on nomme reines, veines terreuses, des défauts qui existent dans certaines pierres et qui consistent dans des filons terreux qui rendent les pierres défectueuses non-seulement à l'œil, mais encore pour leur emploi dans les constructions.

VEINÉ, ÉE, adj. — Qui a des veines. Les marbres, certaines roches, les bois, sont veinés. En général, le décorateur recherche les matériaux les plus veinés pour ses décorations architecturales. Le menuisier, l'ébéniste, le tabletier, recherchent pour les bois

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Veinette--;.

de placage ceux qui possèdent de nombreuses veines ; aussi emploient-ils de préférence les loiqjes d'un grand nombre de bois. (Voy. Loupe.)

VEINER, r. a. — Imiter sur toute sorte d'objets les veines des bois et des marbres. Les peintres décorateurs sont surtout appelés à ce genre d'imitation pour la décoration intérieure des édifices, quand l'architecte n'a pas à sa disposition des sommes suffisantes pour employer des bois et des marbres pour ses décorations monumentales. — Les peintres veinent sur bois, sur enduits, sur pierres, pour imiter des bois précieux ou des marbres ; ils emploient

pour cet usage dos peignes en cuir, en cuivre ou en acier (Voy. Peigne), et do larges pinceaux plats, ou brosses, nommés Veinettes. (Voy. ce mot.)

VEINETTE. — Brosse plate employée par le peintre décorateur, concurremment avec des peignes, pour faire le faux bois et les marbres. Il en existe de plusieurs formes ; nos figures montrent les deux types les plus employés. (Voy. Peigne et Veiner.)

VELARIUM, s. m. — Terme d'antiquités.

Grande toile, sorte de vaste banne, qui, dans l'antiquité, se plaçait au-dessus des théâtres

Fitr. 1. — Système d'attache du velaiium sur le mât.

et des amphithéâtres (Juvénal, IV, 124) pour protéger les spectateurs contre l'ardeur des rayons solaires. Comment était cette banne ? Comment se manœuvrait-elle ? Ce sont là deux questions fort controversées et qui n'ont pas reçu une entière solution. Voici notre sentiment <à cet égard, sentiment personnel, il est vrai, mais appuyé sur des études et des données probables, presque sur des preuves. Disons tout d'abord que, pour les grands théâtres et amphithéâtres, le velarium n'était pas formé par des bandes juxtaposées, cousues ensemble, ne faisant qu'une seule bande ; dès lors il conviendrait plutôt d'appeler cette banne velaria, puisqu'elle était composée de plusieurs parties nommées

YELAIUUM.

vélum, velarium. Ce qui prouve le fait que nous venons d'avancer, c'est que dans beaucoup d'auteurs, et sur des annonces de spectacles de Pompéi, il est dit : Vêla enint, pour informer les spectateurs que l'entrepreneur des jeux les mettrait à l'abri du soleil. Ces velaria étaient tendus au-dessus de la cavea au moyen de cordages maintenus en place par des mâts {mali) (Voy. Mat), auxquels étaient fixées des poulies dans lesquelles passaient des cordages. Les mâts étaient fixés extérieurement au-dessus de l'attique de couronnement dans des corbeaux ou consoles eu pierre, percés à cet effet, et à l'intérieur de l'édifice, par une fret te ou eol-

Fip. 2. — Plan des mâts au pourtour de Vamphithèâtre.

lier en fer. L"un des cordages était attaché à un anneau de bronze scellé dans le mur du podium. Nos figures montrent les dispositions que nous venons d'indiquer. La figure 1 fait voir le système d'attache ainsi que les poulies du velarium sur le pourtour supérieur de rampliithéâtrc, c'est-ii-dire le système d'attache sur les mâts {mali). La figure 2 montre le plan des mâts ; la figure 3, le cordage fixé à l'anneau de bronze sur le mur du podium ; enfin la figure 4, la disposition du velarium avec ses cordages.

Pour nous bien rendre compte de ces dispositions, ainsi que des manœuvres auxquelles donnait lieu la pose de la banne, nous étudierons notre sujet sur l'amphithéâtre de Nîmes, le seul assez liien conservé pour nous permettre ce genre d'étude, en

apportant un grand nombre de preuves à l'appui de nos affirmations.

Cet amphithéâtre porte sur le pourtour de son attique cent vingt consoles percées d'un trou circulaire de 0"',29 de diamètre. Au-dessous de ce trou, une entaille circulaire de 0'",15 de profondeur recevait le pied du mât, qui reposait sur la corniche de couronnement (fig. 1). Afin que le vent en secouant le mât, ou que l'entrée et la sortie de celui-ci ne pussent détériorer l'ouverture du trou pratiqué dans les consoles, celles-ci étaient protégées par un collier en fer entaillé dans la pierre (fig. 2). On voit encore des entailles, des traces de scellement et même

Fi>r. 3. — Systi^me d'attaclie sur lo mur du podium.

des fragments de fer. Au droit de chaque console, la face intérieure de l'attique est entaillée dans une profondeur d'environ 0'",22 ; au pied de cette entaille et dans le dernier gradin de la cavea, on a pratiqué un trou rectangulaire de 0"',15 de profondeur. Ces dispositions montrent donc d'une manière évidente qu'on plaçait un mât extérieur rond et un poteau intérieur carré de (t"',22 de côté : le premier avait 4 mètres de hauteur, et la partie engagée mesurait 1"VJ0 ; le poteau avait 1",75 de hauteur, et la partie engagée dans le trou et dans la rainure avait 1"',15. Ces deux pièces de bois existaient évidemment, et nous pensons en outre qu'une traverse, ou sablière, et une jambe de force existaient également, afin d'arc-bouter le mât. (Voy. notre fig. L)

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