‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 3)Chapitre 228 sur 252 · VIS · texte numérisé non relu

VIS

des vis de serre-joint à gi-ande échelle, dont notre figure 8 montre la position dans le serrejoint. — La vis de serre-joint indiquée par notre figure 7 sert également pour servante,

Fig. "i. — Vis (le boîte à recaler i\ taquet.

comme on peut s'en convaincre en jetant les jeux sur notre figure 9.

n Les vis qui servent à fixer les ferrures, ou vin à bois, sont, dit Husson (Dict. du serr.).

Fig. t'. — Vis de serre-joint en fer.

de plusieurs formes déterminées par la configuration de leur tête; ainsi, il y en a de fraisées ou à têfe plate, à fêle ronde, à lêle carrée, ii goutte de suif, etc. — Les ris (i garnir,

lie ;Ln\. j ■u.t Avec leur garniture.

qui se tournent à la clef anglaise à cause de leur force. — Les vis à fixer les métaux entre eux sont de même forme que les vis à bois ; mais elles sont taraudées à la filière et prennent

ou fausses ris, qui servent à fixer les équerres des croisées, s'enfoncent au marteau; toutes les autres se posent au tournevis, sauf celles à tête carrée, improprement appelées tire-fonds,

Fig. 8. — Serre-joint.

écrou dans la pièce qu'elles fixent. — La vis à fête de violon est ainsi nommée parce qu'elle a la même tête que les vis qui serrent les cordes de cet instrument. C'est une vis de sûreté, qui ferme solidement, par exemple, un

•Sei'vante.

fléau de persiennes , une barre de fermeture intérieure, etc.' » Les vis ordinaires sont classées par numéros de grosseur et de longueur ; ce dernier est exprimé en millimètres. Dans le

VISIÈRE. — TITRAGE.

commerce de la quincaillerie , les vis se vendent à la grosse.

Dans la construction, on donne le nom de vis à divers objets ou constructions, dont voici l'éuumération :

Vis potoyère. — Noyau d'un escalier de cave en colimaçon qui porte de fond sous l'escalier d'une maison.

Vis de Saint-Gilles ronde. — Sorte de voûte annulaire et rampante disposée de manière à soutenir les marclies d'un escalier tournant autour d'un noyau, soit plein, soit évidé. (Voy. notre figure.) Il existe également une vis de Saint-Gilles sur plan carré, dont l'exécution

Fig. 10. — Vis de Saint-Gilles.

présente encore plus de diflBculté que la vis de Saint-Gilles ronde. Elle est dite sur plan carré parce qu'en efï'et ses marches tendent toutes à un même point, en se dirigeant sur des côtés formant rectangle. Cette vis est composée de voûtes d'arête et d'arc de cloître gauches et rampants.

Vis A CHAPEAU. — Sorte de vis qui sert à réunir deux bouts de tuyaux de conduite, à fixer les porte-clapets et les brides de raccordement.

Vis D'AKCiii.MiiDE. — Machine qui sert à élever les eaux et qui est souvent employée dans les travaux de fondation pour épuiser les eaux souterraines qui jaillissent en faisant les tranchées. — La vis d'Archimède se compose d'une enveloppe cylindrique, nommée canon, qui contient une hélice dont les filets sont

faits à l'aide de planches en bois flexibles assemblées d'une part sur la paroi du canon et d'autre part sur un cj'lindre plein en bois formant axe et qu'on nomme le noyau. L'espace vide compris entre les filets, et qu'on appelle pas de vis dans les vis ordinaires, forme le canal hélicoïdal. L'inclinaison des génératrices de l'hélice est en moyenne de 56 degrés, le diamètre intérieur du canon varie, suivant la force de la machine, entre 0"',45 et 0™,75 ; elle se place dans une position inclinée de 32° à 45°, de manière que le bas plonge dans l'eau à extraire et que la partie supérieure est nécessairement beaucoup plus élevée. Le plus grand effet de la machine s'obtient avec l'inclinaison la moins forte ; ce qui se comprend , car plus la machine se rapproche de l'horizontale, plus elle a de facilité pour élever l'eau, tandis que dans le cas contraire l'élévation du liquide offre plus de difficulté. La machine une fois en place, l'eau s'engage dans les spires plongeantes, elle se met de niveau dans chacune d'elles; puis, en imprimant un mouvement de rotation à l'appareil, l'équilibre est rompu , et comme chaque spire forme une sorte d'auget, l'eau monte successivement dans chacune d'elles pour se déverser à la partie supérieure, d'où par une canalisation on la dirige où l'on veut.

VISIÈRE, s. f. — Pendant le moyen âge, on nommait ainsi un petit guichet percé au travers d'une porte et qui permet de reconnaître ceux qui s'y présentent, après qu'ils ont soulevé leur visière.

VISITER (Fosse aj. — Voy. Fosse.

VISSAGE, s. m. — Terme de potier. Défaut qui provient de l'inégale compression produite sur la pâte argileuse par la main de l'homme, quand le potier monte sa pièce sur

son tour.

VITRAGE, ». m. — Sons ce terme générique, on désigne toute partie vitrée d'un local quelconque; ainsi on dit, le vitrage d'une serre, d'une claire- voie, d'une boutique, d'un bâtiment, etc. Dans l'antiquité, on a employé

VITRAIL

peu de vitrages par la raison fort simple que le verre était assez rare, partant d'un prix élevé; cependant on a trouvé quelques parties de vitrages, au dire de Quatremère de Quincy, dans les fouilles de Pompéi. Nous avouons n'avoir

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Fig. 1. — Fers pour double Titrage.

VU nulle part, soit au musée de Naples, soit à Pompéi même, des traces mêmes de vitrage. Du reste, les anciens employaient pour fermer leurs baies des pierres spéculaires, qui, ayant d'assez grandes dimensions, ne nécessitaient

Fig. 2. — Fers avec leurs vitres.

pas l'emploi de vitrages. — Dans ces temps modernes, le vitrage, au contraire, a été trèslargement utilisé, surtout depuis que l'art de la serrurerie fabrique des châssis en fer de toutes formes et de toutes dimensions. Ce sont, du reste , les vitraux du moyen âge qui ont inauguré le système d'armatures en fer pour soutenirles pièces de veiTe peintes des grandes

verrières. (Voy. Armature et Vitrail.) C'est grâce à ces vitrages que les églises ogivales possèdent ces magnifiques roses qui décorent si richement les parties supérieures des transsepts. Sans ce système d'armature, il n'aurait

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rig. 4. — Coupe du vitrage.

pas été possible de combler d'une manière légère et pratique l'intervalle de ces croisillons, de ces flammes, de tous ces vides, eu un mot, compris dans les nervures, qui font à l'aide des vitraux un des plus beaux motifs de décoration que le génie humain ait jamais inventés.

Aujourd'hui, dans le commerce du fer, ou vend des fers dits à vitrage, ou petits bois, qui permettent de créer toutes sortes de formes ; ces fers, de diverses sections, présentent les modèles les plus variés. îsos ligures en montrent divers types. Notre figure 1 montre trois fers pour double vitrage; mais le lecteur comprendra facilement que si ses fers étaient partagés en deux, on aurait six types de fer, pour viti'age simple. Nos figures 2 et 3 font voir des vitrages dont les carreaux sont coupés en segments de cercle ou en angle, afin de faciliter l'écoulement des eaux qui tombent sur ces vitrages ; enfin notre figure 4 fait voir une coupe parallèle à la longueur des fers de ces mêmes vitrages.

VITEAIL, s. m., VITRAUX, pi. — Ensemble de panneaux de verre montés en plomb qui garnissout une baie. Les vitraux sont donc formés par la réunion de petites pièces de verre diversement colorées qui dessinent des

VITRAIL

mosaïques représentant des sujets et des scènes diverses, des rinceaux, des arabesques, des semis, etc. Aucune décoration ne comporte autant de richesse et n'ott'rc plus de charme

Fig. 1. — Vitrail avec arabesques pour une baie trilobée.

que la peinture sur verre. C'est là un grand art, qui avait été fort négligé depuis le xvii° siècle, mais qui aujourd'hui reprend faveur, grâce surtout à l'iuibileté, au savoir,

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Fig. 2. — Baie polylob^.

au gfiùt, au talent du nos éminents peintres verriers, à toute cette pléiade d'artistes q^iii se noiniueiit Didron, îlaféchal, Ottin, Claudius Lavergne, Félon, Lelevre, Lusson, Hirsch, Oudinot, etc., etc.

Historique. — L'usage dos vitraux est

assez ancien, et nous ne pouvons admettre, comme l'ont avancé certains archéologues, que les plus anciens datent de la fin du xi' ou du commencement du xir siècle; les plus anciens que nous possédions aujourd'hui ne datent bien que de cette dernière époque, mais nous pouvons affirmer que, dès le iv* siècle de l'ère vulgaire, le vitrail composé de verres de couleur était parfaitement comm et employé. Nous allons, du reste, le démontrer avec des preuves à l'appui. Ainsi saint Jean Chrysostome {Opéra, t. YII, p. 35i) parle, dans divers passages de ses œuvres , de fenêtres garnies de verres de couleur; divers auteurs grecs du iv° siècle en font aussi mention, ce qui prouve que le vitrail existait déjà à l'état rudimcntaire, nous le voulons bien, mais qu'enfin il était connu avant le V siècle. — Prudence nous informe, et cela dès le iv"^ siècle, que la basilique de Saint-Paul hors les murs, à Rome,

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Fig. 3. — Baie en lanc<-tte (annature ilu vitrail).

était décorée de vitraux; et il le dit dans un style très-fleuri. « Dans les fenêtres à plein cintre se déploient des vitraux richement colorés, ainsi brillent les prairies ornées des fleurs du printemps. (Cf. Fea, Noi. sur Winckelmann ; Gloria del arte.) En outre, une inscription

VITRAIL

placée dans Sainte- Agnès, à Rome, inscription que l'on peut voir dans Ciampini ( Vef. mund., t. II, p. 105), nous apprend que cette basilique, rebâtie par Honorius, était décorée de superbes vitraux qui produisaient un effet merveilleux. Or Honorius a vécu de 395 à 424; donc, au commencement du v" siècle, ou possédait déjà des vitraux remarquables, puisqu'ils produisaient de si magnifiques effets.

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rig. -1. — Vitrail :i conipnrtiincntï.

Dans Ducange {JJist. Byzanl., t. II, p. 39, Descript. urhis Constant.), nous trouvons des citations traduites de Paul le Silentiaire, parmi lesquelles nous voyons celle-ci , qui est caractéristique : Sainte-Sophie de Constantinople reçut an vi° siècle des verres de couleur qui brillaient d'un éclat extraordinaire au soleil levant. Par ce qui précède, on peut donc conclure que le vitrail en verre de couleur a fait

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