‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 3)Chapitre 235 sur 252 · VOLET · texte numérisé non relu

VOLET

VOLIERE.

cet escalier. Ce mot se prend aussi comme synonyme de révolution. (Voy. Escalier.)

VOLET, s. m. — Fermeture intérieure ou extérieure des croisées ou des portes-croisées. Dans les devantures de boutiques, les volets sont extérieurs ; ils sont, au contraire, intérieurs pour les croisées d'appartements. — Il existe des volets d'une seule feuille, et des volets à deux et trois feuilles. Ces derniers sont dits l'olets irisés; ils sont simplement emboîtés, ou faits d'assemblages et à petits cadres ; ils se plient ordinairement sur les dosserets des baies et se rabattent et se doublent sur l'embrasure desdites baies. — L'usage des volets était très-répandu pendant le moyen âge ; les petites baies étaient fei-mées par des volets à une seule feuille, à un seul vantail posé en Abatant. (Voy. ce mot.) Quand les croisées atteignaient une certaine dimension, elles étaient fermées par deux volets superposés, toujours placés en abatant; c'étaient des volets doubles. Le vantail supérieur était suspendu à l'aide de pentures qui étaient traversées par des tiges de gonds posés horizontalement ; le vantail inférieur, par une tige de fer rond qui était maintenue dans deux tourillons ; enfin des barres de fer méplat terminées par un crochet maintenaient le vantail plus ou moins soulevé. Beaucoup de meurtrières et de créneaux de fortifications étaient fermés par des abatants de ce genre.

On nomme également vokt une espèce de pigeonnier dont l'ouverture se ferme par un petit ais en abatant. On donne le même nom aux ailerons ou petites planches qui font tourner la roue d'un moulin à eau.

VOLICE, .s. /". — On nomme jjlii/iche rolirc, sapinfnsé, ou simplement volice, une planche mince qu'on emploie au lieu et place de lattes.

VOLIERE, s./. — Construction légère fermée de toutes parts au moyen de grillages en fil de fer à mailles plus ou moins fines , et dans laquelle on tient captifs des oiseaux, sdit pour l'agrément d'un amateur ou d'un

collectionneur, soit pour les élever et les engraisser, telles sont les volières des bassescours. — ■ Les Romains ont construit des volières sur une grande échelle et avec beaucoup de luxe. (Columell., VIII, 1 ; Varro, i?. li., III, .3.) Les plus remarquables se trouvaient dans les environs de Rome, dans le Latium et la Sabine. Primitivement on les nommait oiselleries {aviaria). (Varro, utsiqnrt; Cic, (id Quint, frai., III, 1.) En grec on les nommait ornithon (ôpviôcôv), ce qui correspond à notre terme de volière. — Les Romains n'élevaient des oiseaux que dans un but de spéculation ; c'est vers le Yii" siècle de Rome, à l'époque de la guerre des pirates (Pline, X, 20; Varro, R. R., III, 6), qu'on éleva des paons et des grives; il parait même que certaines volières rapportaient annuellement à leurs propriétaires plus de soixante mille sesterces. (Varro, ih., 3; Pline, ih.) On élevait surtout des pigeons. Les pigeons sauvages (saxatiles), qui vivaient sur des tours élevées ou sur les combles des édifices {columina) , sont à cause de cela nommés colombes {coliimbœ). Les pigeons domestiques vivaient dans les cours des maisons. Eu général, les pigeons vivaient dans le péristère oupérisiéroiroplie, espèce de bâtiment circulaire couvert en coupole. — Les volières à paons étaient formées d'une grande cour ombragée close par de hautes murailles ; sur trois des côtés se trouvaient des portiques, et sur le quatrième deux chambres {cellœ), dont l'une servait au gardien et l'autre à abriter les volatiles. Les volières d'agrément ou de plaisance furent imaginées par un chevalier romain, Lœnius Strabon, qui construisit la première dans le péristyle d'une maison qu'il possédait à Brindes. (Varro, ib., 5.) Lucius Lucullus, qui avait de si beaux viviers, possédait aussi de superbes volières. Térentius Van'o, l'auteur du Traité irriffrirultun- (de Re rusticâ), en avait une superbe au pied de la ville de Casinum, dont il nous a conservé une longue description. Sou plan formait un grand parallélogramme de 21'",;).') de longueur sur 14"',25 de largeur, lequel était terminé par un hémicycle de près de 8 mètres de diamètre. Varro décrit ensuite la

VOLIGE

VOLUTE

colonnade, l'area, les portiques-volières, le pavillon cirunlaire, les piseines, le petit ruisseau qui fournit de l'eau claire et limpide a ses merles et à ses rossignols , le bassin circulaire et central avec un îlot dans son milieu. Il ajoute même : « Dans la coupole du pavillon, pendant le jour on voit l'étoile de Lucifer, et sur le soir l'étoile Hespérus. Ces étoiles se meuvent aux naissances de la voûte hémisphérique de manière à marquer les heures. Au milieu de cet hémisphère j'ai fait tracer une rose des huit vents. — Une tige portant à sa partie inférieure une aiguille et à sa partie supérieure une girouette, établie au-dessus du dôme, indique intérieurement de quel côté souffle le vent. )> On voit que rien ne manquait à la volière de Varro.

VOLIGE, s./. — Planche mince en bois de peuplier, employée pour l'établissement des couvertures en ardoises. Si la volige est en chêne ou eu sapin, ou la nomme plutôt feuillet. (Voy. Bois.) Les voliges n'ont guère que 0"',011 àû™,015 d'épaisseur sur environ 0"V21 de largeur.

VOLIGE AGE, s. m. — Aii'e formée à l'aide de voliges clouées sur des chevrons, et sur laquelle on fixe des ardoises ; c'est une sorte de plancher qui supporte la couverture en ardoise». Dans le voligeage dit jointif, les vohges se touchent, se joignent presque; il y a à peine un centimètre d'espacement entre chaque volige.

VOLUME, VOLUHEX. — Terme d'antiquités. Se dit de livres qui étaient faits de feuilles de papyrus ou de parchemin enroulées autour d'un bâtonnet arrondi de buis, de cèdre ou d'ivoire. Beaucoup de ces derniers bâtonnets ont été pris pour des fragments de flûte. — On donnait à ce bâtonnet, ainsi qu'à ses deux extiémités terminées en bouton, le nom à'ombilic.

VOLUTE, S'./. — Ce terme, dans vm sens général, est employé pour désigner un enroulemeut formé de plusieurs circonvolutions.

Beaucoup de fers de rampes, de grilles, sont tournés en volute ; dans un escalier à limon, la partie de celui-ci qui forme un enroulement sur la marche palière se nomme également rolule. C'est au centre de celle-ci que se place le pilastre qui sert de point de dé-

Fig. 1.

■ Volute du chapiteau du portique tétrastyle de rErecthéion.

part à la rampe. Quand ce pilastre est rem placé par un travail de ferronnerie qui suit en élévation le plan d'une volute, ce travail prend également le nom de voliiie. Mais on désigne aussi et principalement sous ce terme .des

Fig. 2. — Même volute tracée selon la méthode de Goldmanni.

membres d'architecture enroulés en hélice qui décorent les chapiteaux ioniques, corinthiens et composites. Le centre de cet enroulemeut se nomme œil de la volute ; sa cannelure se nomme canal et le bord saillant filet. Il existe divers moyens de tracer la volute.

VOLUTE

Voici il ce sujet ce que dit notre confrère, M. Lesueur, membre de l'Institut (1) :

La divisiuu de la volute en /œuf, huit et demie ou huit parties sur sa hauteur, est tout à fait indépendante de sa grandeur réelle comparativement au diamètre, et le choix parmi les diverses manières de tracer sa spirale est très-important, en

ce qu'il modifie sensiblement la proportion du chapiteau.

Ainsi la volute se divise :

Selon l'école attique, en 'J parties;

Selon Mnésiclès et Hermogènes, en S parties et demie ;

Selon l'école ionienne et Vitruve, en 8 parties.

La méthode de Palladio pour tracer la spirale

Fig. ;î. — Volute du chapiteau du Mausolée.

s'ajiplique au chapiteau ionique de Vitruve et eu général à ceux de l'école ionienne. Toutefois Goldmanni (2) propose une autre méthode consistant à placer les centres en dehors de la C.vrniîTE ( Voy. ce mot), dans la moitié de l'espace de l'œil ; ce qui est, en effet, conforme à ce passage de Vitruve : « Il faudra, eu tra(,'ant la volute, aller par le centre de chacun de ses quatre quartiers , en les diminuant dana la moitié de l'espace de Viril (3). f>

(1) Pages 411 et 412 de ton Histoire et tkéurle de l'architecture, 1 vol. grand in-8° Jésus de 527 pages avec de nombreuses ligures dons le texte, Paris, 1879.

(2) Auteur d'un traité d'architecture en allemand cité par Perrault. (Xole de M. Letueur.)

(3) Livre III, chap. iir.

Les v(jlutes de l'école attique se tracent par une méthode fort analogue à celle de Goldmanni, ainsi qu'on peut le voir par les figures ci-jointes. — La volute athénienne étant divisée en neuf parties et celle de Goldmanni en huit parties et demie (1), la différence entre les deux volutes est dans la hauteur de l'œil. Mais, bien que celui de la première soit

(1) La volute de Goldmauui, faite d'après Vitruve, se divise en huit parties, mais son opération s'applique également à la volute antique, divisée en huit parties et demie, moyennant une légère modification. Le premier centre, placé sur la cathète. a été reporté d'une demipartie en arrière, comme dans l'antique, afin de donner une demi-partie de plus en hauteur à la volute et [lu' conséquent à l'abaque. {Xole de .1/. Lesueur.)

VOLUTE

plus bas que l'autre d'un quart de partie, l'opération faite dans la moitié supérieure de l'œil de celleci ne se trouve pas moins au droit de celle de Goldmanni, parce qu'elle occupe le milieu de l'œil et non sa partie supérieure. Il en résulte que les

Fig. 4. — Chapiteau iouique au temple de Minerve Foliade.

points A, B, C, D, E, sont identiquement placés dans les deux volutes. — ■ Quant à l'irrégularité de l'opération dans la volute antique, elle est produite par l'abaissement du quatrième centre , afin d'abaisser le point F pour donner plus d'espace aux

Fig. 5. — Coussinet (putcinar) du chapictau ionique,

nombreuses moului'es qui compliquent cette voluic escepiionnelle.

Sans rien changer aux proportions d'ensemble on peut, ainsi que nous l'indiquons dans notre figure 2, supprimer le tore orné d'entrelacs, afin de

Fig, 6, — Plan du chapiteau ionique, tig, 4,

donner à l'ove et au collier de perles l'ampleur qu'ils ont dans les autres chapiteaux de la même école. Mais, en simplifiant le chapiteau du temple de Pandrose, dont les proportions d'ensemble sont excellentes, il faut avoir srrand soin de conserver le

listel flexible qui relie si gracieusement les deux

volutes. Sa suppression, dans plusieurs productions de l'école ionienne, est un signe certain de décadence.

La volute du chapiteau du Mausolée (fig. 3),

Fig. 7. — Volute du temple de la Victoire aptère.

qui se divise en huit parties, se trace par une méthode fort semblable à celle de Palladio, mais plus parfaite en ce qu'elle permet d'éviter les angles curvilignes que produit la méthode du collaborateur de Daniel Barbare. — Cette méthode a pour résultat de rapprocher les volutes l'une de l'autre plus que ne le fait la m.Hhode athénienne.

— Volute du temple sur les bords de l'Ilissus.

C'est un inconvénient, grandes.

quand les volutes sont

Dans le chapiteau ionique, on voit tantôt quatre et tantôt huit volutes. L'œil des vo-

VOMIK. -- VOQUER.

lûtes est toujours circulaire; cependant, au temple de Minerve Poliade ( Voy. notre fig. 4), l'une des volutes parait avoir un œil elliptique, parce qu'au-dessus de la colonne d'angle la volute se répète en retour sur la face latérale suivant la diagonale, de sorte que de ce côté, au lieu de voir un coussinet (fig. ô), on aperçoit une nouvelle face de deux volutes, et l'une d'elles, celle de droite, parait elliptique.

Fig. D. — Volate de rintérieur des Propylées.

Notre figure 6 montre le plan de ce chapiteau ; nos figures 7, 8 et 9, le tracé de trois autres volutes dontles légendes indiquent la provenance. Les chapiteaux corinthiens ont jusqu'à seize volutes, huit aux angles au-dessous du tailloir et huit plus petites au centre du sommet de la corbeille; celles-ci se nomment plutôt Hélices. (Voy. ce mot.) Vitruve (IV, 1, 12) les nomme hélices minores. — Le chapiteau composite ne comporte que huit volutes. (Voy. Ordres d'architecture.)

VOMIR, V. a. — Dans les fontaines, ks chéneaux, quand une figure, un masque, jettent de l'eau avec force par la bouche, on dit que cette figure, ce masque, vomissent de l'eau.

VOMITOIRE, VOMITORIUM. — Dans les théâtres, les amphithéâtres et les cirques de l'antiquité, on désignait sous ce terme des portes basses qui donnaient accès des couloirs aux gradins de la cavea. Les vomiloria se

trouvaient au pourtour de celle-ci, en face des escaliers (scahr) qui conduisaient d'une précinction à une autre. (Macrob., Saf., VI, 4.) Ces vomitoires correspondaient aussi soit dans les couloirs intérieurs de l'édifice, soit dans les escaliers desservant le monument et communiquant k l'extérieur de celui-ci. Cette disposition permettait à la foule de s'écouler sur tous les points à la fois, ce qui empêchait l'en-

Fig. 1. — \'oiiiitoire dn Colisée.

combrement. Le Colisée, qui pouvait contenir 90,000 spectateurs, possédait assez de vomitoires et d'escaliers pour permettre à la foule de s'écouler sans embarras en moins de dix ou quinze minutes. — Notre figure 1 montre un vomitoire de cet amphithéâtre ; on voit que les accoudoirs des gradins sont décorés de chiens ; notre figure 2 montre un autre genre

Fig. 2. — Détail d un vomitoire au Colisée, avec son ajustement avec des cariceUi.

d'accoudoir d'un vomitoire de ce même monument; le devant des gradins est pourvu de cancrili on garde-corps. — Voy. Amphithé.v- TRE, Théâtre et Rojiaixe {Architecturr).

VOQUER, V. a. — Terme de potier. C'est malaxer la terre entre ses mains pour la pré-

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