‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 3)Chapitre 237 sur 252 · ti · texte numérisé non relu

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Quels (jue soient les matériaux employés pour la construction des voûtes, on commence par poser les cintres représentant exactement la courbe de la voûte (Voy. CiNtrk), à moins que celle-ci ne soit construite sur pâté ou forme. (Voy. Pâté et Viaduc.) De la construction des voûtes. — La construction des voûtes comprend quatre opérations distinctes : 1" l'établissement des cintres ou des pâtés ; 2° l'exécution de la maçonnerie sur les cintres ; 3" le décintrenicnt ; 4° les travaux complémentaires qui ne sont exécutés qu'après le Décintremknt. (Voy. ce mot.) — Les voûtes de maronnerie sont de trois sortes : 1" les voûtes en pierre de taille ; 2° les voûtes en petits matériaux ; 3° les voûtes légères en briques, poteries creuses, etc. Pour tout ce ■ qui se rattache à ces trois genres de voûtes,

nous suivrons en partie, mais en les analysant pour les abréger, les travaux de Monge et ceux de Dejardins {Routine île rétablissement des voûtes), donnés dans Claudel et Laroque (Pratique de Fart de bâtir).

l 'oûtes en pierre de taille. — • Quand les voussoirs sont taillés d'après les calibres, on procède à leur pose. On commence jiar établir la division des voussoirs, conformément à l'épure, à chacune des extrémités du cintre, en marquant les points de division sm' les courhis, soit par de petites encoches, soit en implantant des pointes; puis, lors de la pose de chaque rang de voussoirs , on trace sur le couchis, au moyen de règles, la ligne d'arasé supérieure, en donnant des points intermédiaires avec des nivelettes, ou en tendant une ligne aux points marqués aux extrémités du cintre. On doit rigoureusement appliquer le principe de la non-continuité des joints, ainsi que les autres principes que nous avons énoncés précédemment. — Afin de diriger tous les plans des joints normalement à l'intrados, on se sert d'une ou de plusieurs fausses équerres levées sur l'épure de la voûte, et dont l'un des côtés fait une partie de la longueur de l'arc de l'intrados, et l'autre une normale à cet arc. — Si l'intrados est tracé à plu.sieurs centres, il faut changer ces feusses équerres chaque fuis qu'on passe d'un arc à l'autre. — Pour la pose des voussoirs, on doit interposer dans chacun des joints un lit de mortier d'une épai.sseiir uniforme d'un centimètre et demi pour les voûtes de grande dimension, et d'au moins huit millimètres pour les petites voûtes. Du reste, cette épaisseur des joints varie avec la nature des matériaux, et nous ne parlons ici que des pierres de taille. Cette même épaisseur varie aussi en raison de la forme des voûtes. On comprend, en effet, que, pour éviter autant que possible le tassement au décintrement , les voûtes en arc de cercle doivent avoir des jdints d'autant plus fins que leur flèche est moindre. Bien des praticiens conseillent avec raison de ne point employer de mortier pour liaisonncr les voussoirs des voûtes; mais dans ce cas il faut que les voûtes soient trèsbien appareillées. Quant aux coulis de plâtre, on ne peut les admettre que pour les voûtes

VOUTE

de peu d'ouverture et d<mt les pierres sont taillées avec beaucoup de précision. — On peut aussi, sans trop d'inconvénients, mettre des cales dans les joints des voûtes dont le lit de pierre est de niveau, cela facilite leur remplissage de mortier. Dans ce cas, voici comment on procède : une fois les cales en place, on abreuve les joints, on les garnit en dessous d'étoupe, de filasse, ce qu'on n<imme JUasser le joint; puis on remplit ce joint avec un cuulls de mortier fin , d'abord très-clair, au(|uel on en ajoute de plus épais au fur et à mesure que s'élève le remplissage du joint ; la partie supérieure de celui-ci est même garnie avec du mortier assez ferme pour lui permettre d'absorber une partie de l'excédant d'eau du coulis inférieur, qu'on peut encore dessécher, du reste, en pratiquant quelques saignées dans les joints garnis de filasse. On doit éviter d'employer des coulis de plâtre. En coulant ou en posant le mortier des joints, il faut avoir soin de n'en pas laisser sous les douelles des voussoirs, quand on les pose sur les cintres, car l'arête de tête de ces voussoirs, ou arête supérieure, s'appliquerait sur le cintre, tandis que l'arête inférieure en serait séparée par l'interposition de ce mortier ; d'où il pouiTait résulter un déversement qui pourrait nuire à la solidité de l'ouvrage. En outre, ce déversement, quelque léger qu'il fût , produirait à l'intrados de la voûte des balèvres d'un fâcheux eifet et qu'il faudrait retailler après le décintrement. — Le poseur doit affermir chaque voussoir, au fur et à mesure de leur pose, au moyen d'une dame eu bois en forme de maillet , afin de ne pas faire d'écornures aux voussoirs ; il doit également apporter tous ses soins à remplir, au moyen d'éclats de pierre dure enfoncés à bain de mortier, les vides qui pourraient exister entre les lits et les joints par suite de défauts dans les voussoirs ; il doit s'assurer, en un mot, que tous les joints sont parfaitement couUs ou fichés. — Les deux côtés ou reins de la voûte doivent être montés en même temps, afin que leur poussée se fasse équilibre sur le cintre et ne le détruise pas ; ensuite cela permet au mortier de prendre une consistance égale et en même temps des deux côtés, de sorte que si

au décintrement il se produit un tassement, il s'effectue d'une manière uniforme. C'est pour le même motif qu'il convient de ne poser un cours de voussoirs que quand le précédent on l'inférieur est entièrement posé.

La partie la plus délicate de l'exécution d'une voûte est sa fermeture ; elle doit être faite de manière à limiter autant que possible le tassement lors du décintrement. Cette opératif>n se pratique de iilusieurs manières , qui reposent toutes sur le même principe.

Voici leprocédé généralement suivi. Quand il ne reste plus à poser que les clefs et les contreclefs, on commence par fermer la voûte à ses extrémités et dans l'intervalle, si la longueur de la voûte l'exige ; on pose d'abord les contre-clefs, puis on relève le vide qu'elles laissent entre elles, et on taille la clef à la demande de ce vide ; on enduit les faces des contre-clefs d'une couche de mortier épais, mais gras et onctueux ; enfin on pose la clef, qu'on enfonce à coups de maillet jusqu'à ce que le mortier souffle de toutes parts et que la pierre porte sur le cintre. — Il existe encore deux autres modes de fermer une voûte en piei're de taille qui méritent d'être rapportés; les voici :1e premier consiste, après avoir recouvert les contre-clefs d'un couchis de mortier, à suspendre la clef taillée à la demande du vide et à la laisser tomber à sa place en la dirigeant convenablement. La suspension de la pierre s'obtient au moyen de la Louve (Voy. ce mot) et de la chevrette. Avant d'entamer cette opération, on a soin d'enlever auparavant le couchis, au-dessous du rang que doit occuper la clef. Chacune des pièces qui composent ce rang peut descendre un peu au-dessous de l'intrados, et l'on doit même opérer de manière à ob: tenir ce résultat, afin qu'une petite retaille faite à la clef seule puisse rendre unie toute la surface de l'intrados. En emp)loyant ce dernier système de fermeture, les voûtes sont mieux bandées, et même il en résulte aussitôt un commencement de décintrement, c'est-àdire que l'on reconnaît, à n'en pas douter, que la pression sur le cintre a sensiblement diminué. Cette manière d'opérer est sans contredit la meilleure , mais elle exige beau-

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