AJOUTE
coup de précision pour son exécution, et son application n'est pas toujours possible. — La seconde méthode, dont il nous reste à parler, consiste à poser à sec les contre-clefs et la clef, en les espaçant de manière à réserver l'épaisseur des joints; puis dans ces in-
Fig. 4. ■
Garnissage des reins d'une voûte en briques de champ.
terstices on fchc du mortier d'une consistance convenable. Quelquefois on chasse dans ces joints réservés des éclats de tuile bien droits et bien cuits. Ce procédé néanmoins ne vaut pas le précédent; cependant, dans certains cas, il peut être emjiloyé à cause de sa simplicité.
Voûlcs m petits matériaux. — Pour les voûtes en moellons soit de pierres calcaires, soit de meulières ou autres matériaux, le
Fig. s. — Voûte en tuiles plates (plan).
mode d'exécution est à peu de chose près le même que pour celles en pierres de taille : on doit donc appliquer les mêmes principes. Quand la voûte est faite de petits matériaux régulièrement taillés, comme par e.xemple (les moellons piqués, il faut également tracer
sur le cintre les joints longitudinaux de chaque cours de voussoirs. — Aven de petits matériaux qui ne sont pas régulièrement taillés, il faut, autant que possible, placer vers l'intrados leur épaisseur la plus faible, et, dans tous les cas, enfoncer, à grands coups de hachette, à l'extrados et entre les queues
Fig. 6. — Voûte en tuiles plates à rebord (C-lévation).
de ces matériaux, des éclats de pierre dure en forme de coins. Ceux-ci sont destinés à serrer chaque moellon et à bander la voûte comme si les pierres étaient régulièrement taillées. Du reste, il ne faut jamais perdre de vue que dans ces sortes de voûtes toute la solidité réside dans la cohésion de la maçonnerie. L'emploi du ciment dans la construction des voûtes en petits matériaux a généralisé celles-ci d'une manière considérable ; le ciment leur a permis de rivaliser en quelque sorte avantageusement avec les grandes voûtes en pierre de taille. En effet, les constructions de voûtes eu ciment et petits matériaux sont égales, sinon supérieures, au point de vue de la double économie du temps et de la dépense. Le constructeur a su apprécier ces avantages.
Fig. 7. — Brique à 3 canaux.
C'est ce qui fait que dans ces dernières années nous avons vu se généraliser d'une manière si prompte la construction des voûtes en ciment et en petits matériaux.
Voûtes légères en. briques. — Le gonflement du plâtre, lors de sa prise, est dans certains
VOUTE
cas d'un grand secours pour la construction des voûtes, et permet, comme le ciment, d'employer, pour l'édification de ces sortes d'ouvrages, des matériaux dont la forme paraît peu propice; d'ailleurs, la solidité des voûtes
construites de cette manière réside plutôt dans la force expaneive du plâtre que dans l'arrangement et la disposition des matériaux. Cependant il faut tenir un certain compte
Fig. 9. — Briiii
àur 2 rangs.
de cette dernière considération; car, avec des matériaux semblables, le plus ou moins de légèreté qu'à solidité égale on peut donner aux voûtes, dépend d'un emploi judicieux
Fig. 10. — Brique à D cauaux siir 3 rangs,
qu'on fait de ces mêmes matériaux. Ainsi, on peut construire des voûtes très-solides avec un seul rang de briques ordinaires posées à ])Iat ou en épi, ou avec deux rangs
oisillons.
de briques disposées de même et à joints croisés pour chaque rang. Une chape en plâtre et des dosserets en plâtras, établis sur les reins des voûtes en petits matériaux, leur assurent toute la résistance nécessaire dans les cas ordinaires. Xotre figure 4 montre la coupe d'une voûte de ce dernier genre.
— Anciennement, pour la construction des voûtes légères, on employait des briques à rebords semblables aux tuiles antiques employées en couverture; on obtenait avec ce genre de briques une résistance considéra-
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Fig. 12. — Voûte annulaire on descente.
ble, qui permettait de donner très-peu de flèche à la voûte , comme le montre nos figures 5 et (j. On a renoncé avec raison à ce mode compliqué de construction ; car, dans les pays où le plâtre est bon, les simples briques ordinaires sont suffisantes pour faire d'excellentes voûtes; dans les pays, au contraire, où le plâtre est mauvais, on emploie le ciment ou le mortier de chaux. — On construit également des voûtes légères en poteries ; mais
. 13. — Voûte en cul-de-four (voussoirs horîzoutau.x).
ce dernier genre de construction, qui trèsanciennement a été fort employé, est aujourd'hui presque délaissé, car aux anciennes poteries on a substitué de nos jours des briques creuses à 3, 4, 6, 8 et 9 trous ou canaux ; on a même fabriqué des briques à croisillons. (Voy. nos figures de 7 à 1 1 .) Nous terminerons ce que
VOUTE
nous avons à dire sur les voûtes en briques en parlant d'un mode de construction assez curieux. Au moyen de briques et de briquettes, et en employant un liant ;i prise très-prompte, comme le plâtre ou le ciment, on peut établir certaines voiites sans faire usage de cintres. Pour cela, il suffit de construire les voûtes par zones obliques et se dcchartreant
Fig. 14. — Voûte en cul-de-four (votissoirs parallèles).
vers le centre de la partie de voûte antérieurement construite. En disposant les briques en façon d'épi au lieu de les placer parallèlement, on peut non-seulement construire des voûtes légères sans cintres, mais on a sur le procédé précédent l'avantage de faire avancer la voûte sur toute sa longueur à la fois. Ce dernier système permet aussi de conduire
J'ig. 1.5, — Coupe d'une voûte d'arûte.
la voûte suivant une section diagonale, d'un pied-droit k l'autre. Ajoutons cependant que cette manière de construire les voûtes sans cintres entraîne un surcroit de main-d'œuvre ; mais la suppression des cintres, surtout quand les maçons sont exercés à ce genre de travail, procure une économie notable ; c'est pourquoi on l'applique avec beaucoup d'avantage aux voûtes de cave construites en moellons.
Ou conçoit, d'ailleurs, que cette manière d'opérer, même eu cmj)loyant des mortiers et des matériaux ordinaires, permet d'alléger considérablement les cintres, puisque chaque
i'ig. 16. — Plan d'uue voùt« d'arête.
zone oblique, aussitôt établie, est feiinée par
sa clef, et par cette fermeture immédiate la voûte s'équilibre successivement petit àix-tit, de sorte qu'on a peu à craindre les fissures qui se produisent assez communément par la compression des joints.
Des divers genres de voûtes. — On divise ordinairement les voûtes en deux grandes classes : les roi'i les simples et les roules composées. Appartiennent à la iiremière
Fib'. 17. — Voûte d'an'tc sur plan irre^gulior,
division, tontes les voûtes engendrées par la révolution d'un arc quelconque, soit celles qui sont engendrées par le mouvement de progression d'une ligne continue, constante ou variable, suivant une direction donnée. — Dans la deuxième division, on classe toutes les voûtes formées par la combinaison de deux ou plusieurs voûtes simples. Parmi celles-ci on range : la plale-la/ide
YOUTK.
appareillée en coins ou la voûte en plate-lande, dont la génératrice est une droite et dont la face d'intrados ou doiiellc est lisse; la voûte en plein cintre, dont la section normale à l'axe est un demi-cercle ; la voûte en onde cercle, dont la section est un arc de cercle plus petit que la demi-circonférence ; la voûte en ellipse, en anse de panier, en parabole, à chaînette, dont la section normale est une des courbes mentionnées. — On nomme :
Voûte surhaussée ou surmontée, la voûte
Fig. 18. — Voûte d'ai-t-t« sur plan irrégailicr et rampante.
dont la génératrice est un arc de cercle plus grand que la demi-circonférence : un arc surhausséj ou surmonté d'une façon très-sensible, c'est Y arc en fer « cheval, Varc oyival en lance tic, etc. ;
Voûte surhaissée, la voûte dont la génératrice est, an contraire, moindre que la demicirconférence ;
Voûte en oyire, celle dont la génératrice
Fig, 19. — Voûte triangulaire.
est formée de deux arcs de cercle qui se coupent sous un angle plus ou moins aigu : il y a la voûte en ogive, en tiers-point, en lancette, etc.;
Voûte rampante, la voiite dont la génératrice est une com-be ayant ses naissances
à des iiiveau.\ ditl'érents; cette génératrice peut avoir plusieurs centres : dans les théâtres et dans les amphithéâtres de l'antiquité beaucoup d'escaliers étaient supportés ou couverts par des voûtes rampantes.
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