ROBINET
coi-ps de la clef d'un robinet de jauge ; on voit (fig. G) un petit trou, comme un trou
Flg. 6. — Clef d'an robinet de jauge.
d'aiguille, qui débite une quantité d'eau déterminée par vingt-quatre heures ; mais pour
Flg. 7. — C'i'itû lin filtre.
que ce petit trou ne soit pas obstrué, la clef porte de l'autre côté un petit filtre (pi'on voit
Fig, 8. — Ouverture à robinet plein.
fig. 7. Enfin, perpendiculairement au trou et au filtre, la clef de robinet a une large ou-
verture dite à roliinel plein , dans les cas où il fimdrait fournir une grande quantité d'eau, pour éteindre un incendie, par exemple (fig. 8).
Robinet flotteur, un robinet dont la clef est sur le côté et porte une petite tige de
Fig, 9. — Robinet à repoussoir (coupe).
fer terminée par une boule de métal creuse, qui flotte suf le liquide quand le réservoir est plein ; mais dès que le niveau baisse, la boule, entraînée par le niveau, baisse également et ouvre le robinet, qui en coulant élève le niveau, et la boule, s'élevant également, ferme le robinet.
Robinet à repoussoir (profil).
RoniNET EN COL DE CYGNE, cclui dont la clef est courbée et taillée en col de "cygne; il est employé pour les fontaines en niche et surtout pour les baignoires.
Robinet a repoussoir, celui qui se ferme par la seule pression de l'eau. Il en existe de divers systèmes. Notre figure 9 montre en coupe l'un des plus ingénieux; la figure 10 est le profil de ce même robinet. La clef porte une encoche qui maintient une rondelle métallique sur laquelle agit un ressort à Vovdin ; (piand on manœuvi'c la clef et qu'on la maintient avec la main, la rondelle est repoussée et l'eau s'écoule ; mais dès que la main quitte la béquille de la clef, le ressort agit, presse la rondelle et la remet dans sa position première. 11 existe des modèles de robinet à repoussoir pour bornes-fontaines.
ROBINIER. - ROCHOIR.
Robinet de jauge, celui dont un arrêt ou moraiUon détermine la quantité dont la clef doit être tournée pour fournir une certaine quantité d'eau dans un temps donné. Ces robinets ne fonctionnent régulièrement qu'autant que la pression d'eau ou la charge est constante.
ROBINIER ou FAUX ACACIA, s. m. — Arbre de la famille des légumineuses. Il existe trois espèces de faux, acacia ou robinier .- le blanc, le rose et le risqueia: Cet arbre se plaît dans les terrains légers, profonds et secs ; son bois est jaune veiné de bandes brunes et yerdâtres ; il est uni, dur et susceptible de prendre un beau poli. S'il avait des dimensions suffisantes, il serait excellent pour la charpenterie, mais il ne sert qu'à faire des pilotis, des chevilles pour les navires et certaines parties de charpenterie navale. Sa pesanteur spécifique est de 0,680 quand il est sec. (Voy. Acacia.)
ROC, s. m. — Blasse de pierre dure qui tient à la terre. C'est donc nu terrain solide et résistant qui constitue un excellent fond pour bâtir; mais il faut s'assurer qu'il est plein, c'est-à-dire si au-dessous du roc il n'existe pas des excavations ou des grottes, ce que les terrassiers reconnaissent facilement quand ils entaillent le roc pour le dresser et fournir une bonne assiette aux inondations.
ROCAILLE ou ROCAILLAGE. — Genre de revêtement fait de coquillages, de pierres naturellement perforées, de meulière, de brique, 'etc. La rocaille appartient à l'architecture dite rustique, ou architecture des jardins; on l'emploie pour décorer les constructions utilisées pour l'ornement des jardins et des parcs, telles que pavillons de lecture et de repos, salles de billard et pour divers jeux, salles de bains, kiosques, balustrades, observatoires, labvi'inthes, cascades, grottes, fontaines, ruines de monuments, etc. — Pour obtenir des tons différents de meulière, on la fait chauffer à divers degrés de chaleur, puis on la scelle sur les constructions sur un crépi de mortier de chaux et de ciment. — On donne plus spécialement le nom de rocaillage au gar-
nissage i\\i t à Ijai n de ciment sur les parements de murs construits en meulière. On exécute ce genre de travail dans les soubassements de maisons humides, dans les bassins, fosses d'aisances, etc.
Rocaille (Style). — On désigne sous ce terme un style d'architecture du règne de Louis XV, parce que l'ornementation des bronzes, des meubles et de l'architecture consistait en coquilles et en rinceaux tourmentés qui rappelaient les rocaillcs naturelles. Aujourd'hui, on dit : des vases, des pendules, des candélabres rocaille, pour désigner les objets décorés de ce style Louis XV.
ROCAILLEUR, s. m. — Ouvrier spécial qui exécute les travaux de rocaille ou de rocaillage, tels que grottes, fontaines, cascades, vohères, etc. (Voy. Rocaille.)
ROCHE, s. /. — Pierre dure, de bonne qualité, d'un grain assez inégal et quelquefois coquilleuse dont la hauteur de banc varie de 0'",35 à 0°',72. Il existe une grande variété de roches; les meilleures employées dans les constructions de Paris sont tirées des carrières de Bagnenx, de Chàtillon, de la Butte-aux-Cailles, d'Arcueil, d'Ivry, du Moulin de Bel- Air, de Charenton, de Vitry, etc. La roche pèse environ 2,.300 kilogr. le mètre cube.
Roche (Fer de). — On nomme fer de roche, fer demi-roche, un fer doux et facile à travailler.
ROCHER, s. 711. — Gros quartier de pierre moussue qu'on utilise dans les parcs et jardins pour créer des rochers artificiels, des grottes, des cascades, enfin des constructions du genre Rocaille. (Voy. ce mot.)
ROCHET, s. m. — Terme de mécanique.
On nomme roue à rocket, ou simplement rochcf, une roue garnie de dents recourbées ou crochues qui reçoivent le cliquet d'arrêt de la machine : c'est donc une roue d'encliquetage.
ROCHOIR, s. m. — On nomme rochoir, ou boîte à roche, la boîte dans laquelle les fondeurs ou les ouvriers serruriers mettent leur
ROCOCO. — ROMAINE (architecture).
borax, qu'ils nomment roche. Ces ouTriers (étalent le borax sur la surface eliaiiff'éc des pièces de fur à souder; eu fondant il forme avec l'oxyde de fer de la surface des fers une matière vitreuse qui coule sous le choc du marteau. C'est une sorte de décapage qui facilite éminemment la soudure.
ROCOCO (Style). — Style d'ornementation et d'arcliitecture du xviii" siècle qui a pris naissance peu après le style Rocaille. (Voy. ce mot.) Ce style n'est composé que d'ornements bizarres et contournés, de frontons coupés, de lignes courbes, de rocailles, de guirlandes de fleurs et de fruits entrelacés souvent d'une façon grotesque ; enfin l'en- Bcmble du stj'le rococo ne présente que des formes très- tourmentées.
Lors de son apparition, ce style fut trèsapprécié ; ce fut un véritable engouement. On créa dans ce style des meubles, cliaises, fauteuils, bureaux, pupitres, pendules, cartels, chenets , devants de feu, candélabres, etc. ; l'argenterie et les bijoux revêtirent également ce style; aussi, peu d'années après avoir atteint à son apogée, le rococo tomba et la mode adopta un style tout contraire : c'est alors qu'apparut le style pseudo-grec, froid et compassé, qui a régné presque exclusivement sous le premier empire.
ROCOU, s. m. — Substance légèrement résineuse qu'on extrait des semences de deux arbres exotiques, le hLca orellana (rocouyer) et le mciella imctoria ; elle sert aux doreurs à donner le vermeil à For. Le bon rocou doit être brun à l'extérieur et rouge à l'intérieur, et dégager une odeur très-forte. On dit également roucou,
RODAGE, s. m. — Action de roder. Les miroitiers font le rodage des glaces, les fontainiers celui des clefs de robinets, etc. (Yoy. le terme suivant.)
RODER, V. a. — Frotter deux surfaces l'une contre l'autre, après avoir interposé entre elles du grès, de la poudre d'énicri, ou.tout autre poudre corrosivc. Les fontainicrs rodent
les clefs des robinets en les frottant avec du grès et de l'émeri, et en les tournant et retournant dans les boisseaux des robinets. Après le rodage , les clefs sont parfaitement ajustées ; dès lors toute fuite de liquide devient impossible. On rode également avec un instrument nommé roduir.
RODEÏ, s. m. — Sorte de roue hydraulique.
RODOIR, s. m. — Instrument servant à roder, à faire le rodage; c'est aussi un instrument qui sert à unir et polir le dessous de la tête des vis.
ROE, s. — m. Vieux mot qui servait .à désigner un pupitre tournant horizontalement ou verticalement.
ROGNE, s. f. — ]\Iousse noirâtre et rougeâtre qui vient sur le bois et le gâte.
ROGNURES, s.f. pi. — Débris de peaux de mouton , d'agneau, de veau et de parchemin, qui servent à faire la colle dite de peau.
ROLE, s. m. — LTn feuillet ou deux pages d'écriture {recto et verso) d'une minute, d'un mémoire, d'un état des lieux, etc.
ROMAINE (Architecture). — Les Romains reçurent des Etrusques, et plus tard des Grecs, les notions d'architecture qui leur permirent de créer un art à eux, tout à fait original, bien que des auteurs aient avancé le fait contraire. Si Quatremère de Quincy n'a pas été le premier à émettre cette idée, nous pourrions dire cette erreur, à savoir qu'il n'existe pas d'architecture romaine proprement dite, cet auteur l'a du moins propagée et après lui beaucoup d'autres n'ont fait que reproduire cette idée de Quatremère, sans se soucier de contrôler et d'ajipuyer par des faits les paroles au moins bien hasardées de cet auteur, qui a écrit (Dict. d'arch.) : <i Rome de tout temps eut donc la même architecture que les Grecs. Il n'y a donc pas, ;i proprement parler, à' architecture romaine, si par cette épithète on entend une architecture originale.
ROMAINE (architecture).
ou si l'on veut, originaire de Rome. » Si les paroles de l'éminent architecte que nous venons de citer étaient littéralement vi'aies, le présent article n'aurait pas de raison d'être et, après ce qui précède, nous n'aurions plus rien
Vi^. 1. — Chapiteau composite (intéricnr (le la njmphée de Nîmes).
à écrire sur ce sujet ; nous nous bornerions à renvoyer le lecteur à notre article sur l'architecture grecque. Malheureusement , ou plutôt heureusement, il n'en est point ainsi; les Romains ont bien créé un style particulier d'ar-
Feuilles d'acantlie de la belle époque.
chitecturc qui leur appartient en propre, qu'ils n'ont emprunté à aucun autre peuple, nous espérons bien le démontrer.
Du reste, le même auteur reconnaît bien que son affirmation est par trop radicale, aussi
a-t-il soin de la rectifier immédiatement par les lignes suivantes : « Cependant quand on parle d'art , et qu'on y joint le nom d'un peuple ou d'une contrée quelconque, on n'entend pas toujours, dans le langage ordinaire, que le nom de ce peuple le désigne comme inventeur particulier et exclusif d'un mode original qui imprime à tout ensemble une physionomie, une manière d'être spéciale. Il suffit souvent
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Fig. 3.
Chniiit'iu de }.i:a-trL^ daiH la nyitiijhèe de Killies.
d'une variété de goût, soit dans l'emploi des même types, soit dans la grandeur ou la richesse des ouvrages, soit dans la physionomie que le climat y rend sensible, pour autoriser le critique à désigner un art et ses produits par l'adjonction d'un nom soit de siècle, soit de pays en particulier. »
Eu effet, les divers motifs indiqués dans cette citation suffisent parfaitement pour ca-
Fig. 4. — Base de colonne à la nymphée de Nîmes.
ractériser un style d'architecture; mais le peuple romain a d'autres titres autrement puissants à invoquer en faveur de son architecture, qui a fait, nous l'accordons volontiers, de nombreux emprunts à la Grèce , mais qui
ROMAINE (architecture).
est entièrement différente de l'architecture hellénique : elle constitue un art original tout à fait caractéristique et qui ne procède d'aucun autre, nous allons le voir. Si donc nous établissons un parallèle entre ces deux architectures, que voyons-nous? Le style grec est fiu, délicat, d'un goût épuré, séduisant, calme et tranquille ; ses mouumeuts n'ont pas d'énormes proportions. Le style romain, au contraire.
est lourd, surchargé, souvent de mauvais goût ; il est l'expression de la vanité, de l'amour de paraître ; il veut étonner et captiver la foule , il sent le faîte et l'orgueil , enfin ses édifices sont des masses considérables. Yoilà pour les généralités. Si nous étudions les détails, les Grecs ont des moulures sobres et d'une grande simplicité ; ils n'utilisent que la colonne et le pilastre, la plate-bande et le plafond : tels sont
rig. 5.
Corniche des thermes de Nîmes.
leurs éléments de construction. Les Romains, au contraire, emploient des moulures fort compliquées; ils utilisent aussi la colonne et le pilastre, mais, en outre, l'arcade, la voûte, la coupole et d'énormes massifs de maçonnerie totalement inconnus des Grecs. L'ornementation de ceux-ci est extrêmement fine et délicate , d'un goût exquis ; celle des Romains est en général lourde, tapageuse, de mauvais
goût, d'une exubérance de mauvais alui. Voilà pom* les détails. Comme le lecteur peut en juger, ces deux styles ne se ressemblent guère. Il est vrai que les Romains ont emprunté à leurs maîtres es arts trois ordres, l'ionique, le dorique et le corinthien ; mais s'ils n'ont guère employé les deux premiers, ils se sont emparés du dernier, et ils l'ont si bien transformé qu'ils en ont fait presque un ordre nouveau, le com-
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tUcruii.3 de Nîmes.
posile. Quant au toscan, ils le tenaient des Etrusques. Ainsi donc il est acquis que les Romains n'ont rien inventé en fait d'ordres, ils se sont contentés d'enrichir et de surcharger d'ornements le corinthien, dont ils ont ftiit un ordre national ; mais ils ont créé des entrecolonnements et des arcades. Ils ont fait davantage encore : ils ont imaginé de toutes pièces des monuments qui n'existaient pas avant eux, totalement inconnus des Grecs, monuments qui à eux seuls constituent un ensemble d'architectm-e remarquable et qui suffiraient à la gloire artistique d'un peuple. Les
Romains sont, en effet, les inventeurs des amphithéâtres, des cirques, des hippodromes et des immenses bains nommés Thermes.
— Voy. ce mot, Cirque, Hippodrome, Amphithéâtre et Grecque {Architeclurc).
Nos figures feront très-bien comprendre au lecteur ce qui précède et serviront, pour ainsi dire, de corollaire aux généralités que nous venons d'énoncer. Notre figure 1 montre un chapiteau composite de l'intérieur de la nymphée de Nîmes. On voit que l'artiste qui a créé ce chapiteau a voulu faire riche, aussi cette composition est-eUe empreinte de lourdeur ;
EOMAINE (arciuïecture)
ce défaut est très-saillant, surtout si nous comparons les feuilles d'acanthe qui décorent
ce chapiteau avec celles de la belle époque (fig. 2). Notre figure 3 représente un chapiteau de pilastre d'une grande richesse décorative qui provient du même monument, tandis que nos figures de 4 à 12 font Toir des spé-
cimens de bases et de corniches provenant des anciens thermes de Nîmes, aujourd'hui démolis. Notre figiire 13 est une corniche d'entablement des mêmes thermes. Nous avons pris ces exemples dans les monuments de Nîmes parce qu'ils sont, pour ainsi dire , de type de l'architecture romaine presque au moment
M5h£kîyija5uyM^y.-riîy:i~î^^
Fig 7 — Corniche de» tLenuea Ue ^imtb
de sa plus brillante période. Notre figure 14 fait voir une vue des débris du temple de la Concorde à Home ; notre planche LXXXI, une des frises d'entablement du forum de Nerva ; enfin notre planche en couleur LXXXII, une porte de l'enceinte romaine de Nîmes, dite )ivrted'Au(/uste: nous l'avons dessinée d'après nature en 1862 ; depuis cette époque, une rue
a été ouverte à gauche de ce monument.
Sous la Kome des rois, l'art gréco-étrusque fut seul en usage. Les temples à leur origine ne sont d'abord que de petits édifices carrés en bois, couverts de roseaux ; ils ne diffèrent guère de la cabane servant de logement aux premiers Romains, cabane dont celle de Romulus, réparée pendant tant de siècles, peut
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1 ig. s. — hiUL- Uaiiû ie.s liieimc^ ae ^iniL?.
donner une idée. Plus tard, le temple est bien construit eu pierres, mais il n'est pas beaucoup plus grand, à peine si la statue du dieu peut s'y loger. Romulus f 754-717) élève divers temples à Jupiter Fèrétricn, à Jupiter Stator, à Mars, au Soleil, à la Lune, à Vesta. Son successeur, Numa Pompilius (717-673), érige des tem^iles à la Foi, à la Fidélité, et à Romulus et Janus. Tullus Ilostilius (673-640) dresse près du forum la colonne dite f/r.s Ciirùiccs, parce qu'on y suspendit les dépouilles de ceux- -i; uous ignorons si sous le règne de Tullus
on construisit d'autres édifices. — Ancus Martius (640-G17) entoure Rome de murs, jette un pont de bois sur le Tibre, et creuse un port à Ostie. (Voy. Pokt.) C'est ce roi qui fit construire la prison Mamertine, dont il subsiste encore aujourd'hui des restes. Après Ancus, Tarquiu l'Ancien (617-578) élève les premiers monuments remarquables, entre autres le gi-and cirque situé entre l'Aventin et le Palatin, et qui possédait dans son pourtour des sièges en pierre pour les spectateurs ; il entoura de portiques le forum et construisit
ROMAINE (AKCIIITECTURE).
le fameux égout la Cloaca m a. ri m a, afin de des sécher le marais qui existait .entre le Palatin et le Capitule. Notre fig. 13 his montre une bouche d'égout de la Cloum. Denys d'IIalicarnasse (III) nous informe que c'était une des trois plus considérables constructions faites par les Romains ; nous en avons parlé au mot Égout. — Servius Tullius (578-534) rebâtit les murs
de Rome; sur \q forum hoariinn, il élève uu temple à la Fortune et il ajoute à la prison Jlamertine un cachot souterrain, qui existe encore et que nous avons donné au mot Prison. (Tite-Live, I, 44.) Enfin, Tarquin le Superbe (534-509) répare l'enceinte de la ville, commence le célèbre temple de Jupiter Capitolin et décore de beaux portiques le grand
Fig. 9. — Corniche des thermes de Nimes.
cirque {Circus maximus). (Denys d'Halicarn., I, IV; Tite-Live, 1,48.)
Après la monarchie, il ne règne dans Rome qu'un esprit de guerre, une soif de conquête tout à fait contraires à l'exercice et à la pratique de l'art ; cependant il se construit divers monuments, surtout de ceux qui ont un caractère d'utilité générale, tels qu'aqueducs, chaus-
sées, 'voies, greniers, magasins et entrepôts. Le plus ancien temple construit sous la république est celui que Spurius Cassius dédia à Baechus, à Cérès et à Proscrpine, dont le tympan du ft'onton était décoré de statues en argile et en airain dorés. Un travail assez important, construit sous la république, est le canal du lac d'Albano. On éria'ca également
Fig. 10. — Base dans les thermes de Nîmes.
un grand nombre de temples, parce que chaque général vainqueur en dédiait un au dieu qu'il avait invoqué avant la bataille et qui l'avait rendu victorieux; aussi Mars, Junon, en possédaient plusieurs, mais ils n'avaient rien de bien remarquable, et, du reste, il ne subsiste aucune trace de ces anciens monuments. La guerre avec les (iaulois fut fatale à Rome; elle fut presque totalement incendiée, les temples seuls échapiièi-ent aux flammes (390 av. .I.-C). Quand les Romains eurent chassé les (ïaulois, ils rebâtirent la ville à la hâte
sans aucune espèce de plan d'ensemble. Aprè^ la conquête de la Sicile et de la Grande-Grèce, les Romains firent de notaljles progrès dans l'art de bâtir; la vue des monuments de la Sicile leur ayant ouvert de nouveaux horizons, ils substituèrent à la simplicité antique un grand luxe décoratif, pour lequel ils utilisèi-ent les œuvres d'art qu'ils avaient pillées aux peuples conquis. Après la prise de Syracuse par Claudius .Marcellus (312), les Ronuiins commencèrent à cojùer l'arcliitecture grecque, [tarée que ce général a\ait rapporté dans son
ROMAINE (AueinTECTUKB).
butin tant (l'œuvres si remarquables qu'elles eausèrent à Rome une profonde surprise; jamais le peuple romain n'avait vu un i)areil speetaele. Une grande partie de ces richesses se trouvaient réunies dans le temple de l'Honneur et de la Vertu, situé près de la porte Ca- ■pena. Ce temple avait été construit par Caïus Mutins, le plus ancien architecte romain dont le nom soit parvenu jusqu'à nous, parce qu'il
a été cité avec celui de quelques autres architectes par Vitruve (III, 1). — Des dalles de marbre , arrachées au temple de J unon Lacinienne à Crotone , furent employées à la couverture du temple de la Fortune équestre, (jue Fulvius Placcus avait élevé après sa victoire sur les Celtibériens. — Pendant sa censure , Porcins Cato jeta les fondations du premier édifice d'un nouveau genre, nous voulons dire
Base dans les anciens thermes de Nîmes.
de la hasiliriue Porcia, située sous la rurit', près du forum. (186 ans av. J. C.)
Après la guerre contre les Ligures, le duumvir Glabrion consacra un temple à la Piété, dont il reste encore des ruines. Fulvius Flaccus édifie bientôt une seconde basilique, la basilique Ftdvia, qui fut reconstruite plus tard par Paul- Emile et dénommée dès lors hasilica ^-Emiliatui. Une fig^uration de cet édifice
se trouve gravée sur le pian de marbre (^u'on voit aujourd'hui dans le musée du Capitole à Home. Au mot Basilique (fig. 1), le lecteur peut voir un croquis représentant un fragment de ce plan. La basilique de Paul-Emile fut la septième élevée dans Rome. Auparavant, Titus Sempronius en avait érigé une troisième, la basilique Sempronia. C'est vers cette époque que les riches particuliers, qui
MfiSlîïlHMMlMIÏÏISMMlW^^ iWfigygl
Fig. 12. — Comiche des thermes de Nîmes.
jusque-là avaient vécu à la campagne, vinrent se fixer à Rome, qui s'embellit d'autant plus rapidement que les censeurs F. Flaccus et A. Postumius Albinus favorisèrent au plus haut degré l'embellissement de la ville. Ce sont ces censeurs qui la firent paver, l'ornèrent de portiques, agrandirent le cirque et jetèrent des ponts sur le Tibre en dehors de la ville (Tite-Live, XII, 27), pour donner passage à de nouvelles voies. — Après les guerres de Macédoine contre les rois Philippe III et Antiochus III, les Romains se familiarisè-
DiCT. D'aKCHITECTL'UE. — T. IV.
rent de plus en plus avec le luxe et les mœurs des Grecs et des peuples orientaux. Eblouis par les riches butins rapportés par Paul- Émile de sa conquête de Macédoine et par ceux d'Aiiicius, faits sur le roi d'Illyrie Gentius (Tite-Live, XLV, 39 et 43), c'est à partir de cette époque que les Romains entassèrent dans leurs monuments, surtout dans leurs temples, et cela sans discernement et sans goût, toutes les plus belles œuvres d'art pillées sm'les peuples conquis. S'ils les étalaient avec ostentation, ils n'en connaissaient paspour cela
î ir.
EOMAINE ( Alton ITKCTURK).
la valeur, et chacun se rappelle sans doute l'anecdote de (Mummius rapportée par Yelléius Paterculus (I,i;3)(jui écrivait cent soixante ans après le général), qui, vainqueur de Corinthe, disait à un entrepreneur, chargé d'emporter les merveilles d'art de cette ville : m Et surtout prenez bien garde de ne rien perdre et de ne rien briser; sans quoi, je vous obligerai à en refaire d'autres. •» Ce récit, qui nous paraît aujourd'hui inconcevable, surtout dans la bouche d'un général en chef, n'est peut-être pas invrai-
semblable. — La quantité très-considérable d'objets d'art de provenance helléniiiuc rapportée après les guerres de Macédoine et la prise de Corinthe donnèrent aux Romains le goût hellénique ; aussi tous les édifices construits après cette époque, c'est-à-dire après l'an 1 GO av. .I.-C, sont des imitations plus ou moins réussies de l'art grec. Dans la plupart de ces édificesTornementation pèche par un manque absolu de goût. Jusque-là les monuments avaient été construits en' brique ou en pierre, ce fu>'
Fig. 13. — Corniche d'entablement d.ans les thermes de Nîmes,
Qnintus Métellus, surnommé le llaréchnim ( Velléius Paterculus, 1, 2), qui éleva le premier temple en marbre, qu'il dédia à Jupiter Sfrtior ; il en confia l'exécution aux architectes laeédémoniens Saurus et ]iatracus.(Phne, XXXVI,5.) Ce même Métellus en érigea un second à Junon. Bientôt après furent construits, près du cirque, le portique de Cnéus Octavius, et, sur le Capitole, celui de Seipion Nasica. Après sa guerre contre Mithridate, Sylla fit transporter à Piome tous les trésors qu'il avait piUés en Grèce ; ce général n'épargna pas même les temples : c'est ainsi (pic, pour orner le temple de Jupiter Capitolin, il enleva les colonnes du
temple de Jupiter Olympien d'Athènes, qui avait été construit sous Antiochus Kpiphane par un architecte romain nommé Cossutius, lequel temple passait pour un des pins admirables édifices de la Grèce. Vitruve parle avec beaucoup d'éloges des écrits de Cossutius, malheureusement ils ne sont point parvenus jusqu'à nous. Sylla, à Préneste dédia, également un temple à la Fortune, et c'est dans celui-ci (^l'aurait été faite la première application de la mosaïque comme pavement. (Pline, I/isf. )mf., XXXVI, 64.) Pompée érigea plusieurs temples (Dion Caasius, XX, i).416), entre autres, ceux de Minerveetde Vénus Vkirix : celui-ci s'élevait
ROMAINE (architecture).
au milieu de la cavea d'un théâtre garni de gradius en pierre. Ce théâtre avait été construit dans le Champ de Mars, en sourenii- de celui qu'il avait vu à Mitylène. Près de cet édifice se trouvait la curie dans laquelle César fut assassiné , et qui servait aux délibération du sénat, si une affaire urgente se présentait pendant les représentations scéniques. Lucullus, que M. Brutus surnommait la Vc)U(s Palatine, employa le premier, après l'orateur Crassus, le marbre dans les constructions privées ; il en estimait surtout un à fond noir, originaire de Chic, qu'on nomma à cause de lui marbre Luculliii. ( Yoy. Marbre, p. 126, t. III.) Lucullus introduisit un grand luxe dans l'habitation; sa maison était décorée d'un gi'and nombre de tableaux et ses jardins peuplés do chefs-d'œuvre de la statuaire grecque qu'il avait achetés à grand
Fig. 13 bis, — Bouche d'égout de la Ctoaca maxima,
prix. Le même citoyen avait consacré un temple à la Félicité. (Dion Cassius, XIX, p. 416.) Vers l'an 5-4 av. J.-C, Paul-Emile reçut de César, qui voulait s'en faii-e un partisan, l'énorme somme de 1,500 talents (9, 625,000 fr.). Pour donner le change sur l'emploi de cet argent, il laissa croire qu'il était uniquement destiné à la construction d'une basilique, qui, bien que fort belle, ne coûta pas, sans doute, le tiers de cette somme.
Sous Jules César, l'architecture ne reçut aucune impulsion. Ce prince fit beaucoup de projets, mais la guerre l'occupa trop toute sa vie, pour qu'il pût, nous ne dirons pas les réaliser, mais leur donner même un commencement d'exécution. Pendant son édiLité,il décora le comitium et les basiliques; il ajouta des portiques au Capitole ; il construisit un temple à Mars, un autre à Vénus Génitrix, parce qu'il adorait cette déesse comme la mère de sa raoe.
Nous voici à Auguste, c'est-à-dire à l'ère du plus grand développement de l'architecture romaine : l'ancien triumvir avait voulu faire de Rome la plus belle ville du monde ; il donna une grande impulsion à tous les arts, c'est bien sous son règne que l'architecture romaine fut la plus brillante et atteignit son apogée. C'est alors qu'on vit s'élever le portique d'Octavie, le théâtre de Marcellus, construit auprès de ce portique et qui avait été commencé sons César, le panthéon et les thermes d'Agrippa, le mausolée d'Auguste; le premier amphithéâtre tout en pierre fut achevé par Statilius Taurus. C'est sous le même prince qu'ont été construits la basilique Julienne, les bains ou thermes, les châteaux d'eau, de nombreux aqueducs, le portique du cirque Flaminius, la pyramide de Cestius, que nous avons donnée au mot Pyramide (fig. 5, 6 et 7), l'atrium du temple de la Liberté, bâti sur le Palatin par Asinius Pollio, le temple d'Hercule, celui de Jupiter Tonnant, contre le mont Capitolin, celui d'Apollon sur le Palatin, celui de Saturne, celui de Diane, celui de Mars Vengeur, sur le forum d'Auguste (1). Sous le règne d'Auguste, Tibère reconstruit sur un plus vaste plan le templedela Concorde, sur le forum romain; cet édifice avait été construit primitivement (366 avant J.-C.) par Furius Camillus. Notre figure 14 montre les belles ruines de ce magnifique temple. C'est également sous Auguste que furent construits le grand théâtre de Cornélius Balbus, l'arc des consuls Dolabella et Silanus, érigé en Tan 8 après J.-C, et qui se trouve aujourd'hui près de l'église San-Tommaso in Formis. Cet arc est construit en travertin, il servait probablement à donner passage sous un aqueduc.
Auguste fit tant et de si beaux monuments sous son règne, qu'il put dire en toute vérité : « J'ai trouvé Rome bâtie en briques, je la laisse bâtie en marbre. » ( Suét., in Aikj., XXVIII.) — Rome ne fut pas seule à bénéficier de ce grand mouvement architectural , les autres villes de l'empire et les colonies sui-
(1) Ce prince ne construisit pas moins de 82 temples ; aussi Tite-Live le nomme avec juste raison templorum omnium cond'Uor ac restitutor.
KOMAINE (architecture).
virent la même impulsion ; nous le verrons bientôt, quand nous parlerons de l'architecture romaine en dehors de Rome.
Après Auguste, l'architecture commença à dégénérer de plus en plus ; elle eut cependant un éclair de peu de durée sous Trajan. Tibère
s'attacha surtout à terminer les monum:^nts commencés par son prédécesseur; il restaura aussi tous les édifices auxquels des travaux étaient nécessaires. Il dédia un temple à Auguste, afin d'engager d'autres villes à suivre son exemple; mais ce temple ne fut terminé
Fig. 14. — Temple de la Concorde, sur le forum romain.
que sous Caligula, ce qui n'empêcha pas un grand nombre de villes d'élever des temples en l'honneur d'Auguste et même de Rome : parmi ces villes, nous mentionnerons Pergamo, Nicomédie, Mylasa (1), Pouzzoles, Pola, Césarée et N'ola.'Dans cette dernière cité, c'est la
(1) C'est au temple d'Auguste et de Rome, élevé à Mylasa en Carie, qu'aurait été fait le premier emploi du
maison même dans laquelle Auguste avait rendu l'âme qui fut transformée en temple. — Caligula éleva peu de monuments, il ne fit que construire deux temples en son honneur sur le Palatin; il promulgua même un édit pour forcer les citoyens et les villes à lui éle-
chapiteau composite. (Cf. R, Pococke, a Description of the East and some ollwr cvuntries, 1 vol. in-fol., 17-13.)
ROMAINE (auchitecture).
ver des temples et à lui rendre les honneurs diTÎns, mettant ainsi en pratique le vieil adage : Prima sihi caritas. Il avait, du reste, deux palais : l'un situé sur le Capitole, afin, disait-il, de pouvoir converser avec le grand Jupiter ; l'autre sur le Palatin, ce dernier accédant aussi au Capitole par un pont qui passait au-dessus de la basilique Julienne.
Claude agrandit Eome; il éleva quelques temples et quelques arcs de triomphe, mais il fit surtout des travaux d'utilité publique, des travaux qui sont du domaine spécial de l'ingénieur. Dès la seconde année de son règne, il fit creuser un aqueduc souterrain pour donner un écoulement régulier au lac Fucin, dont les fréquents débordements occasionnaient des fièvres paludéennes à un grand nombre d'habitants. Ces travaux d'endiguement et de dessèchement ne durèrent pas moins de onze années consécutives et occupèrent environ trente mille hommes. Quand ce grand travail fut terminé, Claude donna sur ce lac la représentation d'une bataille navale, dont divers auteurs nous ont conservé la relation. (Suét., in Chud., XX, XXI ; Denys d'Halic, IX; Tacite, Annal., XXII, 56, 58.) Ce prince termina aussi des aqueducs commencés par ses prédécesseurs; certaines parties de ces travaux étaient portées sur -des arcades qui mesuraient plus de cent pieds d'élévation. (Front., de Aqiiœdud. comment., 13, 14, 16. Cf. Pline, XXXVI, 24.) Il entreprit l'aqueduc qui porte son nom, VAqua Claudia, qu'il ne put terminer. Mais l'oiavrage le plus considérable exécuté par Claude, et même par les Eomains, c'est sans contredit le port d'Ostie, situé près de l'embouchure du Tibre, lequel port ne fut achevé que sous Xéron ; aussi est-il représenté souvent sur le verso des médailles frappées par ce prince. Au mot Port, le lecteur peut voir un croquis représentant le port de Claude.
Sous Néron, les monuments d'architecture prennent d'énormes proportions et se couvrent d'une profusion ornementale inouïe. Ce prince termina l'aqueduc de VAqua Claudia . sur le mont Cœlins ; il construit la grande boucherie {magnum maceUum), qui possédait sur trois de ses côtés un portique formé par deux étages de colonnes, et dont le
centre était couvert d'un dôme élevé (tJiolus) (Varro, ap. Non., v. Sulcus) -. c'est, du moins, ainsi qu'on le trouve représenté sur des médailles de Néron. Ici se place, en l'an 64, le fameux incendie de Eome, que Néron aurait allumé dans l'unique but de s'ofiTrir le spectacle d'une ville incendiée. Nous ne pensons pas que ce soit là le vrai motif de cette catastrophe , qui, sauf quatre régions ou quartiers, détniisit totalement la ville. La véritable cause, qui n'est guère plus excusable que celle que nous venons de mentionner, résidait dans le désir immodéré de Néron de reconstruire la ville sur un nouveau plan, et l'odieux t3Tan ne recula pas devaut l'idée de l'incendie pour atteindre son but. Non-«eulement il évitait ainsi les lenteurs de l'expropriation et les réclamations de toutes sortes, mais il anéantissait aussi tous les monuments de ses prédécesseurs et devenait le nouveau fondateur de la ville : telle est la vraie cause de l'incendie de Rome. Néron fit alors élever un gymnase avec des thennes splendides, dans lesquels on célébrait tous les cinq ans des jeux nommés pour cela, jeux quinquennaux. Ces édifices, construits en marbre, furent plus tard agrandis par Alexandre Sévère. Néron fonda le port à'Antium, sa ville natale : il n'en reste plus que quelques débris ; on lui attribue aussi la construction des bains situés près de Baïes, et dont il subsiste encore quelques restes. Enfin, n'oublions pas de mentionner parmi les travaux de Néron le palais qu'il se fit construire et qui est connu sous le nom de Jlfaison dorée, à cause de la ricliesse et de la magnificence de sa décoration. Ce palais était entouré d'un triple rang de portiques qui atteignaient mille pieds de développement, et il occupait un si grand espace dans la ville (PHne, XXXVI) qu'il renfermait dans son enceinte des bois, des champs, des vignes, des étangs et des maisons de plaisance. Ce fiit le dernier et l'un des plus importants travaux exécutés par ce prince. — Sous les règnes fort courts de Galba et de Vitellius, il ne fut fait aucun monument digne de ce nom. — Vespasien inaugura une brillante époque pour les arts, il rétablit et entretint les routes, répara les anciens monuments de
ROMAINE (architecture).
Rome ainsi que les murailles de beaucoup de villes ; c'est sons le règne de ce prince qu'on reconstruisit pour la troisième fois le temple de Jupiter et que fut commencée laconstraction de l'amphithéâtre de Flavien (le Colosseum), un des monuments les plus gigantesques de l'antiquité. (Suét., in Vesp., IX ; Martial, df Sjwr., Epig., 1 et 2.) ( Voy. Amphithéâtre.) Un édifice encore assez important de Vespasien fut le temple de la Paix, décoré des dépouilles rapportées de la Judée. Ce temple était entouré d'un vaste portique (Joseph, VII, 3, XXXIV, 10, XXXVI, 7 ; Procop., de Bi-Uo (joth., IV, 21) dans les abords duquel on voyait une bibliothèque publique ; enfin Vespasien restaura aussi le temple de Claude et la scène du théâtre de Marcellus. — Sous Titus, en l'an 79 (le 23 novembre), l'éruption du Vésuve engloutit Herculanum et Pompéi; un nouvel incendie détruisit une grande partie de Kome , et, parmi les monuments publics détruits ou ruinés en grande partie, nous citerons les temples d'Isis, de Sérapis, de Jupiter Capitolin, la Septa Julia, le Dirihiiorium, le portique de Neptune et celui d'Octavie, les thermes d'Agrippa, les théâtres de Pompée et de Balbus, le Panthéon, etc. Titus voulut réparer tous ces monuments à ses frais, mais la mort l'en empêcha, et ce fut son successeur, Domitien, qui releva toutes ces ruines et éleva plusieurs autres monuments, tels que la Naumachie, près du Tibre, le Stade, l'Odéon, les temples de Jupiter Cïistos et de la ftxmille Flavienne. Il commença un forum qui ne fut achevé que sous Nerva et porta le nom de ce dernier prince. Notre planche LXXXI montre une partie de la frise de ce forum ; au mot Entablement (planche XXXII), le lecteur pourra voir une autre partie, très-richement décorée, de cet édifice. Domitien embellit son palais de portiques, d'une basilique et de bains; enfin il créa sa villa d'Albano, où l'on célébrait, ■A l'exemple d'Athènes, la fête des Panathénées. Nerva , nous venons de le voir, se contenta d'achever le forum nommé avant lui Palladium ou Transitorium ; il termina aussi des travaux d'utilité publique, tels qu'aqueducs et réservoirs. Ce fut Frontin, l'auteur du Traité de.<
aqueducs de la rilk de Rome, qui fut chargé de ces derniers travaux. Nerva, qui, du reste, était fort âgé quand il arriva au trône, ne fit pas d'autres édifices; mais il était réservé à Trajan et surtout à Adrien de construire de nombreux monuments; ce dernier empereur, qui était également architecte, inscrivit son nom sur les murs de tant de constructions qu'on le surnomma le Pariétaire. Parmi les monuments construits sous Trajan, nous mentionnerons la basilique Ulpienne, les thermes qui communiquaient avec ceux de Titus, im odéon, l'agrandissement du grand cirque, les bibliothèques grecques et latines , et le forum situé entre le Capitule et le Quirinal, enfin la colonne Triijane, élevée en 113, et dont les bas-reliefs représentent les principaux épisodes de la campagne de Trajan contre les Daces. Cette colonne, haute d'environ 44°',25, est formée par des assises cylindriques ou tambours de marbre blanc dont les bas-reliefs se déroulent en spirale. Indépendamment de ces travaux, Trajan restaura et entretint les routes et les aqueducs ; il jeta différents ponts sur des fleuves, dont le plus célèbre est un pont sur le Danube qui est représenté sur la colonne Trajane. Procope {de JEdij., IV, 6) nous apprend que les travaux de ce pont avaient été dirigés par l'architecte Apollodore de Damas, qui avait également édifié le forum, l'odéon et les thermes mentionnés précédemment. Trajan compléta le port d'Ostie ; c'est lui qui creusa le bassin de forme octogonale, qu'il entoura de magasins et d'entrepôts ; il creusa le port de Civitta-Vecchia , ainsi que celui d'Ancône. Dans cette dernière ville, il fit des travaux considérables; aussi les habitants, pour en perpétuer le souvenir, lui érigèrent un arc de triomphe à l'entrée du port. (Voy. Arc de triomphe, fig. 4.) Rome et Bénévent élevèrent également des arcs de triomphe à ce prince, qui avait fondé de nombreuses villes, entre autres, dans la Mysie, Marcianopolis, du nom de sa sœur Marcia, Plotinopolis, du nom de sa femme Plotine ; enfin Trajanopolis, dans la Chersonèse. Ce prince entretint une correspondance avec Pline le Jeune, et, grâce à ces lettres, nous connaissons les nombreux travaux de