ROMANE (ARCHITECTURE
mille (Voy. Française {Archilcctim'), p. 347, t. II), la société sembl.i comme sortir d'une léthargie et se transfoi-ma ; on se mit à bâtir de tous les côtés des édifices religieux, d'autant que la plupart des églises antérieures au x" siècle, étant en bois, avaient été ruinées ou incendiées par les barbares. Le mouvement se fit surtout sentir en Italie, en France et dans une partie de l'Allemagne. Il existait cependant avant le x° siècle des monu-
ï'ig. 4. — Chapiteau et ba&c de la colonne de l'atrium.
monts qui rappelaient ceux de la décadence romaine, et qu'on considère comme les précurseurs ou même les premiers types de l'architccture romane : tel est, par exemple, le portail de l'atrium de l'église de Lorsh, qui aurait été construit en 8.s2 ou même 880 ; nos figures de ] à 5 montrent le plan, l'élévation et des détails de ce portique. D'où est parti le mouvement qui a répandu l'architecture romane dans une très-grande partie de l'Europe? Il est bien difficile de déterminer avec certitude un pays plutôt qu'un autre, maison peut avan-
cer cependant, avec quelque apparence de raison, que le point de départ du nouveau style est parti de l'Italie , s'est rapidement propagé en France et en Allemagne, et de là s'est introduit en Angleterre. En effet, au x" siècle,les moines s'occupaient seuls de lettres et d'arts ; la population laïque était occupée à guerroyer, à se défendre contre de nouvelles invasions barbares toujours redoutables, tandis que les moines dans leurs couvents avaient toute la tranquillité désirable pour s'occuper d'architecture. Dès le x° siècle, la Lombardie était un centre artistique très-remarquable, et l'architecture romano-byzantine s'y développa d'une manière si iniissante qu'on lui donna improprement le nom de style lombard. Voy. Lombarde {Architecture'). — Les moines n'étaient pas seuls à créer des plans et à diriger les travaux de construction, ils n'auraient pu suffire à la tâche ; il existait aussi des corporations laïques sous le titre d'association des francs-maçons, et dont le compagnonnage de nos jours pourrait donner une idée. La franc-maçonnerie, qui existait déjà au x'" siècle,i)récédales corporations des arts et métiers, qui ne furent organisées définitivement avec
MTyp^^T-^T^
Prise de l'uivliitrave du j^rLique de l'atl'ium de Lorsh.
statuts et règlements, les unes qu'au xu'' siècle, d'autres seulement au xiii" et au xiv' siècle. Nous veuons de dire que le compagnonnage moderne peut donner une idée de l'association des francs-maçons : en effet, la division des compagnons en passants et èlran- (/ers,huv hiérarchie en aspirants , compagnons et maîtres, en affiliés, reçus et initiés ; leurs sobriquets emblématiques et leurs usages; l'embauchage, le levage d'acquits, le topage et la conduite ; leurs cérémonies, leurs fêtes patronales, leurs cannes enrubannées et
ROMANE (AKCIIITECTUHE).
Ik'urii'S uous offrent, comme le fout remarquer Kenouvier et Ricard (1), uon-seulement les traditions du moyen âge, mais encore des coutumes particulières aux francs-maçons. C'est même à cette vaste corporation qu'on doit une certaine homogénéité du style roman dans les divers pays où il s'est produit ; car, comme l'observe avec raison Hope {Hist. tlf Varcli., p. 146), les corporations italiennes dont les services n'étaient plus nécessaires dans les pays qui les avaient vues naître portèrent leurs regards vers d'autres contrées pour leur demander l'emploi de leur talent, devenu désormais inutile chez eux. Un certain nombre d'entre elles se réunirent, se constituèrent en une seule et grande association ou confrérie, afin d'oflTrir leurs services partout où de nouvelles constructions les réclameraient, « quelque rude, d'ailleurs, que fût le climat, quelque l'cculé que fût le pays » où il faudrait construire. Cet auteur ajoute, ce qui fait bien comprendre l'esprit du corps :
Mais à ces coiporations,qui ne prétendaient plus exercer leur industrie dans un seul État, mais bien dans tous les États qui les appelleraient, en dépit des distances et des obstacles, il fallait un monopole qui s'étendît en quelque sorte sur toute laclirétienté ; elles demandaient autorité, protection, privilège exclusif, prohibition signifiée à tous ceux qui ne leur appartenaient pas, même aux citoj-ens des pays où ces étrangers accouraient avec l'intention avouée d'arracher l'occupation aux mains nationales et de s'en emparer seuls ; or aucun souverain temporel n'aurait pu leur donner un tel pouvoir hors de ses frontières, ou n'aurait voulu le leur donner dans ses États. Ils ne pouvaient l'obtenir que du pape, et seulement dans les diverses parties de l'Europe qui reconnaissaient la suprématie religieuse du chef de l'Église latine. Les maçons pouvaient donc être considérés comme une seconde troupe d'ouvriers travaillant dans l'intérêt du pape, aussi bien que les missionnaires qui les avaient précédés pour leur préparer en quelque sorte la besogne ; aussi obtinrent-ils tous les pouvoirs désirés, probablement aussitôt que Char-
Ci) Iks MiiitresJe pùn-cs et autres arlL^lta (juthiques de Montpellier, p.-vr J. Renouvier et Ad. Ilicard, broch. iui", Montpellier, 1844.
lemague, en incorporant le nord de l'Italie dans son empire, eut mis fm au royaume de Lombardie et aux craintes qu'il inspirait aux pontifes romains. Les diplômes et les bulles papales confirmèrent aux corporations les privilèges qu'elles avaient obtenus de leurs souverains nationaux dans leur patrie, et en outre leur garantirent, par tors les pays qu'elles visitaient dans le but de l'association et qui reconnaissaient la foi catholique, apostolique et romaine, le droit de relever diiectemcnt et uniquement du pape et l'entier affranchissement de toutes lois et statuts locaux, édits royaux, règlements municipaux, concernant soit les corvées, soit toute autre imposition obligatoire pour les habitants du pays ; elles eurent le pouvoir non-seulement de fixer elles-mêmes le taux des salaires, mais de régler exclusivement, dans leurs chapitres généraux, tout ce qui appartenait à lem- gouvernement intérieur ; défense fut faite à tout artiste qui n'était pas admis dans la société d'établir aucune espèce de concurrence contre elle, et à tout souverain de soutenir ses sujets dans une telle rébellion contre l'Église, et il fut expressément enjoint à tous de respecter ces lettres de créance et d'obéir à ces ordres sous peine d'excommunication.
11 n'y a rien d'étonnant qu'avec des conditions et des privilèges aussi exorbitants la la corporation des francs-maçons ait prospéré, et que le style romano-byzantin possède une grande unité dans les divers pays où il a été importé.
lies seules différences qu'on constate d'une localité à une autre proviennent soit des matériaux, soit d'un goût prédominant de la corporation au moment où elle construisait. Ainsi il est incontestable que le goût arabe de Cordouc a exercé ime influence sur les artistes qui ont travaillé dans le Lauguedoc et dans la Provence, et même en Auvergne; dans la cathédrale du Puy on voit une porte décorée d'inscriptions en caractères arabes. Pour nous, les arcades en contre-lobes de l'architecture romane du midi de la France sont des réminiscences de celles qu'on retrouve dans les plus anciens et dans les plus beaux monuments de style arabe qu'on voit à Séville et à Cordoue.
Caractères distinctifs de l'architecture ROMANE. — Nous allous passer en revue les principaux éléments architectoniques qui caractérisent le style romau; nous nous
16it
ROMANE (architecture).
occuperons en premier lieu des éléments qui constituent la forme et en second lieu des éléments décoratifs.
I. De la structure de la construction. — En général, les constructions romanes présentent des arcs cintrés; la courbe la plus usuelle est le plein cintre, quelquefois le cintre est s«r- /iOi«st', quelquefois il est surlaissé. Ces mêmes constructions sont voûtés en voûtes cylindriques ou en berceau, et envoûtes d'arête, qui, du reste, ne sont formées que par la pénétration de deux voûtes cyliudi'iques sous un angle variable. Ces voûtes remplacent les anciennes charpentes qui recouvraient les monuments de style latin. Les voûtes eu berceau sont renforcées par des arcs-doubleaux. Dans beaucoup d'églises de l'est, du centre et du midi de la France, il s'élève sur la croix des églises des coupoles sur pendentifs, tandis que les absides sont couvertes par des voûtes en culde-four ou demi-coujîoles. Pour donner de la légèreté à ces voûtes, elles sont souvent construites en poteries creuses. (Toj. Poterie.) Pour maintenir ces voûtes et s'opposer à leur poussée, on est obligé d'avoir des murs épais, renforcés encore par des parties saillantes de forts contre-forts, qu'on nomme bandes lombardes et dont le sommet atteint la corniclie de couronnement de Tédilice, qui est soutenue souvent par des modillons ou corbeaux; ces bandes se retraitent et diminuent do saillie par une légère inclinaison au fur et à mesure qu'elles s'élèvent. On voit donc que dans les constructions romanes toute la force de résistance réside dans de gros murs renforcés par les bandes lombardes dont nous venons de parler, ou par des contre-forts quadrangulaires ou cylindi-iques. Quand ceux-ci sont à l'angle d'une construction, ils prennent parfois la proportion d'une demi-tour. Quant aux piliers intérieurs, ils affectent diverses formes : ils sont carrés, de forme hexagonale ; ils sont cruciformes et portent une colonnette dans les quatre angles formés par les brauclies de la croix; quelquefois même des colonnes sont placées aux extrémités de chaque branche, ce qui forme un pilier entouré de huit colonnes : cette disposition se retrouve à la cathédrale de Baveux, à Saint-Étienne à
Caen, à Saint-Georges de Bocherville, etc. Le pilier est remplacé souvent par la colonne, qui allécte également des formes variées; les fûts sont simples, fuselés en balustres, coniques, brisés, croisés, entrelacés, annelés, noués, etc., et souvent diversement décorés; nous le verrons bientôt.
L'appareil employé pour la construction
Fig. G. — Chapiteau cuLiqn^ simple.
des murs était tantôt un grand appai'eil, siu-tout dans les pays qui possédaient de beaux matériaux et qui avaient conservé les traditions romaines, comme dans le midi de la France ; mais les assises ne sont pas récjlécs, c'est-àdire sont d'inégale hauteur. Dans l'Ouest, au contraire, on trouve l'appareil en épi {o^ms spicalitm), c'est-à-dire des murs dont les moellons assez irréguHers sont inclinés
lig. 7. — Cliapituau cubicine bilobè et orné.
dans une assise de droite à gauche, et dans la suivante inversement ; mais cet appareillage est beaucoup moins régulier que celui des Romains. Dans d'autres monuments on trouve l'appareil réticulé {opus reticulatum), l'appareil obliqué des Pastouraux. (Voy. ce mot.) En Auvergne, comme on y possède des pierres de diverses couleurs, on dispose lespastouraus de manière à produire une sorte de Marqueterie. (Yoy. ce mot et Exgrexuue.)
IL Éléments décoratifs. — Les éléments décoratifs de l'architecture romane sont sira-
ROMANE ( AncniTECTURK).
pies et assez variés. En général, les corniches sont faites d'une seule moulure très-simple composée d'un filet, d'une gorge et d'un boudin. Cette moulure est supportée par de petits corbeaux ou forts modillons tantôt imis, tantôt décorés de feuilles d'eau ou de têtes d'hommes ou d'animaux ; souvent ces figures
Fîg. 8. — Chapiteau cubique.
sont très-grotesques et très-mal dessinées principalement dans l'architecture rhénane.
Les fenêtres sont sim2}Ies ou fféminées; ces dernières sont couronnées d'une arcade cintrée et les deux ouvertures englobées sous cette arcade sont en mifrfi ou en fronton. Quand les deux ouvertures placées sous la gi'ande arcade sont cintrées comme elle, le
Fig. '.K — Etoiles et perles.
tympan est plein ou percé d'un orulus, d'une rose ou d'un trèfle ou d'un quatre-feuilles, comme, du reste, la grande rose du œil-debœuf qui se trouve au sommet des pignons des façades. Vers la fin du xi" siècle, la rose est décorée de contre-lobes ou de contrearcaturos.
Les murs intérieurs et extérieurs sont décorés de Nattes, d'ENTRELAcs, d'IsiBRicA- TiONS (Voy. ces mots) et de contre-imbrica-
DICT. d'architecture. — T. IV.
ini
tions. Les fûts eux-mêmes des colonnes sont décorés de même; ils sont, en outre, striés, étoiles, ruhanès, rudentès, losanges, décorés de glands, de pointes de diamant, etc. On en peut voir des exemples à la cathédrale de Bourges, à celles d'Autuu et du Puy, à l'église de Saint- Trophime d'Arles, etc.
Fig. 10. — Tttcs plates.
Quant aux chapiteaux, ils comportent une variété infinie, mais les deux types spéciaux et primitifs de l'architectm-e romane sont les
Fig. 11. — Billettos décorant une archivoltfl (Saint-Martin d'Angers).
chapiteaux cubiques, simples ou diversement décorés. Nos figures 6, 7 et 8 en montrent divers spécimens.
Les bases des colonnes sont une imitation grossière , une dégénérescence de la base romaine, surtout de la base attique ; elles se composent de câbles, de tores, de filetf?, de scoties disposés souvent sans goût et sans discernement. Les moulures sont tantôt lisses et tantôt décorées de sculptures qui repré-
Ifi2
IIOMANE (AnCHITECTURE).
sentent des chevrons, des rosettes, des violettes, des étoiles (fig. 9), des imbrications, des têtes pintes (fig. 10), des câbles, des frettes, des perles, des damiers, des oves, des tores guivrés, des masques, des têtes saillantes, des besants, des billettes, lesquelles décorent des archivoltes, comme à Saint-Martin d'Angers par exemple (fig. 11); des entrelacs, des ornements fuselés (fig. 12), en un mot : tous les ornements employés dans le style roman sur les autres parties de l'édifice. Enfin , un élément décoratif très-employé dans l'intérieur des monuments romans, c'est la peinture décorative ; les artistes de cette époque excellaient dans ce genre, ils possédaient des notions profondes de polychromie.
Eu résumé, le style roman n'est pas l'expression du génie particulier d'un peuple. S'il est bien homogène dans son ensemble, dans
Fig. 12. — Ornement fusolô.
ses grandes masses, il est changeant dans ses détails, et, suivant les pays dans lesquels sont construits les monuments romans, ce style sait s'assouplir au goût particulier de chaque peuple. Il offre des éléments très-divers par ses origines et son caractère, car il procède de l'art romain et de l'art byzantin ; la tradition romaine se reconnaît surtout dans les monuments de la Bourgogne et du midi de la France, la tradition byzantine dans les monuments des bords du Rhin et dans les monuments français situés entre la Loire et la Méditerranée. Un beau ty]De de cette architecture rnmano-byzantinc est Saint-Front de Périgueux.
Le plan de l'église romane est une large nef terminée en abside avec transsept. Dans ce cas, le clocher est construit sur la croix même du transsept avec la nef; ou bien il se trouve sur le porche, quand l'église en possède un. (Juand la nef i)Ossède deux collatéraux, elle comporte quelquefois deux clochers placés en tête de ceux-ci : ce' sont, en
général, des tours carrées percées d'un grand nombre de fenêtres en plein cintre, dont les unes sont vraies et les autres simulées ; souvent une arcade géminée est inscrite dans une arcade beaucoup plus grande, dont le tympan est ou n'est pas décoré d'une rose affectant diverses formes, nous l'avons vu précédemment. Il existe des clochers qui sont en tour ronde , comme le campanile de l'ancienne cathédrale romane d'Uzès. Les clochers sont surmontés de flèches à plusieurs pans, ou bien ils sont seulement couverts d'un petit toit fort bas, ou bien encore ils sont terminés par un petit dôme bulbiforme, comme à Saint- Front de Périgueux. Quant aux portails, ils sont généralement surmontés de plusieurs arcliivoltes portées sur des colonnettes, au milieu desquelles sont placées des statues, isolées ou dans des niches. Un beau type de portail roman est celui de Saint-Trophime d'Arles.
Tels sont les principaux caractères du style roman, qui persiste dans certaines contrées jusque vers la seconde moitié du xii" siècle, éiioque dite do transition, pendant laquelle l'ogive est appliquée grandement comme élément, comme type d'un nouveau genre d'architecture. — Yoy. Ogivale (Arc/iiteclure).
Pkixcipaux monuments romans en France et a l'étranger. — Dans ce présent paragraphe, nous allons passer en revue les principaux monuments romans, c'est-àdire qui ont une partie de leur construction appartenant à ce style ; car beaucoup de ces édifices, commencés en roman, ont été continués ou terminés en style ogival , ou même souvent en style plus moderne encore. Nous suivrons le classement suivant pour notre nomenclature : France, Italie, Suisse, Allemagne et .Angleterre.
I. France. — Les monuments romans de France sont : à Paris, l'église Saint-Germain des Prés, bâtie à la fin du i.x° siècle : dans la nef il existe des colonnes et des chapiteaux romans historiés très-curieux, ou y voit aussi quelques fenêtres de l'époque; à Poissy, une petite église qui possède des arcs en fer à cheval; à Etampes, l'éghse qui a un clocher roman ; à Compiègne, l'église de Saint-Coriioille; à la Ferté-Milon, l'église de Saint-
, LXXXIII. - Fragment du portail de l'église d'ATallon. (Roman Bourguignon.)
ROMANE (architecture).
Tast ; à Beauvais, l'église Saint-Étienue, qui a une rose tout entourée de figures, avec des modillons très-curieiix sous la corniche, et enfin sa tour ; à Caen, l'église abbatiale de Saint-Étienne, l'église de la Trinité; à Lisieux, l'église Saint-Pierre; à Auxen-e, autrefois, deux clochers romans, ceux de l'église Saint-Eusèbe et de Saint-Germain ; à Aval- Ion , dans le département de l'Yonne, il existe une église qui est un des plus beaux types du roman bourguignon : notre planche LXXXIII montre un fragment du magnifique portail de cette église. Les autres monuments de l'art roman français sont : dans la haute Normandie, Saint-Georges de Boscherville, fondée par un ministre de Guillaume le
Fig. 13. — Tympan à réglise Saint-Uurtm, à Wonns.
Conquérant, Ralph de Tancarville ; à Jumiéges, l'ancienne église abbatiale ; dans l'Indreet-Loire, à Tours, l'ancienne église ogivale de Saint-Julien, aujourd'hui transformée en caserne de cavalerie, et qui avait une tour romane ; dans la Haute-Loire, la cathédrale du Puy ; à Poitiers, l'église Saint-Jean (près de la cathédrale, également romane), Notre- Dame la Grande, Sainte-Radegonde, avec un clocher de forme octogonale ; à Angoulême, la cathédrale avec son magnifique portail; à Bordeaux, l'église de Sainte-Croix; à Toulouse, Saint-Saturnin, les anciennes églises de Saint-Augustin (musée) et des Cordeliers (caserne de cavalerie) ; le clocher de l'église de Martes (Haute-Garonne); la vieille église de Saint -Gaudens; à Carcassonne, l'éghse Saiut-Nazaire; à Nîmes, la façade et la tour de la cathédrale, et une façade de maison près la place aux Herbes ; à Saint-Gilles du
Gard, l'église et une maison ; à Uzès, près de Nîmes, la tour Fenestrelle, ancien clocher de la cathédrale; à Tarascon (Bouchcs-du-Rhône), la cathédrale; dans le même département, le magnifique portail de Saint-Trophime et l'ancienne église de Saint-Gabriel, près d'Arles; à Montpellier, la cathédrale, et, non loin de cette ville, Saint-Paul de Londres; à Avignon, la cathédrale; à Fréjus, un baptistère ; à Vienne en Dauphiné, la cathédrale, avec une galerie placée sous la corniche , dont les colonnes affectent des formes bizarres, l'église Saint-Pierre et celle de Saint-André le Bas ; à Clermont, l'église Notre-Dame du Port; à Morat, près Riom en Auvergne, les chapiteaux romans dans l'église ; à Valence , l'ancienne cathédrale ; à Lyon, Saint- Dizier, Saint-Martin d'Ainay;
Fig. 14. — Détail de rornement décorant le tympan.
à Tournus, l'église; à Autun, la cathédrale; à Aix en Provence, la cathédrale, le cloître Saint-Sauveur; l'église du Thor (Vaucluse), Saint-Quenain de Vaison, etc., etc.
IL Italie. — A Vercelli près Turin, l'église Saint- André ; à Lodi, le dôme ; à Bergame, l'église de Sainte-Marie Majeure ; à Brescia, le vieux dôme, l'église Saint- Antoine; à Vérone, Saint-Zénon, le dôme, Saint-Ferma; à Vicence, le dôme; à Padoue, le vieux baptistère, la cathédrale et le palais public; la tombe d'Anté/wr, tombeau assez curieux en forme de sarcophage; près de la cathédrale, autre tombe romane; à Venise, l'église de Saint-Marc et l'escalier dit la Scala; à Murano, l'église de Sainte-Marie et Saint-Donat; à Torcello, l'église de Sainte-Fosca, dans le voisinage du dôme ; à Ferrare , l'église de Saint-Georges ; à Mantoue, le dôme ; à Crémone , le dôme et le baj^tistèrg ; à Plaisance,
KOMANE (akchitecture).
le doiiic et le palais public ; entre Plaisance et Parme , à San-Domino, le dôme ; à Parme, le dôme et le baptistère; à Modène, le dôme; à Bologne, l'église Saint-Étiennc, qui est formée par la réunion de plusieurs édifices réunis par un cloître et des galeries ; à Forli, le dôme; à Ra venue, le jmlais de Théodork, ainsi que
Fig. l.j. — Église romane à Idensheim.
deux beffrois en tour ronde ; à Fano, plusieurs portails, et le palais public; à Aucune, l'église collégiale de Santa-Maria délia Piazza ; à Pise, le dôme et le campanile {torrc pendentc) (Voy. Tour, § Tours iienchèes); à Florence, San- Miniato ; à Lucques, Saint-Michel et Saint- Martin ; à Arezzo, le dôme et le baptistère ;
Fig. \6. — Ch:kpit«au & Féglisc de Saint-Godhatd, A Hildesheim.
à Sienne, hors les murs, l'église circulaire de la Madone degli Angioli ; à San-Quirico, l'église, qui possède un porche très-curieux ; à Spolète, l'église Saint-Pierre hors les Murs; à Rome, l'abside de l'église Saint- Paul et Saint- Jean, ainsi que des clochers en tour carrée à diverses églises ; à Pane, l'église Saint-Michel,- le dôme, qui a été recons-
truit et qui était primitivement roman : il existait aussi dans cette ville une petite église, aujourd'hui démolie, qu'on nommait Saint-
Fi-. n. -(.ii..|.a
'unkendor£.
Jean du Bourg ; l'intérieur de la coupole octogonale de la fameuse Certosa, renferme des spécimens de style roman ; :ï Jlilau, la basilique Saint-Ambroise et celle de Saint-Eus-
Fig. 18. — Fenêtre polylobée à Saint-Quirin, & Neuss.
torge ; sur le lac de Cômc, il existe une petite viUe, Gravedone, qui possède une grande église et un baptistère romans ; tout près des murs de Côme , l'église de Sau-C;irpofero , et, dans les murs, San-Fidale , ainsi qu'nn vieil édifice en brique. A l'époque romane, ;i Côme, certaines corporations de maçons briqueteurs faisaient des travaux en brique si parfaits
ROMANE (AllClilTECTUllE).
qu'on nommait ces ouvriers mai/isincomacmi; ils jouissaient de privilèges particuliers.
III. /finisse. — A Zurich, le portail de la cathédrale et le cloître voisin sont romans ; à Schaffouse, deux cloîtres et un clocher sont conç'us dans le même stj'le, ainsi que le clocher de l'église de Viége, la tour carrée de la cathédrale de Sion , le beft'roi et une partie de l'église de Marting, la tour carrée du grand temple de Saint-Maurice, enfin certaines parties du temple de Genève, l'an-
Fig. 19. — Abside de l'église de Pfaffenheim.
cienne cathédrale, dénommée aussi l'église de Saint-Pierre.
IV. Allemagne. — Si nous suivons le Rhin pour pénétrer en Allemagne, nous trouvons à Lorsh l'atrium d'un ancien monastère qui est peut-être le spécimen le plus ancien de l'art roman, et que nos figures de 1 à 5 montrent entièrement restauré ; à Spire , nous voyons une magnifique cathédrale romane qui, malgré les nombreuses dévastations qu'elle a eu à subir, présente de fort beaux échantillons de l'art qui nous occupe : notre figure 8 montre un chapiteau de cette remarquable église, qui a été bâtie sans doute à la fin du
XI'' siècle; à Wornis, une très-ancienne cathédrale qui possède deu.x tours rondes et deux coupoles octogonales : cet édifice a été construit avec la même pierre rouge que la cathédrale de Spire et que celle de Mayence, qui est également romane ; l'architecture de ce monument est très-bizarre, il possède quatre tours. Nos figures 13 et 14 font voir le tympan d'un portail à l'église Saint-Martin de "Worins; notre figure 15, une église à Idensheim; nos figures 16 et 17, deux chapiteaux, l'un dans l'église de Saint-Godhard à Hildesheim et l'autre à Denkendorf ; enfin notre figure 18 montre une fenêtre polylobée de l'église de Saint-Quirin, àNeuss, tandis que notre fi-
20. — Spécimen de romau à la catliudriile de Canterbnry (xn^ siècle).
gure 19 fait voir l'abside de l'église de Pfaffenheim. A Gelnhausen, il existe plusieurs monu ments, dont quelques-uns datent de la fin de la période romane : la cathédrale, par exemple, et les ruines de l'église Saint-Pierre. On voit également à Gelnhausen les ruines du château de l'empereur Frédéric Barberousse. A Bacharach et à Oberwesel, il y a également une église romane ; dans une des plus anciennes villes, sur le Rhin, à Audernach, une belle cathédrale d'un beau style ; à Coblentz, l'église Saint-Castor ; à Boppart , la cathédrale ; à Bonn, également une cathédrale très-remarquable qu'on dit avoir été
ROMANE (architecture).
fondée par l'impératrice Hélène ; à Cologne , l'église des Apôtres, celle de Saint-Géron, celle
Fig. 21. — Croix romane dans la tour de l'église d'Aycliffe.
de Sainte- Ui'siile, etc.; à Aix-la-Chapelle, l'église sur plan circulaire bâtie par Othon III sur l'emplacement de celle de Charlemagne, détruite par les Normands.
Fig. '2'2. — Croix ronmne (-"' type).
V. Antjkkrre. — L'architecture romane l'ut importée en Angleterre par la franc-ma-
çonnerie, probablement par des artistes ft-ançais , car les Anglo-Saxons allaient chercher
Fig. 23. — Croix à Nevern.
non-seulement des artistes, mais des maçons
Fig. 24. — Croix à Carew.
et des artisans en France. (Cf. Bedœ IJistoria eccksiastica, V, 21 ; et Histor. ahh. Wircmuth,
ROMANE (architecture).
If!!)
p. 21):) ; Tîic-hard, Prior Hagtih, t. I, 5.) Bien des archéologues ont affirmé que l'art roman a pénétré dans la Grande-Bretagne bien longtemps avant la conquête noi'mande ; nous
Fig. 25. — Crypte de Sîiinte-Marie, à Warwick.
le voulons bien , mais les édifices de cette période sont peu nombreux, car ce style d'architecture ne s'est largement développé que vers la seconde moitié du xi" siècle, c'est-à-dire après l'an lOGG. Cependant nous trouvons des édifices romans construits après l'invasion danoise ; ainsi l'église abbatiale de Komsey , dans le Huntingdoushire, a été construite dès le milieu du x^ siècle, mais c'est sans contredit la plus ancienne construction de ce style. Postérieurement ont été édifiées les cryptes de la cathédrale de "Winchester (980), celle de l'église de Glocester (104G), l'église abbatiale de Saiut-Alban dans le comté de Hertfordshire (1077). Un peu après ont été construits la nef et le transsept nord de la cathédrale de Winchester (1080), la crypte de
%/yY^y7]7^^;'^.
Fig. 20. — Ornement iii:it.:l:i
ik-sham).
Lastingham (1080), et, dans Whitc-Tower, la chapelle Saint-Jean (1081), la crypte de la cathédrale de Worcester (1084), certaines portions de la cathédrale d'EIy(1088), les parties les plus anciennes de l'égUse de Norwich (1096), la crypte de la cathédrale de Canterbury (1098), l'église Saint-Barthélémy (1123);
dans le Northamptonshire, la petite église de Barfreston, celle de Saint-Castor (1123) ; dans le comté d'York, l'église de Castle-Rising ; dans le Nottinghamshire , l'église collégiale
liiniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitt
^i^^A^^^^^^m^^i^^^mcmé^^i^mi
Fig. 27. ^ Moulure romane (crypte d'Hexham).
de Southwell, etc., etc. — Voy. Anglaise (Architecture).
Par cette longue énumération, on voit combien est riche en monuments romans l'Angleterre. Nous ajouterons que le roman anglais a eu plusieurs périodes : celle dite amjlosaxonne (827); les périodes danoise (1014) et normande (10G6 k 1200) ; enfin la période
Fig, 28. — Moulure romane (crypte d'Hexham).
des Plantagenets, dont la durée n'a pas été moindi'e de deux siècles.
Pendant tout ce laps de temps de près de cinq siècles, l'arcliitecture n'a été que du romano-hyzantin ou, comme on l'a dénommée faussement, du roman ; mais en Angleterre ce style a été très-original, il a été même dès
Fig. 29. — Godrons décorant des chapiteaux de pilastres.
son principe beaucoup plus correct et beaucoup mieux dessiné que le roman rhénan ancien. Le lecteur' pouiTa s'en convaincre en étudiant les spécimens gravés que nous donnons ici. Notre figure 20 montre un chapiteau cubique supportant un arc ogival et un arc plein cintre : ce morceau d'ai'chitecture