RUPTURE
RURALES (cuNSTiiucTioNs).
lettres était variable cliez ces diverses races. Si nous en croj-ons Tacite, les runes n'auraient pas seulement servi d'écritxu-e, mais on aurait employé des bâtonis runiqiics pour consulter l'avenir, pour interroger le sort. Voici comment on opérait : sur chacun de ces liâioiis on écrivait, ou du moins était gravé le nom d'un rune, Vu par exemple, dont le nom est nath (nécessaire), et comme chaque caractère avait une valeur magique, on les assemblait à côté les uns des autres pour former le sort. On les jetait sur un morceau d'étoffe, et ce n'est qu'après les avoir agités qu'on tirait les bâtons runiques, qu'on plaçait les uns près des autres, pour en tirer des conclusions.
RUPTURE DES MATÉRIAUX. — Voy. RÉ- SISTAXCE DES JIATÉRIAI'X.
RURALE (Architecture). — Voy. l'art, suivant.
RURALES (Constructions). — On désigne sous ce terme ou sous celui A'arcliitccture rurale la partie de l'architecture civile qui comprend toutes les constructions élevées hors des villes, dans les champs, pour l'exploitation agricole. Ou voit donc que l'architecture rurale a une grande importance, car elle embrasse dans son ensemble une masse considérable d'édifices ; ce sont : Yhahitation de l'homme deschinnps, c'est-à-dire du propriétaire-agriculteur, du fermier, du métayer, du cultivateur, de l'ouvrier agricole ; le loijement des animaux dunicstlques, des volatiles et des insectes, tel qu'écuries, étables, bergeries, porcheries, chenils, lapinières , basses-cours, poulaillers, pigeonniers ou colombiers, apiers ou ruchers, magnaneries, etc.; puis les constructions annexes de la ferme, les hangars, granges, séchoirs, greniers, glacières, laiteries, vendangeoirs, cuviers, celliers, chais ; enfin, \a ferme.
On peut d'abord considérer ces diverses constructions isolément et sous le point de vue de leur convenance particulière, puis collectivement sous le rapport de leur position entre elles. Isolément, les constructions doivent être saines, commodes, solides et économiques. Collectivement , il faut qu'elles soient calculées
en nombre et en superficie d'après la nature et l'importance de chaque exj)loitation et qu'elles soient situées, les unes par rapport aux autres et par rapport à la propriété agricole tout entière , de manière que les communications soient aussi faciles et aussi promptes que possible, ce qui économise beaucoup de temps et par suite de l'argent.
Pour bien disposer convenablement tout ce qui est du ressort de l'architecture rurale, il faut non-seulement posséder les connaissances usuelles de l'art de bâtir, mais encore connaître beaucoup d'agriculture et d'économie rurale, car l'architecture rurale embrasse tout ce qui se rattache à la grande et à la petite culture, à l'élevage des animaux et des insectes utiles, ainsi qu'aux industries agi'icoles. Il est donc facile de comjjrendre qu'il faut savoir beaucoup, qu'il faut posséder la science et l'art de l'architecte et de l'ingénieur, car d'un bon ou d'un mauvais aménagement dépend la prospérité ou la ruine de l'agriculteur. Il y a longtemps que l'utilité de ce genre d'architecture est démontrée ; Columelle, Varron et Caton, dans les traités d'agriculture qu'ils nous ont laissés et dont malheureusement nous ne possédons que des fragments, démontrent l'importance d'un bon aménagement des bâtiments ruraux ; mais sans remonter aussi loin dans l'histoire, nous citerons notre compatriote François de Neufchàteau, qui disait : « L'art de loger les hommes, les animaux et les récoltes avec simplicité, solidité et économie est le premier problème à résoudre dans la science des campagnes. »
L'art de construire a réalisé bien des progrès dans ces dernières années, mais les grandes villes sont presque seules à avoir profité de ces progrès. Il est très-regrettable que dan? les constructions rurales de nos jours on n'ait pas appliqué plus largement les procédés de la construction moderne. « Quelques contrées cependant, comme nous l'avons dit ailleurs (1), ont réalisé des améliorations , mais c'est principalement dans les industries agricoles qui
(1) Page IX de l'Introduction de notre Traité des cons' tructions rurales. (Cf. la bibliographie cl Ui fin de cet ar' ticle.)
RURALES (constructions).
sont des annexes de la ferme. Il est évident que les .architectes ou les ingénieurs apjielés pour établir des usines ont fait connaître quelques innovations, mais c'est sur quelques rares points de notre territoire, principalement dans le Nord et dans l'Est. Dans l'Ouest et dans le Midi, au contraire, ce qui frappe partout, c'est l'ignorance des constructeurs ; on dirait qu'ils construisent pour des siècles. De là un gros caiMtal dépensé en pure perte. Il faut, au contraire, faire en général des constructions très-légères et partant très-éccnomiques, ce qui permet de les démolir après un laps de temps relativement fort court ; car souvent le genre d'exploitation change, les facilités de transport, le libre-échange , le perfectionnement de l'outillage, et d'autres circonstances encore, peuvent forcer un agriculteur à, trans-
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Fig. 1. — Élévation d'une ccnrie.
former son exploitation. Il est donc indispensable que des constructions dispendieuses ne viennent pas entraver l'œuvre d'amélioration qu'il s'agit d'entreprendre. Toilà pourquoi on doit construire d'une manière très-simple et très-économique les bâtiments ruraux, afin de les transformer toutes les fois que le besoin s'en fait sentir.
Après ces observations générales, nous allons jeter un rapide coup d'oeil sur les divers genres de constructions, en ayant soin de renvoyer le lecteur aux divers articles de ce dictionnaire qui auraient traité déjà plus longuement des mêmes locaux.
I. Habitation de i,'iiomme. — L'habitation de l'homme doit satisfaire à de nombreuses conditions : elle doit être salubre, bien située, bien orientée; son intérieur doit être bien distribué et en rajiport avec les besoins de cejui
qui l'habite : aussi la disposition intérieure des maisons varie-t-elle ; il existe un type pour le journalier, un autre pour le petit cultivateur, et divers types pour le fennier de petite , de moyenne et de grande culture. (Voy. Maison.) II. Logement des animaux. — Les locaux
1 ij. "-'. - r,i\ii[Mn ni-îiinr ri is en grume.
affectés au logement des animaux doivent réunir de nombreuses conditions; nous en avons déjà parlé dans cet ouvrage ; nous n'insisterons pas, et, après avoir donné un modèle d'écurie (fig. 1 ), nous renverrons le lecteur aux mots Bergerie, Écurie, Étable, Porcherie, Chenil, Lapinière, Garenne, Poulailler, Colombier, Pigeonnier, Basse-cour, Apier, Magnanerie.
III. Constructions annexes de la ferme. — Ces constructions comportent : des abris pour les instruments agi'icoles et les outils; des ateliers pour le charronnage, la forge, le tonnelage ; des appentis et des hfingars ouverts ou fermés, des remises; des constructions pour abriter et conserver les récoltes, telles
RURALES (CONBTRUCTIONPj.
que foiiils, magasins à fourrages, granges, greniers et graineries, silos pour grains, fruitiers, glacières, s(?chcries et séchoirs ; des constructions destinées i'i transformer les récoltes, telles que boulangeries, fours, fournils, pétrins, distilleries et féculeries, cuisines rurales, laiteries, vendangeoirs ; des constructions destinées à recueillir, emmagasiner ou perdre les eaux, telles que fontaines, puits, réservoirs, viviers, mares, bassins, citernes, abreuvoirs.
puisards, cloaques, bois-tout on puits perdus, puits absorbants ; des constructions destinées à recueillir et conserver les engrais, telles que fumières, purinicres, latrines, fosses fixes; enfin des constructions destinées au lavage, blanchisseries, buanderies. On utilise souvent pour les Constructions annexes de la ferme le bois en grume et des toits de chaume. Ce type de constructions fournit des pavillons pittoresques analogues à ceux représentés par nos
Fig. 4. — Grande ferme avec les bâtiuieuts en retour en double équeri'C.
figures 2 et 3 , qui servent de logement à des animaux et ont été élevés au jardin d'acclimatation de Paris par notre confrère M. Tricotel. (Yoy. H.uscjar, Remise, Grange, fiLACiÈRE, Fruiterie, Silo, Four, Laiterie, Puits, Réservoir, Citerxe, Cloaque, etc.)
IV. La ferme. — L'étymologie de ce mot est assez douteuse ; les uns le disent dérivé du grec l'paa (clôture), ou du celte ferma (louage); d'autres, Littré parmi eux {Dict. de la Jaiujue fr.), le donnent comme dérivé du picard/rtr>«« ou du provençal /?/■;««, qui tirerait son origine d'un mot de basse latinité ,y/r»i^A,
finiius, chose ferme, établie. Quoi qu'il en soit de ces diverses étymologies, nous dirons, avec le jurisconsulte, que le fermier est le cultivateur qui, moyennant un prix annuel donné à un propriétaire d'un bien agricole, l'exploite pour en retirer un profit plus considérable. Il existe des fermes de diverse importance, qu'on dénomme petites fermes, fermes moyennes, enfin grandes fermés. L'étendue de chacune d'elles est très- variable suivant les pays ; en moyenne, la petite ferme possède environ 80 hectares, la ferme moyenne 150, la grande ferme 2.00 hectares. — Des causes locales, la manière d'exploiter et le genre de l'industrie agricole
RURALES (CONRTRUCTIOXS).
peuvent aussi donner lieu aux classifications suivantes : 1" pays montagneux, dénudé, coupé par des routes et des ruisseaux exigeant beaucoup de main-d'œuvre : très-petite ferme; 2" domaine situé sur le flanc d'une grande colline ou d'une montagne : ferme de petite exploitation; 3" pays très-peuplé, où la propriété est très-divisée , domaine situé près d'une ville : ferme de petite et de moyenne exploitation ; 4" pays en plaine, dans lesquels
les communications et les transports sont faciles : ferme de moyenne et de grande ex])loitation; 5" pays dans lesquels les biens sont concentrés dans les mains d'un petit nombre, ou dont le fonds naturellement fécond ])roduit une vigoureuse végétation : gi'ande ferme ; 6° domaine situé près d'une grande ville dont les habitants s'adonnent au commerce, ou près d'un centre manufacturier ; ferme de trèsgrande étendue.
FÎR. 5. — Grande ferme; bâtiments disposés en parAllélogrammc avec conr centrale.
Quelle que soit l'importance d'une ferme , elle doit toujours réunir certaines conditions générales que nous allons résumer le plus brièvement possible : 1" placer le bâtiment d'habitation au centre et au fond de la cour, de manière à permettre an clief de l'exploitation d'exercer une surveillance facile, permanente, de son cabinet, de sa chambre ou de toute autre pièce; disposer le jardin et le potager en arrière du bâtiment d'habitation, ce qui donne un aspect agréable aux pièces situées de ce côté, et de plus permet la surveillance des travaux qui s'exécutent dans le jai'din et le potager; 2" séparer entre eux, par des vides
ou des hangars seulement, tous les bâtiments ; isoler surtout les granges et greniers à foin de l'habitation, afin de diminuer les risques d'incendie et afin de pouvoir, en cas d'accident, circonscrire le feu ; 3" suivant l'importance de la ferme, grouper les bâtiments de différentes fiiçons : sur une seule ligne pour les petites fermes ; en retour d'équerre pour les petites et les moyennes fermes; en double équerre et en parallélogi'amme avec cour centrale pour les grandes fermes (fig. 4 et 5); an centre de la cour, on devi-a placer la fosse à engrais avec l'aire à fumier pour abréger et faciliter les transports des écuries à cette dernière destina-
RURALES (coxsTRucTioxs).
tion ; -1" ne pas craindre de faire la cour assez grande, mais cependant la réduire à un minimum en rapport avec la surface des constructions ; 5" rapprocher de l'habitation les écuries des animaux de choix ou reproducteurs et placer auprès les infirmeries, afin de dépenser le moins de temps pour leur surveillance ; 6 " envoyer au moyen de rigoles couvertes ou canalisations souterraines tontes les urines du logement des animaux et les diriger dans la fosse aux engrais avec une pente plus ou moins forte suivant la distance à parcourir, mais jamais moindre de 0",015 par mètre ; 7" donner tm assez grand développement aux greniers à foturages, afin de pouvoir s'approvisionner pour plusieurs mois sans être obligé d'entasser les fourrages dans un espace trop restreint , ce qui au bout d'un certain temps finit par les altérer : 8° aérer largement les greniers par de nombreux châssis à tabatière et des cheminées de ventilation placées sur le faîte des greniers et avec le concours de barbacanes ou ventouses d'aération placées au bas des murs sur le plancher : 9' ventiler les écuries, étables, bergeries, à l'aide de cheminées d'appel en bois ou en poteries, suivant les principes que nous avons donnés dans les différents articles de ce dictionnaire, notamment au mot Éctbie, et disposer les ouvertures de ces cheminées de façon à éviter les courants d'air trop violents; 10" donner aux écuries et aux étables une largeur convenable pour conserver im passage assez large (Yov. Écubie); 11" dans les bergeries, ne pas craindre de mnltipUer les portes, les établir à deux vantaux pour faciliter la sortie des moutons et pouvoir donner un aérage suffisant: 12" tous les logements des animaux qui auront au-dessus d'eux des greniers auront des plafonds hermétiquement clos, afin que l'odeur qui se dégage des litières ne donne point dodeur aux fourrages ; 13" les granges auront des portes assez larges et assez hautes pour permettre aux voitures fortement chargées de les traverser (Toy. Geaxge); 1-4" à droite et à gauche des passages des granges, on devra établir des planchers assez élevés pour permettre le déchargement des gerbes et pouvoir établir au besoin la machine à battre sur le passage ; 1 5° disposer dans le
centre de la cour et dans l'ordre que nous indiquons, le plus près de la maison, le puits, l'abreuvoir, le pigeonnier, la fosse à purin et l'aire à fumier ; près de celle-ci, placer le poulailler et la basse-cour, le premier sous une extrémité de hangar et la seconde près de l'abreuvoir ; 16" isoler les porcheries et les éloigner de l'habitation, et dans tous les cas les orienter de telle façon que, placées autant que possible au midi , le vent dominant dans la localité n'apporte pas les odeurs dans la direction de l'habitation du fermier; 17" ménager de larges passages à l'entrée et à la sortie latérale des bâtiments, afin d'obtenir une circulation facile pour les animaux et les voitures de toute sorte; 18" établir un mur d'enceinte autour des bâtiments ou relier les murs de ceux-ci par des portions de mur, de manière à défendre l'entrée sans autorisation à toute personne étrangère à la ferme; 19" enfin, U faut autant que possible que les bâtiments soient groupés de telle façon qu'on puisse les agrandir d'une ou plusieurs travées, sans avoir à démolir à droite ou à gauche. — Telles sont les conditions primordiales pour la construction d'tme ferme, conditions qui se trouvent suivies dans les types que montrent nos deux figures.
Bibliographie. — Traité des Utiments propres à loger leg animaujr qui sont nécessaires à r économie rurale, 1 vol. in-fol., fig., Leipzig. 18i>2 ; — de Perthnis, Traité darchituture rurale, 1 vol. in-4">, Paris. 1810 ; — Gandy, Rural arcJtitecture . designs fur eountnj buildings, 1 vol 10-4", Londres. 1805 ; — J.-B. Papworth, Rural résidence. 1 vol. in-8°. 1832 : — F. Goodwin. Rural architecture, 2 vol. in-8°, Londres, 1835 ; le même, Supplément to cottage architecture, 1 vol. in-8°, Londres, 1835 ; — Aikin (E.). Designs for villas and otlier rural buildings, 1 vol. in-t», Londres. 1835;'— P.-F. Robinson. Rural architecture, 1 vol. in-4''. Londres, 1836: du même. Village architecture , 1 vol. in-4''. Londres. 1837 ; — J.-C. London, An Encyclopedia of cottage, farm, etc., 1 voL in-S", Londres, 1842; . — Bona. Traité des constructions rurales, 1 vol. in-12, Paris. 1864 : — L. Moll et Eugène Gavot, Encyclopédie pratique de l'agriculteur (de nombreux articles, notamment dans le tome VIII) : — Ernest Bosc. architecte. Traité des constructions rurales , 1 vol. in-8*' Jésus, avec 576 figures dans le texte on hors texte. Paris, 1875.
RUSTICAGE.