‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 3)Chapitre 81 sur 252 · SAC · texte numérisé non relu

SAC

sabots ù hélice de divers modèles, qui servent à faire entrer en terre les pieux en les tournant par divers procédas employés dans ce but. Les menuisiers nomment sahot le bout de plinthe ou de bandeau, plus ou moins cintré, (pi'ils rapportent aux pieds d'un meulile. Ils

Fig. 4. - Sabot en fonto i\ quatre branches.

donnent le même nom à une sorte de petit rabot cintré, concave ou convexe, qui sert à pousser les moulures sur les parties cintrées. — IjBs seiTuriers donnent le même nom à la garniture en métal du pied d'un meul>le à roulette, ainsi qu'à l'arrêt d'une poignée sur iilatiue.

FIg. 6. — Snl)ot il aikttts on h(5Iic;- (1" typn).

Dans un escalier, on noninie mhot la partie en saillie de la marche |ialière dans laquelle est assemblé le liuKin. L(! sabot est pris dans la masse du bois ou de la ]iierre, ou bien il est rapporté ; il fait partie de la courbure de l'échinVe.

Enfin, les maçons nomineut sabols les montures en liois des calibres, snuvent en tôle ou

en fer, qui leur servent à pousser des moulures en plâtre.

SAC, s. m. — Poche de forte toile destinée

Fig. 6. — Sabot i ailettes en hélice (2« type).

à enfermer ou à transporter certains matériaux employés dans les travaux de construction, tels que le plâtre, le ciment, la chaux hydraulique, etc. Ces sacs ne sont pas de grande dimension ; ils contiennent environ un volmne de 0"",02û. Dans certains travaux, on évalue au nombre de sacs la fourniture de plâtre, de

Fig. 7. — Sabot à prnnilos ailettes en hi^Iiee (3*" type).

chaux ou de ciment : ce mode de mesurage doit être rejeté , à moins qu'il ne .s'agisse de régler des travaux de peu d'importance, de petites réparations d'entretien; dans tous les autres cas, on doit faire le métré des surfaces ou évaluer les fournitures au mètre cube.

Les ouvriers plombiers, gaziers, serruriers, etc., uommeut sar un havre-sac en cuir,

SxVCELLUM. ^ SAFRAN.

i.sa

qu'ils ferment avec des lanières de cuir et des boucles, et dans lequel ils emportent leurs outils quand ils vont travailler en ville ; d"où l'expression familière donner son sac à un ouvrier, pour dire le renvoyer.

Dans les travaux de décintremcnt de ponts et de voûtes, on emploie depuis longtemps des sacs en sable , dans lesquels cette matière est fortement comprimée ; on les emploie comme cales de cintres, et, quand il s'agit de décintrer, on ouvre un côté du sac et le sable s'écoule, ce qui permet de pratiquer facilement le Décintrement. (Voy.

ce mot.)

Dans ces dernières années, il y a environ vingt-cinq ou trente ans, un ingénieur a fait beaucoup de bruit autour de ce mode de décintrement et s'est fait passer comme l'inventeur du système, qui, disons-le, n'est que renouvelé des Romains, qui se servaient, du reste, du sable, comme les Egyptiens, pour des opérations diverses ; ainsi Pline nous apprend que l'architecte Ctésiphon employa des sacs remplis de sable pour mettre en place les plates-bandes du temple d'Éphèse : « Une chose (dit Pline, dans le Dkt. â'arch. de Quatremère, v° Sable) tient du prodige, c'est qu'il (Ctésiphon) ait pu élever à une telle hauteur (sur les colonnes de ce temple) des masses aussi volumineuses que les pierres des platesbandes de l'architrave. Voici le moyen dont il usa. Avec des sacs remplis de sable, il pratiqua une pente douce dont le sommet surmontait les chapiteaux des colonnes; sur ces sacs vinrent se reposer les blocs des plates-bandes; puis on vida peu à pen les sacs inférieurs, en sorte que tout l'assemblage se trouva assis en place. Le procédé réussit d'abord moins bien pour la pierre du milieu de l'architrave; mais l'inconvénient ayant disparu, elle se remit d'aplomb par le seul effet de sa pesanteur. t> Aujourd'hui encore, quand on fait des fouilles en Egypte et qu'au fond d'un puits de fouille on découvre des débris antiques d'un poids considérable, tels, par exemple, qu'un sarcophage énorme en granit, les fellahs, pour le remonter au niveau du sol, remphssent le puits de sable et soulèvent alternativement le bloc tantôt à droite, tantôt à "auche.

SACELLUM. — Terme d'antiquités, diminutif de sacrxni. C'était une petite enceinte circulaire ou carrée qui contenait un autel consacré à une divinité; c'était un édicule, une sorte de chapelle isolée et en plein air, qui même n'avait pas de toit. ( Festus, s.v.; Cicéron, Div., I, 46; Agri., II, 14; Ovide, Fast., I, 275.)

SACOME, s. M. — Terme grec latinisé, qu'on trouve dans Vitruve (IX, Prœf.f 9) et qui

signifie confrc-poiih, ainsi que profil exact, de toute moulure, de tout membre d'architecture.

SACRARIUM. — Les Romains design aient sous ce terme une sorte d'oratoire ou de chapelle domestique. (Cic, adFam., XIII, 2.) On nommait aussi ce local lararhim, quand il renfermait les dieux lares; et, dans les temples, c'était dans le sacrarium où l'on conservait les choses sacrées. Ce local correspondait donc à la sacristie des églises modernes. (Ovide, 3Ict., X, 691 ; Tite-Live, VII, 20.) — Au moyen âge , on désignait sous le nom de sacrarium (sacraire) de petits réduits voîités placés dans le chœur des églises et dans lesquels on enfermait les vases sacrés.

SACRISTIE, s. f. — Local qui communique avec une église et qui sert à déposer et enfermer les vases et les ustensiles sacrés. C'est dans ce local que les prêtres s'habillent avant d'entrer dans le chœur pour dire la messe et chanter vêpres. Dans beaucoup d'églises, il y a plusieurs sacristies. Elles sont, en général, revêtues de riches lambris et pourvues d'armoires, de lavabos et de tables.

SAFRAN, s. m. — Couleur jaune employée dans les arts et qui fait la base de la matière colorante nommée mordant ou vermeil, employée par les dorem's. Le safran n'est que le résidu des étamines du crocus sativus, ou crocus ordinaire. — Pour mettre en jaune les parquets, ou fait une décoction de curcuma et d'une plante nommée carthame tinctoriale {carthamus tinctorius), ou safran d'Allemagne; on étale cette décoction sur les parquets avec un vieux balai de crin, enveloppé parfois d'une toile.

Page 1