‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 4)Chapitre 144 sur 239 · TEINTER. — TEMOINS · texte numérisé non relu

TEINTER. — TEMOINS

foncée à son point de départ et qui va en s'éclaircissant de plus en pins jusqu'au point de se confondre, si c'est par exemple une teinte en aquarelle^ avec le blanc du papier;

•Teinte (demi-teinte), un ton moyen entre l'ombre et la lumière, ou bien encore une teinte pâle.

Teinte dure. — Les doreurs donnent ce nom à une substance composée de blanc de céruse calciné, puis broyé à l'huile et détrempé à l'essence. On emploie cette composition pour des fonds qu'on veut poncer et polir, et surtout comme fond de la dorure à l'huile. C'est généralement sur la teinte dure qu'on applique la mixtion. — Pour la dorure sur apprêt, on emploie une teinte dure composée de blanc de céruse, de sanguine et de talc calciné, broyés à l'eau et détrempés à de la colle de p&te mélangée avec une faible proportion de blanc de Meudon. Enfin, il y a une troisième composition de teinte dure qui est faite avec de la céruse broyée très-finement et détrempée à l'huile grasse.

TEINTER, V. a. — Donner une teinte, donner une coloration factice à des bois, à des stucs, ete.

TEINTURE, 8. f. — Action de teindre.

En ébénisterie et en menuiserie, on teint souvent les bois pour leur donner plus de richesse. On peut teindre le sapin en ton violacé, en acajou; on teinte en plus foncé le bois de chêne avec du brou de noix, etc.; mais on teinte surtout le poirier et le tilleul en noir pour faire des intérieurs de boutique, principalement pour pharmacies et magasins de parfumerie, ainsi que pour faire des meubles de bureau.

TÉLAMONS, s. w. pi — Figures d'hommes, qu'on nomme aussi atlantes y qui font l'office de colonnes et qui sont employées en leur lieu et place pour soutenir des corniches, des architraves, etc. Ce qui distingue les atlantes et les télamons, des cariatides, c'est que les premiers sont des statues d'hommes et les secondes des statues de femmes. (Voy. Atlantes et Cariatides.)

TÉLÉGRAPHE, s. m. — Système de correspondance à l'aide de signaux qui a été remplacé aujourd'hui avec avantage par la télégraphie électrique. On ne conserve plus de télégraphes aériens que sur les bords de la mer, dans le voisinage des ports, afin de correspondre avec les navires qu'on aperçoit au large ; ce genre de télégraphe se nomme Sémaphore. (Voy. ce mot.)

Les sonneries électriques de nos appartements ne sont, toutes proportions gardées, que des télégraphes électriques. (Voy. Sonnerie.)

Les menuisiers nomment télégraphe un outil composé de deux branches dont l'une, la plus courte, est mobile autour d'un axe fixé dans la plus longue branche; cette dernière est quelquefois en acier. Cet outil sert au menuisier à tracer sur le bois toute sorte de lignes inclinées ; c'est une sorte de Biveau. (Voy. ce mot.)

TÉLÉMÈTRE, «. m. — Instrument destiné à évaluer rapidement les distances; il en existe de divers genres : l'un d'eux est spécialement employé par les officiers pour dresser des plans de bataille, on le nomme télémètre dsgtierrê.

TÉLÉMÉTRIE, s.f. — Art de mesurer les distances.

TÉLÉPHONIE, s. f. — Moyen de transmettre les sons, et par suite la voix, à l'aide du téléphone; c'est une télégraphié acoustique analogue aux conduits acoustiques, avec cette différence cependant que la téléphonie porte la voix beaucoup plus loin que ne le feraient les tuyaux acoustiques.

TÉLÉTIQUE, adj. — Terme d'antiquités grecques. Qui a rapport aux mystères, aux initiations.

TÉMOINS, s. m. pi — Petites pyramides tronquées ou cônes tronqués que, dans une grande fouille, on laisse de distance en distance, afin de servir de points de repère, de témoins pour l'estimation des déblais. Ce

TEMPLE

terme est anssi^ dans certains cas, synonyme de BoBNB. (Voy. ce mot, § Jurisprudence.)

TEMPLE, s. m. — Édifice consacré au culte d'une divinité quelconque. Ce terme sert sujtout à désigner les édifices religieux de Tantiquité; aujourd'hui cependant diverses religions nomment encore les monuments du culte, temples; ainsi on dit : temple Israélite ou synagogue, temple protestant, temple boudhique, etc., tandis que la religion catholique nomme les édifices consacrés à son culte Églises. (Voy. ce mot.)

Historique. — Les temples dont l'origine paraît remonter à l'antiquité la plus reculée sont ceux de l'Inde; on les divise en trois catégories, savoir : les temples souterrains ^ qui sont de véritables hypogées; les roch&rs taillés ou temples ouverts; enfin les pagodes. Nous avons parlé de ces temples aux mots Indienne {Architecture ) et Pagode ; nous n'avons donc pas à y revenir ici, nous nous bornerons à renvoyer le lecteur à ces mots. — Les Babyloniens et les Phéniciens avaient bien des temples, mais nous ne possédons pas de renseignements bien certains sur ces édifices. Pour ce qui est des temples mexicains, nous en avons dit quelques mots à Mexicaine {Architecture). Nous ne traiterons donc dans le présent article que des temples chez les Égyptiens, chez les Grecs et chez les Rohiains.

Temples égyptiens. — Ces temples étaient à peu près construits sur le môme plan, sauf quelques dispositions qui paraissent souvent avoir été faites après coup. Ces édifices grandioses rappellent par leur forme et leur masse, lourdes mais imposantes, les temples creusés dans les rochers, les hypogées. Ils occupent une assez grande étendue de terrain et leur enceinte est souvent délimitée par une muraille en briques crues; ils sont précédés d'un pylône relié à la porte d'entrée ou double pylône par une avenue de sphinx. La porte du temple est souvent flanquée de deux colosses ou de deux obélisques. Après ce pylône, se trouvait une vaste cour ou péristyle rectangulaire, ou même exactement carré. En général, tous les murs de ce péristyle sont couverts de bas-reliefc et d'inscriptions hiéro-

glyphiques. Ce péristyle constitue l'avant-temple ou pronaos; après lui, nous arrivons dans une salle hypostyle ou dans un double pylône; la salle hypostyle était séparée du sanctuaire {naos\ ou temple proprement dit, par diverses salles de moindre importance que l'hypostyle, et dans lesquelles les prêtres accomplissaient diverses cérémonies du culte. Nous ne parlerons point ici de la signification des inscriptions et des bas-reliefe, nous nous bornerons à l'envoyer le lecteur désireux d'étudier ces questions au mot Égyptien {Art).

Il ne pénétrait qu'un nombre fort restreint

Fig. 1. — Intérieur d'une salle d'nn temple ^ptien.

de prêtres dans le sanctuaire. Voici, du reste, comment un archéologue des plus compétents sur l'archéologie égyptienne, M. Mariette, interprète, dans son Itinéraire des invités du khédive, les faits qui s'accomplissaient dans les temples :

Bien ne peut laisser supposer qu'en dehors du roi et des prêtres une partie quelconque du public y ait jamais été admise. Le temple est un lieu de dépôt, de consécration et de préparation. On y célèbre quelques fêtes à T intérieur, on s'y assemble pour les processions, on y emmagasine les objets du culte, et si tout y est sombre, si dans ces lieux, où rien n'indique qu'on ait jamais fait usage de flambeaux ou d'aucun mode d'illumination, des

TEMPLE

ténèbres à peu près complètes régnent, ce n'est pas pour augmenter par Tobscurité le mystère des cérémonies, c'est pour mettre en usage le seul moyen alors possible de préserver les objets précieux, les vêtements divins, des insectes, des mouches, de la poussière du dehors, du soleil, et de la chaleur ellemême. Quant aux fêtes principales dont le temple était le centre et le noyau, elles consistaient surtout en processions qui se répandaient au dehors, à la pleine clarté du soleil, jusqu'aux limites de la grande enceinte en briques crues. En somme, le temple n'était donc pas tout entier dans ses murailles de pierre, et ses vraies limites étaient plutôt celles de l'enceinte. Dans le temple proprement dit, on logeait les dieux, on les habillait, on les préparait pour les fêtes ; le temple était une sorte de sacristie où personne autre que les rois et les prêtres n'entrait,"

Ce passage explique parfaitement pourquoi le sanctuaire était si étroit et pourquoi rensemble du temple était si obscur. Du reste, il y avait là aussi une question de tradition. Il ne faut pas oublier que les temples de Tancien empire étaient des spéos et des demi-spéos, c'est-à-dire des édifices souterrains ou partiellement souterrains. (Voy. Spéos.)

Temples grecs. — L'art grec comprend quatre périodes principales, pendant lesquelles Tarchitecture et par suite les temples ont subi des modifications importantes. Pendant la première période dite JUroîque, les temples étaient construits en bois, et leur fondation était attribuée à certains héros, tels qu'Hercule, Thésée et les Argonautes. Les temples d'Apollon à Trézène et à Samos, ceux de Jupiter à Égine, de Minerve à Phocée, de Vénus Uranie à Athènes, de Diane à Mégare, de Junon à Argos et à Sicyone, étaient probablement en bois, ce qui explique leur destruction et leur reconstruction ; du reste, Pausanias dit d'une manière formelle que le premier temple de Delphes était comme une hutte faite en branches de laurier; d'un autre côté, nous savons que le temple de Neptune près de Mantinée était en bois de chône. Pendant la seconde période, qui commence à l'époque de la guerre de Troie et qui s'étend jusqu'à cinq siècles après cette guerre, les temples sont encore en bois, au moins dans les parties supérieures ; tel était, par exemple, le temple de Diane en

Tauride. — La troisième période commence à la première olympiade et s'étend jusqu'à l'invasion des Perses ; pendant cette époque, où l'architecture avait progressé, il est cependant certain que les temples étaient encore en bois et pierre, mais on les décorait, surtout à l'intérieur, avec beaucoup de luxe. Datent de cette époque, et sont particulièrement connus, les temples de Diane à Éphèse, de Junon à Samos, de Jupiter Olympien à Athènes et de Jupiter à Élis. Enfin la quatrième période s'étend depuis les victoires des Grecs sur les Perses jusqu'à la soumission de la Hellade aux rois de Macédoine, c'est-à-dire de la soixante-quinzième à la cent onzième olympiade, c'est-à-dire encore de l'an 479 jusqu'à l'an 336 avant notre ère. C'est sans con-

Flg. 3# — Templtim in antis.

tredit l'époque la plus brillante de l'art grec, celle où il atteint son apogée. C'est depuis cette période que les temples furent classés suivant leur importance et qu'on leur donna diverses dénominations selon la disposition des colonnes servant à leur décoration. La plus simple ordonnance et la plus ancienne était celle dite vao; Iv wapacTaci (Jemplum in antts), c'est-à-dire dont la façade principale comportait deux colonnes et deux Aittes (Voy. ce mot) terminant les murs latéraux, le tout surmonté d'un fronton. — Le temple prosiyîe a quatre colonnes de face supportant un fronton, de sorte que cet édifice possède un péristyle. — liamphiprostyle était semblable au prostyle, seulement il avait deux façades ou frontispices semblables, c'est-à-dîre deux péristyles de quatre colonnes sur chacune

TEMPLE

de ses fiiçades. — Le temple périptère a ses mnrs latéraux décorés de colonnes comme ses façades, de sorte que l'édifice forme nn portique continu. Généralement, les périptères ont six colonnes de façade, mais cependant il en est quelques-uns, le Parthénon par exemple, qui en ont huit. — Le pamâo-périptère, ou faux périptère, est un édifice comme le précédent; seulement les colonnes, au lieu d'être isolées, sont engagées dans les murs de la cella. — Le temple diptère comportait une double rangée de colonnes sur les côtés de la cella, ce qui formait une double galerie autour de l'édifice. Quand les colonnes du second rang, au lieu d'être isolées, étaient engagées dans la maçonnerie, on obtenait une autre ordonnance dénommée pseudo-diptère. Les colonnades flanquant les. côtés de la cella étaient nommées ptères, du grec wxepov, wTgpojAa^ qui signifie

-^ Temple psendo-diptëre et k antes.

a»l9, parce que, en efifet, ces portiques formaient pour ainsi dire comme deux ailes placées aux flancs du monument, absolument comme les ailes d'un oiseau aux flancs de celui-ci ; de là l'analogie. Indépendamment des temples rectangulaires, les Grecs avaient des temples carrés et circulaires : ces derniers sont désignés BOUS le nom de mofiapièree, quand ils étaient simplement formés par une enceinte de colonnes posées sur un stjlobate ; de périptères, quand ils avaient une cella entourée d'une colonnade, le tout supporté par un stjlobate avec des degrés. (Voy. Gbeo (Art), § Temples,) Temples romaiks. — - Les temples romains procèdent des temples grecs, carils ont été conçus d'après les temples toscans, qui n'étaient qu'une imitation de ceux de la Grèce, comme Vitruve (III, 3) a eu soin de nous l'apprendre. En effet, ils sont bâtis sur un plan rectangulaire se rapprochant du carré. La façade des

temples étrusques s'annonçait par un portique de quatre ou de six colonnes de front disposées comme dans les prostyles grecs; Vitruve ajoute que l'intérieur de ces temples était divisé en trois cellas parallèles placées à côté les unes des autres. L'auteur romain est un peu trop affirmatif sur ce point, puisque les restes d'un temple à Yulci montrent une cella unique. Les Romains désignaient les édifices religieux qui nous occupent sous les 4ifférent8 noms de templum, fanum, cèdes, delubrum. — Le templum correspondait au TÉfjievoç des Grecs. Le farmm était ainsi nonmié à cause des paroles que prononçait le poûtife, quand il faisait Ja dédicace d'un temple; Festus et Varron le disent d'une manière fort claire ; le premier a écrit : Fanum àfano dictum, sive à fando ; quod dumpontifex dedicat ceria verha fatvr; Varron

Fig. 4. ~~ Temple avec galerie Intérieure.

nous informe que : Himfana nominata quod pontifices in sacrando fati sunt finem. (Cf. Varron, VI, 54;'Tite-Live, X, 37; Cic, Div.,^1, 41.) Ce terme de fanum correspond, d'après quelques-uns, à l'tepov des Grecs. — U cèdes était un sanctuaire qui n'était pas consacré par la formule solennelle des augures {effatum) à une divinité. On nommait cèdes rotundœ les temples bâtis sur plan circulaire; œdiculœ, les temples de petites proportions. — Le deludrum servait à désigner le sanctuaire, le lieu où l'on plaçait la divinité, et par suite le temple tout entier. — D'après Festus, ce terme ne désignait tout d'abord que l'image brute du dieu: Deluhrum dicehant fustem delibratum, hoc est decorticatum, quem venerebantur pro deo. Servius (ad ^neid,, II) prétend qu'on dé* signait le temple sous le nom de deluhrum à cause de la fontaine qui souvent se trouvait placée devant ces édifices. (Cic.,iV^.Z>., 111,48;

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