‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 4)Chapitre 206 sur 239 · VENTILATEUR · texte numérisé non relu

VENTILATEUR

ne demande pas plus de soin que la pose d'une mitre. L'air entre dans quatre orifices disposés sur la face du cylindre; il s'y engoufire, ce qui exerce un appel assez puissant dans l'intérieur de la cheminée. Notre figure 8 fait Yoir le même ventilateur se plaçant

Fig. 5. ~* Base en bois reoeTant le pied des yentilatenn.

sur une mitre. Notre figure 4 montre un ventilateur anglais, à vis d'Archimède tournante, i\t veniiluteur Howorfh, Les traits principaux qui caractérigent ce ventilateur sont : un chaperon tournant, la vis d'Archimède au-dessous, et les dispositions intérieures pour rhuilage, ce qui permet à l'appareil de

Fig. 6. ■— Ventilateur Howorth sur un mitron.

fonctionner plusieurs années sous l'action du moindre vent et sans aucun bruit. En outre, le chaperon a huit girouettes de côté, afin de laisser évacuer sous tous les vents l'air chaud et vicié, et pour empêcher la pluie ou la neige de battre l'intérieur de l'appareil. Le haut du chaperon est pourvu de girouettes courbes sur lesquelles le vent

agit de la même manière que sur les voiles d'un navire, et c'est à l'aide de celles-ci que la tête tourne. L'hélice, reliée à la tête de l'appareil par une tige, tourne avec cette tête, ce qui produit un fort courant d'air montant et continu, et empêche l'air froid de pénétrer dans la cheminée ventilatrice, ce qui arrive quand les appareils ne sont pas puissants, car il s'établit un courant d'air descendant. Ce ventilateur anglais se pose sur une souche de cheminée ou dans d'autres locaux sur une base en bois, qui doit être faite suivant la pente du toit. On devra avoir soin que les traverses du bas reposent sur la première pièce et sur les chevrons du toit. Notre figure 6 montre la disposition de cette base.

La figure 6 fait voir le même ventilateur sur un mitron, et nous supposons toujours une partie du cylindre enlevée, afin de montrer la disposition de l'hélice. Enfin, la figure 7 représente un ventilateur Howorth actionné par la vapeur à l'aide de poulies de transmission ; il peut fonctionner avec toute autre force motrice.

— Ventilateur actionné par la THpcur.

Il existe un grand nombre de ventilateurs ; nous donnons ici une partie de ceux les plus usuellement employés ; ce sont : le ventilateur à ailes planes de Ligny ; le ventilateur à ailes courbes de Sabloukoff ; ceux, également à ailes courbes, de Combes et de Pasquet ; le ventilateur en fer de lance de Dangneau ; le ventilateur pneumatique de Fabry ;

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le ventilateur-aspirateur à contre-poids du docteur Van-Hecke ; le ventilateur à brosses de Golay (fig. 8) : celui-ci est mû à bras, mais il peut être aussi actionné par la vapeur ; enfin les ventilateurs de Muir, de Watson, de Mackinnell, de Sherringham, de Noualhier, etc., etc. Ceux de nos lecteurs qui désire-

Fig. 8. — Ventilateur Golay.

raient étudier ces divers systèmes de ventilateurs les trouveront tous décrits et dessinés dans notre Traité de chauffage et de ventilation, pages 193 à 200. (Voy. le terme suivant.)

VENTILATION, s. f. — Ensemble des opérations employées pour renouveler Tair d'une enceinte quelconque, La ventilation a encore pour objet d'amener dans un local de Tair chaud en hiver^ frais en été, himiide, si le milieu est trop sec ; de la sécheresse, au contraire, si ce milieu est trop humide. Enfin, dans l'industrie, la ventilation opère, dans les séchoirs et les sécheries, la dessiccation de divers produits ; dans certains

ateliers, elle débarrasse d'exhalaisons fétides et d'odeurs ou de poussières dangereuses pour la respiration. On nomme ventilation renversée un système de ventilation dans lequel Tair se meut contrairement à son mouvement naturel, soit de haut en bas dans la ventilation à chaud, soit de bas en haut, dans la ventilation à froid. La connaissance de toutes ces opérations constitue une science des plus complexes et que peu de savants possèdent actuellement.

HiSTORiQUB. — Il est bien difficile d'assigner l'époque à laquelle l'homme a fait une première application de la ventilation artificielle. Il est probable que, sans se rendre compte de l'opération qu'il exécutait, il a dû, lors des grandes épidémies, allumer sur les places publiques de grands feux pour chasser le fléau, comme cela se pratique encore de nos jours, pendant les époques de choléra, dans certaines villes du midi de l'Europe. — L'histoire nous apprend qu'un nommé Acron, médecin d'Agrigente (Plat., de Isid. et 08ir.,t. II, p. 383), qui vivait cinq siècles avant l'ère vulgaire, aurait chassé d'Athènes la peste en allumant de grands teux dans les rues et sur les places publiques. Hippocrate, qui vivait à peu près à cette époque (460 avant J.-C), aurait employé le même moyen (ap. Hippocr,, t. II, p. 970) pour délivrer d'une effrayante épidémie Athènes, et Abdère, ville grecque de la Thrace, située sur les côtes de la mer Egée. On comprend que ces vastes foyers brûlaient les miasmes de l'air, infectés de ferments putrides, qui donnaient lieu à ces efiroyables épidémies. Mais quelle consommation de combustible pour obtenir un si mince résultat !

Qu'a-t-on fait depuis deux mille ans, c'està-dire depuis Hippocrate et Acron, sous le rapport de l'hygiène par la ventilation, et par quelles successions de découvertes sommes- nous arrivés à la ventilation moderne ? L'histoire est muette sur ce chapitre comme sur bien d'autres qui se rapportent aux progrès de l'humanité. Il nous faut nécessairement franchir l'époque qui nous sépare d'Hippocrate et arriver jusqu'à ces

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temps tout à fait modernes pour trouver quelques traces des premiers essais de ventilation. Bien qu'il soit reconnu, d'après certains auteurs, que les architectes ne s'occupent pas du tout des questions de chauffage et de ventilation, nous avouons humblement que le premier essai de ventilation est dû à l'architecte de Saint-Paul de Londres, l'illustre Christopher Wren (1), qui fit percer des ouvertures aux quatre angles du plafond de la salle du Parlement. Ces ouvertures, à l'aide de coffres en bois qui débouchaient sur la toiture de l'édifice, servaient à ventiler la salle.

Un peu plus tard, encore en Angleterre, en 1715 ou 1722, le traducteur de la Mécaniqm du feu , le D' Desaugiers, fait un nouvel essai de ventilation pour les mêmes chambres du Parlement, d'abord au moyen d'un fojer d'appel, ensuite par un ventilateuraspirateur. Ce dernier système a fonctionné

(1) L'architecte anglais Christopher Wren, né en 1032 à Knoyle (comté de Wilts), fit ses études à l'université d'Oxford. Dès l'âge de treize ans, il construisit une machine pour représenter le cours des astres, et divers instruments d'astronomie. A seize ans, il avait fait plusieurs découvertes en astronomie, en statique et en mécanique, découvertes assez importantes pour le faire nommer à ringt-cinq ans professeur à Tuniversité d'Oxford. En 1666, il fit un voyage à Paris pour y étudier l'état des arts en France. L'incendie de Londres le rappela en Angleterre, où U dressa immédiatement un plan de reconstruction de la ville, lequel plan, soumis au Parlement, fut en partie adopté, et fit connaître Christopher Wren sous un jour nouveau en révélant ses talents d'architecte, si remarquables qu'à la mort de J. Denhara (1668), Wren fat nommé architecte du roi et directeur des travaux d'un grand nombre d'édifices. C'est en 107 5 qu'il jeta les fondements de l'église Saint-Paul, dont la construction ne dura pas moins de trente-cinq années. Nous citerons, parmi les principaux monuments érigés par Wren, la fameuse colonne pour perpétuer le souvenir de l'incendie de Londres, colonne dénommée le Monument ; le théâtre de l'université d'Oxford, Saint-Étienne de WaUbroock, la douane de Londres, le palais royal et le palais épLscopal de Westminster, le mausolée de la reine Marie à Westminster, Thôpital de CheUea, etc., etc. Wren mourut en 1723 et fut enterré bous le dôme de Suint- Paul, par privilège exclusif accordé à lui et à sa famille. Ce grand architecte n'a publié aucun ouvrage, mais plusieurs de ses écrits sont imprimés dans les Philosophical transactions.

jusqu'en 1800. — En 1758, le docteur Haies invente un moyen de ventilation par propulsion à l'aide de soufflets. — Enfin, jusqu'en 1814, on tente en Angleterre de nouveaux essais de si peu de valeur, qu'ils ne méritent pas d'être mentionnés (1).

En France, en 1713 et 1759, on fait bien quelques tentatives pour ventiler les hôpitaui, mais elles ne donnent pas des résultats notables. Ce n'est qu'à partir de d'Arcet et de Péclet, c'est-à-dire il y a cinquante ans environ, que Ja ventilation devient une véritable science.

Après ces auteurs, nous devons mentionner comme s'étant beaucoup occupés de cette question : en France, MM. Chevreul, Boussingault, Dumas, Andral, Orfila, Gavaret, Combes, Morin, etc.; en Angleterre, Eveling, Strutt, Davy, de Chabannes (2), Georges Paul, Andersen, Sylvester, Boulton, Watt, Deacon, et MM. Danielle, Moyle, D' Eeid, et Gumey ; en Belgique, Glepin, Pasquet, et Fabry (3).

Instruments de ventilation. — Les instruments de ventilation sont fort nombreux. Ils servent soit à extraire l'air dans les locaux à ventiler, soit à leur envoyer de l'air pur d'une manière directe ou indirecte. Ils présentent chacun des qualités

(1) NouB dirons cependant qu'antérieurement aux époques que nous ayons citées, on s'occupait de la rentilation des mines, et que Georges Agricola, dans l'ouvrage qu'U publia en 1G77 , indique plusieurs ventilateurs de mines qui ont longtemps fonctionné après le décès de cet auteur.

(2) Bien que Français, nous classons de Chabannes parmi les Anglais, parce qu'il a étudié la ventilation en Angleterre, où il s'était réfugié.

(8) Nous devons ajouter à cette nomendatoro : Leblanc, Annales de chimie et de physique, t. V, p. 237 et t. XV î Pettenkofer, Zeitsrhnft fur Biologie, 1867. Dans cet ouvrage , Pettenkofer annonce qu'il a constaté que l'habitation de l'homme subissait une ventilation active à travers ses paroifl de briques et de moellons. Cet auteur avance même qu'il a pu faire passer à travers un bloc de maçonnerie en brique un souffle assez intense pour éteindre la flamme d'une bougio. Ce sont lÀ des expériences très-curieuses dont nous ne pouvons malheureusement garantir rauthenticUé à no^ lecteurs, n'ayant jamais eu k temps et l'occasion de les répéter.

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spéciales qui font qu'on ne peut les employer indifféremment partout. Ces qualités servent^ au contraire, à établir un classement qui fait que, suivant les circonstances, on utilise l'un d'eux de préférence à tout autre. Voici, du reste, un classement des instruments de yentibttion ; nous l'avons établi sous quatre divisions principales.

CLABBEHEKT DES IKBTBtTHElTrB DE VENTI- LATION.

Première diTision.

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