‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 4)Chapitre 230 sur 239 · ZINC · texte numérisé non relu

ZINC

dans la peinture du bâtiment le blanc de zinc^ et depuis on a sauvé bien des malheureux ouvriers de la maladie et de la mort ; car, avant cet emploi , la colique dite de pîomh a fauché bien des existences , et à ce titre Leclaire peut être considéré comme un des bienfaiteurs de l'humanité. Ajoutons qu^avant de mourir ce brave ouvrier a eu le bonheur de voir le complet succès de son œuvre et qu'une société coopérative pour rentreprise des travaux de peinture a, grandement amélioré le sort des peintres qui en ont fait partie. — Enfin le zinc entre dans la composition de divers alliages^ notamment dans celui du laiton, qui sert à fabriquer un si grand nombre d'objets de quincaillerie et de robinetterie. Depuis une dizaine d'années, on emploie le zinc pour étanwr U fer^ c'est-à-dire pour le recouvrir d'une couche de zinc assez mince, mais suffisante pour le préserver de la rouille. On nomme à tort les fers ainsi étamés fers galvanisés^ ce sont à&Afers zingués. Ce zincaga ou zingage est d'un très-bon emploi pour les gros fers et pour les fils de fer, pour les fers employés , par exemple, dans les jardins pour espaliers et contre-espaliers, pour les roidisseurs des fils de ces mêmes espaliers ; mais pour la tôle zinguée l'effet n'est pas aussi utile : pour les tuyaux de poêle, par exemple, le zincage est plus nuisible qu'utile à leur conservation. Les deux principaux minerais qui fournissent le zinc sont la hlende et la calamine. La blende est un sulfure de zinc qui renferme environ 50 pour 100 de métal. La calamine est un carbonate de zinc, mais elle ne renferme pas autant de zinc métallique que la blende. Ce métal était connu'^ des anciens, qui le nommaient Mdmea, du nom de Cadmus, qui l'avait fait, dit-on, connaître aux Grecs; du reste, on attribuait à Cadmus beaucoup d'autres découvertes. Agricola connaissait sinon le zinc, au moins la calamine, qu'il nomme cadmiafossilis ; d'autres auteurs latins l'appellent cadmia lapidosa. Enfin, an XVI' siècle, le grand Paracelse donna au métal qui nous occupe le nom allemand de zinn, c'est-à-dire étain, avec lequel on l'a longtemps confondu. Au moyen âge, un métal, le spian-

ter, paraît n'avoir été que le zinc ; mais nous ne saurions l'affirmer.

Il existe de nombreuses mines de zinc, mais les plus riches et les plus renommées sont celles dites de la Vieille-Montagne^ situées entre Liège et Aix-la-Chapelle. En France, nous mentionnerons : dans le département de TAriége; les mines de Carboire; dans le Gard, celles de Montalet, de la Croix-de-Palières, de Saint-Laurent-le-Minier, de Eouason, de Cairac, de Durfort, de la Coste; dans l'Hérault', les mines du Bousquet et d'Orb ; dans l'Isère, les mines de Sapey et la Grand'Combe"; dans le Lot, celles de Combe-la-Cave ; enfin, dans les Hautes-Pyrénées, les mines de Chèze, de l'Éponne, d'Espajos, de Coutre, etc.

On trouve dans le commerce du zinc en feuilles d'épaisseur variable, et dans deux ou trois longueurs et largeurs différentes. Comme le mètre cube de zinc pèse 7,000 kilogrammes, une feuille d'un mètre carré sur un millimètre d'épaisseur doit peser 7 kilogr.; une feuille de même dimension sur 2 millimètres d'épaisseur doit peser 14 kilogr., et ainsi de suite; mais une tolérance moyenne de 250 grammes en moins doit être admise dans le poids théorique de chaque feuille. Voici, d'après les tarifij de la société de la Vieille- Montagne, les principaux numéros, ainsi que les épaisseurs et le poids des feuilles de zinc. Nous ne donnons pas le prix, puisqu'il est sujet à des variations parfois considérables.

ÉpiilaMor

Dlmeiuioiis «t poida des f «oIUm.

dM

L»rg«ip = 0.60

Urgear = 0,65

Lurgonr =. 0,80

fouillai.

Lonrncnr = 1,00

Longueur r= S,00

Looffaenr = î,00

mill.

kll.

kil.

kU.

ZINCAGE. — ZODIAQUE.

Emploi dbb diybrs numéros de zinc.

— Les numéroB 9, 10 et 11 s'emploient surtoat pour les travaux estampés^ tels que girouettes^ poinçons^ clochetons, ornements divers. On emploie également les feuilles de ces numéros pour des revêtements. — Les numéros 12 et 13 servent à fabriquer des tuyaux de descente, des recouvrements de saillies et corniches et des couvertures pour constructions de peu d'importance, telles que hangars, etc. — Les numéros 14, 15, 16, sont employés pour couverturcÉi, pour chéneaux, réservoirs d'eau, etc.

Tous les numéros au-dessus servent pour des travaux spéciaux qui nécessitent des zincs d'un excellent usage, tels que baignoires, doublages des navires, cuves à papeteries, réservoirs spéciaux à certaines industries. Ordinairement, surtout pour les zincs de la Yieille-Montagne,chaque feuille est estampillée à ses quatre angles, et au centre de l'estampille se trouve le numéro de la catégorie à laquelle appartient cette feuille.

Les produits de la Société anonyme des zincs français portent également une estampille qui indique le numéro de la catégorie du zinc.

ZINCAGE ou ZINGAGE, s. m. — Procédé qui consiste à couvrir de zinc un métal, surtout le fer.

ZINC06RAPHIE, ê.f. — Art d'imprimer avec des planches de zinc. Beaucoup de dessins et d'iÛustrations sont faits aujourd'hui sur zinc, par un procédé ait phototypie, qui consiste à faire mordre une photographie sur zinc et à en obtenir des contre-épreuves.

ZIN6UER, V. a. — Garnir, couvrir de zinc. Il existe des fers zingués, des tôles zin-

ZINGUEUR, *. m. — Ouvrier qui exécute les travaux de zinc du bâtiment. Comme il est aussi plombier, on le désigne aussi sous le nom de plombier-zingueur.

ZODIAQUE, 8. m. — Zone de la sphère céleste qui s'étend à huit degrés de part et

d'autre de l'écliptique. C*est dans cette zone que se trouvent les planètes anciennement connues. Les connaissances astronomiques remontent à une antiquité beaucoup plus reculée que l'époque chaldéenne, à laquelle on attribue, bien à tort selon nous, les premières notions de la constitution de la zone imaginaire de l'éther, nommée zodiaque; du reste., la connaissance du zodiaque a une origine qui remonte à une antiquité très éloignée, puisque les Égyptiens en représentaient dans leurs temples. L'un des plus célèbres, et qui a donné lieu à de longues et savantes discussions, est le zodiaque dit de Dendérahf dont nous possédons des moulages au musée du Louvre et à la Bibliothèque nationale. On a trouvé d'autres zodiaques dans le grand temple d'Esneh et à Contra-Lato. Voici ce que dit M. de Rougé (NoL des mon. du Louvre) au sujet du zodiaque de Dendérah :

Ce monument est devenu célèbre par suite des dlBCUSsions savantes auxquelles il a donné lieu. On sait maintenant avec certitude qu*il ne peut pas être plus ancien que les Ptolémées ; on pense même que la partie du temple où il était sculpté ne remonte qu'aux premiers Césars.

Le zodiaque circulaire a perdu le prestige d'une antiquité fabuleuse, mais il reste très-intéressant par sa matière astronomique. On y distingue d'abord, à l'extérieur du cercle, quatre figures de femmes debout; elles représentent les déesses du nord, du midi, de Test et de l'ouest. Elles soutiennent le ciel et sont aidées dans cet office par huit Horus à tête d'épervier. Sur le cercle, qui repose immédiatement sur les mains de ces douze dieux, marche la série des trente-six décans. Ces génies présidaient, dans le calendrier égyptien, aux trente-six décades de l'année; lorsque le zodiaque grec fut introduit en Egypte , trois génies furent attribués à chaque signe, et c'est ainsi que fut composée la liste des décans zodiadaux, en usage parmi les astrologues.

~ On remarque, dans le même cercle que les décans, quelques autres constellations observées par l'astronomie égyptienne, telles que le cercle qui renferme huit coupables agenouillés et le grand serpent coiffé du diadème Atew. (Voy. ce terme dans notre DicL gén. (f archéologie,)

Au-dessus de ces personnages, le cercle du zodiaque commence par le signe du Lion ; le der-

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