VUE
mensionB que doivent aToir les baies d'un jour ou d'une vue quelconque. (Pardessus, n^ 210 ; Demolombe, t. XII, n" 586-537.) La prescription trentenaire peut être invoquée et écoutée en faveur de celui qui la réclame pour des jours et des vues pratiqués dans un mur qui lui appartient exclusivement, quand bien même les jours et les vues auraient été étabUs sans observer la hauteur prescrite de, 1",90 ou 2°,60.
II. VuBS DROITES. — On appelle ainsi, dit Lepage (t. I, p. 196, § 4), « les ouvertures faites dans un mur placé en face de l'héritage voisin, et à une certaine distance. En perçant une fenêtre, le propriétaire de ce mur voit directement chez le voisin sans avoir besoin de tourner les yeux d'un côté ou de l'autre ; voilà pourquoi une ouverture de cette espèce est appelée vite droite, ou d aspect Si cette vue s'étend fort au loin les architectes la nomment vue dé prospect » — Les vues droites sont d'aspect ou depros^ pecL La première espèce de ces vues a pour objet de donner à l'édifice où elle se trouve du jour et de l'air, elle est du non^bre des servitudes continues et apparentes qui peuvent s'acquérir par prescription ; la seconde espèce permet de jouir de l'édifice d'une vue très-étendue, on ne peut la posséder qu'autant qu'elle est établie par un titre. Pour la vue d'aspect, s'il existe un titre constitutif de la servitude de vue et que ce titre ne mentionne pas l'étendue du droit, il est clair que c'est une simple servitude d'aspect, et que celui sur la propriété duquel on prend vue a le droit de construire ce que bon lui semble devant les ouvertures de son voisin, pourvu qu'il laisse entre lesdites ouvertures et ses travaux la distance de 1",90 (six pieds) déterminée par la loi. (Voir supra^ article 678 du Code civil) — Quand des NTies droites sont acquises par titre ou par prescription, on ne peut les modifier, même en changeant la hauteur d'enseuillement ; ainsi quand les jours sont pratiqués dans les murs à une distance moindre de 1",90 de la ligne mitoyenne > il faut à rez-de-chaussée que la hauteur minima de la vue soit pratiquée à 2'",60, et à l'entre-sol ou au premier étage
à 1",90 (figure 8). On ne peut ouvrir des vues droites que dans un mur qui vous appartient exclusivement ; elles sont donc impraticables dans un mur mitoyen. — Lepage (t. I, p. 202) admet qu'un tribunal peut autoriser le propriétaire d'un mur, construit à moins de 1™,90 du terrain non clos et non bâti du voisin, à ouvrir des vnes droites dans ce mur s'il en a un besoin réel, et
ri
Fig. 8. — Haateor â'enseoilIeineDt.
pourvu que le voisin ne puisse en éprouver aucun préjudice; et cet auteur ajoute : a: Dans cette alternative, nous pensons que les circonstances doivent servir à déterminer ce qui convient pour chaque espèce où la question se présente ; on doit concilier le respect de la propriété avec l'obligation de ne pas incommoder ses voisins. » L'opinion de Lepage est inadmissible, car la loi est for*melle , et aucun tribunal n'oserait la trans* gresser.
III. Vues obliques. — Les vues obliques ou de côté sont celles qui sont pratiquées dans un mur faisant angle avec la ligne séparative de deux^ héritages et par lesquelles
VULCANISATION. — VULCANISER.
on ne peut voir sur la propriété voisine sans tourner la tête ou les yeux. L'article 679 du Code civil édicté qu'on ne peut avoir des vues obliques sur l'héritage du voisin à moins d'une distance de six dédimètres (deux pieds) ; mais à cette distance on peut en établir dans des dimensions quelconques. Les six décimètres de distance se mesurent non à partir du parement extérieur du mur, mais à partir de Yarête du jambage de la croisée ou fenêtre jusqu'à la ligne séparative des deux héritages (fig. 4). Il faut, du reste, tenir compte des usages locaux pour ce mesurage. (Desgodets, art. 202, n^ 5; Lepage, 1. 1, p. 205.) On ne peut pratiquer des vues obliques dans le mur mitoyen sans le consentement du ou des copropriétaires de ce mur ; mais dans tous les cas où Ton ne peut ouvrir des
Fig. 4. — Vue dans un angle, masure de la yne droite et dç la TQO oblique.
vues droites on ne peut à foriion ouvrir des vues obliques. — Pour établir des balcons et autres saillies semblables, il faut, ainsi que nous l'avons dit ci-dessus, qu'il existe une distance de l'°,90 entre la saillie la ^ plus avancée, la plus saillante, et l'héritage du voisin : ainsi un balcon ne peut dans aucun cas être considéré comme une vue oblique, comme semblerait cependant l'admettre un arrêt de la Cour de cassation en date du 16 janvier 1839. (Dalloz, v* Servitude, n** 744.) Or, Pardessus (n°207), RouUier (n'» 522), Delvincourt (t. I, p. 409), Duranton (t. V, n"* 413), disent formellement que celui qui pratiquerait un balcon en saillie serait considéré
comme ayant, à partir du côté de ce balcon, une vue droite sur l'héritage voisin ; il devrait donc laisser, entre la propriété voisine et le côté du balcon, la distance prescrite pour les vues droites. — Du reste, les articles 678 et 679 s'appliquent non-seulement aux fenêtres, aux lucarnes et aux balcons, mais aux terrasses et généralement à tons les endroits élevés d'où l'on peut voir sur la propriété, sur l'héritage voisins. (Roullier, t. III, n** 520 ; PaiUet, sur l'ait. 679.) — Celui qui veut pratiquer des vues obliques à une distance moindre de six décimètres devra placer un autre mur en aile de six décimètres de saillie. Ce mur formera angle droit avec celui dans lequel les ouvertures seront pratiquées. Le mur d'aile devra être relevé jusqu'à la hauteur à laquelle seront placées les ouvertures.
Vue (Droit de). — Le droit de vue, considéré comme servitude conventionnelle, peut s'acquérir par titre, par la destination du père de famille, par la prescription. Seul un propriétaire a le droit de grever son héritage de la servitude de vue ; cependant, s'il pos* sédait deux maisons contiguës et qu'il en louât une, il ne pourrait prendre de vue sur cette dernière contre la volonté du locataire ; il lui faudrait attendre l'expiration de son bail. (Paillet, sur l'art. 1728, n« 2 ; Pothier, Louage, n"* 76.) (Voy. Jour, Servitude , Vue.)
VULCANISATION, e.f. — Procédé employé pour rendre le caoutchouc fabriqué moins sensible aux influences du froid et de la chaleur. Ce procédé consiste à combiner le caoutchouc avec du soufre en petite proportion.
VULCANISER, v. a. — Faire subir au caoutchoucla vulcanisation. Aujourd'hui,'grâce à ce procédé, les tuyaux de caoutchouc peuvent être employés pour l'arrosage des cours et des jardins, pour de petits branchements temporaires de gaz, etc.
rif "»»c>^
WAGON, 8. m. — Terme qui nous vient de l'anglais et qui Bignifie, un chariot marchant sur des rails. Dans les travaux de terrassement, on emploie de petites caisses montées sur quatre roues qui roulent sur des rails et qu'on nomme également wagons.
Souvent ceux qui ne servent qu'aux transports des terres, pour déblais et pour remblais, peuvent basculer sur l'un de leurs côtés, afin de rejeter sur le sol le contenu de leur caisse.
En maçonnerie, on nomme wagons, iuyatix en wagons, des poteries de terre cuite qui servent à former des tuyaux de cheminée ; les uns sont droits, les autres obliques, pour les tuyaux de cheminée qu'il faut dévoyer.
Wagons on wagonnets obliqn».
(Voy. notre figure.) Dans le même sens, on emploie aussi le mot ivagonnet.
Wagon-vannb. — Vanne mobile qu'on pose dans un égout pour donner des chasses puissantes, afin de nettoyer cet égout. C'est une sorte d'écluse portative.
WAGONNET. — Voy. Wagon, in fine.
WASTRINGUE, s. /. — Outil dans le genre d'une plane, qui seii; à arrondir le bois. Cet outil est utilisé par divers corps d'états, surtout par les chaisiers et les menuisiers en
voitures. Notre figure 1 montre un fer, ou plutôt une lame de cet outil, et notre figure
Fig. 1. — Lame de wastiingue.
2 une wastringue ordinaire avec une garniture en cuivre.
Fig. 3. — Wastringne.
WEALD, s. m. — Terme de géologie.
Terrain situé au-dessous du grès inférieur, ainsi nommé parce qu'il a été étudié à l'origine dans le Weald, contrée d'Angleterre qui fait partie des comtés de Sussex, de Eent et de Surrey.
WEALDIEN, IENNE,a4;'. —Qui appar tient au Weald.
WIGWAM, s. m. — Cabane des peuples indigènes et sauvages de l'Amérique australe.
WIVRB, GIVRE ou GUIVRE, s. f. — Animal fantastique, sorte de grosse couleuvre, de serpent ou de vipère, à queue ondulante, au corps rugueux, papelonné d'écaillés, avec des ailes de chauve-souris, et qui porte quelquefois des pattes de pourceau.
WRIT. — Terme anglais de droit qui commence à pénétrer dans notre langue, et qui signifie une ordonnance, un ade judidaire.
DICT. O'AllOHtTBCTUBE. — T. IV.
X. — Vingt-troisième lettre et dix-huitième conBonne de notre alphabet, en ne comptant le t; et le i^ qne ponr une seule et même lettre. — Gomme signe numérique, dans la numération romaine, X = 10, deux XX = 20, etc. Précédé d'un I, X égale 9 (IX) ; suivi d'un
I, de II et de III, X yaut respectivement
II, 12, 18 (XI, XII, XIII) ; du reste, ce signe, placé à côté d'un autre chiffre, l'augmente ou le diminue de 10, suivant qu'il précède ce chiffre ou qu'il le suit : ainsi XL = 40, LX = 60, LXX = 70, LXXX = 80, XC = 90, ex = 110. Chez les Grecs, le 5 valait 60, et, précédé d'un accent (,$), 60,000. Le X (hhi) valait 600.
XÉNAGIE, 8./. — Subdivision de l'armée grecque qui se composait de 256 hommes. Elle se subdivisait elle-même en quatre tétrarchies. Cette subdivision se nommait aussi syniagme. Il fallait quatre syntagmes ou xénagies pour faire une cMliarchu.
XÉNIE, «./. — Présent d'hospitalité en usage dans l'antiquité chez les Grecs et chez les Romains. Chez ces derniers, pendant la fête des Saturnales, on s'envoyait réciproquement des xénies. Sous l'empire, on envoyait des xénies à un orateur qui avait plaidé pour vous ; enfin sous le bas-empire, dans les provinces, les habitants étaient obligés d'en offrir au gouverneur de leur province.
XENODOCHIUM. -- Voy. Hôpital.
XEROPHAGIA. — Jeûne de six jours que, dans la primitive Eglise, on pratiquait pendant la semaine sainte, et pendant lequel on ne mangeait que du pain avec du sel et on ne buvait que de l'eau.
XYLOGRAPHIE, s.f. —Art de graver sur bois. On nomme planches xyhgrapMques des planches en bois gravées avec lesquelles on imprime typographiquement, tandis qu'avec la gravure sur acier ou sur cuivre on ne peut imprimer qu'en taille-douce.
XYSTE, s, m. — Lieu couvert situé près d'un portique, et qui dans les palestres et dans les stades servait à l'exercice des athlètes. Pausanias (VI, 23) nous dit qu'oij nomme ainsi cette partie du stade parce qu'Hercule, fils d'Amphitryon, nettoyait tous les jours la palestre d'Elis, pour s'endurcir au travail, et qu'il en arrachait beaucoup de mauvaises herbes en raclant : on le nomma xyste, ÇuffToç (du verbe Çuco, je racle, je polis). Dans les bains et les thermes de Rome, il y avait également de grands xystes dans lesquels les jeunes gens pratiquaient de nombreux exercices. En résumé, chez les Grecs, le xyste était une sorte de corridor couvert dans lequel les athlètes s'exerçaient pendant Thiver (Vitruv., V, 11, et VI, 7, 5) ; chez les Romains, c'était une promenade découverte ou terrasse dans un jardin dépendant d'un édifice quelconque. (Pline, Ep.y II, 17, V, 6, 19; Phœd., II, 5 ; Suet., Aug., 72.)
Y. — Vingt-quatrièmB lettre, dix-neuvième consonne, et, suivant quelques grammairiens, sixième voyelle de notre alphabet. Comme signe numérique, cette lettre valait chez les Romains 150, et, surmontée d'un trait horizontal (T), 150,000. Chez les Grecs, Yupsilon valait 400, et, précédé d'un accent (,u), 400,000.
YDRB ou YDRIB, s. f. — Vieux mot servant à désigner un grand vase en forme de cruche. Ce terme est dérivé du grec Mwp, eau ; du reste, il existe des vases antiques nommés hydries. (Voy. Vase, § Hydrie.)
YEUX-DE-PERDRIX. — Petites taches irisées qui se trouvent dans Tétain ; les plombiers les considèrent comme un indice de bonne qualité de ce métal.
YOURTE, 8. /. — Demeures souterraines que les Eamtchadalés se creusent dans le sol pour y passer l'hiver. Les habitants de la Laponie, ainsi que certains paysans de la Sibérie, se creusent également des yourtes.
YMAI6E, «. /. — Terme usité dans le moyen âge et qui signifiait, statue, sculpture^ las-relief.
YMAIGERIE, s. f. — Vignettesup moyen âge exécutées par les miniaturistes ; mais on désignait également sous ce terme des bas-reliefs et des sculptures sur bois et sur pierre qui représentaient toutes sortes de scènes, principalement des grotesques et des Ohscena (Voy. ce terme dans notre IHct, gèn. (Carchéol.). Les ymaigiers, de même que les tatlleurs-foUiagers (aujourd'hui ornemanistes) du moyen âge, exécutèrent dans leurs travaux de nombreux symbolismes qui n'ont pas
tous été expliqués, tant s'en faut, ou du moins qui out été expliqués fort diversement, et, dison&-le, parfois d'une manière absurde, parce que certains archéologues ont prêté aux ymaigiers du moyen âge des idées fort subtiles, dénuées de justesse et trop souvent puériles; idées tellement subtiles qu'elles n'ont pu germer que dans des cerveaux malades, et qu'à coup sûr n'ont jamais eues les tailleurs de pierre qui sculptaient les nombreux symbolismes. L'usage du symbolisme était emprunté aux peuples de l'Orient, notamment aux Égyptiens. Au moyen âge on donnait aux Écritures saintes quatre interprétations différentes, le sens historique, les sens allégorique, analogique et tropologique. De là encore une grande difficulté pour expliquer le symbole d'objets divers.
Voici l'explication de quelques symboles les plus fréquemment représentés dans Yymair gerie. Nous suivrons un ordre alphabétique , pour faciliter les recherches à nos lecteurs.
Agneau. — Un des nombreux symboles de Jésus-Christ et qui symbolise aussi les chrétiens. Le nimbe est un attribut exclusivement réservé à l'Agneau de Dieu, mais il ne paraît guère sur les monuments que vers le commencement du v* siècle. — L'agneau, symbole des chrétiens, est fréquemment représenté dans des mosaïques sur lesquelles on voit des agneaux sortant de deux cités et se dirigeant vers l'Agneau de Dieu placé au sommet d'une montagne. Les deux cités sont Jérusalem et Bethléem, le troupeau sortant de la première de ces villes figure les chrétiens issus du judaïsme, celui qui sort de Bethléem symbolise les chrétiens issus du paganisme.
Aigle. — Cet animal symbolise la résurrection, aussi voit-on fréquemment cet oiseau représenté sur les tombeaux chrétiens. Il est
YMAIGERIE.
probable que ce symbole a été créé par Buite du Teraet d'un psaume où il est dît : <r Ma jeunesse sera renouvelée comme celle de l'aigle ; renavahitur ut aquilœ juventus mea, »
Alpha et Oméga. — Ces deux lettres, dont l'une est la première et l'autre la dernière de l'alphabet grec, symbolisent la vie terrestre qui a un commencement et une fin ; elles symbolisent aussi Dieu, qui est le commencement et la fin de toutes choses.
Ancre. — Symbole de l'espérance. On voit fréquemment parmi les symboles chrétiens une ancre accostée de deux poissons. Les archéologues sont loin d'être d'accord sur le sens de ce symbole; quelques-uns le considèrent comme l'espérance dans des existences nouvelles ; d'autres, comme l'emblème de la fidélité conjugale ; et cependant on a retrouvé des poissons séparés par une ancre sur des tombeaux de personnes censées vierges , ce qui exclurait toute idée de mariage.
Ancrb nautique. — Voy. Dauphin.
Ane. — Emblème de la patience et de la sobriété, mais aussi de la paresse et de l'entêtement.
Aviron. — Symbole de l'effort que le chrétien doit faire pour vivre honnêtement dans cette vie, afin d'acquérir la vie étemelle.
Fig. 1. - Pesée des âmes.
Balance. — La balance symbolise le jugement dernier, parce que ce jour-là les âmes seront jugées suivant leurs actes ; les balances représenteraient donc la pesée des
âmes, comme on le voit souvent sur les basrelie&, notamment dans le tympan du portail de l'église d'Autun (fig. 1).
Basilic. — Symbole du génie du mal et de la débauche. C'est un animal fantastique qui a la tête, le col et la poitrine du coq greffes sur le corps d'un lézard à huit pattes. Vincent de Beau vais le définit ainsi : Halet caudam utcoluheTy residuum vero earporis ut gallus; € il a la partie antérieure du corps comme un coq et se termine par une queue comme un serpent, b Ce monstre serait sorti d'un œuf de coq couvé par un crapaud. Sa vue seule causait la mort de l'homme ; mais si celui-ci l'apercevait le premier, il n'avait rien à craindre du basilic. Il était un moyen de se défaire de cet animal : c'était de lui présenter un miroir ; s'il s'y regardait, son regard seul le foudroyait lui-même.
BÉLIER. — Symbole du Verbe, qui signifie aussi force créatrice. (Voy. ce terme dans notre Diction, cfarchéol.) Souvent on confi)nd ce symbole avec Yagneau ; le bélier guide par sa voix le troupeau dont il est le chef.
Bouc. — Le bouc symbolise Jésus- Christ, qui, bien que pur et sans péché, se chargea des impuretés et des péchés du monde. Dans le sens tropologique, cet animal symbolise les passions sensuelles.
Centaure. — Le centaure symbolise la rapidité de l'existence, la force des instincts, et particulièrement l'adultère.
Cbrp. — Cet animal symbolise des idées morales assez diverses : on le considère tantôt comme le symbole du Christ, des apôtres, des fidèles, des docteurs et des pénitents ; le cerf est également l'emblème du baptême, parce que cet animal ne peut voir de l'eau sans s'y désaltérer et même sans s'y plonger ; tel était le désir des nouveaux dirétiens à l'égard du baptême après lequel ils devaient aspirer ardemment avant de recevoir ce sacrement.
Chauve-souris. — Emblème de l'idolâtrie et de l'ignorance, qui fuit la lumière de la science.
Cheval. — Le cheval symbolise à la fois les hommes simples et confiants soumis à la volonté de Dieu^ comme le cheval est sou*-
YMAIGERIE.
mifl aux Tolontés de son mattre, ainsi que les instincts grossiers et les appétits matériels, les yices, enfin Fadultère.
Chèvre. — Symbole de la vie contemplative et de l'ubiquité du regard de Dieu.
Chikâbb. — Cet animal, à la fois chèyre et lion, symbolise, en même temps que la rose, les mystères chrétiens.
Colombe. — Symbole de la pureté, de la candeur, de Thamilité, de la charité et de la prudence ; la colombe symbolise également le Saint-Esprit. Quand on Yoit sur des tombeaux des colombes avec nn rameau d'olivier au bec, cette représentation signifie : paix à l'âme fidèle qui repose dans ce tombeau ; elle remplace la formule requiescat in paee. — Deux colombes buvant dans une même coupe, ce qui se voit très-souvent, symbolisent la douceur et les vertus chrétiennes.
Coq. — Symbole de la vigilance. Quand il figure sur les tombeaux, il indique l'espérance et la résurrection.
Dauphin. — Emblème de la vélocité, de la diligence, de l'amour ; on trouve souvent le dauphin enlacé à une ancre ; les premiers chrétiens portaient souvent ces deux signes réunis sur un anneau : c'est ce qu'on nomme ancre nautique (ayxupa vauiixi^), mais on ignore la signification exacte de ces signes ; sont-ils même un symbole?
DéHON. — Qénie du mal, esprit qui s'egt révélé au premier homme, d'après la religion chrétienne, sous la forme d'un serpent; les ymaigiers l'ont souvent reproduit ainsi. M. Alfred Maury, dans son Histoire des religims, nous dit que les Pères de l'Église ont donné aux démons les mêmes caractères'qqe ceux que l'on rencontre chez les platoniciens, et cet auteur ajoute avec le savoir qui le caractérise :
Ces écrivains (les Pères de l'Église) puisent dans les livres des Grecs ; ils empruntent leurs parolçs, ils s'arment de leur autorité, ils partagent toutes leurs superstitions, et c'est en se référant k Platon qu'ils déclarent l'univers livré au culte des démons, d'êtres méchants et pervers qui inondent Tatmosphére, entrent dans le corps humain, parlent par les oracles, suggèrent les pensées mauvaises et les actions coupables, habitent enfin dans les idoles
que le vulgaire prend pour l'image de la Divinité, et se nourrissent du sang des victimes et de 1» fumée des sacrifices.
Et M. Maury ajoute encore (nous ne faisons que l'analyse de ce passage) : Tandis que les chrétiens réservent aux diables confondus avec les démons tous les caractères des démons du néoplatonisme, ils appliquent aux anges ce que les philosophes avaient rapporté au rôle bienfaisant des démons. Ils en font même des génies psychopompes qui président à la distribution et à la formation des âmes. L'héritage de Platon passa donc entièrement dans les dogmes chrétiens qui firent de sa démonologie une arme puissante pour renverser complètement le polythéisme dont elle avait déjà ébranlé la base. — L'ymaigerie reproduit souvent le démon sous des formes qui rappellent tantôt les reptiles, tantôt le dragon ou même le crocodile.
Dragon. — Cet animal symbolise souvent le démon, le diable. C'est un reptile ailé aux replis tortueux qui emprhnte des pattes tantôt au cheval ou au lion ; quelquefois il est armé des serres d'un oiseau de proie, de griffes puissantes, sa tête et son corps sont hérissés de crêtes aiguillonnées ; il fascine et foudroie de son regard ; sa gueule vomit des flammes; il empeste l'air de son haleine fétide. Cet animal fantastique est également tiré de la mythologie païenne ; le jardin des Hespérides, la toison d'or, la fontaine de Castalie, étaient gardés par des dragons. — Dans certains monuments romano-byzantins où sont représentés des dragons, cet animal est l'emblème de la peste, de la famine et du poison ; il est aussi donné comme attribut à saint Jacques le Majeur, à saint Philippe l'apôtre, à saint Victor, à saint Patrice, ainsi qu'aux deux saintes Marguerite et Marthe ; mais on nomme plutôt le dragon de cette dernière sainte la Tarasque^ d'où le nom de Tarascon (Bouches-du-Bhône) donné à une ville de France qui est placée sous le patronage de sainte Marthe. Du reste, suivant les villes ou localités, le nom du dragon est variable; ainsi on le nomme : la Lézarde, à Provins ; la Gargouille, à Rouen ; le Oravutlly, à Metz ;
YMAIGERIE.
la ChranéCOueule ou h^ Bannê-Sainte-Vermine, à Poitiers.
Gargouille. — Ce terme est synonyme de Dragon. (Voy. ci-dessus.)
Griffon. — Cet animal fantastique, au corps de lion ailé, à la tête d'aigle, symbolise, quand il est pris en bonne part, le Sauveur ; en mauvaise part, le démon et les hypocrites. Au mot Griffon, dans le second Tolume (pi. XLIX), le lecteur peut voir un magnifique type reproduit d'après la frise (zoophore) du temple d'Antonin et de Faustine, à Rome.
GuiVRE. — Cet animal fantastique, dont nous avons décrit la forme au mot Wiyre (Voy. ce mot à son rang dans le corps de l'ouvrage), est une sorte de dragon ; il symbolise donc le démon ou le diable. On dit aussi wivre et givre.
Harpies. — Femmes aux allures étranges qui symbolisent le démon et le repentir. Il existe également des harpies en forme d'oiseaux.
Hibou. — ^mbole du Christ, le nycticorax des bestiaires latins, le nicorace du bestiaire divin de Guillaume, le trouvère normand. Chez les Athéniens, le hibou était le symbole de la prudence et de la sagesse, l'oiseau de Minerve Athénée.
. HiPPo-OBNTAURE. — Cet animal, moitié cheval et moitié homme, symbolise les instincts grossiers et brutaux, la dégradation la plus abjecte où puisse précipiter la débauche.
HiPPO-CERF. — Cet être fanstastique est, comme l'indique son nom, moitié cheval et moitié cerf ; il personnifie l'homme pusillanime qui se jette sans réflexion dans des voies incertaines et qui se désole bientôt de s'y être engagé.
Hirondelle. — Le symbolisme chrétien a fait de ce charmant oiseau l'emblème de l'orgueil et de la conversion.
Licorne ou unicornb. — Symbole de la chasteté et de la puissance.
Laurier. — Emblème de la victoire et de la gloire.
Lièvre. — Symbole de la course rapide de la vie. On le retrouve assez fréquemment reproduit sur les monuments de l'antiquité
chrétienne, tels que lampes, pierres gravées, pierres sépulcrales , etc.
Limaçon. — Symbole de la paresse et de la résurrection.
Lion. — Symbole de la force, de la vigilance et de la noblesse, parce que cet animal est réputé dormir les yeux ouverts ; ce qu'Alciat (Embl, v) exprime nettement dans le distique suivant :
Est Uo j sed custoSj oculis quia dormit apertis ; Templorum idcirco ponitur ante foret,
« C'est un lion, mais un gardien, parce qu'il dort les yeux ouverts ; c'est pourquoi on le place devant les grandes portes des temples. > En plaçant des lions devant la porte de ses temples, le christianisme ne faisait, du reste, qu'imiter l'antiquité dans les âges les plus reculés, puisque nous voyons en Egypte les palais et les temples précédés par des avenues peuplées de statues de lions et de sphinx. Salomon fit également sculpter, à l'exemple des Égyptiens, des lions pour placer devant le temple de Jérusalem.
Loup. — Cet animal symbolise le démon ; il est aussi l'emblème de la cruauté et de la colère.
Lyre. — Cet instrument symbolise les âmes sensibles, qu'un rien fait vibrer. On le voit quelquefois représenté sur des pierres sépulcrales renfermant les corps de jeunes filles.
Manicore ou manicora. — Symbole de la triple concupiscence, de la violence des tentations et des insinuations perfides. Cet animal hybride, à tête humaine, au corps globuleux, avec des pattes, se termine en queue de serpent. Notre figure 2 montre une manicore qui se trouve sur le portail des Libraires à la cathédrale de Rouen, si riche en ymaigerie du moyen âge. — A Souvigny, la manicore est un quadrupède à tête de femme coiffée d'une sorte de bonnet phrygien. Ce monstre se retrouve assez fréquemment sur les basreliefs des églises romano-byzantines.
Moines. — Dans les bas-reliefe des édifices de l'époque ogivale, surtout aux xrv* et xv* siècles, on voit des moines et des hommes dans des tuniques à capuchon qui ont des figares
YMAIGERIE.
grotesques et qui se trouvent souvent dans des poses plus qu'équivoques.
Bien des archéologues ont* vu dans ces charges, dans ces caricatures, Tantagonisme des
Fig. 2. — Manicore ou manicora.
laïques et du clergé séculier contre le clergé régulier. Nous ne le pensons pas ; nous supposons simplement que les ymaigiers aimaient, comme tous les artistes, à plaisanter et à rire ;
Fig. 3. — Porc jouant de la rielle à archet.
aussi, bien souvent, quand ils voyaient passer un moine dans des conditions bouffonnes, ils en faisaient un croquis qu'ils reproduisaient ensuite sur leurs ymaiges. Nous devons ajouter aussi que les moines n'étaient pas les seuls au moyen âge à porter le froc à capuchon ; les
hommes de la campagne et les pauvres habitants des villes avaient un costume analogue.
Quelques antiquaires ont cru voir dans im des nombreux bas-reliefedu portail des Libraires de la cathédrale de Rouen (fig. 3), dans un moine avec la tête et le corps d'un pourceau qui joue de la vielle à archet, une satire contre l'intempérance bien connue des moines. Nous serions porté à croire que la satire est plutôt dirigée contre l'intempérance non moins célèbre des ménestrels. Ce n'est pas que nous voulions excuser la lubricité des moines d'alors, qui s'est perpétuée jusqu'au milieu du XVII* siècle dans la personne de Mathurin Picard, directeur d'un couvent de religieuses de Rouen (1 ) ; mais nous pensons que dans la caricature que nous mettons sous les yeux de nos lecteurs le personnage est plutôt un ménestrel qu'im moine. Nous ferons remarquer également combien dans cette ymaigerie (fig. 3) la position des doigts, aussi bien de la main qui tient l'archet que de celle qui travaille sur les cordes, est parfaitement indiquée. L'original de la figure de ce médaillon est aujourd'hui bien fruste ; nous avons pu le reproduire grâce à un moulage qui nous a été communiqué par M. Smyth.
Monstres hybrides. — Ces monstres symbolisent des idées fort complexes; ils expriment, en général , les vertus et les vices inhérents à chacun des animaux qui concourent à la formation du monstre hybride, qui a presque toujours une signification dans l'iconographie chrétienne.
Noix. — Symbole de la perfection. La noix est aussi un des symboles du Christ. Certains Pères de l'Église, notamment saint Augustin et son contemporain saint Paulin, expliquent d'une façon bien subtile, selon nous, ce dernier symbolisme, en disant que la noix a dans son corps trois substances : le hroUy la coquille, et Y amande-, le brou représente la chair; la coquille les os, et l'amande l'âme ; d'où saint Augustin tire cette conclusion : « Le brou de
(1) Yoir à ce sujet V Histoire de Madeleine Bavent, religieuse au monastère Saint- Louis de Louviers, par le R. • P. Deimarets, 1 vol.in-12, 1652.
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YMAIGEEIE.
la noix signifie la chair du Sauveur, laquelle a eu en soi Tâpreté et ramertume de la passion ; l'amande montre la douceur intérieure de la Divinité, qui fournit la nourriture et remplit l'office de la lumière ; quant à la coquille, elle représente le bois de la croix qui, par son interposition, a séparé notre âme de notre corps, mais qui aussi a réuni, par l'imposition du bois sacré, les choses terrestres et célestes. » (S. Aug., Serm. de temp, dom, anU Nativ,)
Obsceka. — Les sujets obscènes qu'on voit en si grand nombre sur les bas-reliefs qui décorent les façades des édifices religieux seraient, suivant l'opinion de divers archéologues , la personnification des vices, des passions et des
Fig. 4. — Coq à boste de femme.
péchés. Ils seraient là, ditdeCaumont (Abicéd. d'archéol), c pour avertir les fidèles qu'ils doivent entrer dans le temple le cœur pur, et laisser à l'extérieur toutes les passions qui souillent l'ftme. j> Selon d'autres antiquaires, ces représentations n'auraient aucune signification et ne seraient que des ornements créés par le caprice des ymaigiers. Les figures grotesques et les obscena en particulier déplaisaient à certains Pères de l'Église. Voici ce qu'écrit à leur sujet saint Bernard (lettre à Guillaume, abbé de Saint-Thierry, apud Mabillon, tJiter opéra sancli Bernardi, cap. XII, n? 29 , 1. 1, p. 58, Paris, 1690) : n A quoi bon tous ces monstres grotesques en peinture et en sculpture ? A quoi sert une telle difformité, ou cette beauté difforme? Que signifient ces singes immondes, ces lions furieux, ces centaures monstrueux, etc., etc.? »
Oiseaux. — Les oiseaux, suivant leurs espèces et leurs formes vraies ou fantastiques, symbolisent des vertus ou des vices divers ; en général, les palmipèdes sont l'emblème du baptême, parce que ces oiseaux sont aquatiques. Notre figure 4 montre un buste de fenmie avec un coi-ps de coq ; cette figure est tirée d'une stalle de la cathédrale de Rouen. Notre figure 5 montre un oiseau avec la tête d'une femme et les pattes d'un animal ; cette figure est une reproduction d'une sculpture du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. (Nous avons donné ce Portail à ce
Fig. i. — Oiseau à tète de femme.
mot, planche LXVI. — Voy., dans le présent article, les divers oiseaux décrits à leur rang, colombe, coq, hibou, paon, phénix, etc., etc.)
Phénix. — Le phénix, qui se consume en concentrant dans son corps les rayons solaires et qui renaît ensuite de ses cendres, représente Jésus-Christ mourant sur la croix et ressuscitant le troisième jour ; c'est donc, comme le paon, un symbole de résurrection.
Palme. — Symbole du martyre ; aussi la palme du martyre est un terme usuel dans la liturgie romaine.
Paon.— Symbole de la résurrection, parce que chaque année, à la fin de l'automne, cet oiseau perd ses plumes et qu'au printemps il lui en pousse de nouvelles. — Saint Augustin considère aussi le paon comme le symbole de l'immortalité, parce que, du temps de Tévêque d'Hippone, on supposait bien à tort
YMAIGERIB.
que la chair de cet animal était incorruptible. (De CSv. Dei, xxii, 4.)
Pavot. — Cette plante, dont la graine fournit une liqueur, une huile soporifique, est le symbole de la mort ; aussi retrouve-t-on souvent le pavot représenté sur des tombeaux concurremment avec des torches renversées.
PÉLICAN. — Un des symboles de Jésus- Christ. — Le pélican est aussi considéré comme le symbole de Tamour paternel, parce que des auteurs, A. de Musset entre autres, ont écrit que le pélican se perçait les flancs pour nourrir ses enfants de son propre sang, ce qui est faux.
Porc. — Cet animal symbolise la gour-
- Bfts-nlief de ht cathédrale de Roaen, portail des LibralreB.
mandise et la luxure. Notre figure 3 montre un porc qui joue de la vielle à archet. Notre figure 6 fait voir un monstre avec une tête, des pieds et une queue de porc ; il appuie sa tête sur sa main gauche, tandis que sa main droite repose sur sa hanche. Cette sculpture est tirée du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Ne serait-ce point une satire contre les philosophes ?
Sagittaire. — Sorte de centaure qui, à l'aide d'un arc, lance des flèches (fig. 7). Il symbolise le Dieu vengeur qui punit tardivement peut-être, mais avec l'instantanéité de la foudre.
Salamandre. — Reptile qui ressemblait au dragon et qui symbolise le feu, parce qu'on supposait que la salamandre vivait au milieu des flammes.
Sangueb. — Voy. ci-dessus Porc ; car l'iconographie chrétienne ne paraît pas avoir établi une distinction symbolique entre ces deux animaux.
Serpent. — Symbole du mal. La Vierge est représentée souvent écrasant la tête du serpent.
Singe. — Symbole de la malignité, de la méchanceté, de l'orgueil stupide et de l'avarice.
Sirène. — Femme dont le corps se termine en queue de poisson ou d'un animal aquatique. Souvent le corps des sirènes est terminé par une double queue; ce monstre symbolise les trois concupiscences; il est aussi considéré comme l'emblème de la volupté.
Fig. 7. ~ Sagittaire.
Strygb. — Sorte de lutin, de méphistophélès à figure caustique ou grimaçante ; il symbolise le mal ; c'est une des formes que prend le diable pour nuire aux mortels. Un stryge bien connu est celui qui décore l'angle de Tune des tours de Notre-Dame de Paris, qu'une eau-forte de Méryon, souvent, reproduite, a rendu aujourd'hui populaire.
Truie. — La truie s}Tnboli8e le mal, l'impureté, la gourmandise et la fécondité.
Unicorne. — Yoy. Licorne.
Vices. — Les vices sont symbolisés nonseulement par les animaux, bouc, basilic, griffon, porc, serpent, vipère, etc., mais encore par des personnages dont l'attitude, l'action, la manière d*être, caractérisent le vice spécial à ces personnages, hommes ou femmes. C'est
YMAIGIER. - YRE.
antérieurement au xui* siècle que les ymaigiers ont représenté sous des formes hideuses les vices ; à partir du xiii° siècle, au contraire, les sculpteurs ont mis plus de recherche pour caractériser les passions humaines, et souvent ils ont opposé dans leurs compositions les vices aux vertus , par exemple, le désespoir à l'espérance, l'idolâtrie à la foi, l'avarice à la charité, etc. Ces compositions sont ordinairement encadrées dans des médaillons à quatre lobes, et les intei'prétations sont quelquefois fort curieuses. On voit, par exemple, Yidolâtris figurée par un homme adorant un singe; Yavaricey par une femme assise près d'un coffrefort : elle compte et considère les pièces d'or qu'elle en a sorties ; Vmjustice est figurée par un homme qui parle bas à un juge et qui cherche aie corrompre ; le^ folie, par une femme qui marche sur des pierres rondes et roulantes, elle en porte dans ses mains et en reçoit sur la tête; la présomption, par un cavalier qui se précipite avec son coursier dans un abîme ; la peur laisse échapper un glaive de sa main et ftiit un ennemi imaginaire qu'elle croit voir sortir d'un buisson; la discorde est figurée par un homme et une fenmie qui se battent, etc.
Vigne. — On voit aussi fréquemment la vigne sur des monuments chrétiens ; elle est accompagnée de grappes de raisin. Nous n'entreprendrons pas d'énumérer les innombrables interprétations données à ce sujet, car elles nous mèneraient beaucoup trop loin; nous nous
bornerons à signaler le symbolisme le plus généralement admis et qui nous paraît aussi le plus logique, à savoir, que la vigne était un emblème de résurrection et que les raisins faisaient allusion aux joies de la vie future, réservées aux élus, c'est-à-dire aux justes.
En résumé, nous voyons que l'ymaigerie religieuse a utilisé comme symbolisme les plantes, les animaux et l'homme; nous voyons aussi que l'iconographie chrétienne, qui a fourni un répertoire immense de compositions, a été beaucoup étudiée, mais que, comme tous les vastes sujets, elle n'a pas fourni encore tout ce qu'on pouvait attendre d'une œuvre aussi considérable. Nous estimons donc qu'il reste encore beaucoup a faire pour fournir une interprétation méthodique et raisonnée des innombrables ymaigeries qui existent sur les édifices de l'époque ogivale.
YMAIGIER, s. m. — Sculpteur du moyen âge qui exécutait des ^ma^^^ (des statues, des bas-reliefs). On nommait peintres ymaigiers, les miniaturistes qui exécutaient des vignettes sur les miniatures et sur les manuscrits.
YRAI6NE, s, /. — Ancien terme qui servait à désigner un petit grillage, un panneau fait de fil de fer.
YRE, 8, /. — Ancien terme qui servait à désigner une surface plane, une aire, une cour.
Z. — Vingi-cinquième lettre et dix-neuyième consonne de notre alphabet. Comme signe numérique, le Z valait chez les Romains 2,000, et, surmonté d'un trait horizontal (Z), 2,000,000. Chez les Grecs, le dzêta valait 7, et, avec un accent en dessous, 7,000. Sur la marge des manuscrits grecs, un dzêta équivaut à un point d'interrogation ( ?), c'est-àdire qu'à l'endroit signalé le sens ou le texte du manuscrit est douteux, ce qui est fort bien exprimé par le dzêta, qui est la lettre initiale de ÇriTcT, qui signifie, cherche.
ZIGZAGS, 8. m. pi — Ornement d'architecture formant une suite de chevrons ou angles alternativement saillants et rentrants. Cet ornement a été employé pendant l'époque romane,
ZIGZAGUÉ, ÉE, adj. — Orné, décoré, couvert de zigzags. On nomme arc zigzagué un arc dont la ligne de l'intrados est formée d'angles tantôt saillants, tantôt rentrants.
ZINC, 8. m. — Métal d'un blanc bleuâtre à texture lamelleuseet quelquefois cristalline ; les cristaux sont très-forts. Ce métal ressemble beaucoup au plomb sons tous ses aspects, mais il est plus dur, bien que sa densité ne varie qu'entre 6,80 et 7,25, suivant la variété à laquelle appartient le zinc. La dilatation linéaire est considérable, surtout pour les fils étirés ; elle atteint jusqu'à 0,0032, si on mesure le fil à 0 degré et puis à 100 degrés, par exemple. Il est moyennement malléable et ductile, quand il est chauffé à une température de 100 degrés environ. On le réduit en feuilles minces au moyen du laminoir, et on l'étiré sous la filière en fils très-déliés, qui servent à divers usages, surtout à étiqueter
les arbustes et les plantes dans les serres, où le fil de fer en se rouillant pourrait porter préjudice à un grand nombre de plantes. Mais le zinc est beaucoup plus largement employé en feuilles. Sous cette forme, il sert surtout en couverture, où il remplace le cuivre et le plomb; il sert également au doublage des navires; il est enfin transformé en ûhéneaux, tuyaux de descente et de conduite, en membrons, en vases d'amortissement, en lucarnes et Incarnons, en chatières, en ornements de toutes sortes ^ car le zinc a la propriété de pouvoir être estampé; aussi aujourd'hui le voit-on employé sous toutes sortes de formes dans le commerce et dans l'industrie, surtout pour des lucarnes.
Nous avons vu précédemment que, chauffé dans les environs de 100 degrés, le zinc est très-malléable; à 195^ il devient très-cassant, et à 370* il commence à entrer en fusion. Si l'on pousse la chauffe et qu'on arrive au rouge blanc, il brûle d'abord avec une flamme bleuâtre qui devient bientôt d'un blanc jaune serin assez intense ; il se combine alors avec l'oxygène de l'air en répandant des flocons lanugineux d'une extrême légèreté, puisqu'ils volent dans l'air. Ces flocons qu'on nommait autrefois /ewr de zinc, laine philosqphiqm,etc., constituent l'oxyde de zinc, si grandement employé en peinture à la place de la Cébusb. (Voy. ce mot.) Non-seulement le blanc de zinc est d'un prix bien moins élevé que le blanc de céruse et le blanc de plomb, mais il présente encore cet avantage, c'est que les couleurs préparées avec cet oxyde ne sont point toxiques comme celles dans la composition desquelles il entre des sels de plomb. Un ouvrier peintre, M. Leclaire, mort il y a quelques années, a fait les plus grands et les plus louables efforts pour introduire